Venez à moi !

Homélie du 14ème dimanche ordinaire A

Lectures : Za 9, 9-10; Ro 8, 9-13; Mt 11, 25-30 : Venez à moi !

 

 » Père, je te bénis, je te remercie, je te rends grâce « : clame Jésus. La gratitude n’est pas une simple politesse d’usage, c’est une émotion intense,  affectueuse, profonde et engageante, un sentiment d’approbation, de respect et  reconnaissance d’un bienfait reçu. Je te remercie parce ce que tu as doté  les petits, les gens simples et  humbles d’une telle grandeur d’âme,  d’une beauté intérieure si charmante !  Tu leur as donné de faire l’expérience d’enfance spirituelle, d’accueillir avec leurs mains tendues la grâce, le magnifique cadeau de la vie de Jésus que  tu offres aux hommes,  le don gratuit de son amour!  Dans la chanson  « Mille colombes« , Mireille Mathieu nous  convie au retour à la source d’enfance : « Donnez-nous mille colombes et des millions d’hirondelles. Faites un jour que tous les hommes redeviennent des enfants ». Redevenir un enfant, s’émerveiller, être réceptif, voir avec le cœur, s’abandonner à la grâce de Dieu : voilà une  intention de prière à formuler au cours de cette eucharistie !

Mes sœurs et mes frères, la page d’Evangile de ce dimanche soutient un paradoxe : la connaissance, n’est-ce pas le lot des sages et des savants tant qu’ils en sont les spécialistes?  Or ici, ils sont ignorants sur toute la ligne parce qu’ils sont enfermés dans leurs certitudes.  Savez-vous, la connaissance dans la bible ne se réduit pas à un fatras d’informations ou de renseignements cumulés sur quelqu’un ou quelque chose; rien à voir avec des diplômes … Il ne s’agit pas de l’aptitude intellectuelle de quelqu’un, sa connaissance livresque…  La connaissance biblique que j’évoque est plutôt un baptême, un plongeon dans la profondeur des mystères, une relation forte, une  intimité mystique avec Dieu. On comprend  dès lors Jésus quand il dit : « Personne ne connaît le Père sinon le Fils », c’est-à-dire il n’y a personne d’autre au monde qui soit foncièrement lié et relié au Père que lui Jésus; « et personne ne connaît le Fils sinon le Père et celui à qui il veut le révéler« . On est ici en présence d’une intimité hallucinante, qui dépasse tout entendement. Par 5 fois, le mot « Père » revient dans l’Evangile pour dire la relation de confiance, d’abandon, la relation filiale que Jésus entretient avec son Père. La foi, c’est d’abord une alliance vivante  nouée avec Dieu, la relation personnelle, toute nue, intime  que l’on entretient avec lui.

« Devenez mes disciples«  : celle ou celui qui suit Jésus, qui est habité par son Esprit (2ème lecture),  (re)trouve ipso facto la paix, la consolation;  il (re)trouve in Christo, sa liberté intérieure. Dans son livre, le prophète Zacharie annonce  un roi qui vient décréter la paix aux nations (1ère lecture). Cela est corroboré dans le psaume 144 que nous avons chanté: « Le Seigneur soutient tous ceux qui tombent, il redresse tous les accablés« .

Alors Jésus demande à celles et à ceux qui se sentent  chargés et écrasés de le rejoindre. Par respect de notre liberté, lui n’impose pas, il ne fait pas du clientélisme. C’est à chacun d’entreprendre la démarche, d’oser l’expérience. Venez à moi vous qui êtes fatigués, découragés; vous qui menez une existence sans sens ni horizon;  vous qui avez un joug lourd à porter, un fardeau épuisant qui  plie votre corps et  baisse votre regard. Vous qui ployez sous le poids de vos  blessures morales, de votre culpabilité, de vos inquiétudes, de vos questions sans réponse; le poids des promesses déçues, des trahisons, du deuil, de l’injustice, de la solitude, des difficultés de santé … Oui, Jésus veut nous soulager de toutes les pesanteurs qui plombent nos vies.

reposCependant, je tiens à indiquer qu’il ne va pas remplacer le Forem qui aide les chômeurs à trouver un emploi;  le CPAS  qui garantit un revenu minimum à ceux qui disposent des moyens de subsistance insuffisants;  l’hôpital qui soigne  les malades …  Ce qu’il donne, c’est  plutôt quelque chose que le monde ne peut donner, à savoir  le repos spirituel, la paix intérieure. Paul Claudel a été inspiré en écrivant : « Dieu n’est pas venu supprimer la souffrance. Il n’est même pas venu l’expliquer, mais il est venu la remplir de sa présence »  Avec Jésus, nos pauvretés offertes, nos vulnérabilités s’ouvrent à l’amour de Dieu. Avec Jésus, nous ne sommes pas seuls sur nos chemins de croix, il nous accompagne  et même nous habite par l’Esprit Saint. Et par  la grâce de sa présence, nous avons la guérison intérieure et nous restons ouverts à l’espérance.

                                                                    Vital Nlandu, doyen de l’Ardenne

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