La liberté de croire

              Homélie du 21ème dimanche ord B : La liberté de croire

Lectures : Jos 24, 1-18; Ps 33; Eph 5, 21-32; Jn 6, 60-69

Mes frères et mes sœurs, nous sommes à la fin de l’Evangile de Jésus, Pain de vie (Jn 6, 25-70). Apparemment, il y a un constat d’échec : Jésus n’est pas parvenu  à faire comprendre à ses auditeurs le contenu de la Révélation sur l’Eucharistie. En substance, il leur a dit : « Mangez, mâchez mon corps, buvez mon  sang, et vous aurez la vie éternelle ». Avec ces paroles, il a jeté le pavé dans la marre, provoqué et même choqué ses auditeurs,  qui estiment que ce discours est inacceptable, intolérable. Alors de deux choses une : ou bien Jésus divague, disjoncte carrément, ou bien il se moque d’eux. Autrement, comment peut-il  promotionner l’anthropophagie ou le cannibalisme ?

Certains se sont alors retirés sur la pointe de leurs pieds… Aujourd’hui encore, 20 siècles après le discours  du Pain de vie, l’Eucharistie suscite toujours autant de controverses. Dites-moi, le Pain que nous rompons à l’autel, l’Hostie consacrée que nous recevons dans le  creux de notre main à la messe, est-ce pour vous un signe de la présence réelle de Jésus ressuscité ?…

Mais remarquez l’attitude de Jésus après avoir heurté la sensibilité des gens. Il ne retire pas ses paroles ni ne présente d’excuses ! Il sait que c’est par le Pain de vie qu’il se donne et inocule la vie de Dieu aux hommes. Cependant, il précise que les paroles qu’il a dites ne sont pas intellectualistes, elles relèvent absolument de la foi. Voilà pourquoi, après la consécration à la messe, nous nous émerveillons au-delà de ce que nous pouvons comprendre : il est grand, fabuleux le mystère de la foi ! Oui, c’est l’Esprit Saint qui embrase nos cœurs du feu de l’Amour de Dieu, nous emportant dans  l’émerveillement eucharistique …

Alors Jésus revient vers les 12, il les regarde dans les yeux : « Voulez-vous partir, vous aussi ? » S’il ne force personne à le suivre, c’est parce que l’amour vrai est libre.  C’est à chacun de s’en remettre à la liberté de sa conscience. En fait, nous sommes libres d’accueillir ou de refuser Jésus dans nos cœurs. Il est vrai que parfois dans nos familles, il y a des conflits entre époux, entre parents et enfants au sujet de la foi, de la fréquentation à l’église. Je peux comprendre les parents qui aimeraient qu’étant donné l’éducation chrétienne qu’ils ont donnée à leurs enfants, ces derniers suivent. Hélas !  En tout cas, Jésus ne fait pas du prosélytisme. La foi ne relève pas du patrimoine génétique.  « On ne naît pas chrétien, on le devient!  » (Tertullien). C’est une rencontre personnelle avec Jésus, une expérience intime et privée : « Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur ! » (Ps 33). En appelant ses premiers disciples, qui lui ont demandé « Rabbi, où demeures-tu ?« , Jésus leur a répondu : « No comment, venez vous-mêmes, vous  verrez ! » (Jn 1, 39). Le travail des parents, des professeurs de religion, des catéchistes et autres acteurs pastoraux consiste plus à témoigner, à rendre Dieu désirable, à donner envie aux enfants de croire et d’aimer Dieu; à leur montrer la voie, le chemin qui mène à Dieu. C’est aux enfants eux-mêmes de choisir.  Même pour sauver l’humanité, Dieu a dû avoir besoin de l’approbation de celle-ci. C’est Marie qui, au nom de nous tous, a dit « oui » au projet du salut de Dieu.  Cette humanité qui dit « oui » au don de Dieu, c’est l’Eglise, peuple de Dieu en marche.

C’est de ce choix qu’il s’agit dans la 1ère lecture. Josué, auxiliaire et successeur de Moïse, sait que la grande aventure de l’Exode touchera bientôt à sa fin. Le peuple juif a franchi le Jourdain, il est parvenu à la Terre des promesses, à Canaan qu’il va falloir conquérir. Mais auparavant, il convoque à Sichem les personnalités représentatives de 12 tribus d’Israël (anciens, chefs, juges et commissaires). Il leur rappelle, à grands traits,  les interventions de Dieu dans leur histoire et dit – c’est tellement beau : « Choisissez aujourd’hui qui voulez-vous servir : le Seigneur ou les autres dieux ? » Et choisir, c’est renoncer… On ne peut pas servir deux maîtres à la fois sans que l’un d’eux ne soit trompé, un jour il faut bien l’admettre, un jour il faut décider pour qui on veut vivre, à qui on veut se donner !

Et toi donc, quel Dieu choisis-tu de servir, d’aimer encore aujourd’hui ?  Sache que ta réponse requiert de l’engagement !  Quand tu réponds « amen » à la communion, cela signifie : « Oui, je laisse entrer Jésus dans ma vie, il m’accompagne et m’habite ! « 

                                                                                      Vital Nlandu, votre curé-doyen

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