Le Bon Pasteur

Homélie du 4ème dimanche de Pâques A : Jean 10, 1-16 : Le Bon Pasteur !

Mes frères et mes sœurs, nous sommes au mois de mai dédié à la Vierge-Marie et dès ce lundi 4 mai, nous entrons  en déconfinement dans sa phase 1A. Nous voici donc  relancés sur la route de la vie active par la méditation d’un Evangile qui, une fois de plus, déploie l’éventail de l’amour de Dieu. L’amour n’est pas un attribut, une qualité de Dieu, c’est la substance même qui le constitue, c’est son être même: Dieu est amour ! C’est pourquoi nous ne cessons de dire à celles et ceux qui sont devenus enfants de Dieu par le baptême, que la seule chose qui importe, c’est d’aimer ! Nous sommes tous habités par un feu, qui est une centrale d’énergie, la source de notre aspiration à aimer et de ce besoin existentiel que nous éprouvons constamment : être aimés ! Ce feu, c’est l’amour de Dieu.

Le berger ! A l’époque de Jésus, le peuple d’Israël était majoritairement rural et pastoral. Voici le quotidien de la vie d’un berger : chercher les pâturages et les points d’eau pour la vie des brebis ; les protéger des voleurs ou des animaux  prédateurs  et, le soir, les ramener dans l’enclos. C’est pour nous faire raisonner, mais surtout faire  résonner en nous le mystère de l’amour de Dieu que  Jésus s’identifie au berger, alors à nul autre pareil, le Bon Berger!  L’édifice de la relation du Berger avec ses brebis,  est posé  sur 4 pierres :

bp1*L’écoute : « Mes brebis écoutent ma voix ! » (V.3 et 16). La foi se reçoit par l’écoute (Rm 10, 14). Nous apprenons à écouter la voix de  Dieu qui susurre au creux de nous-mêmes par la méditation et l’accueil de sa Parole, la relecture des événements de notre vie, dans l’adoration, le silence éternel des espaces infinis … Même si notre société est polluée par le bruit et l’empressement, Dieu continue de nous parler à travers moult signes. Et puisque voix rime avec voie,  il ne suffit pas seulement d’écouter le Bon Berger, encore faut-il  le suivre en adoptant son style de vie.  

*La connaissance : « Je connais mes brebis et elles me connaissent » (V.14). Connaître signifie ici naître à l’autre, autrement dit l’aimer. Il s’agit de cette merveilleuse dialectique : connaître pour aimer et aimer pour connaître davantage ! Maurice Zundel l’exprime en ces termes : « il n’y a de vraie connaissance que dans l’amour ». En effet, il est heureux l’homme qui se sait  connu, choyé, aimé, guidé et protégé par Dieu. Dans ses Confessions, Saint Augustin dira à Dieu : « J’ai tardé à t’aimer…, tu étais dedans, moi dehors». La preuve que le Bon Berger connaît ses brebis, c’est qu’il appelle chacune par son nom…  Pour vérifier si tous les élèves étaient présents le matin, mon instituteur de l’école primaire appelait chaque élève  par son nom. Réponse : « Me voici« , c’est-à-dire « Je suis« . Le nom tire hors du néant, il fait exister. Et dans la culture yombe, ma culture d’origine,  le nom revêt une importance capitale. En plus d’être la représentation figurée de l’homme lui-même, c’est une mission, un programme de vie, une vocation. Par exemple : quand on t’appelle « Lelo », traduit littéralement « ne fût-ce qu’aujourd’hui », c’est pour te rappeler les défis à relever en toute confiance. « Lelo » signifie : ne fût-ce qu’aujourd’hui, montre de quoi tu es capable !… Le berger appelle chaque brebis par son nom pour que chacune comprenne qu’elle est un pro-jet de Dieu !

*La liberté : Notre vie, n’est-ce pas un brin de temps donné à notre liberté pour apprendre à aimer ? Le Bon Berger fait sortir ses brebis. « Faire sortir », c’est un geste de libération et de liberté. Moïse fit sortir les Hébreux d’Egypte pour les libérer de l’esclavage ! Avec le Bon Berger, on peut aller et venir, entrer et sortir (V. 9), il y a un espace de libre circulation… Dieu ne s’impose pas, il se propose. Il a même décidé, par amour pour l’homme,  de n’avoir aucun pouvoir sur sa liberté. Notre vie est comme  un bois à plusieurs sentiers, chacun étant libre de choisir le chemin de sa vie. Toutefois, de ces mille et un chemins, il y en a un qui mène à Dieu. C’est Jésus qui, avec ses bras étendus, nous fait signe : « Je suis  la porte ! » (V.7). La métaphore de la porte signifie que Jésus est le passage obligé vers le salut, la vie en Dieu que, lui, Jésus donne en abondance (V. 10). En effet, c’est par lui que nous, chrétiens, avons accès à Dieu. Je dis bien « nous chrétiens » ! Vous comprenez que dans notre monde pluriel, chaque culture religieuse est un vieux corpus de sagesse qui contient des pistes spirituelles et existentielles possibles et imaginables d’accès à Dieu. Chacun peut y trouver son compte.

bonpasteur*Le don de soi : « Je donne ma vie pour mes brebis » (V.11)… « Aimer, c’est tout donner et se donner soi-même », a dit sainte  Thérèse de Lisieux. En cette Journée Mondiale  de prière pour les vocations, je pense certes à ceux  qui sont appelés au sacerdoce ministériel et à la vie religieuse, mais aussi à  tous ceux qui se donnent de manière désintéressée et gratuite au service des autres.  En faisant fructifier  les talents dont ils sont dotés, ils répondent à l’appel à bâtir une civilisation d’amour. Sachons par ailleurs  que tout ce que nous réalisons sur cette terre n’a de sens et de soupçon d’éternité que si nous le faisons  par amour.

Alors, qu’importe, chères amies, chers amis, pourvu que nous connaissions Jésus-Christ et  que se manifestent en nous et autour de nous,  les signes de la puissance de sa résurrection.

                                                                Vital Nlandu, doyen de l’Ardenne

 

 

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LETTRE DU PAPE FRANÇOIS

Le pape François invite les fidèles du monde entier à prier le rosaire durant le mois de mai : il donne son « secret » dans une lettre et dans deux prières, publiées en huit langues ce 25 avril 2020. Une façon aussi de valoriser la prière en famille, en temps de pandémie et de confinement. Le secret pour prier le rosaire ? « La simplicité », répond-il. « Contempler ensemble le visage du Christ avec le coeur de Marie, notre Mère, nous rendra encore plus unis comme famille spirituelle et nous aidera à surmonter cette épreuve », affirme-t-il aussi.

LETTRE DU PAPE FRANÇOIS à tous les fidèles pour le mois de Mai 2020

Première prière

Seconde prière

papemarie

 

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Prières pour nos malades et nos aînés

Prières pour nos  malades et nos aînés

 

L’épreuve de la maladie est un mystère qui concerne tout homme. Dieu n’abandonne pas celui qui souffre dans sa chair et dans son cœur. Voici plusieurs prières qui peuvent aider les malades à faire route avec Dieu le temps de la souffrance, à surmonter l’épreuve et à  mettre des mots sur des douleurs difficilement exprimables.

« Quand j’offre ma souffrance à Dieu, je deviens capable de la regarder en face …,  elle ne menace plus ma sérénité.  Je redeviens moi-même, elle ne m’est plus un blocage vers les autres, je ne suis plus tourné vers moi-même, je ne suis plus abattu ni aigri, je peux désormais aller de l’avant ».

                                                                 Chanoine Robert Guelluy

 

 « Prier, c’est pénétrer doucement, tranquillement, dans le silence de Dieu, laisser Dieu se donner et me donner son Silence, pour que je puisse laisser mon cœur battre à l’unisson du Sien, laisser ma respiration entrer dans la respiration de Dieu, me laisser pénétrer de sa présence, prendre conscience de plus en plus que Dieu est à l’intérieur de moi, non pas, évidemment, pour fuir mes frères, mais pour les porter davantage, car il est vraiment impossible de s’approcher du Crucifié sans s’approcher des crucifiés du monde entier. »

 Jean Vanier

 

livre-ouvert-Voici un recueil de prières pour nos malades et nos aînés : Prières pour nos malades et nos aînés 

Compilation réalisée par l’abbé Vital Nlandu Balenda, doyen de l’Ardenne

                                                                                   Malmedy, avril 2020

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Les disciples d’Emmaüs

Homélie du 3ème dimanche de Pâques A : les disciples d’Emmaüs (Lc 24, 13-35)

Mes sœurs et mes frères, ce n’est pas par des biens périssables comme l’argent ou l’or que nous avons été sauvés, mais par  le sang précieux de Jésus-Christ, alléluia –amen !

J’ai la joie de vous partager ce week-end une des plus  belles pages de l’Evangile de saint Luc: les disciples d’Emmaüs. On y retrouve tout le menu d’une messe articulé en 4 temps :

  1. La liturgie de l’accueil : « De quoi discutez-vous sur le chemin ? » (V.17). On s’accueille en se donnant des nouvelles.
  2. La liturgie de la Parole : explication, relecture des signes qui parlent de Jésus dans la Bible.
  3. La liturgie de la Table : le pain pris, béni, rompu et donné.
  4. La liturgie de l’envoi : c’est plus fort qu’eux, les deux disciples missionnaires se sentent obligés de retourner immédiatement à Jérusalem, témoigner de ce qu’ils ont vu, palpé, compris de l’Amour de Dieu. Et toute la communauté de s’exclamer : »Dominus surrexit vere !  » (Le Seigneur est vraiment ressuscité ! V.33).

 En effet, à la mort de Jésus, le groupe des disciples est disloqué. Beaucoup dépriment, ils ne comprennent pas ce qui s’est passé : comment Dieu a-t-il pu abandonner Jésus ?…

routeemmaus« Leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître » (V. 16).  Ce récit n’est pas une apparition, mais une reconnaissance…, suivi d’une disparition.  C’est au signe de la Fraction du pain, lorsque les écailles sont tombées de leurs yeux obturés, que les disciples se sont rendus compte que Jésus est bel et bien  vivant, mais présent autrement (V. 31).  L’eucharistie est un canal parmi tant d’autres, mais en tout  cas un lieu sûr pour le reconnaître…

Et pourquoi disparaît-il  aussitôt ? C’est pour nous signifier que sa présence charnelle n’est plus nécessaire. Comme l’écrivait  Antoine de Saint Exupéry : « On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible aux yeux« . Jésus a désormais d’autres sur-faces dans le temps de l’Eglise : il est présent dans un  petit coin de notre cœur, dans la danse du cosmos, dans le silence, dans divers gestes de partage, le « signe du frère » compris, valorisé et servi, … Bref, c’est  sous le biais de la foi que nous devons dorénavant nous connecter  à Celui qui est avec nous tous les jours jusqu’à la fin des temps (le tout dernier verset de l’Evangile de Saint Matthieu).

En s’éclipsant, il veut également raviver  notre responsabilité de témoin. Le même son de cloche retentit dans l’Evangile de Saint Jean : éprise d’émotion d’avoir reconnu le Ressuscité, Marie de Magdala veut le toucher, mais Jésus refuse. Il nous faut lâcher sa main et aller plutôt témoigner : « Va vers mes frères et dis-leur (Jn 20, 17).  C’est un déclic qui ouvre la saison, l’ère du témoignage. A notre tour,  nous sommes ainsi  renvoyés à la fonction prophétique de notre baptême : être des témoins  résolus de l’Evangile du Ressuscité. Je suis  témoin si je fais signe,  donne envie de connaître le Ressuscité et de l’aimer; si je  rends « Dieu désirable » (titre du livre d’André Fossion) en  interpellant et même en entraînant  des consciences par l’exemple.  Alors il  y a  cohérence entre ma foi et ma vie quotidienne. Le but n’est pas de convaincre,  mais de rendre le visage du Christ tellement séduisant qu’il attire et captive.

 La Parole de Dieu nous interpelle à plus d’un sens

*Le chemin d’Emmaüs, ne serait-ce pas le tien, tapissé par ici et là  d’angoisses, de questionnements, de lassitudes, de désert intérieur … ? Surtout quand « le jour baisse » non seulement dehors, mais  aussi dedans ton coeur. Gagné alors  par le sentiment de dégoût, tu rumines ta désolation en pensant  que les mots sont usés, que la prière est fade et  les explications vaines. A ce moment, le moteur-turbo de ta vie psycho-spirituelle n’a plus de pression (= dé-pression)… Et c’est  là que,  gardant l’incognito, Jésus te rejoint. Il prend le temps de cheminer  à tes côtés, pour venir au secours de ta foi, t’aider à trouver du sens aux événements de ta vie. Il progresse avec toi mais  à ton rythme, sans forcer tes pas ni changer ton chemin. Il te propose  seulement de décoder les signes de sa présence dans ta vie et autour de toi …  Il t’accompagne aussi longtemps que tu ne l’aurais pas reconnu. Quand tu le reconnaîtras, n’oublie pas d’en témoigner.

*« Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous expliquait les Ecritures ? » C’est l’amour qui fait battre le cœur, y fait fleurir les lilas. Oui, celle ou celui  qui prend plaisir à la Parole, la conserve dans son cœur à l’instar de Marie, la mère de l’écoute (LC 2, 51). Je me souviens de ma grand-mère Tamali.  Elle était d’obédience protestante, une dame  cultivée de la Parole de Dieu, la semence déposée dans son coeur grâce à son éducation religieuse. Jeune, je l’entendais souvent débiter des versets bibliques pour étayer ce qu’elle disait : la divine Parole était pour  elle une source inspirante de sagesse. En ce temps de confinement, je pense à celles et à ceux qui pratiquent la lectio divina en famille. Restez-y fidèles ! En vous immergeant dans la lecture priante et apaisante de la Parole, vous  goûtez la présence de Dieu qui vous attire à lui pour parler à votre cœur.

 

Vital Nlandu, doyen de l’Ardenne

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Dimanche de la Divines Miséricorde

Homélie du 2ème dimanche de Pâques A                                                                            Lectures : Ac 2, 42-47; 1 Pi 1, 3-9; Jn 20, 19-31

dilmbéniMes  sœurs et frères, après un Triduum pascal et une fête de  Pâques  inédits, nous poursuivons l’approfondissement du  mystère pascal en ce « dimanche de la Miséricorde« .  Dans l’Evangile, il s’agit des portes du cœur des disciples verrouillées de peur, nos situations désespérantes, sans issue, que la paix, premier don du Ressuscité,  vient débloquer : « Paix … à vous!« . Alors suit l’envoi en  mission qui est au demeurant inséparable du don de l’Esprit Saint : « Recevez l’Esprit Saint …,  alors vous serez mes témoins » (Jn 20, 22; Ac 1,8).

dimmiséEn effet, c’est le souffle vital du Ressuscité  qui donne aux disciples la force de continuer leur mission : être le reflet,  le  visage de la Miséricorde du Père dans le monde. Je dirais que les chrétiens n’ont peut-être rien d’autre à faire que de manifester la Miséricorde de Dieu.  Et c’est quoi la Miséricorde ? Ce n’est pas une mièvrerie affective, c’est un cœur bouleversé de l’intérieur, saisi aux tripes, aux entrailles,  touché par la misère de l’autre, fût-elle morale, spirituelle,  physique,  psychologique, sociale ou encore matérielle. C’est comme me disait une maman, larmes aux yeux, dont l’enfant souffrait atrocement : « Comme je voudrais souffrir à sa place ! » … Nous sommes ici au cœur du message évangélique. La Miséricorde est l’autre nom de Dieu. Quand dans le symbole des apôtres, professant notre foi,  nous disons : « Je crois en Dieu, le Père tout-puissant« , il ne s’agit pas d’une autre espèce de  puissance que la toute- puissance de son amour plus fort que nos égarements, nos trahisons, voire nos péchés. Il convient de  distinguer les œuvres de Miséricorde spirituelles comme pardonner … et celles corporelles comme l’élan de solidarité que nous sommes en train de vivre en pleine  tempête du Covid-19 : ensemble on trouve des solutions, on s’en sort sans sortir !

Et quid de Thomas qui doute ?  Il n’a pas une foi de charbonnier. Pour lui, ce sont  des « fake news » qu’on lui raconte.  Il a besoin de preuve, il veut vérifier avant d’hypothéquer le capital de  sa foi. Si son nom est  » jumeau« , c’est parce que chacun peut bien  être son semblable,  s’identifier à lui,  car il nous  arrive  aussi de nous  emberlificoter dans les flots du doute. C’est ce qui fait dire  à l’écrivain Georges Bernanos : « La foi c’est 24 heures de doute, moins une minute d’espérance« . A bien des égards, notre foi ressemble aux marées hautes et basses de la mer, elle vient, elle va; toujours çà et là tant le mystère de Dieu est épais. Son silence, ses pensées, ses voies sont parfois déroutants. En clair, la foi  n’est pas une certitude, mais la conviction intérieure que quoi qu’il arrive, quoi qu’il en soit,  même si je ne comprends pas, même si je ne maîtrise pas, Dieu reste fidèle à son Amour. Et dites-vous bien que dès lors que Dieu n’est plus perçu comme un Père infiniment et inconditionnellement aimant, il devient un faux dieu…  Ce qui me fait dire que  la vraie démarche de foi aboutit  inexorablement à l’abandon, au lâcher-prise, à la contemplation. C’est elle qui nous  plonge  dans les réalités spirituelles  inexplicables. Voilà pourquoi Jésus béatifie  ceux qui,  au-delà de ce qui est visible et compréhensible,  lui font confiance.

La Parole de Dieu nous interpelle à plus d’un sens

* Le Ressuscité porte toujours la marque des clous et du coup de lance (V. 25 et 27), des cicatrices qui rappellent l’affreuse histoire de sa croix. C’est dire que sa résurrection ne supprime pas nos croix quotidiennes que, dorénavant, nous devrons porter dans l’ espérance : « J’estime en effet que les souffrances du temps présent ne sont nullement à comparer à la gloire qui doit se révéler en nous ! » (Rm 8, 18). Quand le Ressuscité porte avec nous nos fardeaux, il les allège grâce à la paix que  l’Esprit Saint, le baume de notre vie chrétienne, diffuse dans nos cœurs (Rm 5, 5).  Chaque matin, j’ai ainsi besoin d’accueillir la dose d’Esprit dont j’ai besoin pour ma journée : « Veni Creator spiritus … Viens, Esprit Créateur ! »

* « Sois croyant Thomas » Et pourtant il était disciple depuis 3 ans, il a tout quitté pour suivre Jésus. Bien qu’il ait cheminé à ses côtés, il avait absolument  besoin de grandir dans la foi. Notre foi n’est pas acquise, c’est un peu comme l’amour : chaque jour, il faut aller à sa (re)conquête. « Avance ton doigt« : dans la foi, il faut avancer, grandir. Moi aussi j’ai besoin de croître spirituellement, de devenir de plus en plus un homme de foi.

* « Parce que tu m’as vu, tu crois » : houfti ! Thomas a compris enfin que bien que physiquement invisible, le Ressuscité est présent et vivant : « Mon Seigneur, mon Dieu  »  Certes, chaque croyant  a son chemin de foi mais croire, c’est aussi vivre cette expérience spirituellement intense : comme Thomas, oser employer l’adjectif possessif « Mon« .

  C’est fort ! Le Christ de l’Evangile,  dont on parle  à travers le monde, devient  à moi, il m’appartient, je lui appartiens. Voilà un pas à  franchir !

                                                             Vital Nlandu, doyen de l’Ardenne

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Vigile pascale à Malmedy

Ce samedi 11 avril la vigile pasacale a eu lieu à Malmedy. Vous pouvez y participer en cliquant sur ce lien.

Célébration de la vigile pascale le 11 avril 2020

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être ferment de la résurrection de Jésus-Christ

Homélie de la messe de Pâques 2020

Col 3, 1-4; Mt 28, 1-10 : être ferment de la résurrection de Jésus-Christ

Chers amis, la résurrection de Jésus-Christ constitue le cœur de la foi chrétienne. Sans elle, notre foi est vaine et nous chrétiens, rattrapés par le ridicule (1 Cor 15,17). Elle serait bien vaine parce que notre foi n’est pas d’abord une morale, une doctrine, un fatras de dogmes. On n’est pas non plus dans le domaine de l’imaginaire, mais elle est avant tout une rencontre personnelle et intime avec  Jésus-Christ, un attachement (res)senti à sa personne. Et tout le reste en découle.

En effet, c’est en plein confinement, alors que certains sont rudement éprouvés par le Covid-19, que certaines familles toutes muselées voient leur proche, victime du satané virus, entrer à l’hôpital peut-être pour ne plus jamais le revoir comme  ceux emmenés dans les camps de concentration… C’est en plein ras-le-bol avec nos gants et masques, fuyant  l’ombre de la mort qui rôde, que retentit la voix de l’ange, messager de Dieu: « Soyez sans crainte !… Jésus le crucifié est ressuscité !  » Cela signifie que l’absence  de nos défunts devient attente et la désolation espérance ! Partant, on peut chanter et danser les alléluias de la vie sur les tombeaux du monde. La vie devient une semence, une graine close qui contient des possibilités cumulées de vie, en ce compris la promesse de la vie éternelle. Elle ne va donc pas à sa perte, car elle est plus forte que la mort !

routegalilee« Il vous précède en Galilée; là, il se montrera  »  Et comment, par qui, par quoi ? Le rendez-vous de la démonstration de la victoire de la vie et de l’amour, de la manifestation de la puissance de la résurrection de Jésus-Christ est dorénavant fixé en Galilée, où bat le pouls de l’histoire, au cœur de  nos lieux de vie, de lutte, de recherche de tendresse et  de vérité, nos lieux de loisir, de labeur.

En effet, c’est Pâques quand j’entends le témoignage bouleversant  d’un rescapé du coronavirus, le célèbre arbitre Marcel Javaux, de retour de l’hôpital, dire avec des larmes aux yeux : « Quand tu passes par-là, de tout près, tu te rends compte qu’il y a d’autres valeurs bien plus importantes  dans la vie !« … C’est Pâques quand on change de regard, notre regard parfois sans pitié, souvent voyeur, condescendant et même malsain, qui piétine l’autre et qui, du coup, s’éduque à la douceur et à la bienveillance. Pâques chaque fois que les membres d’une famille dénouent les nœuds qui entravaient l’harmonie familiale.  Pâques chaque fois que des cœurs tombés en lambeaux, des vies tortueuses, des  visages figés  submergés par le désespoir rebondissent. En effet, même brisé, le papillon ne cherche qu’à s’envoler ! Pâques chaque fois que loin du linceul de l’indifférence, des dérobades, on devient un cyrénéen sur les pas de Simon de Cyrène (Lc 23, 26).  Bien entendu, la force de l’Amour se déploie, elles sont là les traces du Ressuscité pour qui sait les reconnaître : l’inhumain humanisé, ces millions de coups de main  qui se donnent dans le  monde. L’engouement de la solidarité suscité par le coronavirus en est un exemple éloquent. Bref, c’est Pâques chaque fois que, branchés sur le  « Res-suscité », nous suscitons de nouveau en  rallumant  le feu de la vie par des actes et des paroles qui font lever le jour, déclencher une nouvelle ère.  En ce moment, comme dit le pape François, on reflète le visage du ressuscité et on devient original, … tout autre !

                                                 

                                                                   

La Parole de Dieu nous interpelle à plus d’un sens

 

tombeauvide* « Venez voir  l’endroit où il reposait … » Il n’y a rien à voir, c’est la béance du tombeau, le vide ! C’est donc à partir du vide que Marie Madeleine et l’autre Marie vont reconstruire leur espérance … D’une motte de glaise, on façonne la jarre, mais ce qui lui donne l’usage, l’utilité, c’est le vide en elle. Murs, portes et fenêtres forment une maison, mais c’est le vide du living, de la chambre qui permet d’y habiter.

T’arrive-t-il , en gardant silence, les yeux fermés, de revenir à  toi, de faire le vide en toi pour apprivoiser ta vacuité intérieure et laisser l’Esprit Saint y remplir l’amour de Dieu (Rm 5,5) ? Tu auras une sensation de plénitude, secret de la guérison intérieure !

*Jésus meurt plus ou moins à 33 ans! Je pose parfois cette question aux jeunes/adultes : faut-il ajouter des années à la vie ou de la vie aux années ? C’est la question de la quantité et de la qualité de la vie. Pour moi, la valeur d’une vie ne s’évalue pas au prorata de sa durée ni des richesses matérielles, mais à son taux d’utilité. En quoi, là où je suis parvenu, puis-je être utile aux autres ? La vie est faite pour être donnée, offerte. Elle est essentiellement un don…  Par-donner, se donner, donner selon ses ressources et moyens.  Le  grain de pollen, aussi dérisoire, futile soit-il, peut faire naître des fruits gorgés de semences de vie. Alors, sur l’exigeante route du bonheur, de la liberté et du don de soi, rappelle-toi à tout jamais que Jésus, le Christ, t’a sauvé par amour et pour l’amour !

Que  la lumière de Pâques nous guide sur nos chemins de choix nouveaux, de conversion et de vie nouvelle offerte.

Bonne fête de Pâques.

 

Vital Nlandu, doyen de l’Ardenne

 

 

 

 

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