Dieu fait appel à témoins !

Homélie du 3ème dimanche de l’Avent B :

Lectures : Is 61, 1-10 ; cantique de Marie (Lc 1) ; 1 Th 5, 16-24 ; Jn 1, 6-8. 19-28

Mes sœurs et mes frères, puis-je dire que Jean – de l’hébreu yohânân, qui signifie « le Seigneur fait grâce »- est le prophète star de l’Avent ? C’est un profil unique, il attire le regard, interpelle. Il n’est pas nécessairement conventionnel : il mène une vie sobre, habite au désert, se nourrit de sauterelles et de miel sauvage, se vêt de peaux de chameaux (Mt 3, 4).

Les autorités religieuses de son époque chargées de scruter les signes des temps quant à la venue du Messie sauveur, veulent en savoir plus sur son identité. Leurs envoyés demandent à Jean : « Qui es-tuEs-tu le messie ?… Que dis-tu de toi-même ?« . Jean-Baptiste reste à sa place :  » Neni ! Je ne suis pas le Messie, je ne suis même pas digne de défaire la courroie de sa sandale. Moi, je suis la voix qui crie dans le désert, qui demande de redresser le chemin ! » (Is 40, 3).

Et quel chemin ? C’est celui de ton désert intérieur, de ton cœur profond, de ta conscience spirituelle. Et nous le savons, il y a parfois des obstacles sur notre route (dimanche dernier, le Baptiste évoquait les sentiers tortueux de nos lâchetés et trahisons à rendre droits, les ravins de nos pauvretés spirituelles à combler, les montagnes de notre orgueil à aplatir…).

En outre, tout chemin mène quelque part. Celui de Jean-Baptiste mène à l’Enfant de Bethléem.

Chers amis, malgré la grisaille et le froid, il y a depuis quelques jours, une effervescence dans Malmedy et dans les autres villes. L’ambiance magique de Noël est déjà au rendez-vous : couleurs, guirlandes, sapins, crèches, créations artistiques autour du déco de Noël, cadeaux, commerces bien achalandés… Pour tout dire, ces préparatifs de la plus belle fête de l’année sont devenus une pratique, une valeur culturelle et commerciale adoptée par la société…

Mais nous, croyants, nous conférons « un plus » à ces préparatifs : une portée spirituelle !

D’abord parce que Noël est la fête de la famille, elle ressoude les liens de ses membres (retrouvailles, réveillons, cadeaux). Dieu étant Amour, c’est Lui qui inspire, par son Esprit, toute initiative d’unité, de paix, de justice et d’amour.                                                                                 Ensuite, les lumières de Noël renvoient à Jésus qui a déclaré : « Je suis la lumière du monde » (Jn 9, 5). Il éclaire la vie, les choix, les questions de sens, les recherches de vérité de ceux qui se réfèrent  à Lui…

Dès lors, celui qui se dit disciple, ami de Jésus est appelé, brûlé par le feu de l’Esprit et à l’instar de Jean-Baptiste, à rendre témoignage à sa lumière, à en être le reflet, bref, à être un christophore.

Le monde a besoin de témoins-christophores, qui reflètent la lumière de Dieu et lui permettent de briller. C’est ce que font les parents, les grands parents, les amis, les mentors, les  conseillers spirituels qui, autant que faire se peut, aident les gens à aller au Christ, à être justes, respectueux et dévoués pour les autres… Et Dieu merci, ces témoins-christophores, il y en a parmi nous ! Je félicite d’ailleurs les membres de nos équipes relais (qui ont écrit des cartes, ont fait des montages de Noël pour les MRS), les visiteurs de malades et de personnes seules, tous les membres généreux de notre communauté d’UP qui sont à pied d’œuvre (il y en a qui ont des cadeaux-attention aux prisonniers) et qui, aujourd’hui encore, vont participer à la collecte de « Vivre Ensemble ».

Alors, en ce temps de l’Avent, reprenons les paroles du Baptiste : « Il se tient au milieu de vous une présence, quelqu’un que vous ne connaissez pas« . Cet inconnu, il faut avoir l’œil aiguisé pour le reconnaître ! Il s’agit de Jésus-Christ, le Dieu incognito caché dans le regard effaré, hagard des cabossés, des naufragés de la vie, des marginalisés, des carencés d’amour, des immigrés, des malades … Il sollicite les femmes et les hommes de bonne volonté pour qu’ils soient des canaux de sa bénédiction, que son action libératrice passe par eux…

Oui,  il n’y a pas de grammaire de Noël sans attention aux faibles, sans sourire, sans regard bienveillant, sans action bienfaisante et sans parole biendisante !

                                                                   Votre curé-doyen, Vital Nlandu

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