Recevez l’Esprit Saint

Homélie de la Pentecôte, Année A

Lectures : Ac 2, 1-11; 1 Co 12, 3-13; Jn 20, 19-23

shining dove with rays on a dark golden background 

Mes sœurs et mes frères, il y a 2000 ans, les apôtres étaient bousculés par l’avènement de l’Esprit Saint, qui signa pour  ainsi dire  le commencement de la mission de l’Eglise dans le monde.  Alléluia – Amen ! Jésus est vivant, il est ressuscité !  L’Esprit Saint serait-ce  un Dieu inconnu (Ac 19, 1-8) ? En tout cas, pour certains,  c’est  l’apanage d’une élite, le bien exclusif  des illuminés ou encore un concept théologique accessoire … Dans sa lettre apostolique « Tertio millennio adveniente », le pape Jean-Paul II souligne qu’il convient, dans l’Eglise, de s’appliquer à « la redécouverte de la présence et de l’action de l’Esprit Saint » (n°45). La Pentecôte est,  comme la tortue marine qui remonte à la surface des eaux pour respirer,  l’occasion favorable d’inspirer profondément le Souffle divin qui oxygène et fait vivre spirituellement;  l’occasion d’invoquer son effusion sur soi-même, sur sa famille, son Unité pastorale, sur l’Eglise et le monde entier.

En effet, il n’y a pas de vie chrétienne sans relation personnelle et intime avec l’Esprit Saint, « la boussole intérieure » (pape François) qui nous guide. Il nous entraîne dans l’aventure de la foi  en Dieu et en l’homme; il  nous engage dans l’amour et le service du prochain en nous  éveillant à la bienveillance (2ème lecture). A l’intérieur de chacun de nous, il travaille invisible mais fort.  Reclus et confinés derrière les portes verrouillées de nos suffisances et certitudes, de nos peurs et  désespoirs, de nos routines et lassitudes, il nous donne la force de rebondir autrement, le punch de  dé-confiner en créativité, la détermination  de ne plus bosser le nez dans le guidon, mais de fixer notre regard vers  l’horizon pour être présents au monde qui naît.  L’Esprit Saint assure l’unité du Peuple de Dieu au demeurant  différent par la diversité légitime  de ses origines et cultures, de ses races et langues, de ses talents et dons (1ère et 2ème lectures). Là où il y a des tensions acerbes et des déchirements, il suscite la compréhension et la conciliation … Pour Saint Jean, la preuve patente que  nous sommes en communion avec  Dieu et qu’il est présent en nous, c’est qu’il nous  donne  en partage son propre Souffle (1 Jn 4,  13). Et saint Paul de renchérir : « Ne savez-vous pas que votre corps est un temple de l’Esprit Saint, qui est en vous ? » (1 Co 6, 19).

Le décor de la page d’Evangile de ce dimanche est bien agrémenté : un espace clos, les fidèles de Jésus assemblés, le don de l’Esprit Saint et l’envoi en mission. Par rapport à saint Luc qui relègue la Pentecôte 50 jours après la résurrection (1ère lecture), saint Jean ne les dissocie pas. Dans son Evangile, sitôt revenu à la vie, le  Ressuscité procède au baptême de l’Esprit Saint en  insufflant son Souffle sur les disciples. Ce geste rappelle le récit de la création (Gn 2, 7) et la vision de la vallée remplie d’ossements desséchés qui, grâce au Souffle divin, ont repris vie (Ez 37, 1-14). C’est pour signifier que le vent de la Pentecôte, printemps de l’Eglise, accomplit  le mystère pascal : tout recommence et refleurit. Par ailleurs, la mission du pardon, autrement dit de la réconciliation avec soi-même, avec l’autre, avec le cosmos et avec Dieu assignée aux disciples, est inséparable du don de l’Esprit Saint qui les rend capables de la réaliser.

La Parole de Dieu nous interpelle à plus d’un sens

* »Recevez … » (Jn 20, 22) : recevoir est à bien des égards un geste difficile à effectuer dans notre civilisation post-moderne caractérisée entre autres par l’hyper-individualisation, l’autopromotion, l’autonomie et la toute-puissance du sujet, seul maître de son destin. L’on considère que recevoir aplatit et fait dépendre de l’autre. Et pourtant, qu’as-tu que tu n’aies reçu ? (1 Co 4, 7) : ta vie, ton patrimoine génétique, ton éducation, ta culture, … ?  L’Esprit Saint est un don que  Dieu ne peut refuser à un cœur-éponge, le cœur humble qui lâche prise et se dispose à s’en imprégner. A sujet, Jésus dira : « Si vous, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent  » (Lc 11, 13).

*Comment se fait-il que chacun les entende parler dans sa langue maternelle ? » (Ac 2,8)

La langue maternelle, c’est celle que parle, que me parlait ma maman. La langue qui m’a appris à nommer les choses, à comprendre le monde; elle est pour moi un référent de sens. Elle m’a ouvert aux gens qui partagent avec moi le même code de langage. C’est la langue que je parle naturellement. Cela signifie que la Parole de Dieu me rejoint dans mon âme socio-culturelle. L’Esprit Saint promeut ainsi l’inculturation du Message dans le respect de l’unicité de chaque individu et de chaque peuple : « C’est la même eau fraîche et féconde qui tombe sur le champ, afin que fleurisse rouge le coquelicot, rose la rose, bleu le bleuet » (Basile de Césarée, père de l’Eglise).

Alors, chers amis, que L’Esprit Saint continue à faire irruption dans nos vies : qu’il nous consacre par l’Onction, pénètre au tréfonds de notre être ; que son feu consume tout mal et toute force mortifère en nous; qu’il nous rende fidèles à notre foi dans l’espérance du Jour du Seigneur !

 

Vital Nlandu, doyen de l’Ardenne

Publié dans Actualité, Communiqués officiels, Homélies, Le mot du curé | Laisser un commentaire

Jésus prie pour ses amis

Homélie du 7ème dimanche de pâques A : Jésus prie pour ses amis
Ac 1, 12-14; Ps 26; 1 Pi 4, 13-16; Jn 17, 1-11.

Mes sœurs et mes frères, après l’Ascension du Seigneur, nous voilà entrés dans la semaine d’attente, avec Marie, du don renouvelé de l’Esprit Saint. Jésus retourne vers son Père ainsi qu’il le dit dans la péricope de l’Evangile de ce dimanche : « Je ne suis plus dans le monde …, je viens vers toi « . Mais auparavant, il laissera une consigne : dans un premier temps, les disciples ne doivent pas s’éloigner de Jérusalem pour ceci :  » Vous allez recevoir une Force, alors vous serez mes témoins » (Ac 1, 4.8). En attendant, ils sont au Cénacle (chambre haute), assidus à la prière (1ère lecture). Tel est le programme que je vous propose en cette semaine de préparation à la Pentecôte : prier avec Marie pour que l’Esprit Saint vienne soutenir nos engagements, qu’il nous sanctifie et nous ouvre les trésors des merveilles de Dieu ….Ecoutons le témoignage de Gandhi sur la prière :  » Sans elle, j’aurais perdu la raison… La prière est la clé du matin et le verrou du soir. C’est une alliance sacrée entre Dieu et les hommes ». Et le curé d’Ars : « La prière est à notre âme, ce que la pluie est à la terre« .

En effet, après ses adieux aux disciples et ses ultimes exhortations (« Demeurez dans mon amour; je vous appelle mes amis; vous aurez à souffrir dans le monde, mais courage! …), Jésus, le grand prêtre, s’adresse à son Père en lui confiant le peuple des croyants. Il intercède pour que celui-ci participe à sa gloire dans la vie éternelle. Dans cette prière sacerdotale, nous ne pouvons que contempler et nous émerveiller de cette mystérieuse liaison entre Jésus et son Père : « Et maintenant, glorifie-moi de la gloire que j’avais auprès de toi avant la création du cosmos » … C’est loin ça, au-delà du temps ! « Tout ce qui est à moi est à toi et tout ce qui est à toi est à moi ». Comme dans un couple, c’est un contrat de totale communauté des biens…

Jésus rend compte à son Père, du bilan de sa mission sur la terre. C’est l’heure de l’apothéose de sa mission : passion-exaltation; l’heure de son « poids réel », de sa vraie valeur (sa glorification) … Si cette heure unique de son élévation en croix est advenue, c’est pour que soit pleinement manifestée sa « passion » pour l’homme, car il n’y a pas d’amour plus grand que de donner sa vie pour ses amis. Pourquoi Jésus se retire-t-il du monde ? C’est sans doute pour rendre l’homme responsable du salut de l’homme, en poursuivant son œuvre : faire connaître Dieu dans le monde et ouvrir ainsi les portes de la vie éternelle. Cette connaissance au demeurant spirituelle, est « expérimentale ». C’est l’entrée dans l’intimité de Dieu, dans la communion de l’amour trinitaire. Le sentiment de plénitude qu’on en éprouve et la grande paix qui déferle du cœur, provoquent un avant-goût du ciel.

Cependant, en partant, Jésus sait qu’il laisse ses disciples dans un monde qui leur sera souvent hostile. En ce moment, ils doivent remonter à la Source, et ce n’est possible qu’en ramant à contre-courant. Pour ce faire, ils doivent faire confiance (Ps 26), mais aussi avoir des reins solides, capables de supporter les souffrances liées au témoignage de la foi et à tant d’autres parasites (2èmelecture). Tout compte fait, même si de temps à autre, nous sommes emportés par le courant, la foi est notre seule ancre et la miséricorde de Dieu notre force.

 

La Parole de Dieu nous interpelle à plus d’un sens *

 

* « Père, je t’ai glorifié (donné du poids) sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire« : voici le but que Jésus s’est assigné pour sa vie ! Oui, lorsque la pandémie du coronavirus a atteint son pic chez nous, j’ai été choqué comme beaucoup par l’hécatombe, la mort en cascade de nombreuses victimes : le même jour, c’était 2500 aux USA, 700 en Italie, 350 en Belgique … Le risque était de tomber dans la dérive inquiétante de la banalisation voire de l’indifférence face à la mort qui ne surprenait plus. Avec la banalisation, on perd le sens, y compris d’un mystère aussi épais que celui de la mort. Et toi, tant qu’il en est temps, quel est le but de ta vie ? Heureux est l’homme qui dira à la fin de son pèlerinage sur la terre : « J’ai accompli l’œuvre, la mission qui était la mienne !  » Encore faut-il l’avoir identifiée !

* Prière de préparation à la Pentecôte

Dieu notre Père, nous te supplions de nous donner une nouvelle effusion de l’Esprit-Saint, afin que notre foi en Jésus-Christ puisse se raviver. Enflamme-nous du feu de ton Amour. Seigneur Jésus, Tu nous invites à demeurer dans la foi en ta parole et en ta promesse, Garde-nous dans ta bénédiction et dans ta grâce, afin que nous puissions poursuivre notre chemin de vie avec courage, inspirés et fortifiés par ton Esprit-Saint. Ainsi nous serons remplis de joie et nous deviendrons source de bénédictions pour ceux qui nous entourent. Nous te le demandons à Toi qui es vivant avec le Père et l’Esprit maintenant et pour les siècles des siècles.

Amen.

 

Vital Nlandu, doyen de l’Ardenne

Publié dans Actualité, Formation, Homélies | Laisser un commentaire

Neuvaine de Pentecôte

ascensionIBonjour à tous,

Rosa et notre curé Vital nous invitent à participer à la neuvaine de Pentecôte pour notre pays qui a lieu entre l’Ascension et la Pentecôte chaque année dans différents groupes de prière en Belgique  dont le groupe de prière de Malmedy.

Vous pouvez télécharger la proposition en cliquant sur ce lien.Neuvaine de Pentecôte 2020

En union de prière malgré le confinement.

Bernard

Publié dans Actualité, Communiqués officiels, Intentions de messes, Prières | Laisser un commentaire

Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements

Homélie du 6ème dimanche de Pâques A : Ac 8, 5s; 1 Pi 3, 15-18; Jn 14, 15-21

                jean-14-15

 

          Mes sœurs et mes frères, il n’y a que l’amour qui garantit une relation vivante. C’est la première fois dans l’Evangile de saint Jean que Jésus évoque explicitement l’idée de l’aimer. En effet,  il ne suffit pas seulement de croire ou  de débiter son credo, mais faut-il  encore et d’abord  aimer Dieu, autrement dit  passer de la profession de foi à la profession de foi , c’est-à-dire de la  foi livresque, intellectualiste à l’expérience de la rencontre intime, intérieure de Jésus, la foi du cœur.  B. Pascal le dit en ces termes : « Il y a loin de la connaissance de Dieu à l’aimer ». Jésus va  alors exiger de ses disciples la fidélité à ses commandements. C’est entre autres ceci dans l’Evangile de saint Jean : « Vous devez vous laver les pieds les uns les autres (Jn 13, 14); aimez-vous les uns les autres (Jn 13, 34); que votre cœur ne se trouble pas, croyez en Dieu, croyez en moi (Jean 14, 1) ». Voilà un petit résumé de l’Evangile : service, amour, abandon et confiance en Dieu.

          Dans cette optique, saint Pierre dira dans la deuxième lecture : « Soyez prêts à tout moment à rendre compte de l’espérance qui est en vous« . L’espérance chrétienne est une praxis; elle est  opérationnelle dès aujourd’hui. Pour J.Moltmann, le théologien protestant, l’espérance n’est pas qu’une simple projection à « plus  tard » ou une projection dans « l’au-delà ».  Espérer, « c’est accomplir dès maintenant ce qui sera réalisé demain, mettre en œuvre dès aujourd’hui des possibilités du temps messianique »  Lorsque Dieu me promet  une terre nouvelle, des cieux nouveaux (2 Pi 3, 13), au lieu de me figer et de me scléroser à regarder le ciel,  je vais plutôt anticiper la réalisation de cette promesse par mon engagement pour la paix, la joie de vivre, l’émerveillement, la justice sociale, le service gratuit,  le respect et l’attention pour les faibles … Oser rendre compte de l’espérance qui m’habite, c’est témoigner du feu dévorant qui embrase mon cœur, dire ce que je vis avec Jésus, comment son amour me presse : plus fort que moi, Jésus me séduit,  me terrasse !… C’est aussi oser adopter son style de vie.  Et le faire non avec des artifices de bling-bling, mais de manière simple, authentique,  douce et une conscience droite.

          Cependant, étant donné ma  vulnérabilité, je n’en serais  capable que grâce à l’Esprit Saint, le Paraclet (paraklètos en grec = défenseur, avocat) qui vient au secours des disciples. C’est lui l’Esprit  Saint qui poursuit l’œuvre du Ressuscité en toi, en moi, dans l’Eglise et le monde. Il raffermit la foi des disciples, les introduit dans la connaissance du Nom de Jésus-Christ et dans l’intelligence de l’Evangile. Il les aide à comprendre le message de Jésus en l’adaptant  aux besoins de chaque conjoncture; il les inspire en  les orientant  vers la vérité… On  s’aperçoit dès lors que l’Esprit Saint est la clé centrale  de la compréhension des Ecritures. Voilà pourquoi dans les groupes de prière, à la lectio divina, l’invocation de l’Esprit Saint occupe une place importante. Quand tu lis et médites la Parole, quand tu prépares une homélie ou tout autre partage biblique, commence par prier l’Esprit Saint, qu’il se diffuse et rayonne dans ton esprit et dans ton cœur.

          Dans la première lecture, grâce à la passion missionnaire  de Philippe authentifiée par Pierre et Jean, les samaritains reçoivent l’Esprit Saint. Voici déjà annoncée la Pentecôte que nous célébrerons dans deux semaines, où se réalisa la promesse universelle de Dieu, du don de l’Esprit Saint, qui n’est pas seulement réservé aux prophètes, aux rois ni au peuple élu, les juifs, mais à tous : « Je répandrai mon Esprit sur toute chair » (Jl 3, 1).

                            

                                  La Parole de Dieu nous interpelle à plus d’un sens

* »Je ne vous laisserai pas orphelins,  je reviens à vous » (V. 18). Nous sommes nombreux à avoir vécu, même très tôt, l’expérience d’orphelin. Chez nous en Belgique, Dieu merci, la sécurité sociale assure un tant soit peu leur protection en soins de santé. Ils jouissent  du statut  anciennement appelé  « VIPO » (Veuves et veufs,  Invalides,  Pensionnés et  Orphelins) rebaptisé  « BIM »            (Bénéficiaires de l’Intervention Majorée)… Est-il qu’au-delà de cette aide matérielle, il y a une carence d’amour qui laisse parfois des crevasses indélébiles au cœur. Plus d’amour paternel, plus d’amour maternel… et voilà que Jésus se propose de combler le vide, d’étancher les assoiffés éternels de tendresse par l’Esprit Saint qui sature nos cœurs de son Amour (Rm 5, 5) !

*Au baptême de Jésus, Jean le baptiste témoigne : « Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, c’est celui qui baptise dans l’Esprit Saint » (Jn 1, 33). Jésus le fit concrètement après sa résurrection : « Il souffla sur eux et leur dit : recevez l’Esprit Saint » (Jn 20, 22). Et dans l’Evangile d’aujourd’hui, cet Esprit « demeure auprès  de vous,  et il sera en vous » (V.17). Pourquoi cette articulation entre le présent et l’avenir ? C’est pour me dire que l’Esprit Saint est certes présent en moi depuis le jour de mon baptême, une présence certifiée et confortée à ma confirmation. Mais je suis invité sans cesse à réveiller la source d’eau vive qui dort au fond de  moi, à actionner le trésor sous-exploité, à invoquer absolument l’Esprit Saint pour qu’il jaillisse en  moi.

Je souhaite à tous et à chacun une joyeuse fête de l’Ascension du Seigneur.

 

Vital Nlandu, doyen de l’Ardenne

Publié dans Actualité, Homélies, Le mot du curé | Laisser un commentaire

Je suis le chemin, la vérité et la vie

Homélie du 5ème dimanche de Pâques A  :  Ac 6, 1-7; 1Pi 2, 4-9, Jn 14, 1-12

« Je suis le chemin, la vérité et la vie »

 Mes sœurs et mes frères, le contexte de l’Evangile d’aujourd’hui est tragique : il y a un vent de panique qui souffle dans  les cœurs et les pensées des disciples de Jésus. Judas s’est désolidarisé du groupe et Jésus annonce son départ (mort). Mais il ira vite les apaiser et les rassurer : »Que votre cœur ne se trouble pas ! » Voici le sens qu’il donne à son départ : ce n’est pas une rupture radicale, mais une entrée dans une  « autre vie ». Après cette séparation transitoire, tous s’y retrouveront pour ne plus jamais se quitter. Jésus demande seulement  à ses amis de lui faire confiance.  Oui, tout peut s’écrouler, sauf mon credo, trésor inaltérable ! En effet, le temps pascal est un kairos, une opportunité d’approfondir notre connaissance du mystère du Ressuscité… Jésus, « nosce te ipsum » (connais-toi toi-même), que dis-tu de toi;  quelle est, en vraie grandeur, ton identité ? Il nous  répond dans l’Evangile de saint Jean : « Je suis le pain de la vie, la lumière, la résurrection,  le bon pasteur, la porte, le serviteur, le Fils, le Maître, le cep …« 

Et aujourd’hui il dira:

*Je suis le chemin : Où cours-tu  donc ?…  Aux yeux de Jésus,  ta vie n’est pas absurde, son terminus n’est pas le trou noir de la tombe. Tu as un horizon à rejoindre ; une espérance, ton avenir étant  en Dieu. Cependant, ce chemin qui mène à Dieu doit absolument passer par la passion « pour l’homme », la mort de soi pour arriver à la gloire. Dans l’Evangile,  avant de dévoiler son identité de chemin, Thomas le pragmatique,  fait cette réplique : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas, comment pourrions-nous savoir le chemin? » C’est depuis la nuit des temps que l’humanité se pose cette question : quid après la mort ? Pour Marx, Nietzsche et Freud, l’au-delà est une invention de l’homme. Mais moi, je fais confiance en la Parole de Jésus qui me promet de me préparer une place unique, ma place dans son pré carré.

 *Je suis la vérité : malgré mes illusions, mes tâtonnements,  mes recherches approximatives de sens voire mes erreurs, mes feintes et mes refus d’aimer en vérité, j’ai toujours la possibilité, en étant en adéquation avec l’Evangile, d’être vrai.

*Je suis  la vie : celle qui jaillit de la communion avec l’amour trinitaire.  Pressé par l’Esprit Saint, je suis constamment appelé  à entrer dans le circuit d’où coule et roucoule la sève de l’Arbre de  la vie,  la vie en Dieu,  au demeurant éternelle.

A son tour, Philippe  demandera  à Jésus de leur montrer physiquement ce Père dont il parlait tant. Cher Philippe, ose voir Dieu et tu seras complètement non-voyant ! Dieu, c’est comme le soleil que l’on ne saurait voir face à face sans être ébloui et tombé à la renverse (Ex 33, 18-23).  Il ne  se laisse manifester que par son Christ, mais aussi à travers mille et un signes : ses œuvres (sa création), celles de ses enfants, ces femmes et ces hommes  qui sont des pierres vivantes constitutives du Corps mystique du Christ qui est  son Eglise (2ème lecture). Par le baptême, ils sont le peuple sacerdotal  greffé au seul Prêtre Jésus-Christ qui les missionne, chacun selon son ministère,  au service de la prière, de la Parole et à la prise en charge des petits et des naufragés de la vie (1ère lecture).

 

                  La Parole de Dieu nous interpelle à plus d’un sens

*C’est autour du chemin  cité par Jésus que Thomas voudrait en savoir plus, mais  la réponse de Jésus est surprenante : au chemin, il associe la notion de la vérité et celle de  la vie. C’est pour nous faire  comprendre  que ces 3 concepts s’imbriquent tout naturellement. La vérité chrétienne n’est pas un bloc stéréotypé et monolithique. Comme chemin à explorer, personne ne peut s’arroger le droit de l’enfermer dans ses poncifs. Elle est consensuelle.  Et puis, une vérité qui n’enfante pas « la vie » est-elle encore  évangélique?   D’autre part,  notre foi, est-ce  un acquis ou un chemin  encore et toujours à parcourir ? Malin qui dira : « Bingo, je suis déjà arrivé !« 

*« Je suis dans le Père et le Père est en moi » : peux-tu, en plein état de conscience, en fermant les yeux,  t’approprier cette parole, la reprendre à ton compte ? On n’en est capable que si on vit une expérience de relation profonde, intime (« la foi nue »), et même ontologique avec Dieu; à l’instar de la liaison de la source avec la rivière, c’est la même eau ! N’est-ce pas là ta vocation baptismale : te configurer au Dieu trinitaire jusqu’à  devenir autant que faire se peut, le reflet de sa Miséricorde.

Bonne fête à toutes celles qui font  vibrer leur cœur affectueux  de maman.

                                                                                 Vital Nlandu, doyen de l’Ardenne

Publié dans Actualité, Homélies, Le mot du curé | Laisser un commentaire

Le Bon Pasteur

Homélie du 4ème dimanche de Pâques A : Jean 10, 1-16 : Le Bon Pasteur !

Mes frères et mes sœurs, nous sommes au mois de mai dédié à la Vierge-Marie et dès ce lundi 4 mai, nous entrons  en déconfinement dans sa phase 1A. Nous voici donc  relancés sur la route de la vie active par la méditation d’un Evangile qui, une fois de plus, déploie l’éventail de l’amour de Dieu. L’amour n’est pas un attribut, une qualité de Dieu, c’est la substance même qui le constitue, c’est son être même: Dieu est amour ! C’est pourquoi nous ne cessons de dire à celles et ceux qui sont devenus enfants de Dieu par le baptême, que la seule chose qui importe, c’est d’aimer ! Nous sommes tous habités par un feu, qui est une centrale d’énergie, la source de notre aspiration à aimer et de ce besoin existentiel que nous éprouvons constamment : être aimés ! Ce feu, c’est l’amour de Dieu.

Le berger ! A l’époque de Jésus, le peuple d’Israël était majoritairement rural et pastoral. Voici le quotidien de la vie d’un berger : chercher les pâturages et les points d’eau pour la vie des brebis ; les protéger des voleurs ou des animaux  prédateurs  et, le soir, les ramener dans l’enclos. C’est pour nous faire raisonner, mais surtout faire  résonner en nous le mystère de l’amour de Dieu que  Jésus s’identifie au berger, alors à nul autre pareil, le Bon Berger!  L’édifice de la relation du Berger avec ses brebis,  est posé  sur 4 pierres :

bp1*L’écoute : « Mes brebis écoutent ma voix ! » (V.3 et 16). La foi se reçoit par l’écoute (Rm 10, 14). Nous apprenons à écouter la voix de  Dieu qui susurre au creux de nous-mêmes par la méditation et l’accueil de sa Parole, la relecture des événements de notre vie, dans l’adoration, le silence éternel des espaces infinis … Même si notre société est polluée par le bruit et l’empressement, Dieu continue de nous parler à travers moult signes. Et puisque voix rime avec voie,  il ne suffit pas seulement d’écouter le Bon Berger, encore faut-il  le suivre en adoptant son style de vie.  

*La connaissance : « Je connais mes brebis et elles me connaissent » (V.14). Connaître signifie ici naître à l’autre, autrement dit l’aimer. Il s’agit de cette merveilleuse dialectique : connaître pour aimer et aimer pour connaître davantage ! Maurice Zundel l’exprime en ces termes : « il n’y a de vraie connaissance que dans l’amour ». En effet, il est heureux l’homme qui se sait  connu, choyé, aimé, guidé et protégé par Dieu. Dans ses Confessions, Saint Augustin dira à Dieu : « J’ai tardé à t’aimer…, tu étais dedans, moi dehors». La preuve que le Bon Berger connaît ses brebis, c’est qu’il appelle chacune par son nom…  Pour vérifier si tous les élèves étaient présents le matin, mon instituteur de l’école primaire appelait chaque élève  par son nom. Réponse : « Me voici« , c’est-à-dire « Je suis« . Le nom tire hors du néant, il fait exister. Et dans la culture yombe, ma culture d’origine,  le nom revêt une importance capitale. En plus d’être la représentation figurée de l’homme lui-même, c’est une mission, un programme de vie, une vocation. Par exemple : quand on t’appelle « Lelo », traduit littéralement « ne fût-ce qu’aujourd’hui », c’est pour te rappeler les défis à relever en toute confiance. « Lelo » signifie : ne fût-ce qu’aujourd’hui, montre de quoi tu es capable !… Le berger appelle chaque brebis par son nom pour que chacune comprenne qu’elle est un pro-jet de Dieu !

*La liberté : Notre vie, n’est-ce pas un brin de temps donné à notre liberté pour apprendre à aimer ? Le Bon Berger fait sortir ses brebis. « Faire sortir », c’est un geste de libération et de liberté. Moïse fit sortir les Hébreux d’Egypte pour les libérer de l’esclavage ! Avec le Bon Berger, on peut aller et venir, entrer et sortir (V. 9), il y a un espace de libre circulation… Dieu ne s’impose pas, il se propose. Il a même décidé, par amour pour l’homme,  de n’avoir aucun pouvoir sur sa liberté. Notre vie est comme  un bois à plusieurs sentiers, chacun étant libre de choisir le chemin de sa vie. Toutefois, de ces mille et un chemins, il y en a un qui mène à Dieu. C’est Jésus qui, avec ses bras étendus, nous fait signe : « Je suis  la porte ! » (V.7). La métaphore de la porte signifie que Jésus est le passage obligé vers le salut, la vie en Dieu que, lui, Jésus donne en abondance (V. 10). En effet, c’est par lui que nous, chrétiens, avons accès à Dieu. Je dis bien « nous chrétiens » ! Vous comprenez que dans notre monde pluriel, chaque culture religieuse est un vieux corpus de sagesse qui contient des pistes spirituelles et existentielles possibles et imaginables d’accès à Dieu. Chacun peut y trouver son compte.

bonpasteur*Le don de soi : « Je donne ma vie pour mes brebis » (V.11)… « Aimer, c’est tout donner et se donner soi-même », a dit sainte  Thérèse de Lisieux. En cette Journée Mondiale  de prière pour les vocations, je pense certes à ceux  qui sont appelés au sacerdoce ministériel et à la vie religieuse, mais aussi à  tous ceux qui se donnent de manière désintéressée et gratuite au service des autres.  En faisant fructifier  les talents dont ils sont dotés, ils répondent à l’appel à bâtir une civilisation d’amour. Sachons par ailleurs  que tout ce que nous réalisons sur cette terre n’a de sens et de soupçon d’éternité que si nous le faisons  par amour.

Alors, qu’importe, chères amies, chers amis, pourvu que nous connaissions Jésus-Christ et  que se manifestent en nous et autour de nous,  les signes de la puissance de sa résurrection.

                                                                Vital Nlandu, doyen de l’Ardenne

 

 

Publié dans Actualité, Homélies, Le mot du curé | Laisser un commentaire

LETTRE DU PAPE FRANÇOIS

Le pape François invite les fidèles du monde entier à prier le rosaire durant le mois de mai : il donne son « secret » dans une lettre et dans deux prières, publiées en huit langues ce 25 avril 2020. Une façon aussi de valoriser la prière en famille, en temps de pandémie et de confinement. Le secret pour prier le rosaire ? « La simplicité », répond-il. « Contempler ensemble le visage du Christ avec le coeur de Marie, notre Mère, nous rendra encore plus unis comme famille spirituelle et nous aidera à surmonter cette épreuve », affirme-t-il aussi.

LETTRE DU PAPE FRANÇOIS à tous les fidèles pour le mois de Mai 2020

Première prière

Seconde prière

papemarie

 

Publié dans Actualité | Laisser un commentaire