Messe communautaire du 25 septembre 2022 de l’UP Malmedy

Thème : « Clameur (cri de souffrance) des hommes, clameur de la terre !  » à entendre et pour lesquelles il est urgent d’agir.

Evangile : Mt 6, 25-34

Constat (diagnostic) : du point de vue écologique, tout est déglingué, détraqué : trop de sécheresse, trop de pluies, trop de chaleur… Jouant à l’apprenti sorcier, l’homme ne sait plus maîtriser le cours des dommages (effondrement de la biodiversité, réchauffement climatique, pollution, pauvreté des peuples) qu’il cause lui-même. Comme le  dit le dicton espagnol,  » Si Dieu pardonne toujours; si  l’homme pardonne  parfois, la nature, elle,  ne pardonne jamais !« …

En effet,  il y a une horrible  maltraitance de la vie sous toutes ses formes. La nature, les animaux, les plantes disparaissent à grande vitesse. Au cours des 40 dernières années, nous avons détruit près de 60 % du monde sauvage (Cf. le livre de Yann Wehrling, Tous dans le même bateau. Biodiversité, il est encore temps d’agir).  

Alors, à l’heure où le pronostic vital  de l’humanité est engagé, que faire pour limiter les dégâts, éviter le pire ?

Il faut absolument un éveil révolutionnaire de conscience collective, une mobilisation citoyenne, un retournement intérieur (conversion) de chacun.e,   une responsabilisation universelle vis-à-vis des désastres écologiques et la paupérisation des peuples – abaissement continu du niveau de vie –  qui s’ensuit.  

Pour sa part, le pape François suggère de ne  plus, dorénavant,  opposer l’humain et la nature, mais de considérer que tout coexiste  harmonieusement  dans une même toile, la toile du vivant,  où tout est lié, interconnecté,  interdépendant. Au sein de cette toile de la vie, nous sommes 7,7 milliards d’humains vivant dans la même biosphère, la même nature qui nous abrite, nous  nourrit et nous soigne. Pour plus d’efficacité, il convient de cerner le problème  de l’état actuel désolant du monde dans une approche globale. Autrement dit, la souffrance des hommes et la souffrance de la terre ne doivent pas être saucissonnées tant elles s’imbriquent… Les  vagues de chaleur ardente  que nous  venons de vivre ont brûlé par exemple des champs de maïs, et qui d’autre en paie les conséquences sinon l’homme ?

La responsabilité universelle  dont il s’agit consiste à ce que chacun.e  prenne sa part pour la sauvegarde de la nature, notre « maison commune », et donc pour le bien de l’homme.

Et face à celles et à ceux qui se découragent en disant que leurs efforts n’auraient aucun impact sur une banqueroute environnementale, économique, sociale et même spirituelle devenue  planétaire, la fable amérindienne du colibri est une belle sensibilisation à l’engagement  écologique et solidaire.  

Un jour, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre qui s’étendait sous leurs yeux. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation qui lui semblait dérisoire, lui dit :

« Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! » Et le colibri de  lui répondre : « Je le sais, mais je fais ma part. »

Plutôt  que de ne rien faire parce que l’on se sent impuissant ou que l’on  pense que la solution doit venir des autres, il faut oser se mouiller : « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde » (Gandhi).

Concrètement, voici la question à débattre dans les ateliers : « Cri des hommes, cri de la terre : en quoi la souffrance des hommes – les pauvres en l’occurrence – ET celle de la terre te concernent-t-elles ? Comment pourrais-tu, à ton niveau, soulager l’une ET l’autre ?  »  

                                                                       Vital Nlandu, votre curé-Doyen    

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Etre habile pour les choses du Royaume

Homélie du 25 ème dimanche ord C : Etre habile pour les choses du Royaume

                                Am 8, 4-7; Ps 112; 1 Tm; Lc 16, 1-13

Mes sœurs et mes frères, en vagabondant à travers la Bible, nous voilà arrivés à cette  parabole qui est pour le moins scandaleuse : un intendant magouilleur et intrigant encensé par le maître ! Comment est-ce que je la reçois ?  En effet, pour nous aider à décoder l’irruption du Royaume dans notre vie présente, à repérer les semences d’espérance  qui y fleurissent, et pour nous impliquer éventuellement  dans leur déploiement, Jésus  nous décrit de  manière subtile  une énigme autour de l’argent… Je vous avoue qu’en  lisant cette parabole,  j’ai souri en coin en me demandant comment j’allais  m’en tirer à prêcher sur  une leçon d’escroquerie ! 

Jésus choque et dérange certainement les bien-pensants. Certes, il n’approuve guère la fourberie, mais il admire la créativité de ce  gérant qui ferait tout pour ne pas être pris  au dépourvu ; il admire  son habileté à se faire des amis, y compris avec l’argent malhonnête !  Et si, à notre tour, nous chrétiens, nous  pouvions avoir de l’imagination à profusion pour optimaliser nos engagements au service du Royaume : comme par exemple rendre plus féconde notre  spiritualité;  être plus utiles aux autres, en l’occurrence aux plus faibles ;  nous plonger davantage dans les profondeurs de l’Amour de Dieu; enjoliver nos relations interpersonnelles …! L’habileté n’est pas un vice, c’est plutôt savoir tirer profit de certaines circonstances de la vie pour atteindre certains objectifs.

Notre préoccupation à anticiper l’avènement du  Royaume dans nos communautés de vie rend notre foi agissante  et plus convaincante. Les saints qui se sont investis dans les œuvres d’assistance et de bienveillance,  comme Mère Térésa, Vincent de Paul, ont fait preuve de beaucoup d’esprit d’imagination pour réussir leurs œuvres.

Quant à l’argent, pour Jésus, il n’y a pas de compromis : on ne saurait servir deux maîtres à la fois!  Un jour il faut bien l’admettre, un jour il faut décider pour qui on veut   vivre, à qui on veut  se donner : à Mammon, l’idole Argent, le fétiche qui hypnotise, la fausse sécurité ou à Dieu ?

En effet, la question n’est pas de renoncer à l’argent ou de nous demander ce que nous faisons de l’argent qui est de toute évidence une commodité puisqu’ à bien des égards, il rend la vie facile, favorise le partage, suscite la joie de donner et de recevoir. Mais la question au demeurant pertinente, c’est plutôt celle de savoir ce que l’argent fait de nous ! Ses asservis, ses aliénés ? Nous connaissons le slogan du néo-libéralisme : travailler plus pour gagner plus ! Travailler éperdument au risque de galvauder la qualité de sa vie familiale (on n’a plus le temps d’être ensemble, de dialoguer, d’avoir des projets communs), de bousiller sa santé (burn-out, tension nerveuse),  de sacrifier sa vie relationnelle. Aussi Jésus nous interpelle-t-il : « A quoi sert-il à un homme de gagner le monde entier si c’est pour ruiner sa propre vie ? «  (Mt 16, 26).  On devrait peut-être y penser souvent !…  On est ainsi mis sous  la pression de maximaliser  le rendement, quitte  à fouler au pied la dignité de l’homme, à exploiter sans scrupule le pauvre,  à l’acheter pour une paire de sandales (1ère lecture). La formule « toujours plus » est devenue l’idéal de nos entreprises, de nos sports comme le business du foot, de nos loisirs … Et, malheureusement, elle  nous plonge dans l’insatisfaction permanente.  Ne serait-ce pas une des causes de nos inquiétudes ?

Voilà donc, chers amis,  une proposition des objectifs à nous assigner en cette rentrée pastorale : il faudrait prioriser en nous accrochant à l’essentiel, avoir plus d’ambition et d’imagination dans les projets que nous allons entreprendre ensemble pour la gloire de Dieu et le salut des hommes.

                                                                       Vital Nlandu, votre curé-doyen

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La folie de l’amour de Dieu

            Homélie du 24ème dimanche ord C : La folie de l’amour de Dieu

Lectures : Ex 32, 7-11. 13-14; Ps 50; Ti 1, 12-17; Lc 15, 1-32

Sœurs et frères dans le Christ Jésus, en quoi la Parole de Dieu de ce dimanche est-elle une Bonne Nouvelle ? Qu’est-ce qu’elle m’apporte, qui m’aide à avancer ? Autrement dit : qu’est-ce que le Seigneur veut me faire comprendre ?

Ce qui est dit du peuple hébreu dans la 1ère lecture me concerne à plus d’un sens : « Ils n’auront pas mis longtemps à s’éloigner des voies de Dieu !« . Ne vivons-nous pas, nous aussi, ce tiraillement spirituel : nous prenons de bonnes résolutions sans toujours nous y tenir ? Pourtant, cela ne dissuade pas Dieu de nous aimer, car les péchés des hommes ne l’intéressent pas ! Sa folle passion est d’aimer l’homme et chaque homme gratuitement et sans condition. Surtout lorsqu’il est en situation de faiblesse. Observez l’amour préférentiel des parents pour leur enfant handicapé ; observez comment, dans un couple, l’amour est décuplé en termes de sollicitude, de délicatesse, de bienveillance, d’empathie et même de silence lorsqu’on apprend que l’un des conjoints est frappé d’une grave maladie ! C’est dans ma faiblesse, dans ma maladie spirituelle que la tendresse de Dieu déborde ! On demandait à un sage lequel de ses enfants il préférait. Réponse : « Celui que je préfère, c’est le plus petit jusqu’à ce qu’il grandisse ; c’est celui qui est loin jusqu’à ce qu’il revienne ; c’est celui qui est malade jusqu’à ce qu’il guérisse ; c’est celui qui est prisonnier jusqu’à ce qu’il soit libéré ; c’est celui qui est éprouvé jusqu’à ce qu’il soit consolé !« .

Ce n’est pas que Dieu soit excessivement laxiste au point de cautionner nos turpitudes, mais simplement il ne fait pas d’amalgame entre les péchés et l’homme qui les a commis. Certes, les fautes doivent être blâmées et reprouvées, mais l’être humain qui en est l’auteur doit, lui, garder son droit d’être aimé, sa dignité baptismale, sa grandeur d’enfant de Dieu. Des figures bibliques comme Zachée, la femme adultère… ont vécu cette hallucinante expérience de l’amour de Dieu. Le pardon de Dieu a vivifié la part la meilleure qu’il y avait en eux et les a transformés de fond en comble.

C’est la même expérience qu’évoque saint Paul dans la 2ème lecture : il reconnaît avoir fait beaucoup de tort aux croyants et à l’Eglise de Jésus-Christ. Il avoue qu’il l’a fait plutôt par ignorance et aveuglement fanatique. Cependant, Dieu a continué de croire en lui, il lui est resté fidèle jusqu’à l’estimer digne de se tenir devant lui pour le servir. En effet, Dieu a fait de Paul, l’apôtre que l’on connaît et reconnaît ! Toute sa vie, Paul en fera son dada : il restera scotché devant l’époustouflant mystère de l’amour de Dieu pour lui, lui qui se dit être le premier des pécheurs ou encore l’avorton (1 Co 15, 8).

Voici donc la nourriture spirituelle que m’apporte la Parole de Dieu de ce dimanche :

*Elle m’invite à me laisser aimer par Dieu et, dans la gratitude et la confiance, à accueillir son initiative : « L’amour consiste en ceci : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés le premier » (1 Jn 4, 10).

*Elle m’exhorte à me libérer de ma culpabilité tenace, lassante, et pourtant stérile : mes péchés ne sont pas importants aux yeux de Dieu. Comme un pétard mouillé, Jésus mon sauveur les a anéantis en les crucifiant avec lui sur le bois de la croix. Le don de son pardon, sa grâce qui soutient mon ardent besoin de me convertir, me suffit.

*« Qui d’entre vous n’irait pas au désert à la recherche de la brebis perdue ? » Jésus croit à mon humanité, à ma sensibilité à la détresse des autres. Il me convie à être le reflet de sa Miséricorde.

*Je ne suis jamais perdu, laissé à moi-même. Dieu ne peut m’abandonner puisqu’il n’arrête pas de chercher après moi. « Où es-tu donc ? « , demande-t-il à l’homme (Gn3, 9). Son amour ne connaît pas d’arithmétique : une seule brebis vaut les 99 autres. Cette brebis-là, n’est-ce pas que c’est moi ? J’ai une valeur inestimable, unique aux yeux de Dieu.

Deo gratias !

                                                                                              Vital Nlandu, votre curé-doyen

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RCF Liège fait sa rentrée

Grille horaire

réécouter en podcasts: https://www.rcf.fr/pres-de-chez-moi/liege

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Etre disciple de Jésus-Christ !

Installation de l’abbé Günter Weinand, curé de l’UP Stavelot-Francorchamps et du diacre Marc Peters par le doyen Vital Nlandu : Etre disciple de Jésus-Christ !

Lectures : Sg 9, 13-18 ; Ps 89 ; Phm 9b-10. 12-17 ; Lc 14, 25-33

Chers amis, quand on est responsable et sensé, on n’entreprend pas des projets, on ne construit pas sa vie (sa « tour ») sans discernement éclairé ni conviction, sans faire le point, calculer le coût et rechercher le sens de son engagement ; bref sans prendre le temps de s’asseoir et de réfléchir. L’exhortation de la page d’Evangile de ce dimanche vient à point nommé. En cette fin de vacances, nous voilà repartis pour une nouvelle année pastorale.

Comme tous les croyants, le diacre Marc et l’abbé Günter ont choisi de suivre Jésus-Christ.  En rappeler les exigences nous aide à assumer notre choix et à tenir le cap.

La Sequala Christi, suivre le Christ : Jésus en donne 3 conditions :

1. Nous attacher tellement à lui, au point de le préférer à tous et à tout, y compris à nos amours légitimes. Ce qui importe pour moi, dit saint Paul : « C’est connaître le Christ et la puissance de sa résurrection » (Phil 3, 10). On pourrait prêter à Jésus les mots du romancier et essayiste protestant André Gide à Paul Valéry : « Pour moi, être aimé n’est rien, c’est être préféré que je désire !  » Et pourquoi ? Parce que c’est lui Jésus  la Source qui irrigue et féconde le cœur de l’homme du vrai amour. Comme une orange gorgée de jus, un coeur rempli d’amour de Dieu se  ressource en Jésus et  il l’aimer en priorité. Un panneau solaire qui n’est pas exposé au soleil ne saura répandre et diffuser, à son tour,  de l’énergie solaire, la lumière ! L’amour inspiré de l’Evangile va jusqu’au bout, il aide tout témoin et tout  bâtisseur de la civilisation d’amour à aimer gratuitement et sans condition.

2. Porter sa croix : « Aimer » dit Thérèse de Lisieux, « c’est donner et se donner soi-même ! » Se donner, c’est-à-dire s’oublier, mourir à soi-même. Les jeunes parents le savent : quand vient un bébé, tout change dans la famille. Le bébé devient le centre d’intérêt et d’attention parce qu’il est tout dépendant et fragile. Les parents et les grands parents s’oublient alors, car, ce qui prévaut à ce moment, ce sont les soins à apporter à l’enfant. Aimer en vérité, c’est donc mourir à soi-même, porter sa croix par amour !  Et ce sont ces morts quotidiennes qui font de nous de petits grains de blé enterrés pour des moissons abondantes de grâces et de bénédictions… Porter sa croix, c’est aussi endosser ses propres échecs et tribulations, qui peuvent être un levier de croissance spirituelle. Le terme grec krisis signifie en même temps crise et croissance.  Puisque le Christ nous accompagne sur le chemin de nos calvaires, nous pouvons certes souffrir, sans cependant être anéantis ou perdre l’espérance (2 Cor 8-10).  

3. Renoncer à tout ce qui nous appartient, autrement dit vivre en femmes et hommes « détachés ». C’est une voie de libération intérieure, de cohérence et de réconciliation avec soi-même. En cette société de (sur)consommation, on se dépouille de fausses sécurités, pour reconquérir sa liberté intérieure, spirituelle. Le détachement,  ce n’est pas accaparer l’autre, ce n’est pas accumuler des biens pour soi-même ou monopoliser la parole; c’est plutôt puiser sa force dans l’humilité et la modestie… C’est  tout donner pour l’amour du Christ afin d’être tout à  lui, pauvre de cœur, disponible, dévoué et servir de son mieux. C’est enfin se délier du superflu et de l’accessoire pour s’attacher à ce qui est essentiel, à savoir l’amour de Dieu. « J’ai enlevé beaucoup de choses inutiles de ma vie et Dieu s’est approché pour voir ce qui se passait !  » (Christian Bobin). La simplicité et la sobriété heureuse – capacité de vivre du peu –  dont parle le pape François dans Laudato’Si (N°222), relèvent de la spiritualité du détachement.

En ce dimanche d’installation officielle de Günter comme curé de l’UP Stavelot-Francorchamps et de Marc comme diacre de cette même UP, je m’adresse à la communauté Stavelotaine.  Nous avons écouté le livre de la Sagesse (1ère lecture) qui dit en substance que l’homme, fils d’Adam, est un colosse aux pieds d’argile, une créature tirée de la glaise : il est tellement vulnérable ! Le psaume 89 renchérit : « Il est comme une herbe changeante qui fleurit le matin, et le soir fanée « . Pour s’ajuster à la volonté de Dieu, l’homme a ainsi besoin de l’aide de l’Esprit-Saint, qui nous donne en partage la vie de Dieu.  Saint Paul utilise le même terme « argile, terre » quand il évoque le trésor que nous détenons par notre consécration ministérielle. Nous portons ce trésor dans un vase d’argile et non dans un vase de fer (2 Co 4, 7). Et ce, pour qu’humblement, nous ayons conscience de notre fragilité et que nous soyons perméables et ouverts à l’action de l’Esprit-Saint,  qui suscite en nous des forces créatrices et soutient le déploiement de  ce que nous avons de meilleur.

C’est dire que chaque diacre, chaque prêtre a, comme tout être humain, ses qualités mais aussi, hélas, sa part d’ombre, ses défauts. Alors, tel saint Paul exhortant avec diplomatie et beaucoup de délicatesse son ami Philémon à avoir une conversion de regard vis-à-vis d’Onésime (2ème lecture), vous aussi, chers amis, je vous prie d’accueillir Marc votre diacre et Günter votre curé comme des frères bien-aimés en humanité et dans la foi.

Chacun des 2 est une part de Jésus-Christ lui-même. En effet, rien n’est plus fort que l’amour bienveillant et tolérant que, croyants ou non croyants, nous portons les uns pour les autres. Il nous aide à nous libérer de nos préjugés, de nos peurs et angoisses paralysantes.

Bonne rentrée pastorale à chacune et à chacun.

                                                                     Vital Nlandu, votre doyen

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Ce qui précède la chute, c’est la hauteur !

Homélie du 22ème dimanche ord C : Ce qui précède la chute, c’est la hauteur !

Lectures : Si 3, 17-18. 20. 28-29; Ps 67; He 12, 18-19. 22- 24a; Lc 14, 1. 7-14

Chers amis, le tic-tac de l’horloge nous emmène doucement vers la rentrée, et c’est un bel Evangile qui est proposé à notre méditation. Il peut nous aider à mieux nous connaître et, le cas échéant, nous laisser transformer par la grâce de Dieu. Il s’agit de l’orgueil qui gouverne certaines de nos attitudes quotidiennes.

L’orgueil est cet instinct animal de puissance et d’écrasement qui m’aiguillonne : je suis le plus beau, le plus intelligent, le plus fort, le plus performant ; je peux tout, je sais tout, je ne peux pas me tromper et, donc, me remettre en question … Ce penchant narcissique  pousse à l’autosuffisance, à l’arrogance aveugle, au dédain de ce qui n’est pas soi, au manque de respect et de considération vis-à-vis des autres, de la nature et de Dieu. On se paie alors le culot de se servir le premier, de se faufiler à la première place, de s’écouter parler, de snober les autres …

Et croyez-moi, il est difficile de vaincre l’orgueil !  Car l’homme, en général, a besoin de paraître, d’être valorisé, reconnu talentueux … Notons, cependant, que  notre orgueil peut être le reflet de nos complexes et combats intérieurs pour lesquels nous voulons nous montrer victorieux, bref  le reflet de nos blessures. Oui, l’homme, en général, a besoin de briller, de prouver, d’étonner même pour des mérites qu’il n’a pas. C’est comme disait Jacques Chirac à propos de la culture, qu’il comparait à la confiture : moins on en a, plus on l’étale sur son pain ! Et pourtant, Socrate considéré de son époque comme le plus sage des hommes, ne disait-il pas : « Tout ce que je sais, c’est que je sais que je ne sais rien ! « . L’orgueil est l’imposture ridicule de se croire plus important, en l’occurrence plus savant qu’on ne l’est. Son antidote est l’humilité.

L’humilité est, à bien des égards,  cette beauté intérieure, la grandeur de l’âme qu’on appelle simplicité : on est libéré du souci du paraître, de la comédie des apparences, de l’artifice de la poudre aux yeux et du grand tralala. Sans affectation ni prétention, on agit de manière authentique et naturelle, en toute liberté intérieure. Etre humble ne signifie pas s’agenouiller, se dévaloriser, s’aplatir, démissionner, capituler, accepter l’humiliation. Par rapport à Dieu, la personne humble reconnaît que tout est grâce; elle chante la passion de Dieu pour l’être humain et toute la création! Et par rapport aux autres, elle les admire, les respecte au point de les considérer, comme dit saint Paul, supérieurs à elle-même (Phi 2, 3-4).  En effet, on a toujours besoin d’un plus petit que soi. Il y a en chacun une petite étoile – sans doute à allumer -, un potentiel, un domaine dans lequel il se distingue et excelle. Voilà pourquoi la tolérance, l’accueil des différences est tellement enrichissant. « Humilité » et « humus » ont la même racine. L’humus est une terre féconde, généreuse et riche qui fait germer et grandir. Il n’y a qu’une seule chose qui puisse arriver à une personne humble : c’est être promue comme dit la parabole de Jésus dans l’Evangile, je cite : « Mon ami, avance plus haut … Qui s’abaisse sera élevé« . L’humilité précède la gloire et l’orgueil, la chute, la ruine.

Chers amis, en collant l’Evangile sur son oreille, on y entend vibrer de manière forte l’exhortation à l’humilité. Il y pullule tellement de figures et sources d’inspiration d’humilité : la Vierge-Marie (qui dit dans son Magnificat : « Dieu détrône les puissants, il relève les humbles« . Elle garde tout dans son coeur);  Jean-Baptiste (qui dit : »Que lui, Jésus, grandisse et que moi je diminue, je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale« ), et Jésus lui-même, « le doux et humble de cœur » (sa kénose ; il béatifie le doux – exalte la force de la colombe -;  le lavement des pieds; « Le plus grand sera votre serviteur… Je ne suis pas venu pour être servi, mais pour servir« ; « Père le te rends grâce, ce que tu as caché aux savants, tu l’as révélé aux petits » …). Pourquoi donc cette insistance sur l’humilité ? C’est parce que la Bonne Nouvelle apportée par Jésus-Christ n’est rien d’autre qu’une civilisation d’amour à bâtir sur l’humilité et la modestie. Et c’est tout à fait logique, car on ne peut pas aimer l’autre à fond sans s’oublier soi-même : aime et tu mourras …  à toi-même !

Et si jamais, ma soeur, mon frère, tu veux que ta tendance à l’orgueil s’estompe et même s’éteigne un jour, allume alors ton désir d’aimer et de servir de manière désintéressée !

                                                                               Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Témoins d’espérance

                      Homélie du 19ème dimanche ord C : Témoins d’espérance

           Sg 18, 6-9 ; Ps 32 ; Hb 11, 1-2. 8-19 ; Lc 12, 32-48

Mes sœurs, mes frères, au cœur de cet été, la Parole de Dieu évoque un trésor inépuisable que nous chrétiens, sans être meilleurs que les autres, nous possédons.

En effet, ce trésor ô combien inestimable qu’est notre espérance  est une de ces bourses qui ne s’usent pas, dont Jésus parle dans la page d’Evangile de ce jour ! Je me souviens de ce chant scout que je fredonnais quand j’étais jeune éclaireur : « Reprends courage, l’espérance est un trésor. Même le plus noir nuage a toujours une frange d’or « . Autrement dit, même brisé, un papillon ne pense qu’à s’envoler !

Aux yeux de saint Paul, en  effet, c’est l’espérance qui certifie le label distinctif de la foi chrétienne : « Ne soyez pas affligés comme ceux qui n’ont pas d’espérance » (1 Th 4, 11) ». Et qu’est-ce que l’espérance ? Ce n’est pas l’espoir suscité par la méthode Coué qui répète des phrases de pensée positive et d’autosuggestion pour s’encourager, se disant que tout ira mieux demain. Nous savons combien les mirages de progrès de notre époque contemporaine, les doux rêves dont nous bercent les médias, les réseaux sociaux, les négociants de bonheur tournent parfois en cauchemars. Comme les disciples d’Emmaüs, nos espoirs humains nous laissent souvent désabusés et désillusionnés…

La différence entre l’espoir et l’espérance chrétienne, c’est que l’espoir meurt avec l’échec, il peut décevoir. Mais l’espérance, elle, ne peut pas désenchanter ni tromper car elle a comme socle l’amour de Dieu (Rm 5,5). Si Dieu est tellement puissant en amour, il ne peut donc me  faire défaut !…   L’espérance est ainsi fondée sur une confiance totale à la fidélité de Jésus-Christ à ses promesses. Quoi qu’il en soit, quoi qu’il advienne, même si je ne comprends pas, même devant l’apparente absurdité, même au creuset du  déroutant scandale de la souffrance, je sais en qui j’ai mis ma foi (Scio cui creddidi : 2 Tim 1, 12) : c’est en Jésus le Christ qui m’aime et qui ne me veut que du bien ! C’est une confiance profondément ancrée, pure, « naïve », innocente, détachée, qui me procure, grâce à l’Esprit du Ressuscité, l’Esprit-Saint, paix intérieure, sérénité et sagesse.

Somme toute, espérer, c’est attendre (Rm 8, 18-25), mais attendre quoi ? La réalisation des biens que ma foi a cru être véritablement promis de Dieu (cf. Théologie de l’espérance de Jürgen Moltmann). C’est elle, l’espérance, qui a animé la vie d’Abraham, le vagabond qui allait où Dieu le conviait sans en connaître la destination. Sa motivation et sa force étaient  la conviction que son avenir était en Dieu (2ème lecture). C’est l’attente confiante de la réalisation de la Promesse qui a porté la Vierge-Marie  à croire sans en démordre au Dieu de l’impossible…

Espérer, c’est être sur la brèche comme un veilleur qui attend l’aurore au cœur de la nuit. Il décode les semences d’espérance, invente la vie. Quand Jésus dit : « C’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra« , il ne joue pas à cache-cache, il ne nous manipule pas. Il veut simplement nous épargner l’enlisement de la routine, l’endormissement. Le chrétien est appelé à vivre chaque jour comme s’il était le dernier : « Tu le sais, ô mon Dieu, pour t’aimer sur la terre, je n’ai rien qu’aujourd’hui » (sainte Thérèse de Lisieux). Il scrute les signes de la présence de Dieu en temps réel, se laisse surprendre par ses inattendus tout en défiant l’ironie du sort. L’espérance n’est-elle pas  un anti-destin ?

« Sois sans crainte, petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume » (Evangile). Le petit troupeau de Jésus, ce sont les femmes et les hommes qui sont, grâce à leur foi, portés au lâcher-prise, à l’abandon et à la confiance. Dieu leur donne déjà maintenant le Royaume par Jésus qui vient à leur rencontre, qui vit en eux et aime en eux. Car l’espérance chrétienne n’est pas passivité, oisiveté ou encore « opium » du peuple, mais responsabilité et engagement. C’est l’anticipation dès maintenant l’avenir promis et espéré (Apoc 22, 1. 5) par nos choix de bienveillance et notre croissance en humanité.

                                                                          Vital Nlandu, votre curé-doyen

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