Rendez à César ce qui est César, à Dieu ce qui est à Dieu !

Homélie du 29ème dimanche A : Rendez à César ce qui est César, à Dieu ce qui est à Dieu !

Lectures : Is 45, 1.4-6; Ps 95; 1Thes 1, 1-5b; Mt 22, 15-21

Mes frères et mes sœurs, bonjour !Voici la question à laquelle Jésus est tenu de répondre : « Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt  à César, l’empereur ? »

 De quoi s’agit-il ? Après s’être concertés, ses adversaires veulent le piéger,  le prendre en faute  afin d’avoir un chef d’accusation.  Et quoi qu’il dise, Jésus est coincé. S’il dit « oui », les gens, en l’occurrence les zélotes qui s’opposent farouchement à l’occupant romain et qui  prônent de ne pas payer cet impôt ne servant qu’à alimenter les fonds de guerres de Rome,  le prendraient pour un collabo, un traitre.  Et s’il dit « non », le peuple, en l’occurrence les hérodiens, partisans d’Hérode qui collabore avec les romains, le dénonceraient comme un instigateur politique, poussant le peuple à la révolte contre le pouvoir en place. 

Comment alors sortir de ce dilemme ? D’entrée de jeu, Jésus refuse d’entrer dans la logique binaire du oui ou du non, dans le cadre cloîtré du faux ou du vrai, du blanc ou du noir, d’in ou d’out, du yang et du yin…C’est une bipolarisation myope et figée, qui divise et conduit in fine au blocage et à l’impasse;  elle rend notre esprit étriqué, borné et cloisonné.

Alors avec finesse et ingéniosité, il va trouver la 3ème voie dans cette phrase devenue une locution proverbiale: « Rendez  à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu« . C’est aussi simple que ça, il faut se garder  de mêler les genres ou de faire de l’amalgame : Dieu est Dieu, l’empereur César n’est pas dieu.  Ce n’est qu’un homme,  même si certains Césars mégalomaniaques à travers  l’histoire  se sont mis à l’égal de Dieu. Yahvé le stipule lui-même dans la première lecture : « Je suis le Seigneur, il n’y en a pas d’autre : hors de moi, pas de Dieu« … La maxime de Jésus est au demeurant  une référence dans les débats sur la séparation entre le temporel et le spirituel, le civil et le religieux, l’Etat et l’Eglise. Les dictateurs des républiques bananières l’instrumentalisent pour faire taire  les prélats qui osent réclamer la justice sociale pour leurs populations paupérisées et opprimées.

En effet, à César, il faut, sans autre forme de procès,  rendre  ce qui lui facilite sa gestion de la chose publique, entre autres le respect de la loi et l’acquittement  des impôts qui permettent par exemple l’entretien des équipements collectifs  tels les hôpitaux, les routes …

A Dieu, il faut absolument rendre ce qui lui appartient. Et c’est quoi ? Selon le psaume 95, c’est notre gratitude pour sa miséricorde infinie (cf. Rm 1, 21). Voilà pourquoi, chers amis,  nous sommes revenus à la source ce dimanche. L’eucharistie  (du grec eucharistein = rendre grâce) que nous célébrons, est l’expression prégnante de notre reconnaissance pour  l’amour débordant de Dieu : « Vraiment, il est juste et bon de te rendre grâce » (Préface) ! Rendre grâce à Dieu est non seulement au cœur, maisc’est le cœur même de notre foi, notre prise de conscience de ses innombrables bienfaits : le don de la vie, le don de nos proches, le don de Jésus  notre Sauveur, celui de son Esprit qu’il donne en partage …

Humainement parlant, apprendre à honorer (donner du poids) et à considérer les cadeaux reçus, rend heureux et pousse à l’émerveillement. Je sais qu’il y a des familles qui cultivent la vertu de la gratitude, dont les membres  tiennent un carnet de gratitude (noter chaque jour au moins trois belles choses à partager avec son conjoint, ses enfants ou amis)…

 Alors, dis-moi, quelle est la place de Dieu dans ta vie ? As-tu le sentiment d’appartenir au Christ ? Ce Christ, est-il dormant ou vivant en toi; est-il une référence dans ta vie; laisses-tu se manifester en toi, par l’Esprit Saint,  la puissance de sa résurrection ? La meilleure manière de rendre à Dieu ce qui est à Dieu,  pour saint Paul, c’est de garder sa charité assidue, sa foi ferme et son espérance inébranlable (2ème lecture). Et en ce dimanche  de la Mission universelle, c’est faire connaître Dieu et contribuer à la croissance de sa communauté chrétienne, la croissance de l’Eglise de Jésus-Christ. C’est  accompagner ceux qui ont soif de l’amour, proclamer l’amour de Dieu et partager les richesses spirituelles de la vie avec Dieu, bref, être un nourricier de la foi.

                                                                      Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Un banquet offert à tous, mais non sans condition !

Homélie du 28ème dimanche A : Un banquet offert à tous, mais non sans condition !

Lectures : Is 25, 6-10 a; Phil 4, 12 s; Mt 22, 1-14

Mes frères et mes sœurs, Jésus parle merveilleusement du Royaume des cieux dans l’Evangile, et nous dirons aujourd’hui dans le pater : « Notre Père qui es aux cieux …, que ton règne vienne ! » Alors dis-moi : es-tu vraiment attentif aux signes d’espérance, les signes de ce règne aujourd’hui ? Et pourtant ils foisonnent ! Et que fais-tu pour hâter la venue du règne de Dieu en toi et autour de toi ?

La parabole relate la plus belle fête qui soit, celle de l’amour. Il s’agit d’un mariage. Qui l’organise ? Un roi, c’est Dieu.  Qui se marie?  Son Fils Jésus. Avec qui ? La fiancée n’est pas mentionnée, c’est une astuce littéraire pour soutenir le suspense.  En effet, la fiancée, c’est l’Eglise répandue à travers le monde, le peuple de Dieu et c’est  nous.  Cette parabole nous rappelle les péripéties de l’histoire du  salut marquées par de nombreuses ruptures d’alliance, les refus du don de Dieu, l’indifférence parfois insolente à ses sollicitations d’amour, voire l’hostilité envers ses messagers, les prophètes.

Il y a  2 groupes d’invités : le 1er c’est celui des fils d’Israël, le peuple élu. Ils déclinent l’invitation et  pourquoi ? Il y en a même qui sont tellement occupés par leur travail qu’ils n’en ont cure (v. 5). Chers amis, cette anesthésie de conscience est une actualité brûlante dans notre société postmoderne, sécularisée, déchristianisée. Le tragique, c’est que le feu « religieux » est en train de s’éteindre dans le cœur de beaucoup, parfois faute de temps : on est tellement préoccupés d’autres choses. Après la première invitation qui a essuyé une rebuffade, le roi invite de nouveau. Pour dire comment Dieu est patient ! Puisque les premiers invités  se sont  désistés, il fallait bien trouver d’autres convives,  car le banquet d’amour de Dieu est toujours prêt, qui t’attend !  Les deuxièmes invités sont des passants du hasard, ils viennent de partout : ce sont  les femmes et les hommes du monde entier, toutes races et toutes cultures confondues (cf. 1ère lecture : Is 25, 6 s). Cette famille humaine  unie dans sa diversité et rassemblée autour du banquet où Dieu nous partage sa vie et sa joie,  souligne la catholicité et l’espérance du peuple de Dieu, l’universalité du salut proposé par Jésus-Christ. Il  y a dans la salle des bons et des mauvais, le bon grain et l’ivraie. On n’a pas besoin de fournir un certificat de vertu ou de bonne conduite. Tout le monde est invité pêle-mêle, sans distinction ni discrimination.  Dieu appelle gratuitement et convie largement.

Cependant, la miséricorde infinie de Dieu qui accueille tous les hommes, n’est pas un laisser-aller bonasse. Il y a une  exigence de tenue correcte et de dignité ! Dans la salle de noces, on surprend un Monsieur en salopette de jardinier. Le roi l’interpelle avec beaucoup de courtoisie, il l’appelle même « mon ami ! ». Il veut négocier, créer du lien avec lui (religare). Mais  ce dernier  choisit de garder un silence d’affront, il refuse de dialoguer, d’entrer en relation avec Dieu. Se faisant, il s’est replié dans son mutisme,  s’est enfer-mé sur lui-même. L’enfer, c’est refuser « pieds et poings liés », de s’ouvrir aux autres et à Dieu. Le comportement de cet homme est  à l’inverse de celui de la femme adultère qui, elle, a voulu collaborer (cf. Jean 8, 1-11).

Je tiens, toutefois,  à signaler que l’habit de noce, l’exigence de dignité  dont parle Mathieu n’est pas d’abord une question de morale, de dogme ou de mérite. C’est le linge baptismal qui signifie « revêtir le Christ« , « revêtir l’homme nouveau » (Gal 3, 27; Eph 4, 24). C’est le vêtement blanchi dans le sang de l’Agneau dont parle saint Jean (Apc 7, 14; 19, 5-8).

Ce qui importe, chers amis, c’est être intimement attaché au Christ, en être même amoureux à l’instar des mystiques.   Par cet attachement, il nous donne la force de nous convertir, d’adopter son style de vie, de changer de regard;  la force de faire face à des circonstances diverses, y compris les plus difficiles, ainsi  que l’écrit saint Paul dans la deuxième lecture : « Je peux tout en celui qui me donne  la force ».

Avant la communion, je vous inviterai à venir recevoir et manger le pain de vie,  en ces termes : « Heureux les invités au repas du Seigneur« . Le geste de vous lever et de vous avancer  signifie que vous répondez : « Oui« . Mais vous ajouterez : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir« , autrement dit : « Guéris-moi, je te fais confiance …! »

                                                                                 Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Annonces du 29 septembre 2020

Nous sommes heureux de vous annoncer la parution de notre mensuel « Si tu savais... » pour le mois d’octobre.

Comme à chaque parution, vous y découvrirez toutes les informations utiles pour notre Unité pastorale et plusieurs articles et réflexions pour nous édifier.

Vous allez recevoir une force
Alors, vous serez mes témoins (Ac 1,8)

Le dimanche 4 octobre prochain à 10h30 en la cathédrale, 28 jeunes de notre UP seront confirmés. Ce sera la Saint François, le patron de notre UP qui s’est configuré au Christ dans son anéantissement, son dépouillement et son humilité. Ce dimanche marquera en sus la rentrée pastorale officielle 2020-2021 de notre UP.

La force que Jésus promet est l’Esprit Saint, la puissance d’en haut que le confirmand reçoit par l’imposition des mains. Certes, elle habite en tout baptisé, mais faut-il encore la confirmer et l’éveiller ! C’est la force que les apôtres ont reçue le jour de la Pentecôte. Ce jour-là, il y eut effusion de l’Esprit Saint, on a ressenti sa présence et son action chez les disciples qui en étaient remplis. Après la mort de Jésus, ses amis décontenancés ont commencé à douter (Lc 24, 21) ; ils ont eu peur des représailles des Juifs. Les portes de leur maison étaient closes, verrouillées (Jn 20, 19). Quand vint l’Esprit Saint sur eux, leurs langues se sont déliées, ils se sont sentis libres et libérés, parlant publiquement des merveilles de Dieu. La Pentecôte a ainsi inauguré le temps de témoignage de la puissance de l’Amour de Dieu. Lorsqu’on est imprégné de la force du Ressuscité, on devient témoin investi d’aptitude à déclarer, pour donner ENVIE aux autres, ce qu’on a vu, entendu, compris, senti, vécu de l’Amour de Dieu !

L’Esprit de Dieu dynamise nos vies et conduit nos pas. Il invite chaque croyant à se renouveler sans cesse. Et il y a des signes qui ne trompent pas. Là où l’Esprit Saint qui répand l’Amour de Dieu en nos cœurs, est à l’oeuvre, les divisions, les doutes, les craintes disparaissent. Il suscite, produit des effets (fruits, résultats) en celui qui Le reçoit et se laisse guider par Lui : l’amour, la joie, la paix, la patience, la douceur, la bienveillance, la maîtrise de soi (Gal 5, 22-23).

Au nom des familles et de toute la communauté, je remercie l’équipe d’animateurs pour leur disponibilité, leur générosité, leur savoir-être et leur savoir-faire (compétences catéchétiques). Un animateur de confirmation est un témoin, un passeur de l’Amour de Dieu. Il n’est pas nécessairement un détenteur d’un savoir à transmettre ou encore un spécialiste de Dieu, un théologien, mais un accompagnateur qui respecte le rythme du jeune. Il est avec le jeune (le rejoint où il est), pour lui (à son service) et face à lui (l’aide à trouver des réponses à ses questions de sens et de repère).

Vital Nlandu

 

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Vivre ce que l’on professe !

Homélie du 26ème dimanche A : Vivre ce que l’on professe !

Lectures : Ez 18, 25-28; Ph 2, 1-11; Mt 21, 28-32

Mes frères et mes sœurs, si j’avais une recommandation à nous faire, ce serait celle de saint Paul dans la 2ème lecture : si jamais il y a des incompréhensions voire des dissensions, des déchirements dans les familles, dans  la communauté paroissiale, dans nos milieux de vie et de travail, recherchons autant que faire se peut, la concorde et l’unité par l’humilité. C’est le prix à payer si l’on veut qu’il y ait la paix. L’humilité conduit à l’amour. Et être humble, ainsi  que Paul le fait sous-entendre, c’est reconnaître la valeur de l’autre sans se déprécier soi-même.

Quant à l’Evangile, il s’agit d’un père qui invite ses deux fils à  accomplir un travail. Et c’est aujourd’hui qu’il faut le faire : l’invitation est pressante!  Le 1er répond non, mais après un retour sur lui-même, changeant d’avis et de vie,  il y va.  Le 2ème dit oui, mais ne tient pas parole…  « Quel est votre avis ? » dit Jésus, « lequel de deux a fait la volonté du père ? « . Jésus présente ici un cas de conscience, une énigme – la nôtre depuis toujours ? –  pour nous aider à nous remettre en question.  La réponse paraît facile, mais ce n’est qu’en apparence, car Dieu murmure  dans le secret du cœur de chacun  de nous : « Des  deux fils, à qui ressembles-tu ? »

Pour Jésus, ce qui compte en premier, ce sont les actes et non les déclarations creuses des beaux-parleurs et des courtisans. Ne dit-on pas que l’amour n’existe pas, il n’y a que des preuves d’amour ? Il ne suffit pas de dire Seigneur, Seigneur, il faut témoigner (cf. Mt 7, 21). A bien des égards, nous ressemblons au second fils un peu tartuffe : il dit oui et ne fait pas.   A la messe par exemple, nous récitons le credo, mais sommes-nous vraiment en cohérence avec ce que nous professons ? « Que ta volonté soit faite » disons-nous dans le  Pater, mais est-ce que nous nous ajustons  à la volonté de Dieu dans nos actions et réactions ?  « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi« . Des paroles dites souvent  machinalement, au moment où notre cœur  est serré et enserré par la rancune, les sentiments de haine. Un pardon donné,  demandé, reçu ne vaut-il pas mieux qu’une longue dissertation sur la paix ?…

Entre nous soit dit, n’avons-nous jamais vécu ce conflit intérieur que saint Paul nous partage de manière pathétique : « Le bien que je veux faire, je ne le fais pas; le mal que je haïs, voilà ce que je fais…  Mon Dieu, qui me délivrera de ce corps qui me pousse au péché ? » (Rm 7, 14-24). Dans le même ordre d’idées,  souvenons-nous de la fragilité des promesses  de notre baptême,  de notre confirmation, de notre mariage ou de notre sacerdoce …  ! Avouons-le : la plupart du temps,  il y a loin entre le dire et le faire. Les publicains et les prostituées, c’est-à-dire  les personnes pas fameuses à nos yeux, peuvent nous précéder dans le Royaume de Dieu si elles  y croient. Si elles se disent, dans un prophétique sursaut de conscience,  qu’il y a des choses à changer absolument  dans leur vie, dans leurs rapports avec elles-mêmes, avec les autres, avec la création (cosmos) et avec Dieu. Et si  elles se convertissent ainsi, l’amour de Dieu ne peut que les consumer et les transformer (cf. 1ère lecture).

Chers amis, cet Evangile me fait comprendre que rien n’est joué d’avance : le combat spirituel reste de mise ! J’aurais même envie  de faire l’éloge  de la faiblesse, de notre faiblesse  qui est au demeurant un vivier de croissance. Ainsi que le dit Aristote : « Au fond d’un trou ou d’un puits, il arrive qu’on aperçoive les étoiles« .  Dans 2 Co 12, 7-10, saint Paul se livre, il atteste avoir eu une « écharde » qui le blessait de l’intérieur. C’est une faiblesse qu’il a endurée toute sa vie. Il a beau supplier Dieu de la lui ôter,  réponse : NON ! Je laisse parler Dieu : « Cette épreuve, Paul, te  rappellera  en permanence que tu  dois te méfier de  tes  propres moyens et  ressources. Ne compte que sur ma  grâce : elle te  suffit »   Rien à ajouter !  En fait,  c’est quand nous sommes faibles que Dieu déploie sur nous toute la mesure, toute la puissance de son Amour. Quant à Saint Jean, il rassure celles et ceux qui culpabilisent, ne sachant pas se libérer facilement des chaînes de  leur passé, par ce rappel : « Même si notre cœur (gendarme intérieur) nous importune, nous casse les pieds, nous accuse, Dieu est plus grand que notre cœur  » (1 Jn 3, 20). Alléluia – Amen ! Le but, c’est  de s’engager dans une démarche porteuse d »éveil et  d’espérance; être une femme, un homme debout et en marche vers la conquête de sa liberté  et de la  sérénité retrouvée dans le Christ.

Vital Nlandu, votre curé-doyen

 

 

 

 

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Annonces du 27 septembre 2020

Messes en semaines

Toutes les messes sont célébrées à la cathédrale.

  • Mardi et mercredi à 08h00
  • Jeudi et vendredi à 18h00
  • Jeudi à 18h00 à l’Ermitage

 

Messes dominicales

Samedi 3 octobre à     18h00 à la cathédrale

Dimanche 4 octobre à  09h00 à Bellevaux

et à 10h30 messe des confirmations à la cathédrale

Célébration des confirmations

Dimanche prochain à 10h30 à la cathédrale aura lieu la célébration des confirmations. Afin de donner priorité aux parents et aux enfants, nous vous demandons de bien vouloir participer à la messe du samedi soir à 18h00 ou à celle de Bellevaux le dimanche à 9h00.

 

 

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La bonté du Seigneur est pour tous !

Homélie du 25ème dimanche A : la bonté du Seigneur est pour  tous !

Lectures : Is 55, 6-9; Ps 144; Ph 1, 20c-24.27 a; Mt 20, 1-16

Mes sœurs et mes frères, saint Mathieu écrit aux chrétiens d’origine juive pour leur signifier que Jésus est bel et bien le messie annoncé par les prophètes. Certes, les juifs sont le peuple élu, ouvriers de la 1ère heure, mais quiconque  répond à l’invitation de Dieu d’entrer en alliance avec lui,  boit gratuitement l’eau vive. Il a accès à sa  grâce. La vigne du Royaume est ouverte  à tous les peuples de la terre : qui choisit de (re)venir vers Dieu bénéficie de sa  Miséricorde (1ère lecture). 

Pour reprendre l’expression du pape François : Dieu est en « sortie » !  C’est lui, en fait,  qui prend l’initiative de chercher et d’appeler l’homme, le rejoignant là où bat le pouls de son histoire, sur la place publique. C’est donc Dieu qui nous a aimés le premier (1 Jn 4, 19).  La foi, c’est le pressentiment, la révélation intérieure de son amour. Ayant connu et reconnu cet amour, saint Paul écrit : « Ma vie présente, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et qui m’a sauvé » (Gal 2, 20). Paul est tellement terrassé par le feu  de l’amour  de Dieu qu’il n’hésite pas à témoigner de ce qui fait  dorénavant sa raison de vivre : « En effet, pour moi, vivre c’est le Christ » (2ème lecture).

Dans la page de l’Evangile,  le maître embauche à toutes les heures,  sans discrimination et sans condition. Le moins à dire, c’est que sa  logique est absolument  insolite : il ne respecte pas les lois du marché, l’échelle des salaires selon le travail réel accompli. Ce n’est pas normal qu’une marchandise de travail de 12h et en plus sous un soleil infernal, ait le même prix que celle réalisée en une heure et dans la fraîcheur du soir.

Chers amis, Jésus nous partage cette merveilleuse parabole pour nous aider à appréhender  un tant soit peu le mystère de l’amour de Dieu. Les chemins et les pensées de Dieu sont bien loin des nôtres !  Au lieu  de rétribuer selon les performances, le rendement et les mérites de chacun,  Dieu  donne son amour  gracieusement et gratuitement. Les traînards passent devant, les croyants-de-travers, les hors-de-l’Eglise sont les premiers et les mieux servis. Du dernier au premier, c’est le même amour qui est donné et il est entier ! Nous l’appelons « le Bon Dieu » et il l’atteste lui-même : « Ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ? »  A la place de la rémunération de l’effort  fourni, Lui, parle de la grâce  et du don. Cet amour divin qui, non seulement nous enveloppe, mais est en nous, s’appelle en grec « agapê « .  Nullement méritoire, il est prodigué gratis : « C’est par la grâce  que vous êtes sauvés » (Ep 2, 8). C’est comme un cadeau à recevoir et à accueillir simplement : Dieu t’a repéré, il a fixé son regard bienveillant sur toi. L’important, ce ne sont pas d’abord les efforts à fournir, une perfection à atteindre  à tout prix, une culpabilité à mordre perpétuellement, mais que tu plonges avec confiance et l’innocence d’un enfant dans la source jaillissante d’amour de Dieu, que tu t’y abandonnes, t’y perdes. « Ma grâce » te rassure-t-il, « te suffit » (2 Co 12, 9)

 Bien que le maître  du domaine de la parabole  ait respecté le contrat que les ouvriers râleurs ont accepté, daté et signé en bonne et due forme, je peux comprendre, en me glissant dans leur peau, leur revendication. Ce qui les déforce, à mes yeux, c’est qu’au lieu de s’inscrire dans la reconnaissance et la bénédiction,  ils se sont laissé plutôt envahir par  l’esprit de la comparaison :   « Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure et tu les traites à l’égal de nous, qui avons enduré le poids du jour et la chaleur ! « .

En effet, se comparer aux autres,  c’est du  poison qui tue ce qu’il y a de meilleur en soi, il  anéantit l’émerveillement, la gratitude, l’estime et la confiance en soi. C’est un venin qui dévalorise et rabaisse en alimentant beaucoup de maux qui nous rongent : sentiments d’infériorité,  besoin de l’approbation des autres, insatisfaction chronique, morsure de culpabilité, peur de l’avenir, jalousie … Loin de découvrir sa valeur personnelle qui est au demeurant exceptionnelle, on passe son temps à se comparer à ceux que l’on croit être  plus intelligents, plus talentueux, plus riches, plus beaux, plus épanouis, mieux payés … Et qui pis est, on  se compare sans au préalable avoir défini le sens et l’idéal que l’on donne à sa propre vie. C’est d’abord son propre objectif que l’on doit chercher à atteindre et non celui du voisin. A se comparer aux autres, on passe à côté de l’essentiel de sa vie.  Puisque nous sommes tous uniques avec nos différences légitimes et nos spécificités intrinsèques, il revient à chacun de créer et d’apprécier sa propre légende.

                                                                  

                                                                              Vital Nlandu, votre curé-doyen

 

 

 

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Sans le pardon, le vivre ensemble est impossible !

Homélie du 24ème dimanche A : Sans le pardon, le vivre ensemble est impossible ! Lectures : Si 27, 30-28, 7; Ps 102;  Rm 14, 7-9; Mt 18, 21-35

Mes frères et mes sœurs, notre  thème  de méditation de ce week-end, au regard de la liturgie de la Parole, fait suite à la correction fraternelle de dimanche dernier. Jésus évoque une Eglise qui soit une communauté de miséricorde et de pardon.                    D’entrée de jeu,  permettez-moi de poser cette question à chacun de vous : « As-tu le pardon facile ou la vengeance tenace ?« …

Nous sommes ici au cœur du mal qui ronge notre société, nos milieux de vie et de travail, nos familles et même nos cœurs. Mêlées à l’orgueil, la rancune et la vengeance sont bel  et bien  la cause de nos mauvais coups et même de certaines de nos souffrances psychologiques et spirituelles. Un cœur dans lequel fermente le poison de la haine est absolument  en souffrance.

Pour certains, le pardon est une lâcheté, une approbation du mal : « Si tu fais l’âne, ne t’étonne pas que les gens montent dessus! »  Nous sommes entourés de personnes maladroites, méchantes et même cyniques, un jour il faut bien  se faire respecter, rendre la pareille…  En effet, le pardon est irrationnel, il va  à l’encontre de la justice. En responsabilité civile, la justice réparatrice stipule que tout tort exige dédommagement, autrement dit réparation. Si tu as été victime d’un tortionnaire, il est tout à fait normal que justice soit faite. Mais on connaît les impasses, la surenchère sinon  le cycle infernal de la haine que produit la  logique  des représailles.

Et puis, c’est vrai  qu’étant donné la dimension cabossée de notre être, nos faiblesses, tous nous péchons, nous faisons du mal. Nous sommes, j’allais dire, des débiteurs insolvables envers Dieu qui, pourtant, nous pardonne inlassablement. Si Dieu t’est indulgent, pourquoi ne le serais-tu pas à ton tour pour les autres (Cf. 1ère lecture; Mt 6, 14-15; le Pater) ?  S’il faut réclamer  indemnité pour chaque  méfait, s’il faut rechercher un coupable pour le moindre fait divers, le vivre ensemble serait impossible. Sans le pardon, sans lavage du linge sale, la vie en famille, en collectivité est détestable voire invivable.

Aux yeux de Jésus, ce qui prime, ce n’est pas la justice réparatrice, mais l’amour ! On me dira : « tu racontes du blablabla, ce ne sont que des mots ! ». Je peux comprendre qu’il y en ait même parmi nous qui ruminent toujours le mal qu’ils ont subi ! Que dire d’autre sinon que le pardon est une expérience difficile : on est même  parfois amené à se faire violence ! Comment pardonner sans peine et haut la main à quelqu’un qui vous a humilié, a miné votre réputation; à quelqu’un qui vous a démoli,  vous laissant un cœur couvert de meurtrissures irréparables ? Serait-on indifférent aux yeux des victimes gonflés par les larmes de peines inconsolables ? Pour ma part, j’admets qu’aimer par-delà l’offense subie n’est pas humain, c’est plutôt divin. Le pardon est  l’acte le plus puissant qu’un homme puisse accomplir : se dépasser, mourir à soi pour aimer son malfaiteur d’amour pur. En fait, quelle est la valeur du pardon ?

*Un cœur qui brasse rancune et vengeance vit l’enfer. L’enfer est le lieu du non-amour. C’est terrible de ne pas aimer : un couple, une famille qui ne vit pas le pardon déguste l’enfer sur la terre;

*Le pardon est une voie de  guérison intérieure; il  dénoue les nœuds, guérit les blessures, soulage le cœur rongé de rancœur et de haine;

*Le pardon permet de ne pas faire d’amalgame entre la faute commise et la personne qui l’a commise et qui,  en dernière instance, garde sa dignité d’enfant de Dieu. Le pardon la réhabilite  et  la remet debout.

*Le pardon te dote de l’intelligence compassionnelle : la plupart du temps, la personne blessante l’est parce qu’elle est elle-même blessée; la personne cassante l’est parce qu’elle est elle-même cassée …, ignorante et même manipulée. « Père, pardonne-leur, car  ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 34). En imitant la miséricorde de Dieu, tu es configuré au Christ, baignant dans le torrent de l’Amour trinitaire.

Certes, pardonner ne signifie pas être amnésique, faire comme si de rien n’était. Quand on enfonce un clou dans une planche, on peut l’extirper, mais la marque du clou reste ! A son procès, Jésus a lui-même demandé au serviteur du grand-prêtre qui l’a giflé pourquoi il l’avait frappé (Jn 18, 22-23). Pour moi, pardonner est une décision prophétique, courageuse à prendre dans l’Esprit Saint, car  indispensable pour arrêter les hostilités, hisser le drapeau blanc  et donner raison à l’amour. La question de Pierre est réaliste : combien de fois faut-il pardonner à un récidiviste incurable ? Lui-même propose 7 fois, le chiffre parfait.  Mais pour Jésus, il faut aller au-delà  de tout plan comptable. C’est 70 fois 7 fois, c’est-à-dire : il faut pardonner sans limite, car le par-don est l’amour supérieur, un idéal auquel doivent tendre celles et ceux qui lui sont ralliés (2ème lecture).

 

Vital Nlandu, votre curé-doyen

 

 

 

 

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