Port du masque obligatoire

masqueLe port du masque est dorénavant obligatoire dans les lieux de cultes.

Merci à tous de respecter cette nouvelle mesure gouvernemental.

Des sanctions prévues contre ceux qui ne respectent pas les règles

Les citoyens qui ne respectent pas l’obligation de port du masque dans les situations précitées s’exposent à une sanction pénale « comme prévu dans l’arrêté ministériel ». Cet arrêté ministériel prévoira également « la possibilité de fermeture des établissements qui enfreindraient les règles en vigueur de manière répétée ».

Pour rappel, les masques ne sont jamais obligatoires pour les enfants de moins de 12 ans. Des dispositions particulières sont également prévues pour les personnes qui ne peuvent pas porter un masque pour des raisons médicales.

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Venez à moi !

Homélie du 14ème dimanche ordinaire A

Lectures : Za 9, 9-10; Ro 8, 9-13; Mt 11, 25-30 : Venez à moi !

 

 » Père, je te bénis, je te remercie, je te rends grâce « : clame Jésus. La gratitude n’est pas une simple politesse d’usage, c’est une émotion intense,  affectueuse, profonde et engageante, un sentiment d’approbation, de respect et  reconnaissance d’un bienfait reçu. Je te remercie parce ce que tu as doté  les petits, les gens simples et  humbles d’une telle grandeur d’âme,  d’une beauté intérieure si charmante !  Tu leur as donné de faire l’expérience d’enfance spirituelle, d’accueillir avec leurs mains tendues la grâce, le magnifique cadeau de la vie de Jésus que  tu offres aux hommes,  le don gratuit de son amour!  Dans la chanson  « Mille colombes« , Mireille Mathieu nous  convie au retour à la source d’enfance : « Donnez-nous mille colombes et des millions d’hirondelles. Faites un jour que tous les hommes redeviennent des enfants ». Redevenir un enfant, s’émerveiller, être réceptif, voir avec le cœur, s’abandonner à la grâce de Dieu : voilà une  intention de prière à formuler au cours de cette eucharistie !

Mes sœurs et mes frères, la page d’Evangile de ce dimanche soutient un paradoxe : la connaissance, n’est-ce pas le lot des sages et des savants tant qu’ils en sont les spécialistes?  Or ici, ils sont ignorants sur toute la ligne parce qu’ils sont enfermés dans leurs certitudes.  Savez-vous, la connaissance dans la bible ne se réduit pas à un fatras d’informations ou de renseignements cumulés sur quelqu’un ou quelque chose; rien à voir avec des diplômes … Il ne s’agit pas de l’aptitude intellectuelle de quelqu’un, sa connaissance livresque…  La connaissance biblique que j’évoque est plutôt un baptême, un plongeon dans la profondeur des mystères, une relation forte, une  intimité mystique avec Dieu. On comprend  dès lors Jésus quand il dit : « Personne ne connaît le Père sinon le Fils », c’est-à-dire il n’y a personne d’autre au monde qui soit foncièrement lié et relié au Père que lui Jésus; « et personne ne connaît le Fils sinon le Père et celui à qui il veut le révéler« . On est ici en présence d’une intimité hallucinante, qui dépasse tout entendement. Par 5 fois, le mot « Père » revient dans l’Evangile pour dire la relation de confiance, d’abandon, la relation filiale que Jésus entretient avec son Père. La foi, c’est d’abord une alliance vivante  nouée avec Dieu, la relation personnelle, toute nue, intime  que l’on entretient avec lui.

« Devenez mes disciples«  : celle ou celui qui suit Jésus, qui est habité par son Esprit (2ème lecture),  (re)trouve ipso facto la paix, la consolation;  il (re)trouve in Christo, sa liberté intérieure. Dans son livre, le prophète Zacharie annonce  un roi qui vient décréter la paix aux nations (1ère lecture). Cela est corroboré dans le psaume 144 que nous avons chanté: « Le Seigneur soutient tous ceux qui tombent, il redresse tous les accablés« .

Alors Jésus demande à celles et à ceux qui se sentent  chargés et écrasés de le rejoindre. Par respect de notre liberté, lui n’impose pas, il ne fait pas du clientélisme. C’est à chacun d’entreprendre la démarche, d’oser l’expérience. Venez à moi vous qui êtes fatigués, découragés; vous qui menez une existence sans sens ni horizon;  vous qui avez un joug lourd à porter, un fardeau épuisant qui  plie votre corps et  baisse votre regard. Vous qui ployez sous le poids de vos  blessures morales, de votre culpabilité, de vos inquiétudes, de vos questions sans réponse; le poids des promesses déçues, des trahisons, du deuil, de l’injustice, de la solitude, des difficultés de santé … Oui, Jésus veut nous soulager de toutes les pesanteurs qui plombent nos vies.

reposCependant, je tiens à indiquer qu’il ne va pas remplacer le Forem qui aide les chômeurs à trouver un emploi;  le CPAS  qui garantit un revenu minimum à ceux qui disposent des moyens de subsistance insuffisants;  l’hôpital qui soigne  les malades …  Ce qu’il donne, c’est  plutôt quelque chose que le monde ne peut donner, à savoir  le repos spirituel, la paix intérieure. Paul Claudel a été inspiré en écrivant : « Dieu n’est pas venu supprimer la souffrance. Il n’est même pas venu l’expliquer, mais il est venu la remplir de sa présence »  Avec Jésus, nos pauvretés offertes, nos vulnérabilités s’ouvrent à l’amour de Dieu. Avec Jésus, nous ne sommes pas seuls sur nos chemins de croix, il nous accompagne  et même nous habite par l’Esprit Saint. Et par  la grâce de sa présence, nous avons la guérison intérieure et nous restons ouverts à l’espérance.

                                                                    Vital Nlandu, doyen de l’Ardenne

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Merci pour le miracle de la vie !

papillonAndré Malraux disait : « La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie« . En effet, s’il est un bien suprême auquel l’homme tient sans démordre, c’est la vie. Quand l’être humain a tout perdu, quand il est tout perdu, que lui reste-t-il d’autre sinon la vie ? Mais laquelle ? Le rêve le plus obsédant de l’homme n’est pas seulement de vivre longtemps, mais de bien vivre. C’est tout l’enjeu du bonheur à créer si on ne l’a pas trouvé.

L’important n’est pas de s’embarquer dans la vie comme on sauterait dans n’importe quel train sur le quai d’une gare. Il faut si possible choisir celui qui t’emmène à la bonne destination ! Quel est dès lors le sens de ma vie ? Quelle orientation prendre d’autant que, et le coronavirus nous l’a démontré, la vie est comme un éclair qui s’évanouit dans l’air, nous file entre les doigts. Et puisque ta vie est une barque dont tu es le rameur, il t’appartient de lutter, de te donner de nouvelles chances. La vie n’est pas un appareil à brancher en pilotage automatique, un produit préfabriqué. Celui qui assume sa vie, dit un jour : « J’ai osé, j’ai essayé ; j’ai fait mon possible pour prendre de l’altitude !»

vitalPour ce qui me concerne, j’ai appris à admirer la vie dans son étrange et radieuse beauté, mais aussi à tenir le coup quand les nuages envahissent mon ciel ou face à ce qui est laid et cruel. J’ai appris à regarder avec le cœur, à vivre simplement et à laisser les autres « respirer ». Comme pour chacun, ma vie est un fouillis d’images, de rêves, de révoltes, d’essais, de doutes, d’échecs mais aussi de succès, de rires, de clins d’œil, de chants, de danses… J’ai la chance d’avoir des amis fidèles, d’être utile aux autres, d’empêcher tant de digues de céder, d’accompagner des gens, de savoir demander pardon, de croire en Dieu et en l’Homme… J’ai connu des deuils, des frustrations, des silences qui stimulent ma vie spirituelle. J’ai versé des larmes d’émotion, j’ai fait l’expérience du désert intérieur, de la méchanceté, de l’indifférence, mais aussi de la bien-veillance.

En somme, c’est ce cocktail d’actes, de pensées, de paroles, d’omissions et de liberté qui justifie ma vie, qui fait ma raison d’être. Le but que je vise ? C’est de devenir ce que je suis réellement : un humain et un chrétien capable d’aimer en vérité et de me laisser aimer. Chaque jour, la vie nous appelle à de nouveaux rêves, à d’autres audaces. Et tant qu’il y aura un bout de chemin qui s’ouvre à l’horizon ; tant qu’il y aura une cause pour laquelle on se dévoue, une petite part de soleil à offrir, de l’espérance éternelle à cueillir, notre instinct de sur-vivre nous poussera toujours en avant.

Les vacances peuvent aussi être une occasion d’honorer la grâce inépuisable d’une vie toujours à réinventer, à re(s)-susciter. La vie demeure un chemin spirituel.

Bonnes vacances à tous !

Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Si tu Savais… Juillet-août 2020

C’est avec plaisir que nous vous annonçons la parution de notre mensuel Si tu savais N° 14

 

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Homélie de la solennité des Saints Pierre et Paul, apôtres

 

Année liturgique A dimanche 28 juin à la cathédrale Saint-Pierre et Paul de Malmedy.

 Lectures Ac 12, 1-11; 2 Tm 4, 6-18; Mt 16, 13-19

Mes frères et mes sœurs, nous sommes heureux ce matin d’être rassemblés pour honorer les apôtres Pierre et Paul. Si nous avons anticipé cette fête de demain lundi 29 juin pour aujourd’hui, c’est parce qu’avec saint Quirin, saints Pierre et Paul sont les patrons de cette paroisse de Malmedy.  Ce sont 2 pasteurs profondément attachés au Christ, responsables de l’Eglise primitive;  2 piliers de l’Eglise  sur lesquels nous pouvons nous appuyer aujourd’hui pour le témoignage de leur foi, de leur espérance et de  leur dévouement au service de l’Eglise.

« Je suis capable de croire n’importe quoi » disait Oscar Wilde, « pourvu que ce soit complètement incroyable« . Effectivement, elle est tout à fait hallucinante l’action de Dieu dans l’histoire des hommes, et tout autant  fabuleux le parcours des saints Pierre et Paul.

Ce sont deux profils différents : Pierre vit principalement d’une modeste pêche dans le  lac de Tibériade. Il est brute, impulsif, en proie au doute, lâcheur : il a renié Jésus lors de son procès. Saul de Tarse devenu plus tard  Paul, est lui  formé à l’école de Gamaliel, le réputé docteur de loi en Israël (Ac 22, 3). Il est instruit, féru de la culture grecque. Il a en plus le statut privilégié de citoyen romain  qui lui valut d’être jugé à Rome … Avant sa conversion, il a été un  pharisien fanatique, défenseur zélé des traditions judaïques. Il a persécuté la jeune Eglise naissante qui, à ses yeux, était une secte dangereuse.  Mais la grâce de Dieu a transformé  leur pauvreté en fécondité  spirituelle inouïe. Ce sont 2 pécheurs pardonnés qui ont fait l’expérience de la miséricorde de Dieu dont ils ont témoigné inlassablement malgré les échecs et les épreuves endurées. Tous les deux  sont  devenus une bénédiction pour l’Eglise et le Monde, des missionnaires infatigables de la Bonne Nouvelle du Ressuscité. Paul dira un jour : « Prêcher l’Evangile n’est pas un titre pour moi, c’est une nécessité qui m’incombe. Malheur à moi si je n’annonce pas l’Evangile » (1 Co 9, 16). Dans la 1ère lecture de ce jour, Pierre est  détenu en prison, les fidèles intercèdent pour lui. En plein sommeil, il a cette  vision: un ange qui le réveille et le délivre de ses chaînes…  Il gardera cette vision dans son for intérieur, convaincu que sa délivrance vient du Seigneur qui n’abandonne jamais celle ou celui qui lui fait confiance. Dans l’Evangile, Jésus lui fait changer de nom : Simon s’appellera dorénavant « Képhas » (pierre). Dans la tradition biblique, le changement de nom indique une nouvelle destinée. Dans la péricope de l’Evangile de Mathieu, c’est l’investiture officielle de Pierre : il devient le roc, la pierre de base sur laquelle Jésus fonde son Eglise, c’est-à-dire il devient « le prince des apôtres, le premier parmi les semblables« , « le serviteur des serviteurs« . Les évêques, successeurs des apôtres, forment le collège épiscopal, et l’évêque de Rome, élu pape, est le premier parmi ses pairs.  Les clés qui lui sont remises sont un signe de responsabilité et de confiance. C’est à un ami que l’on confie les clés de sa maison quand on va en vacances.

Prêchant d’abord aux juifs, Pierre aura la mission d’organiser et de conduire  la toute première Eglise, la tâche de raffermir la foi du troupeau de Dieu. « Pierre, m’aimes-tu ?  » lui demandera le Ressuscité par 3 fois, « alors prends soin de mes brebis » (Jn 21, 15-19).  Ou encore : « J’ai prié pour que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères » (Lc 22, 31-34). Quant à Paul,  le grand théologien qui, dans ses 14 lettres ou épîtres,  a fourni et structuré le terreau, le contenu de la foi chrétienne, il s’est  tourné vers les nations étrangères dites païennes, pour les engendrer à la foi. Il a parcouru une grande partie de l’Asie et de l’Europe, en fondant partout où il passait (Corinthe, Ephèse, Thessalonique …) et en communion avec l’Eglise-mère  de Jérusalem, des communautés chrétiennes   en vue de la catholicité de l’unique Eglise de Jésus-Christ.

On comprend dès lors comment  les 2 grands apôtres  sont complémentaires : Pierre représente l’institution ecclésiale, la tradition, les structures, le centre. En d’autres termes, il est  le conservateur qui veille  à ce que la digue ne cède pas. Tandis que Paul représente la liberté de l’esprit, l’imagination du futur, la périphérie. Progressiste, il est à son époque, l’apôtre de l’ouverture.  Tous les 2 ont travaillé assidument pour que l’Eglise de Jésus-Christ soit une et catholique. Il s’agit d’une communion de diverses personnes marquées par leurs différences légitimes, mais qui sont unies par la même  foi en Jésus-Christ, reçue des apôtres et professée depuis les origines.

Cependant, ce n’est pas toujours facile d’articuler les forces centripètes et les forces centrifuges de l’Eglise. Il y a  parfois des désaccords, comme ce jour où, à Antioche,  Paul  fustigea le comportement dissimulateur de Pierre, lui reprochant devant tout le monde de vouloir imposer aux chrétiens venus d’ailleurs, l’observance de certaines pratiques juives. Pour Paul, il est hors de question que les non-juifs nouvellement convertis pensent que les traditions juives sont indispensables au salut (Gal 2, 11-15).  Pierre lui a humblement donné raison. Il a d’ailleurs conseillé et recommandé la lecture des lettres  de Paul qu’il appelle « notre frère  et ami« , tout en reconnaissant, néanmoins, qu’il s’y trouve des passages difficiles (2 Pi 3, 15-16).

Leur destin les unit aussi : Pierre fut crucifié à Rome, tête en bas, vers 64 sur la colline du Vatican lors de la persécution par Néron. Et Paul décapité vers 67 dans un lieu que la tradition place hors les murs de la ville de Rome…

Dans l’Evangile, Jésus fait une étude qualitative (sondage) sur son identité. Vous le savez bien, chacun de nous est un mystère, un genre de secret caché derrière tant de masques. C’est à la longue que quelques facettes de la personnalité profonde de l’être humain  se dévoilent. Qu’est-ce que, demande Jésus à ses disciples,  vous entendez dire de moi auprès des foules, des politiques, des autorités religieuses que vous côtoyez ?

Réponse: Jésus, les témoignages s’accordent pour attester  que tu es un homme exceptionnel, un vrai témoin de Dieu assimilé aux grands prophètes. Et Jésus : Et vous-même, comment me percevez-vous, quelle est votre propre idée sur moi puisque chaque jour vous me découvrez un peu mieux. Alors Pierre répond : « Tu es le messie (attendu), le Fils du Dieu vivant« , c’est-à-dire tu es l’oint qui a reçu de Dieu la mission de délivrer et de sauver les hommes. Pour Jésus, cela ne saurait être autrement, cette profession de foi tient d’une révélation.

Parlant justement de la foi, au soir de sa vie, après en  avoir fait le bilan et débriefé  sa mission, Paul dira à Timothée et à nous tous aujourd’hui, dans une   parole testamentaire, que la foi n’est pas une sinécure : on se décourage, on doute, balbutie, tâtonne faute d’assurance suffisante… Comme dans une course à gagner à tout prix, il faut absolument s’entraîner, acquérir de l’endurance pour être champion de foi, d’espérance et d’amour.

Vital Nlandu, doyen de l’Ardenne

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Chair et sang pour la vie éternelle

Fête-Dieu, fête du Corps et du sang du Christ A : chair et sang pour la vie éternelle

Lectures : Dt 8, 2-16; 1 Co 10, 16-17; Jn 6, 51-58

Mes sœurs et mes frères, lorsqu’on se promène sur les places publiques de nos villages, de nos villes, à l’abri de nos cimetières, dans nos parcs,  il n’est pas rare de découvrir par-ci par-là un monument dédié aux morts des 2 guerres ou encore une pierre gravée aux noms de ceux qui sont tombés. Parfois on écrit et c’est poignant: « Passant, n’oublie pas ! ». Ce devoir de mémoire nous rappelle l’atrocité de la guerre, l’affreuse stupidité humaine, le prix de la liberté ! Croyez-moi, un peuple sans mémoire, c’est comme un zèbre sans rayures, il n’a pas d’identité ! Dans la 1ère lecture, Moïse dit au peuple d’Israël : N’oublie pas, s’il te plaît! N’oublie pas la bienveillance du Seigneur lors de ta longue et  éprouvante traversée de désert (40 ans), ce lieu terrifiant, aride, hostile, plein de serpents brûlants, de scorpions … Pour t’abreuver, le Seigneur a fait jaillir pour toi l’eau de la roche la plus dure; pour te nourrir, il a fait tomber du ciel une providentielle  et mystérieuse nourriture, la manne! Le matin, quand pour la 1ère fois, tu as  vu  ce pain du ciel, tu t’es étonné en t’exclamant : « Qu’est-ce que c’est ? », dit en hébreu : »Man hou ? » D’où vient le mot « manne »… 

Devoir de mémoire, dit Moïse, pour que tu saches que l’homme ne vit pas que de « pain matériel », autrement dit que tu apprennes à prioriser dans la vie : qu’est-ce qui est important pour toi,  qui te fait vivre : ta famille, tes amis, le service rendu gratuitement, tes lectures, la prière, l’argent, le pouvoir… ? Quelle est la place de Dieu dans ton quotidien ?

Chers amis, selon la tradition, la manne préfigurait l’eucharistie. A la dernière Cène,  Jésus a rappelé ce devoir de mémoire : « Faites ceci en mémoire de moi » (Lc 22, 19). La messe est donc notre mémoire de la vie de Jésus, de sa mort et de sa résurrection, et même plus, c’est un mémorial, c’est-à-dire la mémoire d’un événement passé certes, mais dont les effets sont mis à jour, actualisés, vécus en direct, en  live

Hélas, aujourd’hui encore, devant l’hostie consacrée, il y a des prêtres, des laïcs, des agnostiques, des athées qui s’exclament : »Man hou?« . Qu’est-ce que c’est ? Est-ce la présence réelle ou  symbolique de Jésus, l’agneau pascal ? Ou est-ce une histoire de vampires ou de zombies, de la fantasmagorie ?…  Oui, le mystère de l’eucharistie est épais, tellement grand en ceci : qu’un fragment d’un pain azyme devienne, grâce à l’invocation de l’Esprit Saint (épiclèse), le corps du Christ qui nourrit les affamés spirituels et  les sauve! Il est grand ce mystère parce qu’il défie notre besoin de tout contrôler et de tout maîtriser. Souvent rivés et cramponnés à ce qui est évident, perceptif, rationnel, nous sommes invités à aller au large de la confiance et,  humblement, à nous délester, à  nous abandonner, à contempler et adorer. La foi en l’eucharistie n’est pas une adhésion intellectuelle, c’est un accueil du don de Dieu : « Le pain que je donnerai« , dit Jésus dans l’Evangile !

En effet,  Jésus choque, il scandalise même ses interlocuteurs qui le prennent d’ailleurs pour un disjoncté ! Comment peut-il donner sa chair à manger, prend-il les gens pour des anthropophages, des cannibales ? Comment peut-il donner son sang à boire : ne sait- il pas que le sang est un tabou, un interdit  culturel ? Si même la viande des animaux doit être vidée de son sang avant de la manger, comment peut-on alors imaginer boire du sang humain ? Le prenant pour un imposteur, beaucoup de disciples l’ont quitté !… Mais lui assène la vérité : » Si vous ne mangez pas ma chair, si vous ne buvez pas mon sang, vous n’aurez pas la vie en vous » En fait, c’est quoi l’enjeu ? C’est être nourri spirituellement, sinon on meurt.

Dans l’anthropologie biblique, la chair, c’est la personne elle-même. Manger, mâcher, c’est l’image de l’assimilation de la nourriture. Et boire du sang de quelqu’un évoque une communion profonde, intime avec lui. Par l’hostie consacrée, « Jésus demeure en moi et moi en lui« , je suis ainsi en communion avec lui, son sang coule dans mes veines. Saint Paul fait allusion à  cette affinité  dans la 2ème lecture : « La coupe de bénédiction que nous élevons à l’autel est communion au sang du Christ;  le pain rompu sur le même autel est communion au corps du Christ« . Partant de cette conviction, il dira  aux Galates : « Ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi » (Gal 2, 20). On comprend dès lors saint Augustin quand il dit : « Deviens ce que tu reçois« . C’est le théomorphisme dont parle Maurice Zundel : par le baptême, nous sommes  configurés au Christ, appelés  à manifester plus que jamais sa présence dans le monde : nous sommes sa bouche aujourd’hui  pour annoncer l’Evangile du Royaume; ses yeux, son regard bienveillant;  ses mains généreuses, son cœur aimant et miséricordieux …

Chers amis, grâce à la Fête-Dieu, nous savons appréhender à tout le moins l’étendue de l’Amour de Dieu pour l’homme : non seulement il s’est incarné pour partager notre destin humain (naître, vivre et mourir), mais il s’est fait en plus « pain offert » pour nous donner  sa vie divine. Il s’agit du « pain de vie« , c’est-à-dire associé à sa mort. Ce pain, c’est la victoire de la vie sur  la mort.  Et il  est donné pour « la vie du monde« . Telle est la portée universelle et cosmique de l’eucharistie. A ce sujet, Teilhard de Chardin parle de la « messe sur le monde  » qu’il célèbre sur l’autel de la Terre entière. En ce moment, l’eucharistie procure un sentiment « océanique », sentiment de plénitude et  de totale fusion à l’Univers. La messe aide ainsi l’Eglise à faire corps (unité) ; elle rassemble et jette des ponts entre les hommes de bonne volonté.                                                                                                                                                         

                                                                                      Vital Nlandu, Doyen de l’Ardenne

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Annonces du 14 juin 2020

  • Nous recommandons à vos prières

Madame Marie-Louise (Malou) Derefat décédée à l’âge de 84 ans.
La liturgie des funérailles sera célébrée ce lundi 15 juin à 10h00 en la cathédrale.

  • Messes en semaines

Toutes les messes sont célébrées à la cathédrale.

Mardi et mercredi à 8h00

Jeudi et vendredi à 18h00

  • Messes dominicales

Samedi 13 juin à 18h00 à la cathédrale

Dimanche 14 juin à 10h30 à la cathédrale

                           09h00 à Ligneuville

Samedi 20 juin à 18h00 à la cathédrale

Dimanche 21 juin à 10h30 à la cathédrale

                           09h00 à Xhoffraix

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