Homélie du 6ème dimanche de Pâques A
Lectures : Ac 8, 5s; 1 Pi 3, 15-18; Jn 14, 15-21
Chers amis, nous sommes à quelques encablures de l’Ascension et de la Pentecôte. A l’Ascension, Jésus disparaît physiquement de nos yeux. Et aujourd’hui, dans son discours d’adieu, il nous fait une immense promesse: il ne nous laisse pas orphelins!
Nous sommes nombreux à avoir vécu, même très tôt, l’expérience d’orphelin. Il y a un manque de sécurité, de présence rassurante, une carence d’amour qui laisse parfois des traces de fragilité profonde en causant chez l’orphelin une recherche boulimique de tendresse et même une certaine dépendance affective! Jésus nous dit qu’il ne nous abandonne pas. Il nous envoie le Défenseur, qui poursuivra son œuvre. Le défenseur, n’est-ce pas l’avocat qui se tient aux côtés de celui qui est accusé ou écrasé par le poids de la vie? Nous aussi, nous portons parfois de lourds fardeaux: la maladie, la solitude, les blessures du passé, les jugements des autres, le poids du péché, la culpabilité, les découragements, les humiliations, les doutes ou les combats intérieurs. Mais Dieu ne nous laisse pas seuls face à tout cela.
Le Défenseur qu’il nous donne, c’est l’Esprit Saint qui étanche nos soifs existentielles en déversant son Amour dans nos cœurs. Il nous console, nous soutient, nous réconforte dans l’adversité. Saint Paul l’atteste: nous sommes le temple de l’Esprit Saint ; notre corps lui-même est un tabernacle où Dieu demeure. L’Esprit Saint n’est pas une idée abstraite ni un simple souvenir religieux. Il est une présence vivante. Celui qui prie avec foi, celui qui ouvre son cœur à Dieu, peut expérimenter sa paix, sa lumière et sa force. L’Esprit éclaire notre conscience, il nous aide à avancer dans la sainteté et nous donne une joie profonde, cette joie qui ne dépend pas des circonstances, mais qui vient de Dieu lui-même.
Sans l’Esprit Saint, ta foi risque de devenir extérieure, superficielle. Avec lui, elle devient une relation intime, profonde avec le Christ. Plus fort que toi, Jésus te séduit. Il continue de t’attirer à lui. Son amour te rejoint au plus profond de ton être. Aujourd’hui encore, dans l’Évangile, il te dit: «Je t’aimerai et je me manifesterai à toi!»
Chers amis, dans la deuxième lecture, saint Pierre nous invite à «rendre compte de notre espérance». Cela signifie que le chrétien est appelé à être convaincu et convaincant, non par la force, la manipulation ou l’agressivité, mais par la douceur, l’humilité et le respect. Le vrai témoignage chrétien passe d’abord par la manière de vivre. Quand quelqu’un pardonne au lieu de se venger, cela interpelle. Quand quelqu’un traverse l’épreuve sans perdre la paix intérieure, cela touche les cœurs. Quand quelqu’un continue d’aimer malgré les blessures ou les humiliations, cela devient un signe de Dieu.
Demandons au Seigneur, par la grâce de cette Eucharistie, de ne pas attrister l’Esprit Saint qui nous habite par notre péché ou notre indifférence.
Vital Nlandu, votre curé-doyen


