Malmedy: Invitation à la Journée Africaine du dimanche 14 juin 2026 pour soutenir le projet humanitaire Niolo 

C’est pour ces jeunes que nous vous invitons le dimanche 14 juin 2026 à Malmedy. C’est la journée à ne pas manquer! Soyez nombreux à soutenir ce magnifique projet de développement pour lequel le comité Niolo se donne à fond depuis plusieurs années: permettre aux enfants de cette région pauvre de la RDC d’être scolarisés. Grâce à diverses actions solidaires, des avancées concrètes ont déjà vu le jour: 8 salles de classe construites, un puits avec une pompe manuelle pour l’eau potable des jeunes et des villages alentours, une maison pour le préfet… Mais beaucoup reste à faire.

Aussi, c’est avec beaucoup d’enthousiasme que nous organisons cette Journée à Malmedy, toujours dans le but d’améliorer les conditions des enfants de Niolo (groupement de 28 villages). Le plus impératif, c’est la construction de latrines convenables séparées entre filles et garçons, mais aussi l’achat d’une moto (de +/- 2500 dollars) pour les déplacements urgents car Niolo est à quelques 25 km de la cité de Tshela, distance que chacun franchit à pied! À Niolo, les familles et les élèves s’impliquent avec courage, malgré des moyens très limités: plantation d’ananas, de palmiers …

Au programme de cette journée: messe en rite congolais à 10h30 en la Cathédrale de Malmedy, animée par la chorale Kristo-Bolingo de Bruxelles, suivie d’un repas africain convivial et d’une animation aux saveurs africaines à la salle de la Fraternité.

Inscription au repas souhaitée avant le 7 juin au 0494/882 985 ou par mail à secretariatmalmedy@gmail.com Votre participation au repas est à régler sur le compte de «Journée Africaine Niolo» BE16 7765 9878 8474. Si vous êtes empêché de venir, un don de votre part est toujours bienvenu!

Quoi qu’il en soit, votre présence le 14 juin sera bien plus qu’un moment de partage: ce sera un soutien concret et efficace à ce projet d’éducation, d’instruction et de développement durable. C’est pourquoi nous vous attendons nombreux! Déjà un grand merci pour votre participation!

Dans la joie de vous retrouver,
Le Comité Niolo

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Dieu est avec nous!

Homélie du dimanche de la Sainte Trinité A
Lectures: Ex 34, 4-9; 1 Co 13, 11-13; Jn 3, 16-18

Mes frères, mes sœurs, dans notre monde, il existe trois grandes religions monothéistes qui professent leur foi en un Dieu unique: le judaïsme, le christianisme et l’islam. Toutes trois sont nées en Terre Sainte et se réclament d’un même ancêtre: Abraham, le père des croyants. Cependant, il existe entre elles une différence essentielle. Là où le judaïsme et l’islam affirment l’unicité absolue de Dieu, nous, chrétiens, confessons que Dieu est Un, mais Trinité: il est Père, Fils et Saint-Esprit. Nous croyons cela parce que Dieu est communion d’amour. Or, qui dit amour dit relation, partage, alliance, don de soi. Certes, vous ne trouverez nulle part dans la Bible le mot «Trinité». Pourtant, du premier au dernier livre de la Bible, le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont évoqués pour exprimer l’œuvre de Dieu dans le monde. Cette œuvre, n’est-ce pas l’amour, son Amour inconditionnel, gratuit, infini, éternel, vivant et vivifiant pour toi et pour l’humanité? Oui, l’Amour est l’autre Nom de Dieu, c’est son Visage!

A supposer qu’un jour tu te représentes un dieu qui t’épie comme un chat qui attend la souris au passage, un dieu qui te traque pour te condamner, te juger, te mordre, te maudire et te faire tomber, dis-toi que tu pries un faux dieu! L’Evangile d’aujourd’hui nous conduit au cœur de notre foi. Le verset «Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique» (Jn 3, 16) est la récapitulation de toute révélation, c’est la clé de l’interprétation des Ecritures. Dieu t’a tellement aimé qu’il est venu à ta rencontre, qu’il est entré dans ta vie, dans ton histoire pour rien d’autre sinon te sauver, te préserver des forces du mal et de la mort. Il ne veut pas que tu sois perdu quand tu tombes dans le péché! Il connaît tes joies, tes peines, tes espoirs, tes combats et même tes blessures les plus secrètes. S’il te plaît, ne vis pas dans la culpabilité: le travail du diable c’est de charger ta conscience, t’accuser sans cesse. Sache que Jésus ne t’écrase pas, il te relève!

Tu as été baptisé au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Ce matin en te levant, tu t’es sans doute signé, marqué du signe de la Croix. En tout cas, c’est ce que nous avons tous fait au début de cette Eucharistie. Ce faisant, nous nous connectons au mystère de Dieu. Pendant des siècles, les saints, les martyrs, les mystiques, tes ancêtres dans la foi ont accompli le même signe. Les paroles qui l’accompagnent sont d’une simplicité désarmante: «Au Nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit». Un enfant fait ce signe sans nécessairement comprendre sa portée, une personne âgée le fait avec ses mains tremblantes. Pourtant c’est ce signe qui fait vibrer toute la foi de l’Eglise. Par lui, Dieu te bénit, te protège ; il irrigue tes déserts, t’ouvre de vastes horizons. Par ce signe, il fait te fait entrer dans l’intimité et la communion de l’Amour trinitaire.

Tout homme, toute femme qui aime en vérité n’est pas loin du Dieu d’Amour, il naît de Dieu et le connaît ainsi que l’atteste saint Jean (1 J 4, 7). Il devient ce levain discret qui fait croître l’humanité et contribue à son salut. La civilisation de l’amour « sauveur » à laquelle nous sommes appelés, se traduit en actes concrets selon l’exhortation de saint Paul: «Soyez joyeux; encouragez-vous; exhortez-vous. Soyez d’accord entre vous; vivez en paix, et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous» (2 Co 13, 11). Amen!

Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Jésus prie pour ses amis

Homélie du 7ème dimanche de Pâques A
Ac 1, 12-14; Ps 26; 1 Pi 4, 13-16; Jn 17, 1-11.

Mes sœurs et mes frères, les disciples vivent un moment bouleversant. Jésus vient de les quitter et avec ses instructions, ils retournent à Jérusalem. Ils ne savent pas encore ce qui va arriver, mais ils sont confiants et unis. Avec Marie, ils persévèrent dans la prière, dans l’attente de la Promesse: le don de l’Esprit Saint.

Aussi ce programme qui nous est proposé en cette semaine de préparation à la Pentecôte: prier avec Marie pour que l’Esprit Saint vienne soutenir nos engagements, fortifier notre foi et nous sanctifier… La prière n’est pas une tentative d’évasion du monde, c’est une force qui nous aide à le traverser. Gandhi disait: «Sans  la prière, j’aurais perdu la raison…  La prière est la clé du matin et le verrou du soir. C’est une alliance sacrée entre Dieu et les hommes». Et le curé d’Ars: «La prière est à notre âme ce que la pluie est à la terre». Ces paroles rejoignent profondément l’Évangile d’aujourd’hui.

En effet, après ses adieux aux disciples et ses ultimes exhortations, «Demeurez dans mon amour; je vous appelle mes amis; vous aurez à souffrir dans le monde, mais courage!», Jésus, le Grand Prêtre, s’adresse à son Père en priant pour lui et en intercédant pour que ses amis participent à sa gloire dans la vie éternelle, qui consiste aujourd’hui déjà à connaître Dieu, à lui faire confiance, à l’aimer, à entrer en intimité avec lui. Il prie pour toi en particulier, car il connaît tes luttes intérieures, tes fragilités et tes attentes! Dans cette prière sacerdotale, il nous ouvre son cœur. Nous découvrons la mystérieuse liaison, l’intimité profonde qui l’unit à son Père: «Et maintenant, glorifie-moi de la gloire que j’avais auprès de toi avant la création du cosmos». C’est loin ça, au-delà du temps! «Tout ce qui est à moi est à toi et tout ce qui est à toi est à moi». Il y a là une communion totale, un amour sans réserve. C’est dans ce puissant flux d’amour qu’il nous introduit!

Jésus rend compte à son Père du bilan de sa mission sur la terre: «Père, je t’ai glorifié (donné du poids) sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais  donnée  à faire» … Et toi, à la fin de son pèlerinage sur la terre, pourrais-tu dire à ton tour: «Tout est accompli! J’ai essayé de réaliser du mieux possible l’œuvre que Dieu m’a confiée, la mission qui était la mienne!» Encore faut-il l’avoir identifiée!

Par ailleurs, il sait qu’il laisse ses disciples dans un monde souvent hostile à l’Evangile. Pour cela, ils doivent faire confiance et avoir les reins solides pour supporter les souffrances liées au témoignage de la foi et à tant d’autres épreuves. Le psaume 26 de ce dimanche le rappelle avec force: «Le Seigneur est le rempart de ma vie; devant qui tremblerais-je?». Oui, même si de temps à autre, nous avons l’impression d’être emportés par le courant, même lorsque notre foi vacille, le Seigneur Jésus et Marie, notre Mère du ciel, prient avec nous et pour nous. Amen!

Vital Nlandu, votre curé-Doyen

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Invitation au Cénacle les 18, 19 et 20 mai 2026

Pour nous préparer à la Pentecôte, l’équipe liturgique a proposé que nous revivions cette année encore l’expérience intense et profonde du CENACLE.

Cette fois-ci, nous veillerons pendant 3 soirées, de 19h30 à 21h00 en la Cathédrale:
Le lundi 18 mai – prière du rosaire animée par notre groupe de prière
Le mardi 19 mai – fruits de l’Esprit Saint et témoignages
Le mercredi 20 mai – renouvellement de notre baptême

Bienvenue à tous !

Invocation de l’Esprit Saint, le carburant de notre  vie chrétienne

Chant : Viens esprit de sainteté, viens Esprit de lumière, viens Esprit de feu, viens nous embraser!

Viens Esprit Saint
Comme un arbre planté près de l’Eau Vive, viens, Esprit Saint, viens m’apprendre à me taire, à faire du silence une prière, à laisser pousser les racines de mon cœur, à devenir un arbre qui porte des fruits pour tous les hommes qui ont faim et soif d’amour.
Viens, Esprit Saint, donne-moi la force de pouvoir encore m’arrêter, pour écouter le murmure de la Parole de Vie, loin de la drogue du bruit, de la valse des mots ; fais de moi un arbre solidement planté, près d’un cours d’eau et qui porte fruit.
Viens, Esprit Saint, enracine-moi dans l’Amour du Dieu vivant, afin qu’à chacune de mes saisons et jusqu’au soir de ma vie, je reste fécond et florissant.
Viens, Esprit Saint, quand surgissent épreuves et tempêtes, quand se lève le vent du désert ou du malheur, quand surgit la sécheresse du doute et que triomphe le ricanement des rieurs, enracine mon amour aux sources de la foi et rien ne me déracinera.
Viens Esprit Saint, apprends-moi à prier, à prendre racine en profondeur, à rejoindre les nappes souterraines de mon cœur, à écouter Ta chanson secrète qui me poursuit afin que je sache accueillir ton Amour qui gardera vert le feuillage de ma vie.
Viens, Esprit Saint, donne-moi le courage de creuser au-delà des couches d’argile, de dépasser en moi bien des zones stériles, de contourner patiemment les cailloux et les pierres, car la solidité d’un arbre s’enracine dans l’épaisseur de la terre.
Viens, Esprit Saint, fais de moi un arbre solide et de plein vent, un arbre dont la sève jaillit des racines du cœur ; les hommes ont tellement besoin d’arbres vivants et de leur paix et de leur fraîcheur !

Chant : Viens esprit de sainteté, viens Esprit de lumière, viens Esprit de feu, viens nous embraser !

PaterGloire au Père et au Fils et au Saint Esprit, au Dieu qui est, qui était et qui vient pour les siècles des siècles.  Amen !

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« Je ne vous laisserai pas orphelins »

Homélie du 6ème dimanche de Pâques A
Lectures : Ac 8, 5s; 1 Pi 3, 15-18; Jn 14, 15-21

Chers amis, nous sommes à quelques encablures de l’Ascension et de la Pentecôte. A l’Ascension, Jésus disparaît physiquement de nos yeux. Et aujourd’hui, dans son discours d’adieu, il nous fait une immense promesse: il ne nous laisse pas orphelins!

Nous sommes nombreux à avoir vécu, même très tôt, l’expérience d’orphelin. Il y a un manque de sécurité, de présence rassurante, une carence d’amour qui laisse parfois des traces de fragilité profonde en causant chez l’orphelin une recherche boulimique de tendresse et même une certaine dépendance affective! Jésus nous dit qu’il ne nous abandonne pas. Il nous envoie le Défenseur, qui poursuivra son œuvre. Le défenseur, n’est-ce pas l’avocat qui se tient aux côtés de celui qui est accusé ou écrasé par le poids de la vie? Nous aussi, nous portons parfois de lourds fardeaux: la maladie, la solitude, les blessures du passé, les jugements des autres, le poids du péché, la culpabilité, les découragements, les humiliations, les doutes ou les combats intérieurs. Mais Dieu ne nous laisse pas seuls face à tout cela.

Le Défenseur qu’il nous donne, c’est l’Esprit Saint qui étanche nos soifs existentielles en déversant son Amour dans nos cœurs. Il nous console, nous soutient, nous réconforte dans l’adversité. Saint Paul l’atteste: nous sommes le temple de l’Esprit Saint ; notre corps lui-même est un tabernacle où Dieu demeure. L’Esprit Saint n’est pas une idée abstraite ni un simple souvenir religieux. Il est une présence vivante. Celui qui prie avec foi, celui qui ouvre son cœur à Dieu, peut expérimenter sa paix, sa lumière et sa force. L’Esprit éclaire notre conscience, il nous aide à avancer dans la sainteté et nous donne une joie profonde, cette joie qui ne dépend pas des circonstances, mais qui vient de Dieu lui-même.

Sans l’Esprit Saint, ta foi risque de devenir extérieure, superficielle. Avec lui, elle devient une relation intime, profonde avec le Christ. Plus fort que toi, Jésus te séduit. Il continue de t’attirer à lui. Son amour te rejoint au plus profond de ton être. Aujourd’hui encore, dans l’Évangile, il te dit: «Je t’aimerai et je me manifesterai à toi!»

Chers amis, dans la deuxième lecture, saint Pierre nous invite à «rendre compte de notre espérance». Cela signifie que le chrétien est appelé à être convaincu et convaincant, non par la force, la manipulation ou l’agressivité, mais par la douceur, l’humilité et le respect. Le vrai témoignage chrétien passe d’abord par la manière de vivre. Quand quelqu’un pardonne au lieu de se venger, cela interpelle. Quand quelqu’un traverse l’épreuve sans perdre la paix intérieure, cela touche les cœurs. Quand quelqu’un continue d’aimer malgré les blessures ou les humiliations, cela devient un signe de Dieu.

Demandons au Seigneur, par la grâce de cette Eucharistie, de ne pas attrister l’Esprit Saint qui nous habite par notre péché ou notre indifférence.

Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Le Bon Pasteur!

Homélie du 4ème dimanche de Pâques A
Jean 10, 1-16

Chère amie, cher ami, en ce dimanche du Bon Berger, la Parole de Dieu te touche-t-elle vraiment au cœur, ton cœur parfois fermé? Sens-tu que Quelqu’un, Dieu lui-même, te parle au plus profond de toi, ou est-ce sa Parole te reste superficielle? Dans la 1ère lecture, la Parole interpelle les auditeurs de Pierre, qui demandent après l’avoir écouté: «Que devons-nous faire?» Réponse: «Convertissez-vous». Autrement dit: fais demi-tour, reviens à Dieu, laisse-le pénétrer dans tes zones d’ombre: les comportements, les attachements, les fragilités… tout ce qui t’éloigne de lui! Dieu t’appelle par ton nom: pour lui, tu n’es pas dilué dans l’anonymat, tu n’es pas un numéro ; tu as un nom, une identité, tu es unique. Il connaît ton histoire, ton mystère, tes attentes, tes combats, tes blessures, tes joies et tes peines. Il sait où tu es aujourd’hui dans ta recherche d’épanouissement, de bonheur et de liberté. Et surtout il ne te juge pas, il ne te condamne pas. Simplement, il se propose de marcher avec toi comme le Bon Berger qui te protège, veille sur toi et te conduit.

Le psaume 22 t’invite ainsi à contempler la sollicitude de ce Dieu-Berger. Nous sommes tous errants, en recherche d’une fontaine qui puisse désaltérer nos soifs existentielles. Nous sommes souvent en manque: manque de sens, de paix intérieure, de reconnaissance, de valorisation, d’amour, de santé, d’espérance… Tous ces manques nous perturbent et même nous épuisent. Quand le psalmiste dit: «Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien», cela ne signifie pas que tout devient du coup facile, mais que même dans l’épreuve, Dieu nous relève ; Il nous fait revivre de sa vie. Ni son pardon, ni sa force ne pourra nous manquer puisqu’il nous restaure. Restaurer dans sa double acception: réparer et nourrir. Dieu nous répare en guérissant nos blessures spirituelles par son pardon ; il nous nourrit, nous fortifie par sa Parole et le Pain de vie.

Dans l’évangile, Jésus commence par déclarer: «Amen, amen je vous le dis». Cette introduction solennelle annonce la gravité et l’urgence de la Parole qu’il va prononcer: elle pousse à faire un choix! «Les brebis écoutent sa voix»: dans notre société polluée par le bruit et tant de sollicitations, quelle voix écoutes-tu? Celle du Bon Berger ou celle des sirènes de la consommation, la voix de la culpabilité, de la peur, de la colère, de la rancune, de tes pulsions, de l’orgueil? Sais-tu qu’il y a une différence entre entendreet écouter. Entendre est passif, c’est un acte non intentionnel, qui se fait sans nous. J’entends le klaxon d’une voiture, le vrombissement d’une moto ou la sirène des pompiers. Mais écouter demande que l’on soit silencieux et se rende disponible. On fait le choix, on prend la décision d’écouter. Entretenir sa vie spirituelle, n’est-ce pas aussi apprendre à écouter la voix de Dieu qui transforme notre vie? Dieu parle encore aujourd’hui dans sa Parole, dans les événements, par la voix de notre conscience… Et puisque voix rime avec voie, écouter le Bon Berger, c’est aussi le suivre en adoptant son style de vie.

«Je suis la porte»: la porte, c’est le symbole de la liberté. Avec une porte, on peut entrer et sortir comme on veut. Jésus ne nous enferme pas ; Il nous a sauvés pour que nous soyons libres, pas la liberté anarchique, mais bienveillante enracinée dans la vérité. En passant par sa porte, nous recevons la vie et la vie en abondance, c’est-à-dire une vie qui, dépassant la simple survie biologique, nous permet de vivre en intimité avec Dieu. C’est cette vie habitée par Dieu qui nous rend cohérents avec le beau nom de « chrétien » que nous portons.

Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Thomas, mon frère jumeau!

Homélie du 2ème dimanche de Pâques A
Lectures : Ac 5, 12-16; Ps 117; Ap 1, 9s; Jn 20, 19-31

Mes sœurs et frères, nous poursuivons l’approfondissement du mystère de Pâques en ce «dimanche de la Divine Miséricorde». Dans l’Évangile, c’est la première rencontre du Ressuscité avec ses disciples enfermés au Cénacle de Jérusalem. Les portes sont verrouillées, les volets sont tirés par peur. Jésus ne leur fait pas de reproches de l’avoir abandonné, il ne les condamne pas ; il les rassure en leur donnant la paix, premier don du Ressuscité à ses disciples: «Paix à vous!». Et suit l’envoi en mission, qui est inséparable du don de l’Esprit Saint: «Recevez l’Esprit Saint… alors vous serez mes témoins.» (Jean 20, 22 ; Ac 1, 8). La mission, ce n’est rien d’autre qu’être le reflet, le visage de la Miséricorde du Père dans le monde.

Et qu’est-ce que la Miséricorde? Ce n’est pas une faiblesse ni une mièvrerie affective. C’est plutôt un cœur bouleversé de l’intérieur, saisi aux tripes, profondément touché par la misère de l’autre, fût-elle morale, spirituelle, physique, psychologique, sociale ou matérielle. C’est comme me murmurait cette maman, larmes aux yeux, dont l’enfant souffrait atrocement: «Si seulement je pouvais souffrir à sa place!»… Nous sommes ici au cœur du message évangélique. La Miséricorde est l’autre Nom de Dieu. Quand, dans le Symbole des apôtres, en professant notre foi, nous disons: «Je crois en Dieu, le Père tout-puissant», il ne s’agit pas d’une puissance écrasante, mais de la puissance de son Amour, qui est plus fort que nos égarements, nos trahisons, voire nos péchés.

Les amis, le Ressuscité vient aujourd’hui fortifier notre foi. Saint Thomas n’a pas une foi de charbonnier: il doute, il a besoin de preuves, il veut vérifier avant d’hypothéquer le capital de sa foi. Et pourquoi s’appelle-t-il Didyme, «le jumeau»? C’est parce qu’il te ressemble! Soyons honnêtes: il arrive dans notre vie des moments où nous croyons, mais en même temps nous doutons ; nous espérons, mais nous avons peur. Notre foi est parfois lumineuse, parfois tout est flou: nous nous interrogeons, nous doutons… C’est ce qui fait dire à l’écrivain Georges Bernanos: «La foi, c’est 24 heures de doute moins une minute d’espérance.» En fait, c’est comme la marée haute et basse: elle vient, elle s’en va ; toujours çà et là, tant le mystère de Dieu est épais. N’est-ce pas que son silence et ses voies sont parfois déroutants? En clair, la foi n’est pas une certitude, mais la conviction intime, intérieure que, même et surtout lorsque je ne comprends pas, même et surtout lorsque je ne maîtrise pas, Dieu reste fidèle à l’alliance de mon baptême, à l’Amour.

Bien-aimés dans le Christ, disons-nous bien que dès lors que Dieu n’est plus perçu comme un Père infiniment et inconditionnellement aimant, il devient un faux dieu… La vraie démarche de foi aboutit inexorablement, à l’instar de celle de Thomas qui craque, à l’abandon, au lâcher-prise: «Mon Seigneur et mon Dieu!» Jésus dit à Thomas: «Sois croyant», autrement dit: grandis dans ta foi. En effet, notre foi n’est pas acquise. C’est un peu comme l’amour: il faut, chaque jour, aller à sa (re)conquête. «Avance ton doigt!» Oui, dans la foi, il faut avancer, mûrir ; le chrétien a besoin de croître spirituellement, de devenir de plus en plus un homme de foi.

Remarquons par ailleurs ce détail important de l’Évangile: le corps du Ressuscité porte toujours les marques de la Passion. C’est pour que nous comprenions que la Résurrection n’efface pas la Croix, nos croix quotidiennes, nos blessures, mais qu’elle les transfigure, les transforme en vivier de croissance spirituelle. Et, comme le dit saint Pierre dans la deuxième lecture, elle nous ouvre à l’espérance…

C’est en voyant les cicatrices des plaies du Christ que Thomas reconnaît le Christ. À votre avis, où serions-nous sûrs de rencontrer le Ressuscité, sinon, entre autres, dans nos propres fragilités, dans les blessures du monde, dans les blessures de l’Église? Toutes ces blessures, le Christ les a prises sur lui…

Accueille alors son don rassurant et apaisant: «La paix soit avec toi!» Il te déclare bienheureux, toi qui l’aimes sans l’avoir vu de tes yeux corporels!

Vital Nlandu, votre curé-doyen

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