Témoins d’espérance

                      Homélie du 19ème dimanche ord C : Témoins d’espérance

           Sg 18, 6-9 ; Ps 32 ; Hb 11, 1-2. 8-19 ; Lc 12, 32-48

Mes sœurs, mes frères, au cœur de cet été, la Parole de Dieu évoque un trésor inépuisable que nous chrétiens, sans être meilleurs que les autres, nous possédons.

En effet, ce trésor ô combien inestimable qu’est notre espérance  est une de ces bourses qui ne s’usent pas, dont Jésus parle dans la page d’Evangile de ce jour ! Je me souviens de ce chant scout que je fredonnais quand j’étais jeune éclaireur : « Reprends courage, l’espérance est un trésor. Même le plus noir nuage a toujours une frange d’or « . Autrement dit, même brisé, un papillon ne pense qu’à s’envoler !

Aux yeux de saint Paul, en  effet, c’est l’espérance qui certifie le label distinctif de la foi chrétienne : « Ne soyez pas affligés comme ceux qui n’ont pas d’espérance » (1 Th 4, 11) ». Et qu’est-ce que l’espérance ? Ce n’est pas l’espoir suscité par la méthode Coué qui répète des phrases de pensée positive et d’autosuggestion pour s’encourager, se disant que tout ira mieux demain. Nous savons combien les mirages de progrès de notre époque contemporaine, les doux rêves dont nous bercent les médias, les réseaux sociaux, les négociants de bonheur tournent parfois en cauchemars. Comme les disciples d’Emmaüs, nos espoirs humains nous laissent souvent désabusés et désillusionnés…

La différence entre l’espoir et l’espérance chrétienne, c’est que l’espoir meurt avec l’échec, il peut décevoir. Mais l’espérance, elle, ne peut pas désenchanter ni tromper car elle a comme socle l’amour de Dieu (Rm 5,5). Si Dieu est tellement puissant en amour, il ne peut donc me  faire défaut !…   L’espérance est ainsi fondée sur une confiance totale à la fidélité de Jésus-Christ à ses promesses. Quoi qu’il en soit, quoi qu’il advienne, même si je ne comprends pas, même devant l’apparente absurdité, même au creuset du  déroutant scandale de la souffrance, je sais en qui j’ai mis ma foi (Scio cui creddidi : 2 Tim 1, 12) : c’est en Jésus le Christ qui m’aime et qui ne me veut que du bien ! C’est une confiance profondément ancrée, pure, « naïve », innocente, détachée, qui me procure, grâce à l’Esprit du Ressuscité, l’Esprit-Saint, paix intérieure, sérénité et sagesse.

Somme toute, espérer, c’est attendre (Rm 8, 18-25), mais attendre quoi ? La réalisation des biens que ma foi a cru être véritablement promis de Dieu (cf. Théologie de l’espérance de Jürgen Moltmann). C’est elle, l’espérance, qui a animé la vie d’Abraham, le vagabond qui allait où Dieu le conviait sans en connaître la destination. Sa motivation et sa force étaient  la conviction que son avenir était en Dieu (2ème lecture). C’est l’attente confiante de la réalisation de la Promesse qui a porté la Vierge-Marie  à croire sans en démordre au Dieu de l’impossible…

Espérer, c’est être sur la brèche comme un veilleur qui attend l’aurore au cœur de la nuit. Il décode les semences d’espérance, invente la vie. Quand Jésus dit : « C’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra« , il ne joue pas à cache-cache, il ne nous manipule pas. Il veut simplement nous épargner l’enlisement de la routine, l’endormissement. Le chrétien est appelé à vivre chaque jour comme s’il était le dernier : « Tu le sais, ô mon Dieu, pour t’aimer sur la terre, je n’ai rien qu’aujourd’hui » (sainte Thérèse de Lisieux). Il scrute les signes de la présence de Dieu en temps réel, se laisse surprendre par ses inattendus tout en défiant l’ironie du sort. L’espérance n’est-elle pas  un anti-destin ?

« Sois sans crainte, petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume » (Evangile). Le petit troupeau de Jésus, ce sont les femmes et les hommes qui sont, grâce à leur foi, portés au lâcher-prise, à l’abandon et à la confiance. Dieu leur donne déjà maintenant le Royaume par Jésus qui vient à leur rencontre, qui vit en eux et aime en eux. Car l’espérance chrétienne n’est pas passivité, oisiveté ou encore « opium » du peuple, mais responsabilité et engagement. C’est l’anticipation dès maintenant l’avenir promis et espéré (Apoc 22, 1. 5) par nos choix de bienveillance et notre croissance en humanité.

                                                                          Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Etre riche en vue de Dieu

Homélie du 18ème dimanche ord C : Etre riche en vue de Dieu

Lectures : Qo (Ec) 1, 2; 2, 21-23; Ps 89; Co 3, 1-5, 9-11; Lc 12, 13-21

Chers amis, la page d’Evangile de ce week-end nous invite à revisiter notre rapport avec la richesse et, partant, avec l’argent. C’est une thématique qui nous concerne tous dans la mesure où pour vivre, nous avons besoin d’argent. On en a besoin même pour  l’évangélisation des peuples. Dans son action de solidarité, l’organisme Missio de l’Eglise catholique s’y emploie. Chez nous, chaque année, l’Etat, la commune alloue une somme d’argent à la fabrique d’église pour l’entretien du patrimoine de culte. Force est donc de  le reconnaître : l’argent est bel et bien une commodité qui facilite tant de choses. 

Cependant, nous savons d’expérience spirituelle que de deux  choses l’une : l’argent est serviteur ou maître, moyen ou fin !  C’est un outil dont on se sert et comme tout outil, son utilité dépend de son utilisation… Curieux, lorsque je prépare la liturgie des funérailles avec les familles, ce qu’elles évoquent la plupart du temps  du jardin de leurs souvenirs, ce sont les beaux moments de bienveillance vécus avec le défunt, sa beauté intérieure,  les belles choses qui, en fait,  ne sont pas monnayables. Voilà pourquoi la 1ère lecture  nous rappelle cette réalité pourtant connue de tous, mais que l’on zappe à dessein, sans doute parce qu’elle dérange en ce monde d’hyperconsommation et de matérialisme à outrance : « Vanité des vanités, tout est vanité« . Commel’homme vient au monde avec les mains vides, il le quittera de la même manière !

L’exhortation de Jésus part d’un problème d’héritage qu’on vient lui exposer. C’est un sujet sensible encore aujourd’hui, il brise tant de familles ! La législation juive de son époque est phallocrate, machiste : les femmes n’ont pas droit à l’héritage. Il revient aux hommes et de quelle manière ? Pour ne pas éparpiller le patrimoine familial, après la mort du père, on instituait un chef de famille, le fils aîné à qui revenaient, à lui seul,  tous les biens immobiliers (terres, maisons) et la moitié des biens mobiliers. On comprend alors pourquoi dans la parabole du fils prodigue, le père dit au fils aîné : « Tout ce qui est à moi est à toi » (Lc 15, 31). La demande d’intervention adressée à Jésus dans l’Evangile de ce dimanche paraît donc judicieuse : mon frère aîné s’empare de tout, même de la petite part qui me revient.

Jésus  en profite pour mettre en garder contre la dangereuse illusion du « credo matérialiste« , l’avidité, la gloutonnerie d’accumuler, qui peut être psychologiquement parlant une compensation qui cache un mal-être, un manque, un besoin à combler…  Certes, il est nécessaire de gagner sa vie, d’avoir une vie sociale digne, d’élever correctement ses enfants et, le cas échéant, de leur  laisser, après sa mort, une petite rallonge de crédit.

Mais en s’interrogeant sur le sens de cette vie qui  passe, l’on peut bien se demander  à quoi sert-il d’accumuler des biens de manière obsessionnelle et compulsive, si c’est pour perdre l’essentiel, à savoir l’amour de Dieu et du prochain, le respect de la nature,  sa propre  joie de vivre ?  Oui, on peut acheter un lit, mais pas le sommeil; on  peut acheter du sexe, mais pas l’amour; on peut posséder des îles, mais  pas la joie d’y vivre. Pour Pierre Rabhi, « L’argent peut assouvir tous nos désirs, excepté la joie qui ne s’achète pas » … Dans son encyclique Laudato Si (N° 222), le pape François  encourage le style de vie prophétique simple,  sobre, capable de se contenter de peu : « L’accumulation constante de possibilités de consommer » écrit-il, « distrait le cœur et empêche d’évaluer chaque chose et chaque moment« …  Le riche que Jésus évoque dans la parabole fait, de manière proactive,  des projets mégalomanes, hélas,  tombés aussitôt   à l’eau!

Alors, ne vaut-il  pas mieux s’attacher à ce qui demeure, plutôt  qu’à ce qui meurt : à l’impermanence (2ème lecture) ?  Ne vaut-il pas mieux d’ « être riche en vue de Dieu« , ainsi que nous recommande Jésus ? Cela signifie que l’on soit riche ou pauvre matériellement, on peut ouvrir le grenier de son cœur pour la gloire de Dieu et le bien des hommes. Chacun.e a des richesses intérieures enfouies à déployer et à partager : peut-être que tu ne possèdes ni or ni argent; peut-être qu’à la banque des trésors, aucun coffre  ne porte ton nom; peut-être qu’aucun tapis rouge n’est déroulé sur l’escalier de ton arrivée, mais tu peux, néanmoins,  donner ta tendresse, ton indulgence, ton sourire,  ta foi en l’être humain, ta bienveillance, offrir gratuitement tes services.

                                                                             Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Marthe et Marie, le service et la prière

Homélie du 16ème dimanche ord C : Marthe et Marie, le service et la prière

Lectures : Gn 18, 1-10 a; Ps 14; Col 1, 24-28; 10, 38-42

Chers amis, qu’est-ce que le temps qui passe, sinon notre marche vers Dieu ? Et comment nous y tenir et progresser ?  Par la liturgie de la Parole d’aujourd’hui, nous savons que c’est entre autres par l’hospitalité, le service et la prière.

Dans la 1ère lecture, Abraham, le père des croyants,  de qui se réclament tant les musulmans que les juifs et les chrétiens, reçoit à l’ombre des chênes de Mambré trois mystérieux étrangers. D’où viennent-ils et où vont-ils ? On ne sait pas. Pour certains exégètes, ces  trois hôtes préfigurent le Dieu Trinitaire. Le dialogue se fait tantôt entre Abraham et une seule personne ; tantôt entre Abraham et les  trois personnes : un seul Dieu en trois Personnes ! Dieu nous rejoint ainsi sous les traits de la personne que nous recevons, en l’occurrence l’étranger qui se présente, le pauvre qui quémande le bonheur. Il est magnifique ce conseil biblique qui s’inspire de la 1ère lecture : « N’oubliez pas l’hospitalité, car, grâce à elle, certains, sans le savoir, ont accueilli des anges » (He 13, 2). Merci et bravo aux visiteurs de malades, de prisonniers, de blessés de la vie. La semaine dernière, je suis allé visiter une personne âgée. A mon arrivée, ma question : « Madame, que puis-je faire pour vous ? » Réponse : « Je voudrais parler, depuis le matin, je n’ai encore parlé à personne ! » Et ce prêtre âgé décédé qui m’écrivait en ces termes,  j’ai gardé sa lettre : « Monsieur l’abbé, ne trouverais-je pas dans vos paroisses quelqu’un avec qui je pourrais correspondre ou qui viendrait me visiter temps en temps ? Je me sens seul et je suis dépressif ! » …

C’est le même thème dans l’Evangile : l’hospitalité. La famille de Béthanie est bien connue dans la Bible : une famille d’accueil de Jésus, où il passait de temps en temps prendre une tisane ou une galette fraîche. Il est accueilli cette fois-ci par les deux sœurs, Marthe et Marie, deux profils tout à fait différents mais complémentaires : Marthe est dans l’action,  et Marie  dans la contemplation…  Une anecdote : avant la visite dans une abbaye, la maman veut vérifier la culture religieuse de son petit garçon et lui demande : « Dis-moi, pour toi, c’est qui un moine ?  » Réponse : « C’est celui qui prie pour ceux qui n’ont pas le temps de prier ! » Comme Marthe qui est débordée et irritée par son travail.

La scène décrite est une expérience de la vie quotidienne : la femme en cuisine, l’homme affalé sur le canapé devant l’ordinateur ou la TV !…  Ici, c’est Marie qui se la coule en douce, en train de boire les paroles de Jésus…  Jésus reconnaît la générosité de Marthe qui, d’ailleurs, l’appelle Seigneur. Il sait pertinemment que sans son service, ils n’auront pas à manger. Ce qu’il lui reproche plutôt, c’est son agitation, son activisme sans profondeur, son esprit obnubilé par la tâche qui la fait se détourner de l’essentiel.

Oui, cette histoire n’est jamais finie. Les apôtres eux-mêmes ont dû instituer le ministère de la diaconie pour qu’ils se donnent davantage à l’écoute de la Parole (Ac 6, 1-6). Et nous-mêmes,  ne courons-nous pas sans arrêt ni répit, tellement occupés et même préoccupés, plongés plus dans le faire que dans l’être ?  Les conséquences peuvent être lourdes : tensions nerveuses, familles brisées, épuisement, burn-out …

« Alors que Marthe se demande comment nourrir le Seigneur, Marie elle, se demande comment être nourrie par le Seigneur« (saint Augustin). Ce faisant, Marthe choisit l’utile et Marie  l’indispensable. Les deux dispositions sont certes importantes, mais à prioriser, mieux vaut, avant tout,  l’indispensable. Jésus nous rappelle que sans une communion intime avec Lui, qui est la Source, nos engagements sociaux, paroissiaux, familiaux sont comme un bouquet de fleurs placé dans un vase sans eau, un arbre déraciné, coupé de sa source nourricière.  Il le dit en  ces termes : « Cherchez d’abord le Royaume  et la justice de Dieu,  et le reste vous sera donné par surcroît » (Mt 6, 33).

Celles et ceux qui sont connectés à Dieu l’expérimentent : il faut continuellement recharger les batteries,  car lorsque la prière s’affadit, on perd motivation, confiance et espérance ; on se pose la question des « à quoi bon  » et les inquiétudes refont surface. La part la meilleure, c’est donc la communion spirituelle avec Jésus qui, contrairement au service, perdure au-delà de la mort. Aussi, « Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée« 

                                                                            Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Qui a mis la main à la charrue !

Homélie du 13ème dimanche ord C : Qui a mis la main à la charrue !

               Lectures : 1 R 19, 16-21; Ps 15; Gal 5, 1.13. 18; Lc 9, 51-62

Mes sœurs et mes frères, la 2ème lecture de la liturgie de la Parole évoque un mot magique, qui nous distingue fondamentalement comme êtres humains et chrétiens : c’est notre liberté, la chérie, la souveraine liberté. Aux yeux de saint Paul, c’est là même le but du salut de Jésus-Christ : que nous soyons absolument des femmes et des hommes libres et libérés. Et il s’empresse de préciser ce qu’est la vraie liberté. Ce n’est pas le laisser-aller, le libertinage, la tendance à privilégier ses propres intérêts ; mais le choix de planter un arbre au profit d’une autre génération ; le choix du don de soi, du service, bref de l’amour. Aussi, lance saint Augustin : « Aime et fais ce que tu veux !« . Oui, la liberté est le 1er discernement : tout ce que nous entreprenons n’a de sens que si c’est fait par et avec amour !… Celle ou celui qui veut suivre le Christ est donc appelé à la liberté. Dans la page d’Evangile, Jésus donne 3 conseils pour le suivre :

*La conquête incessante de la paix. Les samaritains et les juifs entretiennent entre eux une animosité historique, manifestée notamment par la rivalité entre le temple juif de la Ville sainte, Jérusalem, et le temple bâti en territoire samaritain sur le mont Garizim. Or, traverser la Samarie est la route la plus courte pour aller de la Galilée à Jérusalem. Aussi, pour nuire et empêcher les caravanes qui se rendent en pèlerinage à Jérusalem via leur région, les samaritains dressent des embuscades. Alors, en artisan de paix et fin diplomate – par essence, la diplomatie c’est l’art d’éviter la guerre ! -, Jésus envoie des messagers pour négocier le laisser-passer. C’est niet ! Scandalisés par ce refus, Jacques et Jean plaident pour des représailles par un feu ravageur. Jésus les réprimande : répondre au mal par le mal ne fait qu’engendrer l’escalade de la violence. On ne lave pas une chemise blanche tachée de sang dans un bassin de sang ! … On observe ici plus qu’ailleurs la pseudo-représentation que même les amis les plus proches de Jésus se font encore de lui. Il leur faudra encore parcourir du chemin pour comprendre que la toute-puissance du Bon Dieu ne se traduit que dans sa Miséricorde. « En tant qu’Amour, Dieu ne peut que ce que l’amour peut ! » (Maurice Zundel).

*Par rapport aux paradis artificiels et autres superflus, choisir la spiritualité du détachement pour la (re)conquête de sa liberté intérieure. Voilà pourquoi Jésus choisit plutôt l’état social de SDF : « Le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer sa tête« . Cette spiritualité du dépouillement (kénose) nous pousse tout naturellement à prioriser… « Laissez les morts enterrer leurs morts !  » Chers amis, loin de prôner l’incurie des funérailles de nos êtres chers, Jésus nous prie de cerner d’abord et de préférer l’amour pour Dieu et pour l’autre. Un diamant avec quelques défauts n’est-il pas préférable qu’une simple pierre qui n’en a pas ? Un jour, dans un bus, un vieil homme est assis avec en main un joli bouquet de fleurs fraîchement cueillies. Dans l’autre allée se trouve une jeune fille dont le regard est posé sans relâche sur les fleurs. A l’arrêt, en descendant du bus, la personne âgée déposa le bouquet sur les genoux de la jeune fille en disant : « Je remarque que vous aimez les fleurs. Vous en avez plus besoin. Ma femme apprécierait certainement que ces fleurs, qui lui étaient destinées, vous reviennent plutôt « . Le temps de réagir et de refuser poliment, le bus a redémarré ! A travers les vitres, la jeune femme voit le vieil homme pousser la grille d’un cimetière…

*Avoir le regard tourné devant : « Qui a mis la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas digne du Royaume« . Pour tracer des sillons droits, le cultivateur au volant de son tracteur doit se concentrer en regardant devant, autrement les sillons sont sinueux et tortueux… Sommes-nous obligés de nous installer dans nos vieilles et stériles habitudes, dans nos « on a toujours fait ça ; obligés d’être « des gardiens de musées d’ossements ?  » (pape François, Evangelii Gaudium N° 33).

Dans un monde où il y a moult défis à relever, il nous faut de la confiance en l’avenir, de l’audace et de la créativité. Ce temps de « vacances » pourrait être un moment propice de conversion de regard, y compris sur nos habitudes !

                                                                                Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Dieu-Trinité = Dieu-Amour

Homélie de la Trinité Sainte C : Dieu-Trinité = Dieu-Amour

Lectures : Pr 8, 22-31 ; Ps 8; Rm 5, 1-5; Jn 16, 12-15

Mes frères et mes sœurs, hier j’étais à Liège à l’ordination de 4 diacres (Bernard, Emmanuel, Paulin et Marc). Dans son homélie, Monseigneur l’Evêque disait : « J’ai appris que cette année, à la Trinité, il y avait la pleine lune ! ». Par curiosité, je suis allé voir le ciel à minuit : c’est vrai, c’était une splendide pleine lune ! Pour dire que la Trinité Sainte est la solennité de la plénitude et toute l’épaisseur du mystère de Dieu. Qui est le Dieu des chrétiens ? Il est Père, Fils et Esprit Saint : un seul Dieu du fait de leur identique nature (divine) – qui s’appelle « Amour ». Un seul Dieu, mais Trine, c’est-à-dire en 3 personnes, chacune ayant ses attributions : le Père crée, le Fils sauve et l’Esprit Saint sanctifie. Et pourquoi 3 Personnes ? C’est parce que l’Amour est par essence relation et partage.

Alors, qu’est-ce que la fête de la Sainte Trinité change dans ma vie, dans ma foi ? Quand j’aime en vérité, autrement dit d’un amour désintéressé, respectueux et inconditionnel, je me baigne dans le fleuve d’Amour divin. L’Esprit Saint qui répand cet Amour dans nos cœurs (2ème lecture), propose à celles et à ceux qui le veulent bien, de se laisser appartenir à Dieu en aimant. A cette fête, je mets également en valeur le signe de la croix, par lequel je proclame que le Dieu trinitaire est dans mes pensées, dans mon cœur et dans mes actions et services rendus gratuitement. A ce moment, à l’instar de Jésus Christ, je promets de faire de ma vie un don, une « passion » pour l’être humain… On comprend dès lors que faire le signe de la croix est un engagement à se rallier à Jésus par des actes concrets de la vie.

Chers amis, quel est le sens profond de ce mystère de la Sainte Trinité ? Je prends l’image de l’astre du jour, le soleil : le Père est le soleil, le Fils est la lumière (rayons solaires) et l’Esprit Saint la chaleur irradiante. Le soleil, la lumière et la chaleur sont pourtant trois formes distinctes d’un même phénomène (combustion, énergie thermique, énergie lumineuse) qui est dans le cas de la Trinité, la même source de diffusion d’Amour. Ma vocation de baptisé, c’est justement  refléter l’Amour de Dieu … La spiritualité trinitaire est résumée par la doxologie liturgique (prière de louange à la Trinité) : « Par Lui (Jésus-Christ), avec Lui et en Lui, à Toi Dieu le Père tout-puissant, dans l’unité du Saint Esprit, tout honneur et toute gloire pour les siècles des siècles – Amen« .

Nous nous adressons au Père par Jésus-Christ le médiateur, le grain jeté en terre pour l’immense Moisson de grâces et de bénédictions divines. Quant à l’Esprit Saint, il nous plonge dans l’intimité, la tendresse de Dieu le Père quand il nous Le fait appeler « Abba » (papa chéri, c’est mignon !). Dans la page d’Evangile de ce dimanche, Jésus dit : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter« . Il arrive parfois en préparant la liturgie de funérailles d’une personne relativement jeune, d’entendre les membres de sa famille et ses amis dire : « On avait encore tellement de choses à se dire, à partager ensemble ! ». Dans le silence ou le recueillement, par la voie de notre conscience, par le décodage du langage de la nature, à travers les événements de notre vie, l’Esprit-Saint nous révèle la personne de Jésus-Christ : la puissance de sa résurrection et celle de sa Parole. Il nous conduit vers … la vérité tout entière.

Et comme le guide de montagne, il ne se met pas à la place de l’accompagné, mais l’aide à progresser malgré la fatigue et les vicissitudes de la vie.

C’est encore Lui, l’Esprit Saint qui suscite en nos cœurs l’action de grâce et l’émerveillement du Psaume 8 chanté : « ô Seigneur, notre Dieu, qu’il est grand ton nom, par toute la terre ! A voir ton ciel …« . L’émerveillement est la voie royale pour retrouver l’esprit d’enfance. « Nous marchons sur des joyaux sans nous en rendre compte » (Christiane Singer). Il y a ainsi urgence de réapprendre à recevoir la vie comme un cadeau, à lui sourire,  à se laisser surprendre par la beauté de la nature et, partant, à la respecter et à en prendre soin.

                                                                                      Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Ce feu qui brûle dans mon coeur,

          Homélie de la pentecôte C : Ce feu qui brûle dans mon coeur,

                             moi je le sais, c’est l’Amour du Seigneur !                                                              

                         Lectures : Ac 2, 1-11; Ps 103; Rm 8, 8-17; Jn 14, 15-16. 23b-26

Chers amis, dans sa lettre apostolique « Tertio millennio adveniente », le pape Jean-Paul II souligne qu’il convient, dans l’Eglise, de s’appliquer à « la redécouverte de la présence et de l’action de l’Esprit Saint » (n°45). Nous nous employons à le faire. A la Pentecôte, écrit saint Luc dans la 1ère lecture, il y a eu un violent coup de vent, mais sans alerte météo. Et d’ailleurs, aucun appareil de photo, même le plus performant, n’aurait pu photographier l’Esprit Saint. C’est une réalité spirituelle. Cependant, les signes ont été au rendez-vous. Il y a eu manifestation de la puissance de l’amour de Dieu, qui s’est répandu dans les cœurs de disciples qui se sont mis alors, chacun dans sa propre langue mais compris par tous, à professer la même foi décomplexée et à proclamer les merveilles de Dieu. Emportés par l’Esprit Saint, la poignée de disciples emmurés dans la peur sont devenus des infatigables témoins, ambassadeurs du Ressuscité.

En effet, l’Esprit Saint est un feu, et lorsque tu joues avec le feu, tu n’en sors pas indemne. Quand l’Esprit Saint fait irruption dans ta vie, il la retourne comme une crêpe, la transforme en convertissant ton regard. C’est un feu qui consume le mal au fond des cœurs, en les embrasant de l’amour de Dieu.

Je ne vous laisse pas orphelins, je vais vous envoyer le défenseur. Le Paraklétos, Paraclet, dont parle Jésus dans l’Evangile se traduit par « avocat ». Ce mot a de nombreux autres synonymes : aide, assistant, soutien, consolateur, conseiller. Tout cela, l’Esprit Saint le fait. Quand nous perdons nos repères, quand le doute et les réticences nous font chanceler, quand la fatigue (épuisement, essoufflement, découragement) nous accable, quand la maladie nous afflige, quand notre conscience nous accuse (culpabilise), l’Esprit Saint vient nous donner la force et le courage d’avancer avec confiance et abandon; il ranime l’espérance. Poussés de l’intérieur par l’Esprit, nous nous adressons à Dieu comme à notre Père, Abba (2ème lecture) ! En ce moment, nous lions avec Lui une relation de tendresse et de confiance, et les angoisses paralysantes qui empoisonnent notre vie spirituelle disparaissent.

Chers amis, puisque nous sommes enfants de Dieu, nous sommes héritiers de l’avenir en Dieu, telle est notre espérance. Marchons dès lors dans la mouvance de l’Esprit du Ressuscité… Dois-je le rappeler en ce jour de Pentecôte : le baptême que nous avons reçu n’est pas un simple rite, c’est un baptême de feu ! Et si jamais ce feu couve sous la cendre, que le Souffle de Dieu la disperse pour que soit rallumé en nous le feu de son amour.                                                                                                                  

                                                                                                          Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Annonces du 29 mai 2022

Pentecôte 2022

chaque jour, de lundi à jeudi, de 19h30 à 21h00 en la Cathédrale,  il y aura une veillée de prière, de raffermissements et enseignements.

*Lundi 30 mai : neuvaine à l’Esprit-Saint

*Mardi 31 mai : symboles et dons de l’Esprit-Saint

*Mercredi 1er juin : renouvellement du baptême dans l’Esprit-Saint : film baptême des adultes, imposition des mains, Fontaine baptismale, adoration

*Jeudi 2 juin : fruits de l’Esprit-Saint et témoignages.

Si tu savais

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