Le Christ est ressuscité, alléluia!

Homélie du jour de Pâques

«Ce jour que fit le Seigneur est un jour de joie, alléluia!» (Ps117). Mes frères et mes sœurs, ce jour de Pâque chrétienne, c’est le jour que le Seigneur a choisi pour (re)donner sens à notre vie et rallumer notre espérance. Cette fête qui a traversé 20 siècles, est la plus importante de notre vie chrétienne tant elle est le fondement, le cœur battant de la foi chrétienne. Car, si le Christ n’est pas ressuscité, la Croix ne serait qu’un drame absurde ; nous serions nous-mêmes esclaves de la souffrance et de la mort ; ma prédication serait un pur mensonge et notre espérance une illusion. Tenez, la Résurrection du Christ, ne relève pas de la fantasmagorie, ce n’est pas une idée abstraite, une expérience mystique subjective, une crédulité naïve, mais un événement. Saint Pierre dans la 1ère lecture atteste qu’ils en ont été témoins: ils ont mangé, ils ont bu avec Jésus après sa résurrection d’entre les morts! Un moment, ils ont eu peur, ils ont douté (cf. saint Thomas), ils ont été désappointés (disciples d’Emmaüs), mais ils se sont rendus à l’évidence d’un fait qui a défié l’expérience humaine.

Avec le témoignage de Marie-Madeleine, Pierre et Jean, toujours et encore en recherche d’espérance, courent au tombeau. Avec l’agilité de sa jeunesse et la force dévorante de son amour pour Jésus, Jean arrive le premier. «Il vit et il crut». Qu’a-t-il vu? Pas Jésus, mais ce signe: le tombeau est béant, le sépulcre est vide avec des linges funèbres disposés comme une enveloppe de chrysalide d’où sort un papillon! Oui, la foi naît de signes discrets, d’intuitions, d’une lumière intérieure!

Marie-Madeleine se rend au tombeau par fidélité à l’amour, pour honorer le corps de son bien-aimé Jésus. Elle s’y rend alors qu’il fait encore sombre. Cette précision est bouleversante: c’est souvent dans nos nuits que Dieu prépare ses plus grandes lumières. Dans nos moments d’ombre, d’épreuve, de confusion… Dieu agit déjà, en silence.

Alors, les amis, que change la Résurrection du Christ dans notre vie? Elle change tout. Notre regard sur Dieu: nous savons désormais qu’il n’est pas absent, il agit de manière imperceptible par la puissance de son Esprit. Notre regard sur la mort: ce n’est pas un terminus, une impasse, une fin, mais un passage vers la vie en plénitude. Notre regard sur notre manière de vivre comme nous le rappelle la 2ème lecture: pourquoi s’attacher à ce qui est impermanent, qui passe: disputes inutiles, guerres d’ego, médisances, jalousie… ? Vivons détachés, aspirons à ce qui demeure. La vraie vie, n’est-ce pas la bienveillance, l’amour, le service, l’humilité, le respect de la nature, la communion avec Dieu? La Résurrection du Christ change enfin notre regard sur notre propre histoire: Dieu peut faire surgir la vie là où nous ne voyons que tombeaux, blessures, maladies, déconvenues, échecs. La pierre scellée du tombeau du Christ a été roulée! Dieu peut ouvrir ce qui est fermé, dénouer des nœuds, relever ce qui est brisé, redonner un avenir à ce qui semblait perdu.

Chers amis, par notre baptême, Dieu nous constitue « témoins » de la Résurrection du Christ aujourd’hui, porteurs d’une nouvelle que nos contemporains ont besoin d’entendre: il y a un pardon pour tout péché, un relèvement après une chute, une espérance au cœur du découragement, une lumière au bout de la nuit. Nous sommes témoins du Ressuscité quand nous choisissons la paix plutôt que le conflit, l’espérance plutôt que le désespoir, le soutien plutôt que l’indifférence. Autrement dit, quand nous relevons ceux qui vivent des moments de faiblesse et de fragilité.

A vos familles et à vous-mêmes, je souhaite une joyeuse fête de Pâques

Vital Nlandu, votre curé-doyen

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«Serait-ce moi Seigneur?»

Homélie du dimanche A des Rameaux

Mes sœurs et mes frères, lors du repas d’alliance, Jésus annonce aux Douze que l’un d’entre eux va le livrer. Alors, chacun s’interroge sur sa loyauté envers le Seigneur: «Serait-ce moi Seigneur?» Que cette Semaine Sainte soit pour chacune et chacun une opportunité d’évaluer sa loyauté, sa fidélité à Jésus. Un tel exercice ne peut qu’affermir la foi…

Les Rameaux et la Passion que nous célébrons ce dimanche, nous ouvrent un vaste champ de réflexions sur la réalité de notre vie:
*Jésus l’avait dit: «Ma vie, nul ne la prend, c’est moi qui la donne» Pourquoi a-t-il librement choisi la passion, pourquoi a-t-il voulu nous sauver par l’humiliation et la souffrance? Parce qu’humiliation rime avec humilité, la voie de la sainteté ; parce qu’il n’y a pas d’amour plus grand que s’oublier, s’effacer, se sacrifier, mourir pour la personne que l’on aime.
*Nous sommes, dans cet Evangile, face à la dualité existentielle de notre vie, faite de lumière et d’ombre, de mystères joyeux et douloureux. Le même Jésus qui est acclamé par les hosannas à l’entrée de Jérusalem, est rejeté, condamné quelques jours plus tard. Ainsi va la vie: elle est à la fois vallée de roses et de larmes, pluie et soleil qui font apparaître l’arc-en-ciel… Nous le savons: la souffrance n’est pas une tarte dont chacun prendrait volontiers sa part, et pourtant elle est inexorable. Elle fait partie intégrante de notre vie. Etty Hillesum l’a compris quand elle écrit: «La vie et la mort, la souffrance et la joie, tout, tout en moi, je l’accepte comme une totalité indivisible». Et Jean d’Ormesson: «La vie est belle parce que nous mourrons … Merci pour les roses, merci pour les épines!». Refuser toute souffrance, vouloir l’éliminer à tout prix, c’est oublier que la vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille ; elle peut devenir un torrent impétueux.

Chacun a ses soucis, y compris ces souffrances silencieuses, psychologiques, qui ne pleurent que de l’intérieur: blessures invisibles, solitude, déprime, angoisse quant à l’avenir, usure, remords de conscience, humiliations, frustrations et déceptions, combats cachés, trahisons d’amour, sentiments d’être inutile … Notre cœur est parfois trop lourd de secrets, trop lourd de peines. Qui que tu sois, quoi que tu fasses, c’est inévitable, la souffrance, la mort te traque et, un jour, te rattrape!

Et puis cette parole de Jésus: «Mon âme est triste à en mourir …» Il est anéanti. Dans son humanité, il est vulnérable, profondément ému. Un sentiment de désespérance l’envahit… Cependant, grâce à la puissance de la prière d’abandon, il a trouvé la force morale et spirituelle d’aller jusqu’au bout de sa mission. Nous aussi devant certaines réalités cruelles de la vie, quand nous n’avons plus de ressort, recourrons au Père par la prière d’abandon, confions-nous à l’Esprit Saint et invoquons Jésus en lui rappelant sa propre agonie. Par sa croix, il est solidaire de notre humanité souffrante, blessée et blessante.

Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Et si la démarche de la Samaritaine était aussi la tienne?

3ème dimanche de Carême A
Lectures: Ex 17, 3-7 ; Ps 94; Rom 5, 1-2.5-8 ; Jn 4, 5-42

Mes sœurs et mes frères, en ce troisième dimanche de Carême, la Parole de Dieu nous rappelle qu’entre Dieu et l’être humain il existe une histoire de rencontre, une histoire d’amour intense à découvrir, à vivre et à annoncer. Dans le désert, les Hébreux épuisés par la soif, réclament de l’eau (1ʳᵉ lecture). Comme eux, il nous  arrive, au cœur de nos épreuves et de nos déserts, de douter et de nous demander si Dieu est vraiment avec nous. Pourtant, il est bien présent. Il se rend particulièrement proche de nous dans l’Eucharistie ; il nous rejoint lorsque la mer de notre vie est agitée (cf. Mt 14, 22-27).

À Sykar, Jésus, fatigué par une longue marche sous un soleil brûlant, demande à boire à une femme étrangère: une Samaritaine dont nous ignorons le nom. Et si cette femme, c’était toi? Tenez, elle vient puiser de l’eau à midi, à l’heure où personne ne se trouve au puits. Redoute-t-elle le regard inquisiteur des gens étant donné sa réputation peu honorable? Commence alors une épopée spirituelle entre deux personnes que tout semble opposer: le sexe, l’origine, la culture, la religion, l’histoire. Dans ce dialogue, Jésus, en véritable pédagogue, révèle à cette femme blessée par la vie deux choses essentielles. D’abord son identité à lui: il est plus qu’un simple Juif. Il est plus grand que Jacob, il est un prophète, il est le Messie. «Je le suis, moi qui te parle.» Ensuite, il révèle à cette femme, la soif profonde qui habite son cœur: la soif de Dieu.

Bien-aimés dans le Christ, n’oublions jamais ceci: au-delà de toutes nos soifs humaines, il y a notre soif existentielle de Dieu. Nous essayons parfois de l’étouffer, mais elle demeure en nous, car elle fait partie de notre nature d’êtres spirituels créés à l’image de Dieu. Le psalmiste le dit: «Comme une biche soupire après l’eau vive, mon âme a soif de toi, ô mon Dieu. J’ai soif de Dieu, du Dieu vivant.» (Ps 42, 2-3).

Souvent, nous cherchons désespérément à combler nos manques profonds – le sens de la vie, l’amour, la reconnaissance, le bonheur ou la paix – dans des sécurités illusoires: l’argent, les plaisirs, la consommation, la réussite, le pouvoir, l’orgueil… Mais Jésus, le don de Dieu par excellence, veut bien nous offrir l’eau vive qui désaltère notre âme. Cette eau invisible et spirituelle, c’est la vie divine, sa grâce, son amour que l’Esprit Saint répand gratuitement dans nos cœurs (2ᵉ lecture). Elle est déjà le gage de la vie éternelle.

Quant à la Samaritaine, elle venait puiser de l’eau au puits de Jacob, mais sa véritable soif était ailleurs. Ce qu’elle cherchait profondément, éperdument, c’était d’être aimée pour de vrai. Sa vie sentimentale compliquée, ses échecs d’amour répétés – elle a pratiqué une demi-douzaine de maris – révèlent son désir ardent d’un amour véritable qui restaure sa dignité et redonne de la valeur à sa vie. Sa quête rappelle celle de la bien-aimée du Cantique des cantiques, qui cherche celui qu’elle aime jusqu’au jour où elle s’écrie: «J’ai trouvé celui que mon cœur aime ; je l’ai saisi et je ne le lâcherai plus.» (Ct 3, 1-4).

Et si la démarche de la Samaritaine était aussi la tienne?

*Au bord du puits de Jacob comme au pied de la Croix, Jésus te dit: «J’ai soif». Il a soif de ton amour, de ta confiance. Aujourd’hui encore, s’il te plaît, n’endurcis pas ton cœur (Ps 94).
*Et puis, cette source jaillissante pour la vie éternelle, n’est-ce pas aussi l’eau de ton baptême, qui t’a plongé dans l’océan de l’amour de Dieu? Si tu as soif de cet amour, prie l’Esprit Saint d’en déverser davantage dans ton cœur.
*A la fin du récit, la Samaritaine se convertit. Elle laisse là sa cruche –  symbole de son passé malfamé – et devient  missionnaire. Elle court annoncer à toute la ville: «Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait!». Autrement dit: «J’ai rencontré l’amour de Dieu, son don et son pardon. Il a dénoué les nœuds de mon cœur et guéri mes blessures anciennes.»

Quelle magnifique profession de foi!

Vital Nlandu, votre curé-doyen

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« La messe, un trésor à explorer » – Jeudi 19 mars 2026

Conférence de Carême animée par Vital Nlandu, doyen de l’Ardenne, avec la contribution de Marc Dewalque, boulanger, et Pierre Christman, viticulteur et œnologue

Lieu: Cathédrale de Malmedy / Horaire: le jeudi 19 mars à 19h30

N’hésitez pas à venir nous rejoindre pour ce temps fort au cœur du Carême!

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Edmond, notre séminariste, stagiaire scheutiste

Chers amis, j’ai la joie de vous présenter Edmond Nzau Nzau, le séminariste qui effectue actuellement son stage dans notre Unité pastorale. Dans un an et demi, il sera ordonné diacre, puis prêtre. Le stage est un temps d’apprentissage vécu dans l’humilité, qui ouvre toujours à une véritable croissance.

Edmond est né à Tshela, en République Démocratique du Congo. Après ses études secondaires, il a enseigné pendant deux ans au Collège Saint-Vital à Niolo (RDC). Il a ensuite suivi des études de philosophie à l’Université Saint-Augustin de Kinshasa, puis de théologie à l’ETSC de Ngoya, au Cameroun.

Il appartient à la Congrégation de Scheut, une congrégation missionnaire internationale fondée en 1862 par le père Théophile Verbist, prêtre du diocèse de Malines-Bruxelles. Le nom « Scheut » vient d’un quartier d’Anderlecht, à Bruxelles. Cette congrégation dédiée au Cœur Immaculé de Marie, porte le sigle CICM (Congregatio Immaculati Cordis Mariae). Aujourd’hui, elle est présente sur plusieurs continents: en Asie (Taïwan, Hong Kong, Singapour, Philippines, Indonésie, Japon), en Afrique (RDC, Cameroun, Zambie, Sénégal, Nigéria, Malawi), en Amérique (Haïti, République dominicaine, Guatemala, Brésil, Mexique, États-Unis) et en Europe (Belgique, Pays-Bas, Italie). Leur charisme est d’annoncer l’Évangile aux Nations, en particulier aux plus pauvres et aux périphéries. Le mystère du Verbe incarné inspire leur engagement missionnaire, dans le respect des cultures et du dialogue interculturel.

Durant son stage, plusieurs objectifs accompagnent Edmond:
*approfondir sa relation au Christ: prière personnelle, temps de silence, liturgie des Heures, adoration, amour et méditation de l’Évangile, dévotion eucharistique.
*développer un cœur pastoral: être proche des pauvres, des malades et des jeunes, apprendre à écouter sans juger, cultiver la compassion du Bon Pasteur, acquérir une intelligence pastorale adaptée à une société sécularisée.
*participer à la vie communautaire: entretenir des relations fraternelles saines, apprendre à travailler en équipe avec les laïcs, les bénévoles et les prêtres.
*grandir en maturité humaine: veiller à son équilibre affectif, prendre soin de sa santé (sommeil, sport, hygiène de vie), servir avec loyauté et disponibilité.

Nous prions pour Edmond: que le Seigneur affermisse sa foi. Dans les moments de doute, qu’Il soit sa lumière ; dans les épreuves, sa force, et dans la solitude, sa consolation. Par l’intercession de la Vierge Marie, Mère des prêtres, et de tous les saints prêtres qui ont servi l’Église, qu’il demeure fidèle à l’appel de Dieu et de l’Église.

Témoignage: prier ensemble rend plus discipliné et assidu à la prière!

Puisqu’Edmond (séminariste stagiaire), Bernard (vicaire) et moi partageons un même presbytère avec chacun son appartement, nous nous sommes résolus de vivre une vie semi-communautaire. Nous prions par exemple ensemble la liturgie des Heures. Prier ensemble est un levier qui renforce la communion fraternelle, apaise les tensions, favorise le pardon, aligne les projets sur des valeurs spirituelles communes, intensifie la solidarité, cultive l’humilité, développe la gratitude et le respect mutuel … 

Pour celles et ceux qui veulent nous rejoindre à la liturgie des Heures, voici notre horaire hebdomadaire:

*Lundi :  – Laudes à 7h30 (oratoire du presbytère)
        – Vêpres à 17h30 (oratoire du presbytère)

*Mardi : – Laudes à 7h30 et messe à 8h (chapelle de la Miséricorde)
         – Vêpres à 17h30 (oratoire du presbytère)

*Mercredi : – Laudes à 7h30 et messe à 8h (chapelle de la Miséricorde)
                     – Vêpres à 17h30 (oratoire du presbytère)

*Jeudi :  – Laudes à 7h30 et lectio divina de l’Evangile du dimanche suivant (oratoire du presbytère)    
  – Vêpres à 17h30 et messe à 18h (chapelle de la Miséricorde)

*Vendredi : – Adoration de 10h à 12 h (chapelle de la Miséricorde)
               – Vêpres à 17h30 et messe (chapelle de la Miséricorde)

Vital Nlandu, votre curé-doyen

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La transfiguration – La gloire qui nous attend

Homélie du 2ème dimanche de Carême A
Lectures: Gn 12, 1-4a ;  2 Tim 1, 8b-10 ; Mt 17, 1-9

Chers amis, en ce deuxième dimanche du Carême, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, les mêmes qu’il choisit comme témoins des moments forts: la résurrection de la fille de Jaïre, son agonie à Gethsémanie et, aujourd’hui, la vision de la gloire à venir, sa réalité divine. Les trois, il les emmène à l’écart, sur une haute montagne. C’est cela le Carême: un temps de retrait, de retraite intérieure, de nouveaux départs et d’abandon. Abraham, dans la première lecture, doit quitter son pays, sa zone de confort pour une destination inconnue et un projet qu’il ne contrôle ni ne maîtrise. Il fait simplement confiance à Dieu. C’est pour cela qu’il est le père des croyants. La foi commence toujours par un pas dans l’inconnu.

Quant à Jésus, il savait que sa Passion et sa Mort allaient être un scandale, que le mystère de la Croix allait dérouter, faire vaciller la foi de ses disciples et les gens qui avaient cru en lui. Je renvoie ici au désappointement des disciples d’Emmaüs: «Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël» (Lc 24, 21).

Alors, pour les rassurer, Jésus va leur montrer un flash de la gloire qui l’attend, la gloire qui vient, qui nous attend… question de nous faire saliver! Cette vision, c’est pour que ses amis comprennent une fois pour toutes que la mort n’est qu’un passage. Au bout du tunnel, au bout de la fidélité, il y a la plénitude de lumière, de vie et d’amour, bref la gloire. C’est de cette gloire dont parle Saint Jean: «Nous avons vu sa gloire – sur le mont Tabor» (Jn 1, 4). Saint Pierre en atteste la véracité: il dit qu’il ne raconte pas des fables. Il a vu la gloire de Dieu de ses propres yeux; il a entendu la voix du Père (2 Pi 1, 16-18). C’est la gloire dont parle St Paul: «J’estime en effet que les souffrances du temps présent ne sont nullement à comparer à la gloire qui doit se révéler en nous!» (Rm 8, 18). Jésus lui-même en témoigne: «Père, donne-moi la gloire que j’avais auprès de toi; je veux que mes amis contemplent ma gloire» (dans Jean 17, 24). Chers amis, cette gloire, c’est elle qui fonde notre espérance! En tout cas, c’est mon projet de rêve!

Alors, il fut transfiguré à leurs yeux, son visage se couvrit de l’habit de Dieu, à savoir la lumière. Et qui voilà? Les deux colonnes de l’AT, Moïse – la Torah – et Elie – représentant du courant prophétique, pour signifier que c’est en lui, Jésus, que converge l’Ancienne Alliance. Pierre s’extasie, gagné par un sentiment océanique, de plénitude, de fusion à quelque chose qui le dépasse. Epris d’une telle béatitude, il propose de construire trois tentes pour qu’ils demeurent à jamais là, dans ce jardin d’Eden… Et toi, comment vibres-tu à la l’adoration, à une messe intense, une prière lumineuse ; quelle joie spirituelle t’anime en la présence de Dieu?

Oui, ce n’était qu’un flash, un avant-goût, une promesse! Et la  vie continue, à ras de terre. Il faut redescendre dans la vallée où bat le pouls de l’histoire. C’est là, avec tes luttes, tes fatigues, tes doutes, tes balbutiements, tes questionnements, tes frustrations, tes échecs, tes réussites, tes engagements que tu dois être un ferment dans la pâte du monde… Il y a en toi une petite flamme, la lumière de baptême, y crois-tu seulement? Tu es appelé, à ton tour, à te laisser transfigurer au quotidien, à être le petit grain de lumière qui balise l’océan du monde.

Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Les tentations de Jésus au désert

Homélie du 1er dimanche de Carême A
Lectures : Gn 2, 7-9; 3, 1-7; Lc 4, 1-11

Mes frères et sœurs, le Carême, c’est 40 jours de combat spirituel, de résistance à la séduction du mal, de lutte contre les trois tentations archétypes, les trois racines du péché:

* La satisfaction de nos envies: le désir de posséder, d’accumuler les biens matériels et d’y fonder notre orgueil. La tentation de réduire notre être à nos avoirs.

* La manipulation, la perversion, l’instrumentalisation de la Parole de Dieu à notre profit. Ou encore le marchandage: faire pression sur Dieu, le mettre à l’épreuve.

* La tentation des royaumes, c’est-à-dire du pouvoir, de la gloire, de la domination: les dérives de notre besoin de reconnaissance, de prouver, d’obtenir l’approbation des autres, de briller, d’être applaudi. Ce besoin excessif nourrit l’orgueil.

L’Évangile de ce dimanche est un véritable miroir du combat spirituel. Il y a des détails étonnants: c’est l’Esprit Saint qui conduit Jésus au désert! Oui, l’Esprit Saint nous rejoint dans nos déserts: nos moments d’épreuve, de silence et de dépouillement. Le diable tente Jésus quand il est affaibli! Après avoir jeûné 40 jours et 40 nuits, Jésus est tout naturellement éprouvé physiquement, il a épuisé ses réserves. C’est lorsque nous sommes faibles, vulnérables, découragés, déprimés, épuisés physiquement, psychiquement ou spirituellement que le Malin nous lance ses flèches et tente de faire de nous sa proie.

Et alors, comment lui résister?

Dans la première lecture, Adam et Eve font l’expérience de la nudité. Ils se retrouvent nus, déshabillés, démunis, sans protection ni sécurité, vulnérables aux assauts du Malin. Telle est la conséquence douloureuse de notre choix de nous passer de Dieu, de nous éloigner de sa voie. D’où l’appel pressant du Mercredi des Cendres à la conversion intérieure. Le Seigneur dit par le prophète Joël: «Revenez à moi de tout votre cœur».

La nature elle-même nous donne des leçons: pour se protéger, la tortue utilise sa carapace, l’escargot sa coquille, le hérisson se roule en boule en dressant ses piquants, et le porc-épic ses aiguillons. Et toi, quel est ton bouclier pour te protéger spirituellement?

Dans l’Évangile, pour résister:
° Jésus est rempli de l’Onction, imprégné de l’Esprit Saint qui ne le quitte pas.
° Il s’appuie sur la Parole de Dieu, garde une confiance humble en Dieu ; il s’abandonne.
° Il est en communion avec les anges, les mêmes qui le fortifieront lorsqu’il sera saisi d’angoisse au mont des Oliviers (Lc 22, 43).
° Par deux fois, pour le narguer et le défier, le diable lui dit: «Si tu es le Fils de Dieu…» C’est la même provocation au pied de la croix (Mt 27, 39-40). Le diable évoque en fait son baptême, où l’on a entendu la voix du Père déclarer à Jésus: «Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi je trouve ma joie» (Lc 3, 22).

Ce sont là des armes qui nous sont suggérées pour le combat spirituel:
° Le recours à l’Esprit Saint.
° Notre fidélité à la Parole de Dieu.
° La foi de notre baptême, qui nous permet de résister à la tentation du doute et soutient notre confiance dans l’Amour de Dieu.
° Notre relation avec notre ange gardien, que nous oublions si souvent.

À la fin de l’Évangile, Matthieu écrit: «Alors le diable quitte Jésus» Mais dans la version de Luc, nous lisons: «Ayant épuisé toutes les formes de tentations, le diable s’éloigna jusqu’à une autre occasion» (Lc 4, 13). Cela signifie que le Malin a perdu une bataille, mais pas encore toute la guerre: ses assauts continuent encore aujourd’hui. Aussi, nous anticipons notre victoire définitive sur les forces du mal et de la mort par le jeûne et la sobriété (élaguer les branches inutiles, fermer les routes sans issue), l’aumône (un Carême sans partage est insipide) et la prière (elle est la sève de notre vie chrétienne).

À tous et à chacun, je souhaite une belle montée vers Pâques.

Vital Nlandu, votre curé-doyen

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