Homélie du dimanche A des Rameaux et de la Passion du Seigneur

Lectures : Mt 21, 1-11; Is 50, 4-7; Phil 2, 6-11; Mt 26, 14-27, 66

 Mes sœurs et mes frères, les 5 semaines de carême que nous venons de vivre où s’est glissé sans crier gare l’épreuve du coronavirus,  ont été un exode intérieur, qui nous introduit, ce dimanche, dans la Semaine Sainte.

rameauEn effet, les Rameaux et la Passion du Seigneur que nous célébrons,  nous ouvrent  un vaste champ de réflexions et  d’interrogations sur la dualité existentielle de notre vie  ponctuée de mystères joyeux et douloureux. Si Jésus, ovationné par des hozanna à l’entrée de Jérusalem est vomi sitôt après, c’est dire que la vie est une vallée de roses, mais aussi de larmes.

Il faut bien  se faire une raison : bien que  la souffrance ne soit pas une tarte dont chacun prendrait volontiers sa part, c’est inexorable, elle fait partie intégrante de la vie de l’homme.  Etty Hillesum l’a compris quand elle écrit : «La vie et la mort, la souffrance et la joie, tout, tout en moi, je l’accepte comme une totalité indivisible ». C’est même ce qui fait dire à Jean d’Ormesson : « La vie est belle parce que nous mourrons … Merci pour les roses, merci pour les épines ! « . Vouloir ainsi  écarter de sa route toute souffrance signifie se soustraire à une part essentielle de la vie humaine.

On a chacun et chacune ses soucis, y compris les souffrances indicibles, indescriptibles,  celles qui ne pleurent qu’à l’intérieur : solitude, déprime, usure, remords de conscience, charges de culpabilité, frustrations, combats intérieurs,  sentiments d’être inutile …, cœur trop lourd de secrets, trop lourd de peines.

« Les problèmes, quand on ne les a pas, on les attend » dit l’adage populaire. La pandémie du coronavirus nous en dit long : personne n’y échappe.  Qui  que tu sois, quoi que tu fasses, c’est inévitable,  la souffrance, la mort te traque et, un jour, te rattrape.  La vie peut être un long fleuve tranquille mais aussi un torrent déchaîné…

Finalement, la mort violente de Jésus aura ainsi pour but de nous apprendre  que la vie est comme un arc-en-ciel ; il faut de la pluie et du soleil pour en voir les couleurs. Que le tragique de notre existence n’est pas une fin en soi, mais une brèche sur l’espérance. Que par sa croix, Jésus est solidaire de notre humanité souffrante, blessée et blessante: blessures d’amour, clous de déception, de trahison, chemins rocailleux, résistances boueuses, exposition aux intempéries et aux épidémies …

En cette Semaine Sainte, suivons alors Jésus pas à pas sur le chemin de notre salut.

La Parole de Dieu nous interpelle à plus d’un sens

*Lors du repas d’alliance, Jésus annonce aux 12 que l’un d’entre eux va le livrer.

Soudain, chacun s’interroge sur sa loyauté envers le Seigneur : « Serait-ce moi Seigneur ?   « La Semaine Sainte peut être un Kaïros, une opportunité pour chacun et chacune d’évaluer la franchise et  la fidélité de sa relation avec Jésus. C’est un  exercice qui raffermit à coup sûr la foi.

jardin olivier* »Mon âme est triste à en mourir … » Jésus est anéanti, tiraillé. Il redoute, en effet,  la cuisante souffrance et la mort atroce qui l’attendent. Comme humain, il est ému et profondément angoissé. Un sentiment d’exacerbation et même de désespérance l’envahit… Oui, il s’en est sorti grâce à une prière intense et assidue d’abandon. Confrontés à certaines  réalités cruelles de la vie, il peut nous arriver  de déprimer, notre vie ressemblant à une flaque d’eau saumâtre ! En ce moment-là, soyons solidement reliés à Dieu notre Père, confions-nous à l’Esprit Saint,  invoquons Jésus en lui rappelant son affreuse agonie. Et n’oublions pas d’associer Marie notre Mère dans notre intercession.

* Pierre le lâcheur renie Jésus, il le désavoue sèchement. Mais quand il croise son regard, il se sent par-donné ! Entendant le chant du coq, il s’en alla pleurer amèrement des larmes du repentir.

  Et toi, t’est-il déjà arrivé d’entrer dans la lumière du regard aimant de Jésus ?

                                                                          Vital Nlandu, doyen de l’Ardenne

 

Publié dans Actualité, Homélies, Le mot du curé, Lecture biblique | Laisser un commentaire

La Semaine Sainte et Pâques sur KTO et autres

Chers amis,

Nous avons la chance d’avoir accès aux moyens de communication moderne.

Notre ami Benoît Sadzo, le curé de Lierneux, m’a envoyé l’horaire des messes de la semaine sainte de différents médias.

A nous d’en profiter et surtout d’en faire une  large diffusion pour que le Peuple de Dieu chez nous  reste en communion spirituelle avec  notre compagnon d’humanité  Jésus-Christ, qui meurt de sa  «passion» pour chacun de nous et  nous fraie un  chemin d’espérance…

Merci à Benoît et bonne semaine sainte à tous.

Vital Nlandu Votre curé et doyen.

Voici le programme des célébrations télé et radio diffusées de la semaine sainte.

Dimanche des rameaux 5 avril
Dimanche des Rameaux et de la Passion, le 5 avril
– 10h : Messe des Rameaux et de la Passion en direct de la grotte de Lourdes
– 11h : Messe des Rameaux et de la Passion célébrée par le pape François, en direct de Rome
– 16h30 : Conférence de carême de Notre-Dame de Paris, en direct de Saint-Germain-l’Auxerrois
– 18h30 : Messe célébrée par Mgr Michel Aupetit, en direct de Saint-Germain-l’Auxerrois
Mercredi de la Semaine sainte, le 8 avril
– 18h30 : Messe chrismale célébrée par Mgr Michel Aupetit, en direct de Saint-Germain-l’Auxerrois

 

*10h messe depuis la grotte de lourdes Kto

*10h45 messe  depuis les studios France 2

*11h messe à Rome présidée par le Pape François Kto

*11 H radio la première messe depuis la collégiale de Nivelles

*16h30 conférence de carême à Paris. KTO

*18h30 messe depuis Paris KTO

 


Jeudi Saint, le 9 avril
– 18h: Messe de la Cène du Seigneur célébrée par le pape François, en direct de Rome


Vendredi Saint, le 10 avril
– 7h: Office des ténèbres, avec les Fraternités monastiques de Jérusalem, en direct de Saint-Gervais
– 15h: Chemin de Croix à la grotte présidé par le père Horacio Brito à Lourdes
– 18h: Office de la Passion présidé par le pape François, en direct de Rome
– 21h: Chemin de croix présidé par le pape François, en direct de Rome


Samedi Saint, le 11 avril
– 12h30: Office de la Descente aux enfers, avec les Fraternités monastiques de Jérusalem, en direct de Saint-Gervais
– 21h: Vigile pascale présidée par Mgr Michel Aupetit en direct de Saint-Germain-l’Auxerrois


Dimanche de la Résurrection, le 12 avril
– 10h: Messe de la Résurrection en direct de la grotte de des
– 11h: Messe de la Résurrection célébrée par le pape François, en direct de Rome
– 12h: Bénédiction Urbi et Orbi donnée par le pape François, en direct de Rome
– 18h30: Messe de la Résurrection célébrée par Mgr Michel Aupetit, en direct de Saint-Germain-l’Auxerrois

Jeudi saint 9 avril

*18h   Messe de la Cène du Seigneur célébrée par le pape François, en direct de Rome KTO

Vendredi saint 10 avril

*15h  Chemin de Croix à la grotte présidé par le père Horacio Brito à Lourdes KTO

*18h  Office de la Passion présidé par le pape François, en direct de Rome KTO

*21h  Chemin de croix présidé par le pape François, en direct de Rome KTO

Samedi saint 11 avril

*21h  Vigile pascale présidée par Mgr Michel Aupetit depuis Saint-Germain-l’Auxerrois KTO

 

Dimanche de paques 12 avril

*10h Messe de la Résurrection depuis la grotte de Lourdes KTO

*11h Messe de la Résurrection célébrée par le pape François, à Rome KTO

*12h  Bénédiction Urbi et Orbi donnée par le pape François, à Rome KTO

*18h30 Messe de la Résurrection célébrée par Mgr Michel Aupetit, depuis Saint-Germain-l’Auxerrois KTO

Publié dans Actualité, Le mot du curé | Laisser un commentaire

Renaître à la vie !

Homélie du 5ème dimanche de carême A

Lectures : Ez 37, 12-14; Rm 1, 8-11; Jn 11, 1-45 :

Renaître à la vie !

Chers sœurs et frères,  personne ne pouvait  imaginer que l’on arriverait à la fête du mystère pascal qui fonde notre foi, au travers d’un tel désert personnel et collectif. Pour ce qui me concerne, le confinement  salutaire imposé que nous vivons, me plonge de temps en temps dans une introspection profonde, un silence  intérieur qui me met en présence de moi-même et  de Dieu. Je me réapproprie, à bien des égards, les questions de sens et les priorités de mon existence…

En effet, en ce moment où les gens meurent en cascade dans le monde, la Parole de Dieu de ce week-end nous remet dans l’espérance : notre avenir est en Dieu auprès de qui nous sommes vivants dès aujourd’hui. Ecoutons : « Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai remonter… Je mettrai en vous mon Esprit et vous vivrez » (1ère lecture). Dans l’Evangile, Jésus est en route vers Jérusalem où il doit mourir. En ressuscitant Lazare, il signifie  à ses disciples que sa (la) résurrection est possible. A ses yeux, la mort est un sommeil, et le tombeau le lieu où l’on se repose en attendant le réveil.

Quant à elles, Marthe et Marie réagissent différemment dans le deuil,  et Jésus s’adapte au caractère et à  la personnalité de chacune. Avec Marie abattue, il se fait le consolateur dont elle a besoin. Il frémit d’émotion pour exprimer son indignation devant la mort, mais aussi son soutien au combat contre la maladie et ses conséquences. Par ses larmes, il est solidaire de l’homme face à l’épreuve de la souffrance et de la mort…  A Marthe, il révèle son  pouvoir de faire vivre. Mais apparemment, ils n’ont pas la même notion du cours du temps : alors que Marthe renvoie à  la résurrection de la « fin des temps » (v.24), Jésus parle du présent : « Je suis la résurrection et la vie » (v.25). Autrement dit, c’est aujourd’hui déjà, hic et nunc,  qu’il faut ressusciter des forces mortifères.

lazaro-1Il donne alors cette consigne : « Déliez-le et laissez-le aller« (v.44) ! C’est dans l’amour que la vie prend sa source.  Nous sommes responsables de la résurrection des autres chaque fois que nous refusons de les confiner dans des étiquettes, les aidons  à rebondir, à sourire,  à retrouver leur dignité et leur liberté intérieure. Nous sommes nous-mêmes appelés  à sortir des tombeaux de notre indifférence, de la toute-puissance de notre ego, de notre manque de confiance en nous-mêmes, des charges de notre  culpabilité, bref de toutes ces entraves et blessures enfouies  qui nous volent la vie, en nous empêchant de vivre pleinement. Oui, celui qui n’est pas occupé à vivre est occupé à mourir ! Rendre la vie à l’autre et à soi-même, n’est-ce pas  un signe que L’Esprit du Dieu vivant  qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite  en nous ?

 La Parole de Dieu nous interpelle à plus d’un sens     

* »Celui que tu aimes est malade » (V.3) : c’est ma prière préférée quand on me recommande de prier pour un(e) malade. Par délicatesse, Marthe et Marie ne disent pas à Jésus ce qu’il doit faire. C’est comme la Vierge-Marie à Cana :  » Ils n’ont plus de vin » (Jn 2, 3). On expose la situation … et on fait confiance !

*Jésus prie en rendant grâce (V.41), non pas pour que le miracle se produise,  mais parce qu’il savait que ce prodige  allait motiver les gens à croire. Comme les témoins du signe de Cana, ceux de Béthanie crurent aussi en lui (Jn 2, 11 et 11, 45).                                                                                                                                    

 Et toi, es-tu reconnaissant(e) dans ta prière ?

*Je m’émerveille devant  la progression de foi de Marthe : du « Je SAIS qu’il ressuscitera » (V. 25), elle a fait un saut vers  « Je CROIS que tu es le Christ, le Fils de Dieu » (v. 27). C’est le passage de la foi livresque, intellectualiste, cérébrale, doctrinale … à la foi intérieure, profonde, ressentie,  « mystique ». De la suffisance du savoir au lâcher-prise, à l’abandon total : Jésus, tu feras bien ce que tu feras, j’ai confiance en ton Amour! « Ma foi présente » dit saint Paul, « je la vis dans la  foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et qui m’a sauvé » (Ga 2, 20). 

Et toi, de ce que tu vis avec Jésus, que dis-tu de ta foi ? 

                                                                                                                        

                                                                                

                                                                         Vital Nlandu, doyen de l’Ardenne

Publié dans Actualité, Homélies, Le mot du curé, Réflexion spirituelle | Laisser un commentaire

Veilleur, où donc en est la nuit ? Message de carême, en ce temps de crise sanitaire

Veilleur, où donc en est la nuit ? Message de carême, en ce temps de crise sanitaire

mgr-delvilleJean-Pierre Delville, évêque de Liège

Chers Frères et Sœurs,

« Veilleur, où en est la nuit ? Veilleur, où donc en est la nuit ? » Telle est la voix que le prophète Isaïe a entendue autrefois, en période de détresse (Is 21,11-17). Elle retentit aussi à nos oreilles. Combien de temps notre crise sanitaire va-t-elle durer ? Nous venons tous les jours aux nouvelles. Comme au temps d’Isaïe : « Le veilleur répond : ‘Le matin vient, et puis encore la nuit… Si vous voulez des nouvelles, interrogez, revenez’. » Alors le prophète invite à la solidarité : « Allez à la rencontre de l’assoiffé, portez-lui de l’eau, accueillez le fugitif avec du pain ». Et il prophétise la victoire sur l’ennemi : il ouvre la voie à l’espérance.

Nous aussi nous vivons une nuit, malgré le beau soleil du printemps. Le raz-de-marée mondial de l’épidémie de Coronavirus envahit notre quotidien et nos médias. Que reste-t-il de notre vie et de nos projets ? Que faisons-nous de nos journées, seuls ou en famille ? Comment nous organiser à nouveaux frais, face aux difficultés de déplacement et face au chômage professionnel ? Comment vivre la Semaine Sainte et le temps pascal dans ces circonstances ?

La peur de l’ennemi invisible

D’abord, on est frappé par la peur : la peur pour soi-même et sa santé ; la peur pour les autres et pour nos proches ; puis la peur des autres, qui pourraient nous contaminer ; et la peur pour notre avenir dans cette situation de paralysie sociale. Chacun est frappé d’une façon ou d’une autre : dans son travail, dans sa maison, dans sa santé, dans son moral, dans ses relations. Le virus est arrivé, c’est un ennemi invisible et nous cherchons à nous protéger. Nous sommes plus isolés que d’habitude et devons nous débrouiller pour beaucoup de choses ; nous devons aussi prendre des décisions, nous devons nous organiser, nous devons nous donner des consignes pour changer notre style de vie. On dirait que l’histoire s’est arrêtée et qu’il n’y a plus qu’une seule info sur les médias : le coronavirus. Les projets sont mis en veilleuse et rangés au fond des tiroirs. Les rendez-vous qui scandaient le cours du temps sont supprimés, les réunions sont reportées. Le risque est alors de nous replier sur nous-mêmes et sur nos problèmes, sur notre santé et sur nos proches.

Le besoin de solidarité

Pourtant, si le coronavirus nous a appris une chose, c’est à nous rapprocher affectivement les uns des autres. En étant séparés physiquement, nous découvrons que nous sommes appelés à être proches humainement. Nous découvrons de nouveaux moyens techniques pour nous contacter. Nous sommes dans l’action de grâces et l’admiration pour nos soignants et nos gouvernants. Nous ressentons mieux la nécessité du rapport écologique à la création. Nous nous sentons plus proches de tous ceux qui souffrent dans le monde. Nous découvrons notre destin commun. Jamais plus, le monde ne sera comme avant. Il devra être plus solidaire.

Une deuxième chose que nous avons découverte, c’est notre fragilité : il suffit d’un petit virus pour que toute la société soit arrêtée et se trouve en grave crise économique et sociale. Tous sont touchés, du plus pauvre au plus puissant. Subitement, les scènes de détresse ne sont plus l’apanage des pays pauvres, mais aussi des pays riches. Cette crise nous pousse à redécouvrir nos vraies valeurs : le sens de la relation sociale, le sens de la sobriété, le sens de la spiritualité et de la foi.

Jésus face à la mort de son ami Lazare

Dans l’évangile de ce 5e dimanche de carême, 29 mars 2020, nous découvrons Jésus qui pleure près de son ami Lazare, décédé inopinément (Jn 11,1-45). Jésus encaisse la souffrance due à la mort de son ami et à la tristesse de ses sœurs. Cela nous fait penser à ceux qui sont décédés récemment, du coronavirus ou d’une autre affection. Nous les portons dans notre cœur, à commencer par l’abbé Lech Walaszczik, curé de Chênée-Angleur-Vennes, décédé d’un infarctus, qui était aimé de tous. C’est après avoir traversé cette épreuve de confrontation à la mort que Jésus rendra la vie à Lazare. La résurrection a nécessité une incubation. Ainsi la souffrance due au coronavirus est-elle pour nous un temps d’incubation spirituelle, un temps de recueillement, qui nous donnera des énergies vitales pour construire le futur. Il nous concentre sur notre propre énergie spirituelle pour que celle-ci nous permette de réagir, de survivre et de nous engager de manière renouvelée. Ainsi nous vivrons notre Pâques comme une vraie mort à nous-mêmes et à notre orgueil, pour recevoir du Christ la vie véritable, qui a une valeur éternelle.

S’engager pour les pauvres

N’oublions pas ceux qui souffrent plus que nous, en particulier ceux d’Haïti, à qui nous consacrons notre carême de partage ! Entraide et Fraternité, l’ONG de solidarité de l’Église catholique, a centré son attention sur la situation en Haïti. Cette île très pauvre, frappée par un terrible tremblement de terre il y a dix ans, n’a pas encore pu être reconstruite ; sa cathédrale à moitié détruite est devenue un symbole de pauvreté, mais aussi de foi ! Des groupements dynamiques relancent l’agriculture dans le respect de la nature et de l’écologie. Ce sont des associations porteuses d’avenir que nous voulons aider durant ce carême de partage. Pour un euro que vous donnerez, la population locale en recevra cinq via le projet qui a été reconnu par les autorités belges. Donc, ne négligez pas la collecte du carême de partage, le dimanche des Rameaux : faites un don par virement bancaire au compte BE68 0000 0000 3434 d’Entraide et Fraternité, 32 rue du Gouvernement Provisoire, 1000 Bruxelles, avec la mention « 6573 Carême de partage » ou sur le site internet http://www.entraide.be/don.

Consignes de prière

Ce vendredi 27 mars à 18 h, le pape François nous convie à une prière œcuménique en mondovision ! Associez-vous à cette prière par votre TV et vos autre médias.

Dès ce samedi 28 mars, vous trouverez sur le site du vicariat Annoncer l’évangile (https://annoncerlevangile.be), trois propositions de prière à domicile pour les jeudi saint, vendredi saint et samedi saint, dans une version avec enfants et dans une version pour adultes seuls. Diffusez-les et utilisez-les !

Pendant les jours de la Semaine Sainte, les églises demeurées ouvertes peuvent être décorées d’une façon qui évoque la liturgie du jour, avec des fleurs, des textes et des objets symboliques.

Dimanche des Rameaux et de passion, 5 avril, conformément au document de la Conférence épiscopale envoyé ce lundi 23 mars à 16.46 h. par e-mail, il faut éviter toute célébration publique. Mais les rameaux cueillis par les fidèles et apportés dans leurs maisons seront considérés comme bénis, par association spirituelle aux offices célébrés en privé et diffusés par les médias. Les rameaux bénis par les prêtres dans les célébrations privées ne pourront être disponibles qu’après le confinement.

La messe chrismale prévue pour le 8 avril est reportée à une date ultérieure.

N’oubliez pas de vous associer aux applaudissements des gens en remerciement au personnel soignant tous les soirs à 20 h. Les cloches des églises peuvent sonner à ce moment, c’est encourageant pour tous.

Les mariages reportés à date ultérieure pourront être programmés mêmes les dimanches et jours de fête, à titre exceptionnel.

Les funérailles doivent se dérouler en plein air, même dans des endroits différents des cimetières, mais avec quinze personnes maximum et en tenant les distances voulues.

Vu ces circonstances et en concertation avec les autres diocèses wallons, je vous prie de ne plus demander d’offrande de casuel à l’occasion de funérailles. Les fidèles sont évidemment libres de faire spontanément un don, qui dans ce cas reviendra à l’ASBL d’Unité Pastorale, ou, à son défaut, à la caisse d’UP, moyennant le défraiement de frais éventuels.

Concernant la transmission des comptes de Conseil de fabrique, ceux-ci peuvent être envoyés au Vicariat du temporel (Service des fabriques d’église) par la poste, soit être déposés à l’accueil du bâtiment « Espace Prémontrés »  (40, rue des Prémontrés). Si aucune de ces deux voies n’est possible, pour des raison de santé, de sécurité, ou de confinement, un fabricien peut envoyer un mail au Vicaire épiscopal (e.debeukelaer@catho.be) expliquant cela. Dans ce cas, l’étude des comptes attendra le moment propice.

La diffusion des offices liturgiques par les moyens de communications divers est valorisée et conseillée (RCF, YouTube, Facebook, KTO, etc.). RCF (sur FM 93.8) diffuse en semaine la célébration de la messe à 19 h. Celle du vendredi est une célébration œcuménique. Celle du vendredi 3 avril sera interreligieuse et sera assurée par le rabbin Joshuah Nejman, l’iman Franck Hensch et moi-même. Le samedi à 17 h. a lieu l’eucharistie dominicale.

 

Le message d’espérance

« Écoutez la voix des guetteurs : ils élèvent la voix, tous ensemble ils crient de joie car, de leurs propres yeux, ils voient le Seigneur qui revient à Sion » (Is 52,8).

Le mal n’aura pas le dernier mot, la peur ne triomphera pas, l’amour l’emportera. Comme nous le disons à chaque eucharistie :

Délivre-nous de tout mal, Seigneur,
et donne la paix à notre temps ;
par ta miséricorde, libère-nous du péché,
rassure-nous devant les épreuves
en cette vie où nous espérons
le bonheur que tu promets
et l’avènement de Jésus Christ,
notre Sauveur.

 

Bonne fin de carême à tous !

Liège, 26 mars 2020

Jean-Pierre Delville, évêque de Liège

 

 

 

Publié dans Actualité, Interviews, Réflexion spirituelle, Visite de notre évêque dans notre doyenné | Laisser un commentaire

Prions le Notre Père ce 25 mars à 12h, à l’invitation du pape François — SAINT-JEAN-BAPTISTE EN LA FENÊTRE DE THEUX

Notre cher pape François nous invite à prier avec lui et tous les chrétiens en la fête de l’Annonciation, ce 25 mars En ces jours d’épreuve, alors que l’humanité tremble devant la menace de la pandémie, je voudrais proposer à tous les chrétiens d’unir leurs voix au Ciel, a expliqué le Pape. J’invite tous les chefs […]

via Prions le Notre Père ce 25 mars à 12h, à l’invitation du pape François — SAINT-JEAN-BAPTISTE EN LA FENÊTRE DE THEUX

Citation | Publié le par | Laisser un commentaire

Renaître d’une crise, renaître à la lumière

                             Homélie du 4è dimanche de Carême, Année A   

                                      « Renaître d’une crise, renaître à la lumière »

Lectures : 1 S 16, 1-13; Ep 5, 8-14; Jn 9, 1-41        

Mes sœurs et mes frères, chargé par Dieu pour désigner le futur roi parmi les fils de Jessé à Bethléem (1ère lecture), le prophète Samuel a dû changer de regard. Chaque homme, enfermé dans sa caverne de stéréotypes, de certitudes, de prêt-à-penser, de clichés, de jugements tout faits, limite son regard aux apparences. Dieu lui, voit le cœur et pose sur l’homme un regard pur, bienveillant, positif. Ce faisant, il le fait exister. Car exister, c’est entrer dans la lumière d’un regard aimant (Christian Bobin). Alors, se convertir, ne serait-ce  pas  changer de regard sur soi-même, sur l’autre, sur le cosmos et sur Dieu?

La question des disciples de Jésus dans l’Evangile, c’est celle de tous les temps, elle peut être  la nôtre aujourd’hui : pourquoi la souffrance ? Qu’est-ce que nous avons fait au Bon Dieu pour mériter ce coronavirus ravageur ? Prisonniers du vieux dogme de la rétribution, de la religion du mérite (il y a une justice immanente, tout se paie ici-bas), les disciples et les pharisiens pensent que la cécité de l’aveugle-né  est une sanction divine due à ses péchés ou aux péchés  de ses parents – disons en passant que  c’est toute la problématique du livre de Job. Pour Jésus, rien de tel!  Il faut passer de la question « pourquoi la souffrance ? » à celle qui oriente vers l’avenir : « Vers quoi nous amène la souffrance ?« . A ses yeux, toute souffrance est pour Dieu l’occasion de manifester la toute-puissance de son Amour. En effet, c’est quand nous sommes faibles que Dieu déploie sur nous toute la mesure de sa grâce (2 Co 12, 9) qui est au demeurant gratuite. Elle est donnée, c’est tout. Voilà pourquoi Jésus guérit l’aveugle-né sans que celui-ci ne le lui ait demandé…

Vers quoi nous amène la souffrance ? De toute crise peut naître une croissance spirituelle comme en témoignent les semences d’espérance qui germent  de partout face à l’affreuse  crise sanitaire que nous vivons !   C’est comme si un nouvel « ethos« , une nouvelle hiérarchie des valeurs était en train de s’installer : on se confine sans se replier.  Un huit clos forcé qui incite les familles au dialogue.  Une créativité et des solidarités inattendues : des italiens qui sortent sur leur balcon ou postés à leur fenêtre avec un instrument de musique pour remettre de la gaité dans la ville. D’autres entonnent l’Ave Maria en hommage aux disparus… Des plateformes citoyennes d’aide et de soutien se mettent en place. Par exemple : l’initiative malmédienne et stavelotaine « Je suis ton voisin » : un autocollant posé sur la fenêtre ou sur la porte pour demander de l’aide ou bien en proposer.  Dans les immeubles, on recense les besoins et les services des personnes isolées.  Comme on le fait dans certaines communes, en guise de reconnaissance et de soutien  à celles et à ceux qui montent au front (personnel soignant et autres), à 20h pile, les cloches de la cathédrale de Malmedy retentissent…

Admiratif de cette chaîne de solidarité, j’ai envie de professer ma foi à l’instar du nouveau converti, l’aveugle de naissance guéri :  » Je crois, Seigneur ! »

Cet aveugle sur la route, c’est toute l’humanité plongée dans les ténèbres et qui redécouvre la lumière du Christ …  En  revenant à l’Evangile  de ce dimanche, ces 3 axes montrent comment, pour ce qui le concerne, il est passé des ténèbres à la lumière de la foi : avant, pendant et après sa guérison.

Piscine-de-Siloe

Avant : il est mendiant, sa dignité humaine est foulée aux pieds, bafouée. Jésus est un inconnu : il parle d’abord d’un homme Jésus (v.11), et puis d’un prophète (v.17) et enfin du Seigneur (V.38 ).

Pendant : pour Saint Augustin, l’application de la boue faite par Jésus, évoque le récit de la Création (Gn 2, 7). La piscine de Siloé renvoie aux eaux de notre baptême. Grâce au baptême, une nouvelle vie commence. Le nouveau baptisé appelé jadis « néophyte » (nouvelle plante) est impliqué dans le mystère pascal,  clivant sa vie en 2 parts, à savoir : l’autrefois et le maintenant. Hier dans les ténèbres, aujourd’hui il marche en pleine  lumière christique dans la bonté, la justice et la vérité (2ème lecture).         

                          Après : le nouveau converti n’est plus le même homme.  Par son témoignage simple et désarmant, il fait une leçon de bon sens  aux pharisiens et à son entourage. A l’instar de la Samaritaine du dimanche dernier, il devient ainsi missionnaire.                                                           

La Parole de Dieu nous interpelle

*Comme David, ton front a été frotté d’huile sainte à ton baptême. Grâce à cette onction, tu es devenu une personne sacrée dont l’Esprit Saint s’est emparé. Quelle est alors ta relation avec l’Esprit Saint qui t’habite ?

*Les parents de l’aveugle-né sont laconiques, prudents : ils évitent de se compromettre comme certains chrétiens qui ne se positionnent pas pour ne pas se mettre en désaccord avec leur entourage. Qu’en penses-tu ?

*L’aveuglement spirituel  des pharisiens : prétendre savoir alors qu’on est ignorant. Quels sont tes propres aveuglements, les savoirs, les suffisances qui te bloquent ? De Quelle(s)  cécité(s) as-tu besoin d’être guéri ?

                                                                                         Vital Nlandu, votre doyen

Publié dans Actualité, Homélies, Le mot du curé | Laisser un commentaire

Homélie du 3ème dimanche de Carême, Année A

                         Homélie du 3ème dimanche de Carême, Année A

                    Lectures : Ex 17, 3-7; Ps 94; Rom 5, 1-2.5-8; Jn 4, 5-42   

 Mes sœurs et mes frères,

En temps de désert, de quarantaine due au Coronavirus, la Parole de Dieu proclame qu’entre l’Homme et Dieu, il y a une histoire d’amour à découvrir, à vivre et à proclamer !

Dans le désert, les hébreux épuisés par la soif, réclament de l’eau (1ère lecture).

carême 3A Sykar, c’est Jésus exténué par une longue marche sous un soleil de plomb qui, le premier, demande à une étrangère, une samaritaine, de l’eau à boire. Ce qui surprend cette dernière ! Alors va s’enclencher une histoire féconde et intime entre deux êtres que tout oppose : le sexe, la culture, la  religion, le parcours …  Un dialogue intériorisé pendant lequel, en vrai pédagogue, Jésus va révéler à cette femme  la soif existentielle qui l’habite : aimer Dieu !

En effet, au-delà de nos soifs qui peuvent, certes, être légitimes, il y a celle de l’amour de Dieu, que l’Esprit Saint répand dans nos cœurs (2ème lecture). Une soif souvent  refoulée, et pourtant tenace tant elle est inhérente à tout homme. Cet amour nous éveille à  la  vie éternelle,  qui consiste justement à nous attacher à Dieu et à Celui qu’il a envoyé, Jésus le Messie (Jn 17, 3). C’est lui seul, Jésus, le don de Dieu, qui est la source et la voie de son amour. Hélas, nous courons, cherchant désespérément la source, sans jamais  la trouver !

Tout compte fait, la Samaritaine est demandeuse de l’eau de grâce capable d’étancher sa soif du vrai amour, elle y aspire voluptueusement. Son cheminement et toute sa vie sentimentale débridée et desséchée – elle a connu une demi-douzaine de maris – dénotent psychanalytiquement parlant qu’elle est en manque cruel d’amour pur, qui la valorise, la ravisse, la fasse exister. Cet amour-agapè qui aime inconditionnellement, c’est  celui de l’Epoux mystérieux Jésus, que son Epouse l’Eglise devrait adorer, aimer en esprit et en vérité…  La recherche passionnée de la Samaritaine évoque la  quête de la bien-aimée du Cantique des cantiques, qui cherche  celui qu’elle aime sans le trouver, jusqu’au jour où elle s’exclama : « Je l’ai rencontré celui que j’aime; oui, je l’ai trouvé celui que je cherchais et je l’ai saisi celui que mon cœur désirait,  jamais plus je ne le lâcherai ! (Ct 3,1-4).

Et si cette démarche de la Samaritaine était la tienne?                  

*Que le Seigneur te donne alors la grâce de le reconnaître  dans le voyageur fatigué ou simplement dans l’inconnu à qui tu peux  rendre service.

*Au bord du puits (Jn 4,7) comme sur la croix (Jn 19, 28), Jésus te demande à boire : il quémande ton amour, il a soif de ta foi. Alors, aujourd’hui, ne ferme pas ton cœur (Ps 94).

*La fontaine qui jaillit en vie éternelle, c’est l’eau de ton baptême qui t’a plongé dans l’océan de l’amour de Dieu.  Soiffard de l’amour de Dieu, prie souvent l’Esprit Saint d’en saturer ton cœur : c’est une prière de guérison, de paix intérieure …  Cette fontaine c’est aussi l’eau jaillissante de ton cœur de croyant : ton alliance avec ton Dieu  est-elle abstraite, vague ou assumée ?

La Samaritaine s’est convertie en missionnaire de la Bonne Nouvelle, en allant dire à toute la ville : « J’ai rencontré l’Amour, le don, le par-don de Dieu, celui qui m’aime de miséricorde, qui a dénoué les nœuds de mon cœur, a guéri les blessures de mon corps et de mon cœur, il donne l’amour à profusion ! » (Jn 4, 28-29). Quelle magnifique profession de foi !

                                                                                          

                                                                                           Vital Nlandu, votre curé-doyen

Publié dans Actualité, Homélies | 1 commentaire