Invitation à la bénédiction des animaux de compagnie lors de la Fête de Saint-Hubert le 7/11/26

C’est devenu une tradition! Cette année, rendez-vous le samedi 7 novembre à 15h, dans le parc de la Cathédrale, pour la bénédiction de nos animaux domestiques. En cas de mauvais temps, la cérémonie se déroulera à l’intérieur de la Cathédrale.

Cette tradition riche de sens est pratiquée dans de nombreuses cultures et religions. Dans la tradition chrétienne, elle est souvent associée à la fête de saint François d’Assise ou à celle de saint Hubert. La bénédiction des animaux exprime notre respect et notre gratitude envers le Créateur pour la beauté et la diversité du vivant. En bénissant un animal, nous reconnaissons en Dieu la source de toute vie et nous nous rappelons la responsabilité qui incombe à l’être humain de prendre soin de la Création.

Fête de la Saint-Hubert à Malmedy

C’est aussi l’occasion de souligner la place précieuse qu’occupent les animaux de compagnie dans notre société. Compagnons fidèles, ils apportent réconfort, affection et présence à de nombreuses personnes, en particulier aux aînés et aux familles. À l’issue de la célébration, un verre de vin chaud sera offert aux participants.

Au plaisir de vous voir nombreux lors de cette belle célébration,
Votre doyen, Vital Nlandu, et son équipe

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L’amour est premier!

Homélie du 30ème dimanche A
Lectures : Ex 22, 20-26; Ps 17; 1 Thés 1, 5c-10; Mt 22, 34-40

Mes sœurs et mes frères, la question que le docteur de la Loi pose à Jésus est loin d’être anodine. En effet, c’est difficile de se retrouver dans la Torah: il y a une ribambelle de préceptes qui régissent la vie religieuse et sociale d’Israël. On en dénombre 613. Quel est donc, in fine, le cœur de la religion, la loi fondamentale d’où découleraient les autres prescriptions? Jésus répond sans équivoque: «Tu aimeras!». Effectivement, l’amour est premier, car il donne sens à notre vie: n’est-on pas né pour aimer et être aimé? Au plus profond de nous-mêmes, ne portons-nous pas tous cette soif d’être reconnus, valorisés pour ce que nous sommes? La maladie psycho-spirituelle la plus atroce, n’est-ce pas la carence affective, le sentiment du vide d’amour, le sentiment de ne compter pour personne? Aussi l’amour est-il le principe fondamental de la morale chrétienne: si Dieu est Amour, comme l’affirme saint Jean, alors «aime et fais ce que tu veux» (saint Augustin). Autrement dit: le cœur habité et transformé par l’amour ne peut faire du mal à autrui sans contredire profondément ce qui l’anime. Pour Jésus, l’amour est le signe distinctif du chrétien: c’est par lui que nous sommes reconnus ses disciples (Jn 13, 35). C’est encore par lui que nous serons jugés (Mt 25, 31-41).

Voici donc le 1er commandement: «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu» – et tu te laisseras aimer par Lui. Voici la flamme que ce Père aimant te déclare: «Vois, je t’ai gravé sur les paumes de mes mains … Je t’ai aimé d’un amour éternel, aussi t’ai-je gardé ma faveur, sois sans crainte» (Is 49, 16; Jn 14, 23; Jér 31, 3).

Pourquoi Jésus place-t-il l’amour de Dieu en premier? Parce que c’est Dieu la source de l’amour véritable que l’Esprit Saint répand dans nos cœurs (Rm 5, 5). Pour mieux comprendre cette vérité, imaginons un grand cercle tracé sur le sol, avec Dieu au centre. Sur la circonférence, il y a des hommes. On ne peut que constater ceci: plus ils s’approchent de Dieu, plus ils se resserrent, plus leurs liens se consolident; mais plus ils s’éloignent de Dieu en mouvement inverse, plus ils se distancient et se dispersent. Quand tu aimes Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit, c’est-à-dire intimement, tu décuples ta capacité d’aimer.

Mais attention: ainsi que le dit saint Jean, on ne peut prétendre aimer Dieu tout en méprisant ceux qu’Il aime (1 Jn 4, 20). D’où le second commandement semblable au premier: «Tu aimeras ton prochain comme toi-même» Le message de Jésus est limpide: la prière et la fraternité, la contemplation et le service, l’adoration et la solidarité ne sont donc pas des réalités concurrentes. Elles sont intrinsèquement liées. Evidemment, je parle en croyant: aimer l’homme sans Dieu vide l’amour de toute espérance, et aimer Dieu en détestant l’homme est une spiritualité désincarnée.

Toutefois, parler de l’amour soulève beaucoup de questions:
*Puisque personne ne donne ce qu’il n’a pas, comment aimer l’autre si on ne s’aime pas déjà soi-même? Autrement dit si on ne s’accepte pas tel qu’on est, si on n’accueille pas son histoire, son âge, son corps, ses limites, ses qualités; si on n’arrête pas de se dévaloriser, si on est prisonnier d’un sentiment permanent d’infériorité … ?
*Par ailleurs, de quel amour parle-t-on? En quoi consiste pour ainsi dire la spécificité, voire la révolution de l’amour évangélique? Il est fondé sur cette parole: «Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés» (Jn 15,12). Et comment? L’adverbe « comme » est décisif.

Jésus aime sans exclure. Ne limitons donc pas notre amour à ceux qui nous plaisent, nous ressemblent, nous sont utiles ou nous ont fait du bien. L’amour accueille celui qui est rejeté, relève celui qui est tombé, pardonne à celui qui a blessé. Refuser de haïr celui qui nous blesse demande une force intérieure considérable. Si Jésus nous propose d’aimer même nos ennemis, c’est pour nous libérer de la tentation de reproduire nous-mêmes le mal que nous avons subi. L’amour évangélique, c’est comme le soleil: il ne choisit pas arbitrairement sur qui faire tomber sa lumière. Il est comme une source: il désaltère sans humilier celui qui a soif. Il n’est pas un troc affectif – je te donne pour qu’en revanche tu me donnes-, et ne transforme pas l’autre en objet de possession: aimer, c’est tenir un oiseau dans ses mains sans refermer les doigts sur lui… Ce n’est pas abolir les frontières entre deux êtres: c’est bâtir un pont sans détruire les deux rives.

Mais l’amour est fragile, surtout dans la durée. Il peut connaître lassitude, doute, fatigue. Que se passe-t-il donc lorsque la personne que nous aimons change, nous déçoit, vieillit, lorsqu’elle tombe malade ou ne répond plus à nos attentes? C’est ici que se révèle l’épaisseur d’un amour authentique. C’est un véritable chemin spirituel, une Pâque: un passage d’une émotion passagère, d’une attirance spontanée à un engagement mûri et loyal, à un attachement profond, à une recherche permanente de la beauté intérieure de l’autre; un passage de l’amour-préférence à l’amour-reconnaissance de la dignité de l’autre.

Alors, que notre amour fasse grandir ceux que nous rencontrons. Ne nous contentons pas de parler d’amour. Aimons en actes et en vérité, comme nous y exhorte saint Jean (1 Jn 3, 18).

Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Rendez à César ce qui est César, à Dieu ce qui est à Dieu!

Homélie du 29ème dimanche A
Lectures : Is 45, 1.4-6; Ps 95; 1Thes 1, 1-5b; Mt 22, 15-21

Mes frères et mes sœurs, voici la question à laquelle Jésus est sommé de répondre: « Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur? »

Derrière cette question apparemment anodine se cache un véritable piège. Les adversaires de Jésus se sont concertés pour le prendre en faute et trouver un motif d’accusation contre lui. Ils pensent l’avoir enfermé dans un dilemme sans issue: quoi qu’il réponde, il sera pris au piège. S’il répond «oui», les zélotes, farouchement opposés à l’occupation romaine, risquent de le considérer comme un collabo, un traître à son peuple. À leurs yeux, payer l’impôt, c’est contribuer à financer la domination romaine et sa machine de guerre. Mais s’il répond «non», les partisans d’Hérode, proches du pouvoir en place et favorables à l’occupation romaine, pourront le dénoncer comme un agitateur politique, qui incite le peuple à la révolte. Dans les deux cas, Jésus semble condamné. S’il dit oui, il se met à dos une partie du peuple ; s’il dit non, il s’expose à la répression du pouvoir.

Comment alors sortir d’un tel dilemme? Pour commencer, Jésus refuse d’entrer dans la logique binaire du oui ou du non, du faux ou du vrai, du pour ou du contre, du yang et du yin… Nous connaissons bien cette manière de penser. Il faut choisir son camp, prendre parti, se ranger d’un côté ou de l’autre. C’est une bipolarisation myope et figée, qui divise et conduit au blocage et à l’impasse. Elle rend notre esprit étriqué, borné et cloisonné. Elle transforme trop souvent le débat en affrontement.

Alors avec finesse et ingéniosité, il ouvre une autre perspective, la troisième voie – entre ce qui est et ce qui doit être, il choisit ce qui peut être – par cette phrase devenue une locution proverbiale: « Rendez  à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu« . C’est aussi simple que ça, il faut se garder de mêler les genres ou de faire de l’amalgame: Dieu est Dieu, l’empereur César n’est pas Dieu. Ce n’est qu’un homme, même si l’histoire nous enseigne que certains souverains, aveuglés par leur mégalomanie, ont voulu s’élever au rang de dieux et exiger de leurs sujets une soumission absolue. Yahvé le stipule lui-même dans la première lecture: «Je suis le Seigneur, il n’y en a pas d’autre : hors de moi, pas de Dieu…» La maxime de Jésus est devenue une référence dans les débats sur la séparation entre le temporel et le spirituel, le civil et le religieux, l’Etat et l’Eglise.

En effet, à César, il faut, sans autre forme de procès, rendre ce qui lui facilite sa gestion légitime de la chose publique, entre autres le respect de la loi et l’acquittement des impôts, qui lui permet par exemple l’entretien des équipements collectifs tels les hôpitaux, les routes, les services publics …

A Dieu, il faut absolument rendre ce qui lui est dévolu. Et c’est quoi? Selon le psaume 95, c’est notre gratitude pour sa Miséricorde infinie (cf. Rm 1, 21). Rendre grâce à Dieu est le cœur même de notre foi, voilà pourquoi nous célébrons l’eucharistie (du grec eucharistia = action de grâce). La messe est l’expression prégnante de notre reconnaissance pour l’amour débordant de Dieu: «Vraiment, il est juste et bon de te rendre grâce» (Préface)! Quand nous remercions Dieu, nous prenons conscience de ses innombrables bienfaits: le don de la vie, nos proches, nos amis, la beauté création… Nous le remercions par-dessus-le-marché pour Jésus-Christ, notre sauveur et notre libérateur; pour son Esprit qu’il nous donne en partage.

Humainement parlant, apprendre à cultiver la gratitude nous rend plus attentifs, plus heureux et plus capables de nous émerveiller. «Qu’as-tu donc – tes dons, tes talents, tes capacités et même les occasions qui te sont offertes – que tu n’aies reçu?» (1 Co 4, 7). Je sais qu’il y a des familles qui cultivent la vertu de la gratitude, dont les membres tiennent un carnet de gratitude: noter chaque jour au moins trois belles choses à partager avec son conjoint, ses enfants ou amis…

Sache par ailleurs que si l’argent porte l’effigie du roi, toi tu portes en toi l’image de Dieu, tu en es marqué, car Dieu t’a créé à son image et à sa ressemblance. Alors dis-moi, quelle est la place de Dieu dans ta vie? As-tu vraiment le sentiment d’appartenir au Christ? Est-il une référence dans ta vie, l’impliques-tu dans tes choix, de tes relations, tes projets? Le laisses-tu se manifester en toi par le Saint Esprit?

En ce dimanche de la Mission universelle, la meilleure manière de rendre grâce à Dieu, c’est peut-être de contribuer à la propagation de la foi, en accompagnant par exemple celles et ceux qui ont soif d’amour, de sens, de paix et d’espérance. Certains ne connaissent pas le Christ ; d’autres l’ont perdu de vue ; d’autres encore attendent simplement qu’une personne leur révèle, par sa présence et sa bienveillance, qu’ils sont aimés. Nous deviendrons alors des nourriciers de la foi des autres.

Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Nouvelle année pastorale 2026-2027: en route sur la passerelle!

Passerelle de Caster ( Bassenge-Visé) : pont suspendu de 195 m de long et 50 m de haut qui rétablit un lien historique entre Maastricht et Liège.

Une nouvelle année pastorale commence… et nous voilà invités à passer le pont! Car un pont, ça se traverse. Il nous fait quitter une rive pour rejoindre l’autre, avancer, nous ouvrir à l’aventure, oser la rencontre et la créativité.

Alors, ne restons pas sous les ponts: traversons-les ! Et gardons en tête, comme un fil rouge tout au long de cette année pastorale, cette invitation : «Stop! Après quoi, après qui… cours-tu?» Notre souhait est que nous devenions des « pontifes », des femmes et des hommes qui construisent des ponts, rapprochent les personnes et deviennent des passeurs de l’Évangile et des valeurs du Royaume. Cette fois-ci, ce sera une rentrée autour d’une table. 

C’est le dimanche 4 octobre, en la fête de saint François d’Assise, que nous célébrerons la messe communautaire de rentrée pastorale. La matinée commencera à 9 h par un déjeuner communautaire servi dans la cathédrale.

Manger ensemble autour d’une table a une portée bien plus profonde que le simple fait de se nourrir. Dans de nombreuses traditions, la table est un lieu privilégié où l’on reçoit non seulement de la nourriture mais aussi une présence, une parole, une écoute, une attention et parfois même une bénédiction. Lorsque nous mangeons seuls, nous répondons avant tout à un besoin physiologique personnel. Mais lorsque nous mangeons ensemble, le repas crée du lien : il devient un acte relationnel. Dans la tradition chrétienne, cette dimension prend une profondeur particulière. Jésus mange constamment avec les autres : avec ses disciples, bien sûr, mais aussi avec des personnes considérées comme pécheresses ou marginales. Le repas devient alors signe d’hospitalité, d’accueil et de communion. C’est d’ailleurs au cours d’un repas – celui de la dernière Cène – qu’il a institué le saint sacrement de sa présence, signe de la communion avec le Christ et entre celles et ceux qui participent au repas. La table représente la communion humaine : tous différents, mais chacun trouve sa place parmi les convives et reçoit sa nourriture à partir d’une même source. Manger ensemble est un véritable rite de la vie en société, avec ses règles et ses attentions : se laver les mains avant de manger, prier avant le repas pour certains, mettre son GSM de côté, attendre que chacun soit servi avant de commencer, éviter de parler la bouche pleine ou de faire du bruit en mangeant, débarrasser la table et aider à la vaisselle …

Derrière ces gestes parfois tout simples se cache une véritable spiritualité de la table qui touche à la gratitude, à l’hospitalité, à la communion, au don et à la joie d’être ensemble. Elle pourrait se résumer en trois mots : Je reçois. Je remercie. Je partage. Je reçois cette nourriture et, à travers elle, la vie qui m’est donnée. Je remercie celles et ceux – et tout ce qui – ont rendu ce repas possible. Je partage, je fais attention à l’autre, je l’écoute et je veille à ce qu’il ait sa part. Le pain est rompu, fractionné, partagé, pour que chacun puisse être servi…

L’accueil dans la cathédrale et ce déjeuner communautaire constitueront en quelque sorte la liturgie de l’accueil. Puis viendra la liturgie de la Parole qui sera nourrie par le récit de la vie de saint François d’Assise, notre saint patron. François nous invite à avancer sur les chemins de la fraternité universelle, de la paix et de la simplicité.

Cette rentrée pastorale sera donc bien plus qu’un simple rendez-vous de calendrier : elle sera un passage, une traversée, une invitation à rejoindre l’autre et à construire des ponts. Alors, en cette nouvelle année pastorale, osons franchir la passerelle ensemble.

Tout le monde est le bienvenu à cette célébration qui lancera officiellement notre année pastorale.

Vital Nlandu, votre curé-doyen, et l’Equipe pastorale de l’UP de Malmedy

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Le désamorçage des conflits

Homélie du 23ème dimanche Ord A
Lectures: Ez 33, 7-9; Ps 94; Rm 13, 8-10; Mt 18, 15-20

Frères et sœurs, Saint Paul nous donne aujourd’hui un fabuleux conseil: «N’ayez de dette envers personne, sinon celle de l’amour mutuel!» Autrement dit: la seule obligation qui nous engage les uns envers les autres, c’est de nous aimer. «Aime», renchérit saint Augustin, «et fais ce que tu veux», car de la racine de l’amour vrai ne peut sortir que du bon et du beau! Mais nous le savons bien: l’amour peut être égratigné par les conflits. Et pourquoi y a-t-il des conflits? Parce que nous sommes différents. Nous n’avons pas tous la même histoire, la même éducation, le même caractère, le même patrimoine génétique, les mêmes blessures, les mêmes goûts, les mêmes ambitions ou les mêmes sensibilités. Etant donné que nous n’avons pas été fabriqués dans le même moule, nous ne réagissons pas de la même manière, nous ne voyons pas toujours les choses avec les mêmes lunettes. Et puis, surtout, nous sommes libres. Alors, soyons réalistes: les malentendus, les divergences, voire les conflits, sont inévitables. Dans un couple, une famille, entre voisins, dans une équipe, une paroisse… et même dans l’Église! L’absence de conflit n’est pas nécessairement le signe de la sainteté.

Dès lors, la véritable question n’est donc pas: «Comment faire pour qu’il n’y ait jamais de conflits?», mais plutôt: «Que faisons-nous lorsque le conflit arrive?» Un conflit est comme une petite étincelle. Si on souffle dessus, elle peut devenir une flamme difficile à maîtriser. Pour empêcher que l’étincelle ne devienne incendie, Jésus nous propose dans l’Évangile un précieux outil de correction fraternelle en trois étapes:

1. «Va trouver ton frère seul à seul». Aie le courage de communiquer, de lui parler, plutôt que de fulminer, de l’accuser, de le clouer au pilori. Va lui parler en privé, fais-lui prendre conscience de son offense! Jésus ne dit pas: «Va raconter à tout le monde ce qu’il t’a fait. Publie l’information sur les réseaux sociaux, dans quelques groupes WhatsApp ou sur Facebook!» Il existe deux manières de gérer un conflit. La première consiste à demander: «Qui a raison?» Elle produit presque toujours des vainqueurs et des vaincus. On construit des murs. La seconde demande: «Comment pouvons-nous encore sauver notre relation?» Certes, je n’oublie pas ce qui s’est passé. Mais je reconnais qu’une relation vaut parfois plus que mon orgueil. Pardonner ne signifie pas déclarer que le mal n’est pas grave ; c’est refuser que le mal ait le dernier mot. Le but du dialogue – dia-logos en grec signifie deux paroles qui se rencontrent dans l’écoute et le respect – chrétien n’est pas de gagner une bataille, mais de gagner un frère. Qu’il redevienne mon frère et non mon ennemi. Voilà la différence entre une simple discussion et une véritable démarche évangélique. Avant d’être celui qui m’agace, me contrarie ou me blesse, il est d’abord mon frère.

2. «S’il ne t’écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes». Jésus n’est ni naïf ni utopiste. Il sait que le dialogue ne fonctionne pas toujours. Il y a parfois des blessures profondes, des incompréhensions anciennes ou des rapports de force. Il suggère alors la médiation d’une ou deux personnes. Pour retrouver le chemin de la paix, dépassionner une dispute, nous avons parfois besoin d’un regard extérieur, d’un tiers qui aide chacun à entendre ce qu’il n’arrive plus à entendre seul.

3. «S’il refuse encore…» Nous ne contrôlons pas le cœur de l’autre. Nous ne pouvons pas forcer quelqu’un à ouvrir sa porte intérieure. Mais faut-il pour autant couper définitivement le pont? Jésus nous convie à nous référer à la communauté. Car lorsque deux personnes se déchirent, ce n’est pas seulement leur relation qui est abîmée: le tissu même de la communauté peut en prendre un coup. Une parole blessante est comme une pierre jetée dans l’eau: elle touche une personne, puis provoque des cercles qui s’élargissent. Mais, à l’inverse, un geste de pardon peut lui aussi produire des cercles. Lorsqu’un membre d’une famille pardonne par exemple, c’est toute la famille qui respire, toute une communauté qui retrouve sa paix. La paix, tout comme la violence, est contagieuse.

Et s’il refuse d’écouter même la communauté, l’Église, prend acte de sa résistance tenace, respecte sa liberté et, en quelque sorte, hisse le drapeau blanc.

«Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux.» Et voici peut-être le sommet de l’Évangile: une communauté chrétienne n’est pas une communauté de gens qui pensent pareil, mais de personnes qui acceptent de mettre le Christ au milieu de leurs différences. Quand je mets mon ego – mon opinion, mon droit, ma sensibilité, mon orgueil – au centre, l’autre devient une menace. Mais quand c’est le Christ crucifié qui est au centre, l’autre redevient un frère. C’est peut-être cela, au fond, le secret de la paix chrétienne: ce n’est pas supprimer les différences, mais changer le centre.

Chers amis, c’est un vrai miracle quand un pardon est donné avant qu’il ne soit trop tard ; quand quelqu’un ose faire le premier pas ; quand on ne cherche plus un coupable, mais un chemin pour repartir ensemble ; quand deux frères acceptent de remettre le Christ au milieu de leur relation. Car au fond, désamorcer un conflit, ce n’est pas seulement éviter une explosion. C’est choisir l’amour plutôt que l’orgueil, la relation plutôt que la victoire, et le Christ plutôt que soi-même. Amen.

Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Renoncer à soi-même!

Homélie du 22ème dimanche ordinaire A
Lectures: Jr 20, 7-9; Ps 62; Rm 12, 1-2; Mt 16, 21-27

Mes frères, mes sœurs, la Parole de Dieu nous aide à accueillir, et même à conquérir, une vie nouvelle: penser autrement, agir autrement, aimer autrement. Bref, ne plus vivre aveuglément à la manière du monde. Saint Paul nous le dit dans la deuxième lecture: « Ne prenez pas pour modèle le monde présent». Autrement dit, ne nous laissons pas séduire, courtiser par le blingbling du monde: réussite matérielle, luxe, prestige, apparence, célébrité, statut social, pouvoir… Le monde te dit: «Fais-toi remarquer! Sois admiré! Protège ton image!» L’Évangile, lui, te dit: «Détache-toi, cherche la volonté de Dieu et tu retrouveras ta liberté intérieure!»

C’est précisément ce que Jésus demande aujourd’hui à ses disciples. Dimanche dernier, il leur posait cette question décisive: «Pour vous, qui suis-je ?» Pierre avait fait une profession de foi remarquable: «Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant!» Magnifique! Mais avait-il vraiment compris ce qu’il disait? Nous aussi, nous récitons notre Credo chaque dimanche. Mais au fond, en quel Dieu croyons-nous? Quel Christ suivons-nous? Ne sommes-nous pas parfois tentés de façonner un Dieu à l’image de nos désirs, un peu comme le «Père Noël du ciel», qui devrait réaliser nos projets et répondre à nos attentes? En tout cas, Pierre rêve d’un Messie glorieux et victorieux, qui ne commet surtout pas le scandale de porter une croix sur ses épaules. Et Jésus de le recadrer vivement: «Passe derrière moi, Satan!» Pourquoi une telle réaction? Parce que Pierre veut un Christ sans Croix. Or chercher un Christ sans Croix, c’est finalement se retrouver avec une croix sans Christ. Et alors, le mystère de la souffrance humaine devient absurde.

C’est dans ce contexte que Jésus prononce l’une des paroles les plus fortes, les plus percutantes et, même,  les plus déstabilisantes de l’Évangile: «Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive». Renoncer à soi-même: qu’est-ce que cela veut dire? Attention: cela ne signifie ni se détester, ni se dévaloriser, ni mépriser sa personnalité. Cela signifie apprendre à ne plus faire de son petit moi le centre absolu du monde. En effet, nous sommes prisonniers de notre ego lorsque nous sommes obsédés par notre image, nos titres,  notre confort, notre réputation, notre besoin d’avoir raison, d’être reconnus, admirés ou félicités. Renoncer à soi-même, c’est, en fin de compte, apprendre à se désarmer. Le patriarche Athénagoras de Constantinople en donne un témoignage poignant: «La guerre la plus dure, c’est la guerre contre soi-même. Il faut arriver à se désarmer […] Je suis désarmé de la volonté d’avoir raison, de me justifier en disqualifiant les autres». Quelle belle définition du renoncement évangélique! Se désarmer, ce n’est pas déposer sa dignité, mais déposer les armes de son ego: vouloir être le point de mire, être vu et valorisé, se croire indispensable, vouloir contrôler toute situation, toujours se justifier ou tout comprendre. À la place, nous apprenons à faire confiance, à lâcher prise, à nous abandonner à Dieu, à nous humilier, et surtout à aimer. L’amour véritable nous apprend à mourir un peu à nous-mêmes. Jean le Baptiste le dira à propos de Jésus: «Lui, il faut qu’il grandisse ; et moi, que je diminue» (Jn 3,30). Les parents et les grands-parents le savent bien: on ne peut pas aimer vraiment son enfant sans renoncer à soi-même, sans donner de son temps, de son énergie, de son confort et parfois même sans se sacrifier. L’amour véritable coûte toujours quelque chose à notre ego.

Ce renoncement n’est donc pas une théorie spirituelle. C’est très concret. Il se joue dans les mille petits choix de chaque jour. Quand quelqu’un nous critique, notre premier réflexe est souvent de nous justifier. Et si nous nous disions plutôt: «Cette critique peut être pour moi une occasion de remise en question et de conversion»? Quand, en couple ou en famille, survient un désaccord, nous nous demandons spontanément: « Qui a raison? Qui va gagner?» Et si nous posions plutôt cette question: «Que pouvons-nous construire ensemble pour retrouver la paix?» Quand nous faisons du bien et que personne ne le remarque, notre besoin de reconnaissance en prend un coup. Pourtant, Jésus nous dit: «Que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite» (Mt 6,3). Faisons discrètement le bien autour de nous, sans chercher les applaudissements. Même dans la vie d’un prêtre, cette tentation existe: je gère au mieux mon unité pastorale, je peaufine mes homélies, j’organise de belles célébrations… mais c’est parfois aussi pour être apprécié et reconnu. Oui, nous devons accomplir notre devoir avec joie et générosité, mais sans nous accrocher aux fruits de notre action, aux honneurs ou à la gloire qui pourraient en découler. C’est cela, peu à peu, renoncer à soi-même.

Mes frères, mes sœurs, la Parole de Dieu de ce dimanche nous pose une question simple, mais exigeante: quelles sont les armes de mon ego que je dois aujourd’hui déposer? Seigneur, apprends-moi à me désarmer, à perdre un peu de moi-même, à me décentrer de moi pour me centrer davantage sur les autres et sur Toi. Amen.

Vital Nlandu, votre doyen

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François, le petit saint d’Assise – au Foyer de Charité le 26 septembre 2026

La figure de François d’Assise vous parle ? Que diriez-vous d’en apprendre plus sur sa vie et sa foi ? L’occasion nous est donnée d’assister à un spectacle qui « tourne » depuis plusieurs années, notamment en France et en Alsace, où il a été créé.

Deux représentations le samedi 26 septembre 2026 à 16h et à 20h
au Foyer de Charité à Spa-Nivezé

Quelques mots sur la création du spectacle :

L’idée de ce spectacle est née lors d’un séjour à Assise en 2012.

Je me suis rendu compte à quel point ce personnage, souvent présenté comme un écologiste de la première heure, était beaucoup plus que cela.

Il a vécu tant d’épreuves, de trahisons, de doutes, de souffrances et il a toujours su avancer en pardonnant et en aimant les hommes d’un amour inconditionnel.

Il a aimé la création, il a aimé l’Église de son temps et il a aimé Dieu de toute son âme et de tout son corps.

Il a fallu attendre 10 ans pour que ce spectacle voie le jour. 16 chansons originales, une centaine de photos, une mise en scène sobre appelant à la méditation (citation des Dernières nouvelles d’Alsace en octobre 2022), une narration qui fait le lien entre les chansons et 3 chanteurs accompagnés par les notes de piano de Sylvain.

Ce spectacle se veut comme un hommage à un homme du Moyen Âge mais tellement actuel. Quel destin pour cet homme issu de la bourgeoisie d’Assise, appelé à reprendre l’échoppe de drapier de son père, Pietro Bernardone, vivant dans le luxe et l’insouciance dont la vie bascule à l’appel de la foi.

Il quittera tout, l’argent, les fêtes, sa famille, pour reconstruire l’Église comme Dieu le lui a demandé dans la petite chapelle de Saint Damian. Il vit alors de la mendicité et est très vite rejoint par des milliers de frères qui font, comme François, vœu de pauvreté.

Dans un monde marqué par la violence des conflits entre le pape et les seigneurs et rois, entre les bourgeois et la noblesse, les croisades, François consacrera sa vie à prêcher la pénitence, l’amour et la paix.

Fabrice Werner

Informations pratiques :

  • Samedi 26 septembre à 16h et à 20h
  • Participation libre et responsable
  • Enfants à partir de 10 ans
  • Au Foyer de Charité – Avenue Peltzer de Clermont 7 à 4900 Spa
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