Joyeuse et réconfortante attente

Homélie du 1er dimanche de l’Avent C

Lectures: Jr 33, 14-16; Ps 24; 1 Th 3, 12-4, 2; Lc 21, 25-28. 34-36

Chers amis, l’effervescence des fêtes de fin d’année se fait déjà sentir. Tout est en ébullition : on apprête les cadeaux, les guirlandes de lampes colorées flamboient … Etant positif, je me dis personnellement : si tout cela peut raffermir les liens entre amis et entre  familles, si tout cela permet de penser aux naufragés de la vie, je suis émerveillé… Toujours est-il que dans un fruit, il faut dépasser l’écorce et aller au cœur de ce fruit ; dépasser l’extérieur et aller au cœur de la crèche : c’est Dieu en Homme indigent et tout à fait détaché qui vient habiter parmi nous ! Ce sont des jeunes parents immigrés, pauvres, complètement fauchés même, qui accueillent leur nouveau-né. As-tu déjà vraiment médité sur le mystère de Noël avec tout le décor de dépouillement qui l’entoure ? « Noël est une saison non seulement de réjouissance » écrit  Winston Churchill, « mais aussi de réflexion« . Où en es-tu dans ta vie par rapport à la naissance de Jésus-Christ …, qui est-il pour toi ? L’aimes-tu plus que tout, plus que tes loisirs, plus que tes préoccupations, plus que ta famille, plus que ton argent ?

Et voici une exhortation de choc, qui booste en ce début de l’Avent : « Redressez-vous,c’est-à-dire ne soyez pas voûtés, pliés, le front rivé au sol;  relevez la tête, sortez-la du guidon, soyez dignes, tenez bon, prêts à relever les défis de la vie ! »

C’est un excellent conseil de confiance en soi : prendre conscience de ses capacités, de sa valeur, de l’Onction dont on est  imbibé, est un souffle qui gonfle les voiles, pousse vers le large, loin de la côte de ses doutes, de ses peurs et de ses frustrations.

« Redressez-vous et relevez la tête« , n’est-ce pas un remarquable conseil de vigilance active et d’espérance à méditer ce 1er dimanche de l’Avent ?  Si Jésus dit : « Il y aura des signes« , c’est pour que nous soyons aux aguets, à l’affût des signes avant-coureurs. Lorsqu’on voit le retour des hirondelles, on se dit que le printemps revient ! Oui, quand bien même l’inconséquence, la bêtise de l’homme viendrait à tout ébranler, la question essentielle à se poser, c’est : »Et Dieu dans tout ça ? » Eh ben, son Amour  aura le dernier mot, telle est mon espérance! Dès lors, par-delà les signes des temps, le  signe prégnant à décrypter pour le chrétien, c’est celui de la Croix glorieuse, le fabuleux mystère de la Mort-Vie. Quand je vois, palpe une Croix, je me souviens du Sang de l’Agneau de la Nouvelle Pâque et je m’exclame : « Merci Seigneur, à Toi la Victoire finale, la Délivrance totale et, par la puissance de la Résurrection de Jésus-Christ, à moi la victoire sur les forces du mal et de la mort !« 

Toutefois, je précise que l’espérance n’est pas une fuite en avant, une incantation purement platonique ou encore un opium, c’est plutôt un engagement concret à anticiper dès maintenant la réalisation du bonheur promis (1ère lecture), la venue du Royaume certes encore voilée mais déjà amorcée… Il y a par-ci,  par-là des semences d’espérance, la main de Dieu à l’œuvre dans le monde !  Pour le père Claude Geffré op, l’espérance est un anti-destin dans la mesure où, tendu vers le meilleur, vers le réellement-possible, celui qui entre en espérance refuse de s’accommoder de la réalité présente. Il anticipe le Royaume en veillant à plus d’harmonie avec lui-même, avec les autres, avec la nature et avec Dieu. Dans la 2ème lecture, Saint Paul le dit en ces termes : « Frères, que le Seigneur vous donne un amour de plus en plus intense et débordant« .  L’Eucharistie que nous célébrons, n’est-elle pas déjà, grâce au partage de la Table de la Parole et de la Table du Pain de vie, anticipation de la présence du Ressuscité ?

« Redressez-vous et relevez la tête ! « . Pour y parvenir aisément, il faut d’abord une diète spirituelle, être plus léger … « Trop de nourritures te ballonnent. Trop d’objets te possèdent. Trop de sécurités t’enchaînent » (Ch. Singer). Lorsque les plaisirs de la vie sont excessifs, ils peuvent devenir des servitudes qui alourdissent.

A toutes et à tous,  bonne route vers Noël.

                                                                                     Vital Nlandu, votre-curé doyen

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