Homélie du 20ème dimanche C : Le feu de l’Amour de Dieu : Lc 12, 49-53
Mes sœurs et mes frères, nous n’aurons jamais fini d’explorer la richesse inépuisable du mystère de Jésus et de sa mission. Je vous parlerai aujourd’hui de son baptême, mais aussi de la division et du feu qu’il a apportés sur cette terre.

« Je dois recevoir un baptême » dit-il, « et comme je suis angoissé à attendre son accomplissement !« . En effet, le baptême de Jésus n’est pas confortable, il est effrayant car c’est un plongeon dans la mort, un passage par la souffrance, la croix, le don total. Cette Parole nous enseigne deux choses : 1. L’amour véritable n’est jamais tiède : il se donne jusqu’au bout, même au prix de la vie. 2. C’est un appel à l’espérance. La passion et la mort du Christ sont une voie qui s’ouvre à la Résurrection, c’est-à-dire à la victoire de l’Amour de Dieu. Aussi sommes-nous invités à cette résilience spirituelle : rebondir après chaque épreuve, car l’Amour de Dieu a le dernier mot.
« Pensez-vous que je sois venu apporter la paix sur la terre ? Non, c’est plutôt la division« . Cette parole paradoxale peut nous choquer et même nous dérouter, elle s’oppose à son Evangile de paix. Chers amis, quand Jésus déclare ne pas être venu apporter la paix, mais la division, il n’encourage nullement les conflits ni la violence. Mais il sait que sa Parole oblige à prendre position. Il n’y a pas de neutralité possible : suivre le Christ, c’est aussi accepter d’être incompris, critiqué, voire rejeté même dans sa propre famille. Le vieillard Syméon l’avait prédit à Marie : « Ton enfant sera une cause de discorde » (Lc 2, 34). C’est une réalité que nous vivons dans notre société sécularisée et déchristianisée : notre attachement à Jésus nous oblige parfois à faire des choix qui dérangent, à naviguer à contre-courant. Cela crée des tensions autour de nous… Et voici mon conseil : lorsque nous sommes confrontés à la divergence d’opinions philosophiques et spirituelles, l’essentiel, c’est de se garder de tout prosélytisme (vouloir endoctriner, imposer ses opinions) et de sauvegarder à tout prix l’unité par la tolérance, le respect mutuel et l’humilité, l’échelle de toute élévation.
Quant au feu que Jésus a apporté sur la terre, c’est celui de l’Esprit Saint et de l’Amour brûlant de Dieu, qui transforme. Aux JMJ de l’Année Sainte 2000 à Rome, le pape Jean-Paul II, reprenant les propos de sainte Catherine de Sienne, disait aux jeunes : « Si vous êtes ce que vous êtes vraiment, vous mettrez le monde entier en feu ! » Ce feu-là est la plus puissante des énergies qui soient : elle éclaire, purifie, réchauffe, brûle l’orgueil de l’homme, ses égoïsmes, le retourne comme une crêpe, le convertit. Ce feu-là embrase le cœur, forge le métal du cœur humain… Un jeune apprenti forgeron se plaignit un jour de la chaleur de la forge. Le maître lui répondit : « Sans le feu, le fer reste froid et inutile. Avec le feu, il devient épée ou charrue« . Loin de vouloir faire de ton cœur un morceau de fer, le Christ veut le transformer en un foyer de tendresse, de bonté, de bienveillance et de paix.
Seigneur, allume en moi ce feu d’Amour qui me libère du qu’en dira-t-on, de la peur du regard des autres, de l’engourdissement spirituel et me rend témoin ardent de ta présence.
Vital Nlandu, votre curé-doyen

