Homélie du Baptême du Seigneur A 2026
Lectures Is 42, 1-4. 6-7; Ps 28; Ac 10, 34-38; Mt 3, 13-17
Mes sœurs et mes frères, l’enfant de Bethléem est vraiment Dieu! C’est Lui le Serviteur dont parle le prophète Isaïe: le Saint Esprit repose sur Lui et Il a toute la faveur de Dieu. Dans les Actes des apôtres, Saint Pierre renchérit: Dieu Lui a donné l’Onction d’Esprit Saint et de puissance.
A votre avis, pourquoi Jean le baptiste refuse-t-il de baptiser Jésus dans un premier temps? Parce que le baptême qu’il confère, c’est pour la conversion des pécheurs. Or Jésus est sans péché! Cependant, il a tenu à être baptisé pour assumer notre humanité, nous rejoindre dans nos vulnérabilités, là où nous sommes abîmés et nous « restaurer ».
Et tout ce qui s’est fait d’extraordinaire ce jour-là, Jésus l’a reçu et vécu pour nous, pour que nous comprenions davantage l’immense grâce du baptême que nous avons reçue…
Un jour en préparant des baptêmes, j’ai demandé aux parents: «Et si demain, votre enfant vous dit: papa et maman, vous avez eu du culot de choisir le baptême à ma place. Il aurait fallu me laisser grandir pour que je choisisse moi-même d’adhérer ou non à Jésus! Que lui répondrez-vous?» Silence! Et puis une jeune maman me lance: «Je lui dirai: Je t’ai fait baptiser parce que tu le méritais!». Quelle merveilleuse réponse! En effet, faire baptiser son enfant est un acte d’amour profond des parents, c’est le cadeau le plus précieux que l’on puisse lui donner …
Les amis, je vais vous révéler un des airs qui me donnent des frissons quand je le chante: «Ô Père, je suis ton enfant. J’ai mille preuves que tu m’aimes. Je veux te louer par mon chant, le chant de joie de mon baptême». Mon aventure avec Dieu, ma relation intime avec Lui a commencé ce jour-là! Cet air ravive mes sentiments d’appartenance à Jésus.
Comme écrit dans la page d’Evangile, à chaque baptême, le ciel s’ouvre, c’est-à-dire Dieu se fait accessible en scellant avec le baptisé une alliance éternelle gravée dans l’amour.
Par ton baptême, L’Esprit Saint est descendu dans le fond de ton cœur comme une colombe, le symbole de la force tranquille, de la paix intérieure. Et puis, le baptême te donne une nouvelle identité: tu deviens pour toujours enfant de Dieu, son bien-aimé, membre à part entière de son Peuple, l’Eglise. Toi donc qui portes des blessures de rejet, d’abandon, de manque d’affection ; toi qui portes une mémoire blessée, des zones d’ombre ; toi qui es bâillonné par la culpabilité, sache que tu es déjà sauvé, le sang de l’Agneau a dépollué, lavé tes souillures spirituelles. Tu es aimé de Dieu de manière inconditionnelle, gratuite et infinie.
Alors dis-moi: comment et quand renouvelles-tu la grâce de ton baptême? Sais-tu seulement que ton baptême t’a assigné une mission de bienveillance! Passe ta vie à faire le bien comme Jésus (2ème lecture), le bien-veillant, le bien-faisant, le bien-disant. Comme Lui, ne froisse pas le roseau qui faiblit ; n’éteins pas la mèche qui vacille: tu n’as pas été baptisé pour écraser, décourager, humilier les autres, mais pour les relever, les maintenir debout.
N’oublie donc pas de vibrer à la fréquence de ton baptême en te rappelant à tout jamais que Dieu t’a créé par amour et pour l’amour. Lâche prise, ouvre ton cœur à sa présence cachée en toi, cachée en tes sœurs et frères, cachée dans la nature!
Vital Nlandu, votre curé-doyen

