Homélie du 6ème dimanche ord A
Lectures : Si 15, 15-20 ; Ps 118 ; 1 Co 2, 6-10 ; Mt 5, 17-37
Mes sœurs et mes frères, la Bonne Nouvelle de ce dimanche est une perle! Le Christ nous parle de l’origine du mal: tout part du cœur, lieu de nos intentions, de nos désirs, de nos secrets, de nos combats intérieurs. Autrement dit, le péché commence bien avant l’acte. Le meurtre naît de la colère, de la haine ; l’adultère du regard, de la convoitise. Et le serment, la parole donnée est inutile lorsque son cœur n’est pas habité par la vérité. C’est dans nos cœurs que L’Esprit écrit désormais la volonté de Dieu: «Je mettrai ma loi au dedans d’eux, Je l’écrirai dans leur cœur» (Jr 31, 33).
Il n’est donc ni juste ni efficace de nous dédouaner en cherchant des boucs émissaires, en accusant la société, notre éducation, les autres, les circonstances, et même Dieu. Bien souvent, nous pensons que nos malheurs sont causés par les autres, ce qui nous pousse à nous remettre rarement en question… L’enjeu ici, c’est la conversion intérieure, la cohérence avec notre foi, la fidélité à l’alliance de notre baptême, l’unification de notre personne.
Dans la 1ère lecture, Ben Sira le sage nous livre sa réflexion sur notre liberté et notre responsabilité. Dieu a placé devant nous la vie et la mort, le bien et le mal, l’eau et le feu. Et chose étonnante: il ne décide pas à notre place. Il ne nous manipule pas. Il ne nous force pas, puisqu’il nous a créés libres. Certes, Il nous propose un chemin spirituel, mais ne nous y oblige pas. L’homme n’est donc pas une marionnette: il est pleinement responsable de ses décisions. «C’est une volonté autonome» disait Kant. Le même son de cloche retentit chez saint Paul: c’est pour que nous soyons libres que le Christ nous a sauvés (Ga 5, 1). Oui, sœurs et frères, «nous sommes condamnés à être libres» (Jean-Paul Sartre)… Et devant chacun de tes choix, Dieu te murmure: « Je te fais confiance. Choisis la vie.»
En effet, le bien est à notre portée (Dt 30, 19). Choisir la vie ne signifie pas accomplir des choses extraordinaires. Cela commence dans le concret:
- Choisir la vérité plutôt que le mensonge.
- Choisir le pardon plutôt que la rancune.
- Choisir la patience plutôt que la violence.
- Choisir l’amour plutôt que l’indifférence.
Demandons au Seigneur aujourd’hui la grâce d’une liberté éclairée, d’un cœur lucide, capable de reconnaître le bien et de le choisir, même quand il coûte. Car choisir le bien, c’est déjà entrer dans la vie que Dieu veut pour nous, une vie conduit qui conduit au bonheur. Amen.
Vital Nlandu, votre curé-doyen

