Et si la démarche de la Samaritaine était aussi la tienne?

3ème dimanche de Carême A
Lectures: Ex 17, 3-7 ; Ps 94; Rom 5, 1-2.5-8 ; Jn 4, 5-42

Mes sœurs et mes frères, en ce troisième dimanche de Carême, la Parole de Dieu nous rappelle qu’entre Dieu et l’être humain il existe une histoire de rencontre, une histoire d’amour intense à découvrir, à vivre et à annoncer. Dans le désert, les Hébreux épuisés par la soif, réclament de l’eau (1ʳᵉ lecture). Comme eux, il nous  arrive, au cœur de nos épreuves et de nos déserts, de douter et de nous demander si Dieu est vraiment avec nous. Pourtant, il est bien présent. Il se rend particulièrement proche de nous dans l’Eucharistie ; il nous rejoint lorsque la mer de notre vie est agitée (cf. Mt 14, 22-27).

À Sykar, Jésus, fatigué par une longue marche sous un soleil brûlant, demande à boire à une femme étrangère: une Samaritaine dont nous ignorons le nom. Et si cette femme, c’était toi? Tenez, elle vient puiser de l’eau à midi, à l’heure où personne ne se trouve au puits. Redoute-t-elle le regard inquisiteur des gens étant donné sa réputation peu honorable? Commence alors une épopée spirituelle entre deux personnes que tout semble opposer: le sexe, l’origine, la culture, la religion, l’histoire. Dans ce dialogue, Jésus, en véritable pédagogue, révèle à cette femme blessée par la vie deux choses essentielles. D’abord son identité à lui: il est plus qu’un simple Juif. Il est plus grand que Jacob, il est un prophète, il est le Messie. «Je le suis, moi qui te parle.» Ensuite, il révèle à cette femme, la soif profonde qui habite son cœur: la soif de Dieu.

Bien-aimés dans le Christ, n’oublions jamais ceci: au-delà de toutes nos soifs humaines, il y a notre soif existentielle de Dieu. Nous essayons parfois de l’étouffer, mais elle demeure en nous, car elle fait partie de notre nature d’êtres spirituels créés à l’image de Dieu. Le psalmiste le dit: «Comme une biche soupire après l’eau vive, mon âme a soif de toi, ô mon Dieu. J’ai soif de Dieu, du Dieu vivant.» (Ps 42, 2-3).

Souvent, nous cherchons désespérément à combler nos manques profonds – le sens de la vie, l’amour, la reconnaissance, le bonheur ou la paix – dans des sécurités illusoires: l’argent, les plaisirs, la consommation, la réussite, le pouvoir, l’orgueil… Mais Jésus, le don de Dieu par excellence, veut bien nous offrir l’eau vive qui désaltère notre âme. Cette eau invisible et spirituelle, c’est la vie divine, sa grâce, son amour que l’Esprit Saint répand gratuitement dans nos cœurs (2ᵉ lecture). Elle est déjà le gage de la vie éternelle.

Quant à la Samaritaine, elle venait puiser de l’eau au puits de Jacob, mais sa véritable soif était ailleurs. Ce qu’elle cherchait profondément, éperdument, c’était d’être aimée pour de vrai. Sa vie sentimentale compliquée, ses échecs d’amour répétés – elle a pratiqué une demi-douzaine de maris – révèlent son désir ardent d’un amour véritable qui restaure sa dignité et redonne de la valeur à sa vie. Sa quête rappelle celle de la bien-aimée du Cantique des cantiques, qui cherche celui qu’elle aime jusqu’au jour où elle s’écrie: «J’ai trouvé celui que mon cœur aime ; je l’ai saisi et je ne le lâcherai plus.» (Ct 3, 1-4).

Et si la démarche de la Samaritaine était aussi la tienne?

*Au bord du puits de Jacob comme au pied de la Croix, Jésus te dit: «J’ai soif». Il a soif de ton amour, de ta confiance. Aujourd’hui encore, s’il te plaît, n’endurcis pas ton cœur (Ps 94).
*Et puis, cette source jaillissante pour la vie éternelle, n’est-ce pas aussi l’eau de ton baptême, qui t’a plongé dans l’océan de l’amour de Dieu? Si tu as soif de cet amour, prie l’Esprit Saint d’en déverser davantage dans ton cœur.
*A la fin du récit, la Samaritaine se convertit. Elle laisse là sa cruche –  symbole de son passé malfamé – et devient  missionnaire. Elle court annoncer à toute la ville: «Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait!». Autrement dit: «J’ai rencontré l’amour de Dieu, son don et son pardon. Il a dénoué les nœuds de mon cœur et guéri mes blessures anciennes.»

Quelle magnifique profession de foi!

Vital Nlandu, votre curé-doyen

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