Le Règne de Dieu est tout proche !

               Homélie du 3ème dim ord B : Le Règne de Dieu est tout proche !

Jon 3, 1-5.10 ; Ps 24 (25) ; 1 Co 7, 29-31 ; Mc 1, 14-20

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Venez et voyez !

                        Homélie du 2ème dimanche Ord. B : Venez et voyez !

        1 S 3, 3b-10. 19 ; Ps 39 (40) ; 1 Co 6, 13c-15 a. 17-20; Jn 1, 35-42

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Quand la poudreuse nous gratifie d’autant d’admiration !

Nous avons vécu de fortes chutes de neige ces derniers jours.  Ce tapis tout de blanc paré, procure un contact apaisant avec la Terre-Mère. Comme de la mousse qui absorbe les bruits de pas, les amortit, on entendait le crissement de la poudreuse murmurer sous nos pieds… 

L’épais manteau de neige étincelante offre des paysages à couper le souffle, l’impression d’une atmosphère ouatée. Tout au loin, de fascinantes étendues solitaires, vierges, sans voix, sans odeur, sans défaut ni souillure, libèrent une vision de l’infini, l’idéal même de la pureté, de la gratuité ! La neige pacifie, enjolive, incite à la précaution.

                                                                                                              

Parc de la cathédrale de Malmedy

Elle fait redécouvrir l’amusement, la joie enfantine, naïve, l’esprit d’enfance…

Qui marche sur  la neige ne peut cacher son passage, il laisse ses traces … Alors dis-moi : ton existence, la passeras-tu incognito, diluée dans l’anonymat ?

Merci à l’hiver pour ce qu’il apporte à la nature : ses flamboiements de blanc éclatant valent leur prix. C’est une source inépuisable d’émerveillement et de réflexion…

                                                                                                        Vital Nlandu

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Homélie de la fête de l’Epiphanie du Seigneur

                           

                     Lectures : Is 60, 1-6; Ps 71; Ep 3, 2-3a. 5-6; Mt 2, 1-12

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Dieu fait appel à témoins !

Homélie du 3ème dimanche de l’Avent B :

Lectures : Is 61, 1-10 ; cantique de Marie (Lc 1) ; 1 Th 5, 16-24 ; Jn 1, 6-8. 19-28

Mes sœurs et mes frères, puis-je dire que Jean – de l’hébreu yohânân, qui signifie « le Seigneur fait grâce »- est le prophète star de l’Avent ? C’est un profil unique, il attire le regard, interpelle. Il n’est pas nécessairement conventionnel : il mène une vie sobre, habite au désert, se nourrit de sauterelles et de miel sauvage, se vêt de peaux de chameaux (Mt 3, 4).

Les autorités religieuses de son époque chargées de scruter les signes des temps quant à la venue du Messie sauveur, veulent en savoir plus sur son identité. Leurs envoyés demandent à Jean : « Qui es-tuEs-tu le messie ?… Que dis-tu de toi-même ?« . Jean-Baptiste reste à sa place :  » Neni ! Je ne suis pas le Messie, je ne suis même pas digne de défaire la courroie de sa sandale. Moi, je suis la voix qui crie dans le désert, qui demande de redresser le chemin ! » (Is 40, 3).

Et quel chemin ? C’est celui de ton désert intérieur, de ton cœur profond, de ta conscience spirituelle. Et nous le savons, il y a parfois des obstacles sur notre route (dimanche dernier, le Baptiste évoquait les sentiers tortueux de nos lâchetés et trahisons à rendre droits, les ravins de nos pauvretés spirituelles à combler, les montagnes de notre orgueil à aplatir…).

En outre, tout chemin mène quelque part. Celui de Jean-Baptiste mène à l’Enfant de Bethléem.

Chers amis, malgré la grisaille et le froid, il y a depuis quelques jours, une effervescence dans Malmedy et dans les autres villes. L’ambiance magique de Noël est déjà au rendez-vous : couleurs, guirlandes, sapins, crèches, créations artistiques autour du déco de Noël, cadeaux, commerces bien achalandés… Pour tout dire, ces préparatifs de la plus belle fête de l’année sont devenus une pratique, une valeur culturelle et commerciale adoptée par la société…

Mais nous, croyants, nous conférons « un plus » à ces préparatifs : une portée spirituelle !

D’abord parce que Noël est la fête de la famille, elle ressoude les liens de ses membres (retrouvailles, réveillons, cadeaux). Dieu étant Amour, c’est Lui qui inspire, par son Esprit, toute initiative d’unité, de paix, de justice et d’amour.                                                                                 Ensuite, les lumières de Noël renvoient à Jésus qui a déclaré : « Je suis la lumière du monde » (Jn 9, 5). Il éclaire la vie, les choix, les questions de sens, les recherches de vérité de ceux qui se réfèrent  à Lui…

Dès lors, celui qui se dit disciple, ami de Jésus est appelé, brûlé par le feu de l’Esprit et à l’instar de Jean-Baptiste, à rendre témoignage à sa lumière, à en être le reflet, bref, à être un christophore.

Le monde a besoin de témoins-christophores, qui reflètent la lumière de Dieu et lui permettent de briller. C’est ce que font les parents, les grands parents, les amis, les mentors, les  conseillers spirituels qui, autant que faire se peut, aident les gens à aller au Christ, à être justes, respectueux et dévoués pour les autres… Et Dieu merci, ces témoins-christophores, il y en a parmi nous ! Je félicite d’ailleurs les membres de nos équipes relais (qui ont écrit des cartes, ont fait des montages de Noël pour les MRS), les visiteurs de malades et de personnes seules, tous les membres généreux de notre communauté d’UP qui sont à pied d’œuvre (il y en a qui ont des cadeaux-attention aux prisonniers) et qui, aujourd’hui encore, vont participer à la collecte de « Vivre Ensemble ».

Alors, en ce temps de l’Avent, reprenons les paroles du Baptiste : « Il se tient au milieu de vous une présence, quelqu’un que vous ne connaissez pas« . Cet inconnu, il faut avoir l’œil aiguisé pour le reconnaître ! Il s’agit de Jésus-Christ, le Dieu incognito caché dans le regard effaré, hagard des cabossés, des naufragés de la vie, des marginalisés, des carencés d’amour, des immigrés, des malades … Il sollicite les femmes et les hommes de bonne volonté pour qu’ils soient des canaux de sa bénédiction, que son action libératrice passe par eux…

Oui,  il n’y a pas de grammaire de Noël sans attention aux faibles, sans sourire, sans regard bienveillant, sans action bienfaisante et sans parole biendisante !

                                                                   Votre curé-doyen, Vital Nlandu

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L’Avent, un grand chantier !

Homélie 2ème dimanche de l’Avent B :

           Lectures : Is 40,1-11; Ps 84; 2 P 3, 8-14;  Mc 1,1-8

Mes sœurs et mes frères, saint Marc l’évangéliste met en route son Evangile en ces termes : « Commencement de l’Evangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu« . Nous sommes à la 2e semaine de l’Avent, temps de grâce, occasion favorable pour (re)commencer, pour réviser sa vie. Mais peut-on seulement (re)commencer sans avoir foi, sans être habité par une espérance ? Jésus, au seuil de son œuvre de salut, a foi en l’homme et sait du reste que son Evangile sera chemin dans les impasses, braise dans les cendres, sérénité dans les vagues, lumière venue dans le monde… Comme un oiseau lavé de la marée noire est appelé à reprendre timidement son envol, la clarté de l’Evangile guérit et pousse à repartir.

C’est à ce nouveau départ que nous convie le prophète Isaïe dans la 1ère lecture : après une déportation de 50 ans du peuple hébreu en Babylonie, il annonce la libération, le retour au bercail. Voilà un profond soupir de soulagement face à un vaste horizon qui se déploie à perte de vue, à ce nouveau chemin de conversion de cœur qui s’ouvre. Il s’agit d’un grand chantier spirituel car la route empruntée par le Seigneur pour venir dans nos cœurs est bien souvent terriblement chaotique ! Il en faut de gros engins – bulldozers, niveleuses … – pour rendre droits les sentiers tortueux de nos hypocrisies et de nos égoïsmes, combler les ravins de nos pauvretés spirituelles, abaisser les collines de notre orgueil qui, une fois aplanies, nous permettront de voir les autres et de voir plus loin. C’est à ce programme de libération qu’engage le baptême de Jean-Baptiste dans l’eau, symbole de la vie et qui, dans beaucoup de cultures, sert de rite de passage, de purification pour un nouveau départ.  Le baptême de Jésus dans l’Esprit Saint qui nous donne assurance et force pour rebondir.

Chers amis, si le contraire de recommencer, c’est cesser, s’arrêter, déclarer faillite, la vie est alors un éternel recommencement, une perpétuelle reprise et rien n’est perdu tant qu’il y a possibilité de se reprendre et  de refleurir…  Il en est de la vie de la foi comme la pointe d’un crayon, il faut recommencer à la tailler sans cesse à travers la conversion de cœur pour qu’elle soit conforme à la volonté de Dieu.  La foi, ce n’est pas se rappeler qu’on a été baptisé, confirmé, marié à l’Eglise. Ce n’est pas savoir ranger dans un tiroir sa bible, ses photos solennelles, son chapelet, son crucifix ou autres statuettes. C’est plutôt un changement de regard, une manière de vivre !

Une anecdote : l’abbé Klemens-Maria Hofbauer, surnommé l’apôtre de Vienne, l’ami des pauvres. Ça ne le gêne pas d’aller dans les lieux publics récolter de l’argent pour les plus démunis. Un jour, dans un restaurant, il arrive devant un homme anticlérical, athée, qui haïssait l’Eglise et qui lui dit : « Tu oses me demander de l’argent, et il lui crache au visage ! » Et tout calmement, l’abbé prend son mouchoir, s’essuie le visage et lui dit : « Ça c’est pour moi ! Et que réserves-tu, que donnes-tu à mes pauvres ? » Et l’homme impressionné s’est mis à pleurer. Il a remis à l’abbé tout ce qu’il avait dans sa poche. La foi de l’abbé Klemens-Maria, une manière de vivre !

Pour finir, la voix qui crie au désert est celle de Jean-Baptiste qui nous convie à rejoindre ce lieu de sobriété, de solitude, habité par le silence.

Pendant l’Avent, allouons-nous de temps en temps, un intermède de désert, d’intériorité. Chacun peut ainsi aller à sa propre rencontre et, si possible, se remettre en question. Au désert, il arrive que le vent souffle en tempête et que les masques tombent. Ce vent, ne serait-ce pas l’Esprit Saint, notre conseiller intérieur, qui nous convainc et nous aide à nous convertir ?                                                                         

                                                                                   Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Je le dis à tous : veillez !

      Homélie du 1er dimanche  de l’Avent  B : « Je le dis à tous : veillez !« 

        Lectures: Is 63, 16-19; 64, 2-7; Ps 79; 1 Co 1, 3-9; Mc 13, 33-37

Mes sœurs et mes frères, à l’instar de l’apôtre Paul qui remercie Dieu pour les grâces reçues par la jeune communauté de Corinthe (2ème lecture), moi aussi je vous souhaite grâce,  paix et bonne année liturgique B ! En effet, nous commençons le cycle liturgique Bpar cette entrée en Avent, la montée vers Noël…  Je lis dans l’Evangile : « C’est comme un homme parti en voyage« .  C’est depuis 20 siècles après l’Ascension que nous sommes dans l’expectative : nous attendons le retour du Seigneur. Aussi notre prière : « Maranatha » : Seigneur, viens ! Le prophète Isaïe supplie  dans la 1ère lecture : «  Reviens…, déchire les cieux, descends. Loin de toi, nous sommes comme des feuilles desséchées. Nous sommes tous l’argile, l’ouvrage de ta main »

En effet, la venue du Seigneur s’inscrit dans le présent historique, elle est omnitemporelle : il est venu, il vient, il viendra. Pour nous chrétiens, la fête de Noël est un repère liturgique où nous découvrons  à nouveau  frais ce Dieu qui nous rejoint dans la totalité de notre être avec nos joies, nos espérances, mais aussi nos balbutiements, nos questionnements, nos révoltes – pourquoi pas ! -,  nos déserts, nos lourdeurs, nos peines jusqu’à travers la mort. Le temps de l’Avent nous prépare à prier et à fêter Noël en réactivant  de plus belle l’ardeur du désir de la rencontre. Parlant justement de cette attente, Marion Muller-Colard, la théologienne protestante, écrit : « Attendre pour mieux apprivoiser l’inattendu« , c’est-à-dire l’offre du salut, de la grâce et de la paix de Dieu pour son peuple. En même temps que nous attendons que le Seigneur se manifeste, lui aussi attend la conversion de notre cœur…  Cette irruption  de Dieu dans le monde et dans la précarité, la beauté et la profondeur de nos vies, constitue la quintessence du  mystère fondateur de notre foi, à savoir  l’incarnation.

Le Fils de Dieu est venu habiter notre terre, il s’est fait proche de l’homme en prenant chair. Devenu un être physique, psychologique et social, il a touché le lépreux, il a pleuré, il s’est occupé de gens malades et abîmés, il a lavé les pieds des disciples, il a eu faim et soif … Voilà pourquoi, sans cautionner ses turpitudes, il comprend l’homme en tout point de vue puisqu’il a vécu la condition humaine à l’exception du péché. S’il s’est mis à notre niveau, c’est pour que nous marchions dans ses pas et puissions le suivre. Pour tout dire : il  est descendu pour nous élever.

L’Avent est un vrai  kaïros, une opportunité pour un nouvel élan. C’est  un chemin de conversion fait de prières et de solidarité. Jésus en donne le mot d’ordre dès ce dimanche : « Ce que je vous dis là, je le dis à tous : veillez !« 

Que signifie « veiller » ? C’est être une sentinelle de lumière et d’espérance. C’est, comme dit Isaïe dans la 1ère lecture,  se laisser façonner, tripoter comme l’argile  dans les mains du potier. Cela signifie que pendant ce temps de l’Avent, je vais faire l’effort de lâcher  prise, de m’abandonner simplement à Dieu. N’est-ce pas cela  l’objectif majeur du festival d’adoration que nous allons vivre ce jeudi : je m’abandonne à cœur ouvert à Dieu  qui, au-delà de mes fragilités, peut faire de moi une belle œuvre, un beau vase.  Il y a des argiles rebelles qui ne sont pas malléables. Elles se laissent modeler par la mode, selon leur bon vouloir, leur orgueil, leur suffisance. Nous sommes au mois de décembre, mois de Marie,  qui a fait l’expérience de la paix et de la sérénité que procure l’abandon, la confiance totale en Dieu.  Veiller, c’est aussi veiller affectueusement, matériellement, spirituellement sur sa famille, ses amis, sur le frère. Il s’agit du sacrement du frère qui a besoin d’un coup de  téléphone, d’un coup de main,  d’une visite, d’un regard bienveillant,  d’un peu de chaleur humaine, de considération, d’écoute empathique …

A chacun et à tous, je souhaite une confiante, joyeuse et active montée vers Noël.

                                                                                             Vital Nlandu, votre curé-doyen

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