La spiritualité du détachement

     Homélie du 28ème dimanche ordinaire B : la spiritualité du détachement

               Lectures : Sg 7, 7-11 ; Ps 89 ; Hb 4, 12-13 ; Mc 10, 17-30

Mes sœurs et mes frères, l’homme dont nous parle saint Marc est en recherche. Ce qui le préoccupe, c’est d’acquérir la vie éternelle… Serait-ce aussi ta préoccupation ? En ce qui me concerne, c’est mon aspiration la plus profonde : être un jour avec Dieu ! 

Le tourment de cet homme l’a aidé à pratiquer  son catéchisme, à faire l’effort d’observer les commandements de Dieu. En cela, Jésus l’a fortement apprécié : il l’a valorisé par son regard dense et éblouissant d’amour. Oui, il y a des regards qui foudroient, transpercent les cœurs ! Il (elle) m’a regardé …et j’ai compris que j’étais aimé ! Chers amis, la qualité d’une relation dépend souvent du regard ! « Etre vivant » écrit Christian Bobin, » c’est être vu, entrer dans la lumière d’un regard aimant ». 

Mais puisque demain est un autre jour ; puisque le devenir chrétien est une perpétuelle croissance spirituelle, Jésus invite ce chercheur de sens à faire mieux. Ce qui lui manque, c’est aller, vendre et donner, c’est-à-dire se détacher, se libérer de ce qui est narcissique et égocentré sur soi, se délester de la comédie des apparences ; se désencombrer des biens matériels superflus pour se sentir enfin plus léger et se mettre en route avec Jésus. Hélas, il s’en alla tout triste. Il avait de grands biens… et il lui était difficile de s’en détacher ! 

Par ailleurs, demandons-nous pourquoi les mystiques, les grandes religions et tant de courants de pensée (comme le stoïcisme) insistent-ils sur la nécessité du détachement ? C’est parce que c’est la charpente de tout abri spirituel : il faut absolument se décentrer de soi, s’oublier, c’est-à-dire s’abandonner, vider son cœur pour que Dieu y ait accès. 

Le détachement est une manière d’être dans le monde sans être du monde. On choisit la sobriété heureuse … pour déjà éviter le gaspillage, la surconsommation. Combien d’objets qui sont in fine éphémères, ne gardons-nous pas inutilement dans nos greniers et caves ?… L’attachement aux choses de ce monde nous pousse évidemment à désirer toujours plus, à accumuler. Et c’est de là que naissent l’insatisfaction permanente, la convoitise, l’avidité démesurée… Le piège de l’attachement, c’est confondre l’accessoire et l’essentiel, faire l’amalgame entre ce qu’on est et ce qu’on a, s’identifier à ses succès, à ses avoirs (voitures, argent, maison, vêtements, statut social, etc…). 

Entre nous soit dit : ce qui fait peur dans la spiritualité de détachement, c’est son aspect austère. Il faut faire le choix prophétique de se priver et le travail de deuil qui l’accompagne;  oser la tempérance voire la frugalité. Alors que depuis le jour de notre naissance, notre vie s’est construite sur base d’attachements à nos parents, à notre environnement, à notre culture, à notre éducation, à nos biens qui sont, en fait, des repères pour nous. Ce qui justifie notre résistance au détachement, n’est-ce pas  la peur archaïque de perdre notre zone de sécurité et de confort, la peur de perdre notre assurance sur l’avenir et celui de nos proches ?

Et toi, dis-moi : quels sont tes attachements les plus impérieux ? Loin d’être moralisateur, Jésus t’offre cette précieuse pépite évangélique : « A quoi sert-il à un homme de gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ?  » (Mc 8, 36). Il faudra peut-être y penser ! 

Somme toute, le détachement alimente notre quête de sens et nous pousse à la conquête de notre liberté intérieure. Il nous ouvre davantage à Dieu. Christian Bobin l’a admirablement formulé  en ces termes : « J’ai enlevé beaucoup de choses inutiles dans ma vie et Dieu s’est rapproché pour voir ce qui se passait« .

                                                                         Vital Nlandu Balenda, votre curé-doyen

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Tolérance, accueil des différences

                26ème dimanche ord B : Tolérance, accueil des différences

            Lectures : Nb 11, 25-29 ; Ps 18 B ; Jc 5, 1-6 ; Mc 9, 38-43. 45. 47-48

Mes sœurs et mes frères, la Parole de Dieu nous instruit des valeurs du Royaume. Celle de ce dimanche épingle un fléau tout particulier qui tue notre vivre ensemble, à savoir : le sectarisme, l’esprit de chapelle. Et ce thème est bien d’actualité puisque dans deux semaines, les élections communales nous donneront l’occasion d’élire les femmes et les hommes mandatés pour assurer notre vivre ensemble. 

Dans la 1ère lecture reprise dans la liturgie des ordinations, Moïse ne sait plus porter tout seul l’énorme charge pastorale lui dévolue.  Aussi va-t-il travailler en équipe avec 70 anciens choisis. Pour ce faire, le Seigneur leur donna en partage l’Esprit qui reposait sur Moïse. Aussi, les 68 anciens présents sous la tente se mirent à prophétiser. Or, les deux autres, Eldad et Médad, pourtant absents, se mirent eux aussi, comme les autres, à prophétiser.

 Alors, Josué, fidèle serviteur de Moïse, piqua une crise de jalousie. Il n’hésita pas de manifester son mécontentement à Moïse. Ce dernier lui reprocha son intransigeance et son étroitesse d’esprit : « Ah ! Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes ! » Oui, notre Dieu est le Dieu de grands espaces, son Esprit ne s’enferme pas dans des rites ; il n’est soumis au contrôle d’aucune institution. Il souffle quand et où il veut ; personne n’en a le monopole ni n’en dispose à sa guise. 

Le même intégrisme religieux se profile dans l’Evangile. Le disciple Jean fait remarquer à Jésus qu’ils ont vu quelqu’un, qui n’est pas de leur groupe, faire des miracles en son nom.
Ils l’en ont empêché. Pour Jean, seuls les membres de leur groupe sont détenteurs de la vérité, tous ceux qui ne sont pas de leur bord doivent être muselés, rejetés…
L’esprit de sectarisme recèle un gros potentiel de dangerosité : il suscite la xénophobie, le racisme, la discrimination, le mépris des autres, mais aussi l’entre-soi et le repli dans un ghetto idéologique. Jésus qui soutient plutôt l’approche inclusive et l’ouverture d’esprit dira à ses disciples : « Ne l’en empêchez pas ! « . 

Les amis, dans une société philosophiquement, spirituellement et culturellement plurielle comme la nôtre, la tolérance, c’est-à-dire le respect de la manière de penser et d’agir différente de la sienne, est un liant social, une vertu cardinale à sauvegarder à tout prix. Elle favorise la complémentarité des libertés, la recherche du consensus et de la paix. Pour Paul Ricoeur, « La tolérance n’est pas une concession que je fais à l’autre, elle est la reconnaissance du principe qu’une partie de la vérité m’échappe« . C’est pour lutter contre le fanatisme religieux et soutenir l’accueil des différences qu’en octobre 1986, le pape Jean-Paul II a invité dans la cité de saint François à Assise, 150 responsables représentant une douzaine de religions pour que chacun prie, dans la tradition de ses croyances, pour la paix dans le monde. De même, le pape Benoît XVI a été un fervent défenseur du dialogue interreligieux. On l’a vu en Turquie entrer déchaussé dans une mosquée. Le pape François, notre hôte en Belgique ce week-end, n’est pas en reste : il arpente le monde avec la même politique de la main tendue aux autres religions et le respect de la diversité culturelle des peuples. 

Mes sœurs et mes frères, et si l’amour était le plus fort ! 

Aux yeux de Jésus, les querelles partisanes d’appartenance à telle ou à telle autre obédience spirituelle n’a aucune espèce d’importance. L’essentiel, c’est le bien à faire. On n’a pas besoin de présenter son passeport ou sa carte de baptême pour faire le bien. Ce qui doit nous unir dans nos différences, y compris dans nos divergences parfois légitimes, c’est notre engagement dans la lutte contre le mal. Et là, Jésus est radical : « Coupe ta main, ton pied, arrache ton œil si jamais ils t’entraînent au mal qui fait scandale ! « 

Il est vrai que, comme le disait Jean-Paul II, si nos cœurs se laissaient flamber par l’amour de Dieu, nous mettrions le monde entier en feu … un incendie d’amour ! 

                                                                 Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Humilité, service, esprit d’enfance

    Homélie du 25ème dimanche ord B

            Lectures : Sg 2, 12. 17-20 ; Ps 53 ; Jc 3, 16-4, 3 ; Mc 9, 30-37

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Effata, ouvre-toi

      Homélie du 23ème dimanche ord B :

Lectures : Is 35, 4-7 ; Ps 145 ; Jc 2, 1-5; Mc 7, 31-37

Mes sœurs et mes frères, la 1ère lecture de ce dimanche est un message d’espérance dans notre monde « cassé » (Albert camus) : « Dites aux gens qui s’affolent« , à ceux qui pensent que les horizons sont bouchés;  à ceux qui sont gagnés par le dégoût de vivre;  à ceux dont la santé physique et psychique se dégrade;  aux couples en naufrage, qui vivent des moments incompris et indécis;  bref, dites  aux gens qui ne savent plus repérer les étoiles dans le ciel nocturne et qui risquent de se décourager  : accrochez-vous à la vie, le plus beau reste à faire !  « Soyez forts, ne craignez pas ! Voici notre Dieu, c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu« . En effet, la vengeance de Dieu n’est rien d’autre que la venue de son Fils Jésus-Christ dans le monde.  C’est la toute- puissance, le sursaut de son Amour … Il nous sauve aujourd’hui encore. Et il y a des signes qui ne trompent pas : le boiteux qui bondit, l’aveugle qui voit, le muet qui crie, ne serait-ce pas lui, elle, toi, moi ? Oui, la vengeance de Dieu, c’est la surabondance de ses bienfaits, de ses grâces !

Dans la page d’Evangile, Jésus guérit un sourd-muet. C’est un des handicaps les plus éprouvants pour un être humain, homo loquens, un sujet appelé par nature à communiquer, à interagir avec les autres, à se faire comprendre. J’ai une sœur devenue aphone des suites d’un AVC. C’est une affreuse solitude. Et puis, il y en a parmi nous ou dans nos connaissances, des gens qui ont un souci de surdité. Ils savent combien cela peut être incommodant, dérangeant et même invalidant. 

Le sourd-muet de l’Evangile de Marc, c’est le signe de notre humanité (en)fermée, coincée, qui ne sait plus s’écouter ni écouter l’autre, la création et Dieu. Alors, par la thérapie du toucher, de la tendresse –il pose la main sur lui -, Jésus va guérir cet étranger sourd-muet pour  restaurer son humanité abîmée et le sauver ! « Le Seigneur délie les enchaînés !  » (Ps 145).

L’ayant pris en charge en cœur à cœur, Jésus soupira en disant en araméen, sa langue maternelle, « Effata« , traduitpar « Ouvre-toi ! ».

C’est un impératif laisse entendre  ces quatre ouvertures :

° Ouvre-toi à toi-même, arrête de t’autodétruire, de te dévaloriser, ton histoire est sacrée. Dieu te connaît dans les replis de ton existence et t’aime comme tu es. Tu es, à toi seul, une légende, un gisement de ressources, tu peux relever moult défis et cocher bien des cases. Aie confiance en toi.  

° Ouvre-toi aux autres : fais tomber tes vieux préjugés. Ose la rencontre et vas-y avec un regard bienveillant, respectueux de tout être humain. En chacun, il y a un bon fond, il y a plus de choses à admirer qu’à mépriser…

Dans cette page d’Evangile, Jésus est dans la région de Tyr, en territoire étranger, au Sud du Liban. A son époque, il est interdit aux juifs d’avoir des connivences avec les étrangers appelés païens et considérés comme des chiens. En guérissant un étranger et en le touchant, il brise les barrières entre les humains, nos barrières sociales, raciales, culturelles et idéologiques. Il promotionne la tolérance, le compromis et le dialogue.

° Ouvre-toi aux merveilles de la création : tout ce que Dieu a fait est admirable (cf. Gn 1,10) ! « Nous marchons sur des joyaux sans nous en rendre compteNotre devoir le plus impérieux est peut-être de ne pas lâcher le fil de la merveille  » (Christiane Singer).

La tête dans le guidon, nous passons comme si la mosaïque de la beauté de la nature n’existait pas. L’homme moderne est tellement blasé, surmené et débordé qu’il ne se laisse plus surprendre par l’inattendu ou encore par ce qui surgit sur son chemin, comme une grâce, un fabuleux don … Et puis, c’est le mois de septembre décrété par le pape François « Temps de la Création » où l’on est convié à prendre des initiatives audacieuses pour la sauvegarde de la nature, « notre maison commune ». Par-ci par-là, face à la gravité des enjeux écologiques, fleurissent des initiatives porteuses,  des pistes d’action concrètes. Chaque converti écologique peut entrer dans la danse d’espérance d’une Terre nouvelle, habitable par tous.

°Ouvre-toi enfin à Dieu : quitte ta zone de confort, lâche tes résistances (ton orgueil, tes doutes, tes peurs, le qu’en dira-t-on, ton pessimisme). Comme un enfant qui apprend à marcher ou rouler à bicyclette, un moment, il faut bien lâcher-prise en faisant confiance et en t’abandonnant à la grâce de Dieu !

Effectivement, si en plein soleil, ta maison n’est pas éclairée, ce n’est pas nécessairement la faute du soleil, c’est peut-être toi-même qui oublies d’ouvrir les volets !

Que Jésus pose tendrement sa main sur nous et nous serons guéris !

                                                                                                     Votre curé-doyen Vital 

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Deviens ce que tu es !

Homélie du 22ème dimanche B :

Lectures : Dt 4, 1-2.6-8 ; Ps 14 ; Jc 1, 17 s; Mc 7, 1-23

Mes sœurs et mes frères, la Parole de Dieu de ce dimanche concerne chacun de nous : arrête ta comédie des apparences ; arrête de te mentir à toi-même, de tricher avec Dieu, sois cohérent avec ta foi ! Deviens toi-même, sois libre, passe à travers les mailles du filet de clichés, sors de la détention de tes masques, de la prison du regard des autres (« qu’est-ce qu’on va penser de moi ?  » … comme si tu avais besoin de la validation des autres pour avoir le droit de vivre).  Choisis le chemin qui correspond à ce que tu es. Ici comme ailleurs, Jésus stigmatise notre hypocrisie.

En effet, la personne hypocrite n’est pas sincère, elle paraît ce qu’elle n’est pas ! Elle se déguise, porte des masques pour escamoter sa vraie identité. Souvenons-nous de notre réponse quand on demande comment nous allons.   « Oui, je vais bien » avec un petit sourire et, ce, même si on a des soucis de couple, de santé ou d’argent.  On ne déballe pas nécessairement ses ennuis par pudeur ou par fierté. On veut se montrer sous un jour meilleur pour ne pas alarmer l’autre. C’est indéniable, le mensonge est un stratagème que souvent nous utilisons … 

 « Malheur à vous, hypocrites ! » dira Jésus,  » Vous ressemblez à des tombeaux blanchis qui paraissent beaux à l’extérieur mais qui, à l’intérieur, sont pleins d’ossements et de toutes sortes de choses pourries » (Mt 23, 27). Il fustige ainsi la discordance entre notre cœur et nos actes. Par exemple : nous sommes à la messe dominicale et notre cerveau toujours en ébullition, voltige : nous pensons déjà au dîner, à notre programme de l’après-midi ; il y en a qui sont en train de  compter le temps que le prêtre prend pour son homélie !  La Parole d’Evangile de ce jour ne s’applique-t-elle pas à nous : « Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est ailleurs » ?

Jésus est aux prises avec les pharisiens et les scribes, spécialistes intransigeants de la religion juive, traditionnalistes hargneux qui veillent à ce que les prescriptions rituelles soient scrupuleusement respectées. Certes, c’est bon de se laver les mains avant les repas en termes de prévention sanitaire primaire. Lors de la pandémie de la covid 19, nous en avons tous saisi l’importance. Rincer les coupes, le calice après une messe est une précaution d’hygiène…  Il faut respecter la culture des autres, car même s’il doit s’ouvrir à la mer, le fleuve reste fidèle à sa source. Les juifs interdisent de manger la viande de porc, la viande non saignée (Lv17, 10); ils obligent la circoncision, exigent la loi du sabbat…Tant mieux pour eux. Cependant, la question fondamentale posée est celle-ci : à quoi sert-il de se réfugier derrière les rites ; à quoi sert ce formalisme religieux;  pourquoi comme un robot,  répéter  « mécaniquement » les mêmes gestes,  si ton cœur  dur comme pierre ne se convertit pas ? Pour Jésus, ce qui souille l’homme, ce n’est pas ce qu’il mange ou encore ce qui est extérieur, mais ce que lui dicte sa conscience. Le mal est en nous ! La valeur spirituelle de chacun dépend de son cœur, source de toute moralité. Une illustration : un marchand a des ballons de toutes couleurs qui montent vers le ciel. Un enfant africain lui demande si un ballon noir est aussi capable de s’envoler. Réponse : ce n’est pas la couleur extérieure qui le fait voler, mais ce qu’il y a dedans ! L’essentiel, ce n’est pas la pureté des mains ou des coupes, mais la pureté de cœur.  « Le règne de Dieu » dit saint Paul, « ce n’est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par l’Esprit Saint » (Rm 14, 17).

La 2ème lecture est claire à ce sujet : il ne faut pas manipuler, instrumentaliser la Parole de Dieu au profit d’un appareil religieux, la véritable manière de pratiquer la religion, c’est d’essayer de trouver l’équilibre entre la prière et la charité, entre la vie spirituelle et l’engagement social : se mettre à genou et laver les pieds des faibles, être à leur service. Dans cette optique, la parole de Yahvé dans le livre du prophète Osée est nette et précise : « C’est l’amour qui me plaît et non les sacrifices » (Os 6, 6). Jésus abonde dans le même sens dans l’épisode du Jugement dernier : c’est sur l’amour que nous serons jugés (Mt 25).

Mes sœurs et mes frères, l’Evangile de ce dimanche vient à point nommé en cette rentrée pastorale où, selon les disponibilités et la générosité de chacun, nous proposons une panoplie de services à rendre pour la gloire de Dieu et le bien des hommes : la catéchèse, le secrétariat paroissial, la visite des malades, l’attention à nos aînés, aux enfants en difficulté scolaire … A chacun d’apporter sa pierre à l’édifice de l’œuvre de Dieu chez nous.

                                                                               Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Te Deum du 21 juillet 2024 : mot du doyen

                    

La fête nationale de cette année se célèbre en un moment fabuleux, ponctué par des événements fédérateurs, qui rassemblent les humains.

Nous sortons de l’Euro et justice immanente a été rendue : c’est l’équipe la plus séduisante et  la plus efficace du tournoi, l’équipe espagnole,  qui est montée  sur le toit de l’Europe en décrochant la palme.

Il y a la 111ème édition du tour de France qui se termine aujourd’hui : comment ne pas souligner les performances d’un des sprinteurs du tour,  l’érythréen Biniam Girmay qui a fait la fierté de tout le peuple africain !

De ce 26 juillet au 11 août, auront lieu les jeux olympiques de Paris.

Notre ville soutiendra le malmédien  Ruben Querinjean, qui prendra le 5 août le départ du 3000 m steeple.

Et puis, du jeudi 26 au dimanche 29 septembre prochain, le pape François sera en Belgique, où il sera reçu comme chef d’Etat et chef de l’Eglise catholique. Le dimanche 29 septembre, à 10h, une eucharistie géante multilingue sera  célébrée au stade Roi Baudouin à Bruxelles.

Quant à la politique, nous félicitons avec un peu de chauvinisme et une grande joie les nouveaux élus de notre ville de Malmédy : Monsieur Jean-Paul Bastin,  député-bourgmestre, député à la région wallonne;  Monsieur l’échevin Ersel Kaynak, député à la fédération Wallonie-Bruxelles. Avec Monsieur André-Léon Denis, député à la province de Liège, notre petite ville  compte pour elle seule, 3 représentants qui vont parlementer,  palabrer  pour le bien de tous.

Chers amis, le jeudi 7 juillet dernier, nous avons suivi les grandes lignes de l’accord de gouvernement trouvé, tambour battant, par la coalition de 2 forces politiques plébiscitées aux dernières élections régionales. Il faut bien le reconnaître, il y a dans cette convention adaptée aux enjeux actuels, des points d’inflexion et de rupture structurelle, une ouverture des perspectives du point de vue de la mobilité, de l’emploi, de la fiscalité, de l’enseignement et de la gouvernance.

En ce qui me concerne, je suis très admiratif de ces femmes et de ces hommes taillables et corvéables à merci, qui s’impliquent à fond pour le bien-être des populations. Intentionnellement parlant, le but majeur du « Te Deum » de la fête nationale, c’est de prier pour nos dirigeants politiques. Certes, ils assument des fonctions mandataires, publiques, mais lorsqu’en plus, il y a du dévouement et de la passion pour l’humain, cela devient un sacerdoce. Tout ce que nous entreprenons n’a de sens que si c’est fait par amour et abnégation.

Alors, malgré les nombreux défis et controverses liés à la politique, apprenons à considérer et à encourager celles et ceux qui gèrent la chose publique, qui travaillent pour le bien commun. En effet, l’avenir d’une société dépend à bien des égards de la trempe et de la stature de ses leviers politiques, car les bienfaits de leurs actions sont incontestables :

– la prise de décisions importantes qui affectent la société  dans son ensemble

– la mise en place de politiques sociales, de programmes de sécurité sociale

– la prise en compte des besoins de la population

– la stimulation de l’économie

– la promotion de la paix  et de la stabilité du monde.

– la protection de l’environnement

De ce qui précède, comment ne pas valoriser les femmes et les hommes politiques qui nous permettent de croire encore à un horizon commun ; qui s’emploient à améliorer la qualité de vie de nombreuses personnes ? Tout ce qui concourt au bien-être, à la dignité et à l’humanisation de l’homme n’est pas incompatible au dessein de Dieu qui veut et espère le bonheur de tous. Ce n’est pas contraire aux valeurs du Royaume inauguré par Jésus-Christ venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance (Jn 10, 10).

                                                                                                   Vital Nlandu

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De l’hygiène de vie

Homélie du 16ème dimanche ord. B : De l’hygiène de vie

                           Lectures : Jr 23, 1-6 ; Eph 2, 13-18 ; Mc 6, 30-34

Mes sœurs et mes frères, les choix de notre style de vie influencent à coup sûr notre bien-être physique, moral et spirituel. Dimanche dernier, Jésus a envoyé ses disciples en mission avec des consignes claires et précises : ils doivent travailler en équipe. Quand les coéquipiers se soutiennent, le rendement est meilleur. Il leur faut  une diète spirituelle : le détachement, la sobriété heureuse. Qu’ils prêchent la conversion, le changement du regard sur eux-mêmes, sur les autres, sur la nature et sur Dieu. Et enfin, qu’ils guérissent, c’est-à-dire qu’ils réconfortent les gens, l’Evangile étant un antidote sûr contre le désespoir. Jésus les a d’ailleurs prévenus : certaines personnes les enverront bouler, tandis que d’autres leur feront bon accueil.

Après cette expérience de premier stage missionnaire, dans la page d’Evangile de ce dimanche, l’heure est au débriefing. En effet, le suivi de tout projet, y compris pastoral, requiert après son élaboration et sa réalisation, un temps d’évaluation, pour tirer des leçons de succès ou d’échec. Sur ce, Jésus les convie dans un endroit désert, avec comme disposition à respecter, l’hygiène de vie : se (re)poser ! Il y a un seuil de surcharge pastorale, professionnelle, de responsabilité familiale, de bénévolat ; un point critique de tension nerveuse, de stress à ne pas dépasser, sinon c’est le clash, l’exténuation, le surmenage !

Chers amis, le temps pour soi, le silence, le ressourcement, la détente sont devenus des luxes en nos jours. Nous courrons tous après le temps, tourneboulés par un tourbillon de tâches à accomplir. Et puisque tout excès nuit, que trop tendue, la corde casse, les conséquences ne se font pas attendre. On coule dans le burn-out (syndrome d’épuisement professionnel). Rompus de fatigue et tellement tiraillés de l’intérieur, on devient irascible, démarrant au quart de tour pour un rien. L’intelligence émotionnelle se volatilise, on bousille ses relations… Les couples se disloquent : plus de moments de qualité, d’écoute, de complicité, d’émerveillement. On se ferme au dialogue.  Quant à l’éducation des enfants,   on baisse les bras: on ne sait plus suivre, on se fiche de la tendresse et de la présence dont ils ont tellement besoin… La foi elle-même est mise au rancard : quand l’intimité avec Dieu dépérit, demain on dira qu’il n’existe pas !

En fait, à quoi sert-il de gagner les honneurs, les richesses du monde entier si c’est au prix de sa santé, de sa vie, de ses relations, de sa famille, de sa foi ? On devrait peut-être y penser !

En tout cas, il est urgent d’apprendre à prioriser, à distinguer l’accessoire de l’essentiel, le désir du besoin. Aussi excitant et enivrant soit-il, le désir est impermanent, le besoin demeure fondamental. Que peut-on faire sans argent, m’a-t-on demandé un jour ? Ma réponse : tout ce qui est important …, que l’on ne sait ni vendre ni acheter !

                                                                   Vital Nlandu, votre curé-doyen

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