Festival d’adoration : une symphonie de prière du samedi 7 au dimanche 8 décembre

Chers amis, nous allons revivre cette année encore notre festival d’adoration. C’est un moment intense d’action de grâce, de silence intérieur, de supplication, d’intercession dans la communion des saints et d’adoration.

En effet, la prière est un rendez-vous où le cœur de l’homme et le cœur de Dieu confluent, se rencontrent dans un dialogue d’amour incessant. En ce moment intense, Dieu déploie sa tendresse de Père et l’homme étanche sa soif existentielle et spirituelle d’aimer et d’être aimé. Cela ouvre la porte à l’espérance. Le trésor de la prière nous donne à (re)découvrir la profondeur du silence, la paix de l’abandon, la confiance en l’amour, l’intimité mystique et la joie spirituelle qu’elle charrie, la puissance de la contemplation, la louange intérieure, la gratitude, la vulnérabilité de l’homme et son besoin d’aide … 
Saint Paul écrit : « Ne vous inquiétez de rien, mais en toute circonstance, demandez à Dieu dans la prière ce dont vous avez besoin, et faites-le avec un cœur reconnaissant » (Ph 4, 6).

A l’école de la prière, on apprend à fermer les yeux, à lâcher prise, à ralentir sa respiration, à mettre ses pensées en mode off, à (res)sentir la présence de Dieu, à éprouver la paix spirituelle. Dans cet exercice, on n’a pas besoin de plaire à Dieu par de belles paroles ou de grandes œuvres.  On se présente devant lui en vrai, tel qu’on est, son enfant bien-aimé ! La prière n’est pas une prouesse ou une performance à réaliser ; elle n’est pas non plus somnambulique ou une récitation machinale des paroles sans profondeur ni connexion.
C’est une entrée en relation, un cœur tourné vers Dieu dans un élan d’abandon et de confiance. Dans cette communication de cœur, on ne met pas de masque, on parle de manière ouverte, libre, sans filtre ni peur d’être jugé. A un ami, on se livre, on dit ses confidences sans chichis. Ce qui touche le cœur de Dieu, c’est l’expression de notre pauvreté de cœur, c’est-à-dire la simplicité, la sincérité, la confiance en sa fidélité indéfectible et en sa Miséricorde, qui nous habitent lorsque nous nous tenons devant lui. Il accueille alors nos balbutiements, nos émotions et besoins, mais aussi nos espérances, nos louanges et nos sentiments de reconnaissance pour notre vie remplie de bénédictions malgré ses nombreux défis.

Je précise que prier n’est pas que présenter des requêtes et des supplications, ce n’est pas un monologue mais un dialogue, une conversation bidirectionnelle.  Il y a un temps d’écoute à respecter absolument. C’est une disposition intérieure de réceptivité du Verbe de Dieu. Dans un discernement éclairé, l’Esprit Saint nous aide à en décrypter le code : « Parle Seigneur, ton serviteur écoute » (1 Sa 3, 9 ; Jn 14, 26). Jésus le dit sans ambages : » Mes brebis écoutent ma voix » (Jn 10, 27) …

Et puis, l’oraison peut aussi n’être que silence dense, pure contemplation. Tout apaisé et détaché de tout, l’âme en flamme d’Amour, on se laisse simplement aimer par Dieu… Cette communion intime pousse à s’abandonner à sa Miséricorde et à l’adorer.       

Et puisque là où il y a prière, il y a communion, si vous voulez vivre l’expérience de la symphonie de prière de cette année avec les autres orants, participez alors à notre 5e festival d’adoration.

Les 24 h d’adoration ininterrompue commencent le samedi 7 décembre en présentiel dès la messe de 8h du matin en la cathédrale, dans la chapelle de la Miséricorde jusqu’à 21h. Ensuite en distanciel, de 21h à 8h du matin le dimanche 8 décembre. Chacun(e) fera l’adoration à son domicile, à l’endroit où il aura installé son petit coin de prière (une bougie, un Christ, une Vierge, une bible, une icône, des fleurs…). A chaque fin de son heure de permanence, il est sympathique envoyer un sms à une des personnes qui prend le relais. De cette manière, le flambeau est royalement transmis et on s’encourage en faisant corps. Notre festival d’adoration prendra fin le dimanche à 10h30 en la cathédrale, avec la messe de l’Immaculée Conception de la Vierge-Marie, la première en chemin ! Une trame d’inscription sera envoyée à celles et à ceux qui ont déjà vécu l’expérience. Si vous voulez vous joindre à nous, veuillez contacter le secrétariat ou le doyen afin de signaler votre (vos) heure(s) de permanence.

Vital Nlandu

Inscription : Secrétariat : 080/33 00 26 ou par email à secretariatmalmedy@gmail.com

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Joyeuse et réconfortante attente

Homélie du 1er dimanche de l’Avent C

Lectures: Jr 33, 14-16; Ps 24; 1 Th 3, 12-4, 2; Lc 21, 25-28. 34-36

Chers amis, l’effervescence des fêtes de fin d’année se fait déjà sentir. Tout est en ébullition : on apprête les cadeaux, les guirlandes de lampes colorées flamboient … Etant positif, je me dis personnellement : si tout cela peut raffermir les liens entre amis et entre  familles, si tout cela permet de penser aux naufragés de la vie, je suis émerveillé… Toujours est-il que dans un fruit, il faut dépasser l’écorce et aller au cœur de ce fruit ; dépasser l’extérieur et aller au cœur de la crèche : c’est Dieu en Homme indigent et tout à fait détaché qui vient habiter parmi nous ! Ce sont des jeunes parents immigrés, pauvres, complètement fauchés même, qui accueillent leur nouveau-né. As-tu déjà vraiment médité sur le mystère de Noël avec tout le décor de dépouillement qui l’entoure ? « Noël est une saison non seulement de réjouissance » écrit  Winston Churchill, « mais aussi de réflexion« . Où en es-tu dans ta vie par rapport à la naissance de Jésus-Christ …, qui est-il pour toi ? L’aimes-tu plus que tout, plus que tes loisirs, plus que tes préoccupations, plus que ta famille, plus que ton argent ?

Et voici une exhortation de choc, qui booste en ce début de l’Avent : « Redressez-vous,c’est-à-dire ne soyez pas voûtés, pliés, le front rivé au sol;  relevez la tête, sortez-la du guidon, soyez dignes, tenez bon, prêts à relever les défis de la vie ! »

C’est un excellent conseil de confiance en soi : prendre conscience de ses capacités, de sa valeur, de l’Onction dont on est  imbibé, est un souffle qui gonfle les voiles, pousse vers le large, loin de la côte de ses doutes, de ses peurs et de ses frustrations.

« Redressez-vous et relevez la tête« , n’est-ce pas un remarquable conseil de vigilance active et d’espérance à méditer ce 1er dimanche de l’Avent ?  Si Jésus dit : « Il y aura des signes« , c’est pour que nous soyons aux aguets, à l’affût des signes avant-coureurs. Lorsqu’on voit le retour des hirondelles, on se dit que le printemps revient ! Oui, quand bien même l’inconséquence, la bêtise de l’homme viendrait à tout ébranler, la question essentielle à se poser, c’est : »Et Dieu dans tout ça ? » Eh ben, son Amour  aura le dernier mot, telle est mon espérance! Dès lors, par-delà les signes des temps, le  signe prégnant à décrypter pour le chrétien, c’est celui de la Croix glorieuse, le fabuleux mystère de la Mort-Vie. Quand je vois, palpe une Croix, je me souviens du Sang de l’Agneau de la Nouvelle Pâque et je m’exclame : « Merci Seigneur, à Toi la Victoire finale, la Délivrance totale et, par la puissance de la Résurrection de Jésus-Christ, à moi la victoire sur les forces du mal et de la mort !« 

Toutefois, je précise que l’espérance n’est pas une fuite en avant, une incantation purement platonique ou encore un opium, c’est plutôt un engagement concret à anticiper dès maintenant la réalisation du bonheur promis (1ère lecture), la venue du Royaume certes encore voilée mais déjà amorcée… Il y a par-ci,  par-là des semences d’espérance, la main de Dieu à l’œuvre dans le monde !  Pour le père Claude Geffré op, l’espérance est un anti-destin dans la mesure où, tendu vers le meilleur, vers le réellement-possible, celui qui entre en espérance refuse de s’accommoder de la réalité présente. Il anticipe le Royaume en veillant à plus d’harmonie avec lui-même, avec les autres, avec la nature et avec Dieu. Dans la 2ème lecture, Saint Paul le dit en ces termes : « Frères, que le Seigneur vous donne un amour de plus en plus intense et débordant« .  L’Eucharistie que nous célébrons, n’est-elle pas déjà, grâce au partage de la Table de la Parole et de la Table du Pain de vie, anticipation de la présence du Ressuscité ?

« Redressez-vous et relevez la tête ! « . Pour y parvenir aisément, il faut d’abord une diète spirituelle, être plus léger … « Trop de nourritures te ballonnent. Trop d’objets te possèdent. Trop de sécurités t’enchaînent » (Ch. Singer). Lorsque les plaisirs de la vie sont excessifs, ils peuvent devenir des servitudes qui alourdissent.

A toutes et à tous,  bonne route vers Noël.

                                                                                     Vital Nlandu, votre-curé doyen

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la fête du Christ-Roi de l’Univers

         Homélie du 34ème dimanche ord :

Lectures : Dn 7, 13-14 ; Ps 92 ; Ap 1, 5-8 ; Jn 18, 33b-37

Chers amis, les arbres perdent leurs feuilles, les jours s’assombrissent, les gelées sont présentes ; les gants, les écharpes, les bonnets et les manteaux sont sortis des garde-robes… L’ambiance des fêtes de fin d’année se fait déjà sentir !

C’est dans ce climat que nous célébrons en ce dernier dimanche de l’année liturgique B, la solennité du Christ-Roi de l’Univers. Cette fête a été créée par le pape Pie XI en 1925, au moment où l’aiguillon des effets ravageurs de la Grande Guerre piquait encore. Evidemment, le titre « Roi de l’Univers » paraît, à bien des égards, ronflant ! Cela fait par exemple penser aux intrigues de conquête de pouvoir dans le but de parader, de s’enrichir, de snober ou encore d’écraser les autres. En fait, le pape Pie XI tenait à rappeler ceci à celles et ceux qui détiennent un mandat de gestion ou de direction à quelque niveau que ce soit : ta mission n’est pas un passe-droit entaché de tes rêves de toute-puissance, elle consiste plutôt, à l’instar du Christ-Roi, à te mettre à genoux pour laver les pieds des autres. C’est un service que tu as à remplir de manière simple, sans faste ni tralala ; un ministère que tu as à exercer pour ouvrir à chacun.e un horizon, un chemin de liberté, de bonheur et d’épanouissement.

On peut également se demander pourquoi la fête de Christ-Roi de l’Univers est célébrée à la fin de l’année liturgique ? C’est parce que par son concept même, elle fait la synthèse du mystère du salut : Jésus-Christ, l’alpha et l’oméga (2ème lecture), devient Tout en tous : il a pris place, il règne désormais dans les cœurs de celles et de ceux qui lui font confiance, accueillent son amour ! Sa royauté n’a nullement de consonance politique, il est un « Roi de cœur » qui, loin de tout apparat, de toute propagande ou de toute moralisation, se propose d’instaurer dans nos cœurs, dans nos maisons, dans nos UP, nos lieux de vie et de travail, son règne d’amour, tout entier bâti sur le témoignage de la vérité, la paix, la bienveillance, le service…

Dans l’Evangile, saint Jean décrit le simulacre de procès de Jésus devant le gouverneur Pilate. Ce dernier l’interroge sur sa véritable identité. Pour beaucoup d’auteurs, c’est par dérision qu’il demande à Jésus s’il est roi, non dans l’absolu, mais le « roi des juifs« . Là, il se moque carrément des juifs avec leur figurant, ce roi en lambeaux. Dans la foulée, il s’est certainement rendu compte de l’impertinence du chef d’accusation : comment quelqu’un sans arme, ni armée pouvait-il être un conspirateur politique ayant l’intention de déstabiliser  le pouvoir romain ? Pilate tenta alors de prononcer un non-lieu en faveur de l’accusé, mais sous pression populaire et pour sauvegarder sa carrière politique, il a décidé de contenter le peuple en leur livrant quand même Jésus. C’est devant lui que Jésus déclarera et nous l’apprenons, que  sa royauté n’est pas de ce monde. Effectivement, sa griffe royale est étrange : un roi né dans une étable, apprenti menuisier, qui n’a pas un coussin où reposer sa tête ! Un roi bafoué, giflé, couronné d’épines, dénudé, crucifié sans une garde pour le défendre ! Un roi dont la seule loi est la Miséricorde :  » Là où les hommes voient naturellement une faute à condamner et à punir, Lui voit tout d’abord une détresse à secourir » (Eloi Leclerc).

Je précise que si « le Roi de l’Univers » accepte cette humiliation dans la dignité, c’est pour rester cohérent avec lui-même et sa Bonne Nouvelle : on ne sait pas aimer en vérité sans « kénose« , sans dépouillement, sans sacrifice, autrement dit sans mourir à soi-même.

Cher ami, chère amie,  quel est le clin d’œil que Dieu te fait à l’aube de l’Avent ? Il te demande de faire la vérité, de rendre compte de ton engagement de foi : le Christ règne-t-il vraiment, prime-t-il  dans ton cœur? Es-tu encore capable  de te faire serviteur pour régner avec lui ?  Il est l’Agneau, le Pasteur; il est le Roi, le Serviteur !

                                                                           Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Tu aimeras

Homélie du 31ème dimanche B :

Lectures: Dt 6, 2-6; Ps 17; He 7, 23-28; Mc 12, 28b-34

Chers amis, la vie est un voyage où risquer, c’est aimer !  Dans la page d’Evangile, un scribe en recherche demande à Jésus quel est le premier de tous les commandements.

Cela peut étonner d’un homme qui connaît parfaitement les Ecritures : il est spécialiste de la bible. Et pourtant sa question est pertinente. La loi juive renferme une flopée de préceptes : il y en en tout 613. C’est ce qui, in fine, peut être barbant et fastidieux.
D’où sa question : quel est le condensé de tout cela, la loi matricielle, fondatrice et fondamentale ?

Jésus le renvoie alors au « shema » du judaïsme. C’est la prière liturgique juive que le croyant, en l’occurrence le scribe lui-même, récite matin et soir : « Ecoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique. Tu aimeras … » Ce qui fait l’unicité de Dieu, c’est sa Miséricorde. La Miséricorde n’est pas une mièverie affective, c’est un cœur bouleversé de l’intérieur, saisi aux tripes, touché par la misère de l’autre, fût-elle morale, psychologique, spirituelle, sociale, matérielle.

Les amis, nous sommes ici au cœur du message évangélique :  Dieu est amour. La Miséricorde est l’autre nom de Dieu. Pour Thomas D’Aquin, la toute-puissance de Dieu consiste en sa Miséricorde. Quand dans le symbole des apôtres, professant la foi de notre baptême, nous disons : « Je crois en Dieu, le Père tout-puissant« , il ne s’agit pas d’une puissance de domination qui écrase l’homme ou viole sa liberté, mais la  puissance de son Amour. En effet, l’Amour de Dieu est plus fort que nos égarements, nos trahisons, nos péchés, voire notre mort.

Aussi mon Evangile ce matin, est de te dire : « Tu es aimé  plus loin et plus fort que tu n’oses l’imaginer…,  tu es aimé puissamment,  infiniment,  gratuitement et  sans condition« .

Pour saint Basile de Césarée, le reflet de Dieu dans une vie humaine, c’est la Miséricorde. L’homme ressemble à Dieu par la pratique de la Miséricorde. D’où l’exhortation de Jésus : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » (Lc 6,36). Chrétien, que dis-tu de toi-même, quelle est ta vocation originelle ? N’est-ce pas refléter la bonté de Dieu, te configurer au Christ, devenir « Christophore« , porteur de Jésus-Christ qui, dans la communion de l’Esprit Saint,  fait Un avec le Père et qui donne sa vie sur la croix pour ton salut ?

Mes sœurs et mes frères, on parle de l’amour depuis la nuit des temps, mais ce qui caractérise, qualifie  l’amour chrétien, c’est le don : j’ai donné, je me suis donné, j’ai par-donné. Dans ce sens, Pierre Reverdy écrit : « Il n’y a pas d’amour, il y a seulement des preuves d’amour« . En effet, l’amour se prouve par le dévouement, la gratuité, la serviabilité, la bienveillance, le respect ; il ne cherche aucun autre intérêt que de voir l’autre s’épanouir, être libre et heureux.  Comme l’écrit Antoine de Saint-Exupéry : « On est responsable de la rose qu’on a apprivoisée « .

Tout naturellement, étant donné que comme une orange, nos cœurs regorgent du jus d’amour de Dieu, tous nous essayons d’aimer. Mais la question réside dans la manière d’aimer ! Savez-vous qu’il y a des pièges d’amour ou encore des amours de piteuse facture :

l’investissement narcissique : quand je dis que j’aime le chocolat noir, ce n’est pas le chocolat que j’aime. Je m’aime moi-même, le chocolat n’est que l’objet de mon plaisir ! Parfois, il va ainsi de nos « je t’aime ». Nous les aimons pour nous,  et pas nécessairement pour elles, pour eux ! ;

-le troc relationnel : je te donne pour que tu me rendes en revanche ou encore pour que je t’enchaîne, que tu t’aplatisses comme une carpette, que tu rampes devant moi : parfois on entend dire : « Malgré ce que j’ai fait pour lui, voilà ce que j’en reçois !« ;

-l’amour possessif  : il est liberticide tant qu’il consiste à prendre son partenaire en otage, on possède l’autre comme son bien propre, un objet dont on dispose comme on veut. Et dans l’amour possessif, il y a l’amour captatif (absorber l’autre comme un buvard, le vampiriser) ;

donner de son superflu  : « Je me méfie des dons qui ne coûtent rien au donateur » (pape François). 

Pour finir, Jésus dira au scribe : « Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu« . 

Pourquoi ? Parce que ce scribe a compris que l’amour vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices. Que l’Esprit Saint qui répand l’Amour de Dieu dans nos cœurs, nous  fasse déguster tout le bonheur d’aimer en vérité. Le Royaume de Dieu sera à nous dès maintenant !

                                                                                                      Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Homélie du 30ème dimanche  ord B : La guérison de l’aveugle Bartimée       

 

               Lectures : Jr 31, 7-9; Ps 125; Hb 5, 1-6; Mc 10, 46b-52

Mes frères et mes sœurs, l’Evangile proclamé aujourd’hui est une de plus belles pages de saint Marc, dernier miracle de Jésus avant sa passion. C’est toute une catéchèse articulée en 3 temps, à savoir : avant, pendant et après la rencontre avec Jésus.

Avant la rencontre : Bartimée est aveugle, assis au bord du chemin, aux périphéries de la ville, à l’écart de la foule. Exilé dans les ténèbres, il est réduit à mendier. Dans nos villes, nos centres commerciaux, devant nos églises, nous passons parfois à côté de mendiants : même si de temps en temps nous mettons une pièce de monnaie dans leur corbeille, est-ce que nous les regardons seulement ?

*Aveugle : imaginez un seul instant la terrible détresse de Bartimée : être figé dans les ténèbres, passer sa vie dans la nuit. N’est-ce pas affreux, frustrant de ne jamais voir les étoiles du ciel, les couleurs ; de ne jamais voir les gens qu’on aime et qui vous aiment ?                

*Au bord du chemin : Bartimée représente les laissés pour compte, les marginalisés, les rejetés de la société.                                                                            

 *Il mendie : rien n’est plus dégradant, plus humiliant pour un homme que de ne pas pouvoir  prendre son destin en main, de vivre en faisant la manche.

Pendant la rencontre : apprenant la présence de Jésus, Bartimée s’est dit : c’est aujourd’hui ou jamais ! Il s’est mis à crier : « Kyrie eleison, Jésus, fils de David, prends pitié, je n’en peux plus, je suis à bout ! » En Orient, cette prière est appelée prière du cœur !

Quand il dit « fils de David« , il reconnaît en Jésus le Messie ! Protocole obligeant, les gens le rabrouent. Bartimée gène, il dérange ! Mais lui s’entête, il se moque des règles de bienséance, il n’a d’ailleurs rien à perdre. En effet, lui seul vit et connaît sa profonde souffrance. Son cri est comme celui d’un bébé à l’accouchement, qui hurle, s’époumone pour s’emparer du souffle de vie. Cet appel à l’aide tenace percutera le cœur de Jésus qui, plein d’empathie, comprend le besoin existentiel de cet homme : voir ! Il s’arrête et le fait appeler…

On peut  se demander pourquoi il ne l’appelle pas lui-même ! C’est peut-être parce qu’il veut faire de ses disciples des auxiliaires de la guérison qui va se produire. Partant, il utilise chacun de nous pour faire ses commissions : sache que tu  es  un instrument du salut des autres. Sans ta participation, le projet de Dieu ne pourrait pas se réaliser!…  Ayant entendu l’invitation, l’aveugle se précipite vers Jésus d’un bond d’espérance et de résilience. Son tout 1er geste, c’est jeter son manteau, cette vieille redingote puante et infecte, évocatrice de souvenirs douloureux et amers de son minable passé. Dorénavant, ce passé est dépassé, déclaré caduc !… 

Et toi, quel manteau t’alourdit, quel poids te retient ? Quelles résistances intérieures et extérieures t’immobilisent, te ralentissent. Quelle est cette pierre que tu ne parviens pas à rouler pour sortir délié de ton tombeau et revenir à la vie ?

« Que veux-tu que je fasse pour toi ? » lui demande Jésus. Pensez-vous que Jésus ignore l’intention, l’aspiration intime de cet homme ? Non, c’est par délicatesse et respect de sa liberté qu’il n’impose rien. Réponse : « Rabbouni, que je voie !« 

Chers amis, qui de nous peut prétendre avoir déjà tout vu, avoir déjà fait le tour, avoir déjà tout compris, tout saisi du mystère de l’amour de Dieu pour lui, pour l’humanité ? En tout cas, moi je vous avoue que je balbutie encore, je me dépatouille, je suis en recherche. Je n’ai pas encore tout vu, tout compris ! C’est pourquoi je fais mienne la prière de Bartimée : « Seigneur, que je voie ! » Que je voie les merveilles de ton amour en moi et autour de moi : »Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous…, pour eux ! » (Ps 125).  

Somme toute, les véritables aveugles ne sont-ils pas plutôt les victimes de l’aveuglement de l’orgueil, du narcissisme, de l’égoïsme, de la dureté de cœur ? Les véritables aveugles ne sont-ils pas ceux qui ont des yeux du cœur fermés face à la beauté de la Création, aux semences d’espérance, à la misère des autres ? Ceux qui ne savent plus où mettre les pieds, qui évoluent à l’aveuglette, sans vision ? Agités comme des dingues dans le tourbillon de la surcharge de travail, ils courent après le vent, ne sachant plus distinguer l’essentiel de l’accessoire, discerner où est le vrai chemin…  

Oui,  que faisons-nous encore là ce dimanche ? Sinon venir  à la Fontaine d’où jaillit la vie divine, y laver nos yeux pour les débarrasser de la boue qui les aveugle spirituellement ! 

Alors Jésus dira à Bartimée : « Va, réintègre la société, ta foi t’a sauvé !« . Dites-moi : quelle est cette foi efficace, opérante, qui sauve ? C’est celle qui, dans la confiance, fonce, s’obstine malgré les obstacles ! Aussi, lorsque les écailles qui obstruaient sa vue sont tombées de ses yeux, la 1ère personne que Bartimée a pu voir, c’est Jésus lui-même, qui nous ouvre une nouvelle page de vie à remplir !…

Après la rencontre : Bartimée s’est engagé à suivre Jésus, sa vie s’est métamorphosée. Suivre Jésus non plus en s’accroupissant au bord du chemin, mais comme le souligne Saint Marc, debout sur le chemin, qui mène absolument à la passion, à la croix et à la résurrection !

                                                                                Vital Nlandu, votre curé-doyen

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La grandeur du service

              Homélie du 29ème dimanche ord B : la grandeur du  service

                        Is 53, 10-11;Ps 32;  Hb 4, 14-16; Mc 10, 35-45

Mes soeurs et mes frères, les disciples de Jésus nous étonnent toujours ! Une fois de plus, leur Maître leur annonce qu’il va mourir… Pensez-vous qu’ils s’en soucient seulement ? La notion du Messie souffrant pendu sur le bois de la Croix ne passe pas ;  ce n’est pas inscrit dans leur  schéma mental. En effet, en Mc 9, 34, alors que Jésus aborde le même thème,  ses disciples se disputent pour savoir qui est le plus grand. Aujourd’hui, c’est Jacques et Jean,   fils de Zébédée qui,  à leur tour,  adressent à Jésus une requête pour avoir obtenir des places privilégiées dans sa Gloire. Cela scandalise les autres apôtres… 

Mais ces hommes ne nous ressemblent-ils pas ? Souvenons-nous de notre obsession à soigner notre amour-propre, ce sentiment intime que nous avons de notre propre valeur. Souvenons-nous de notre manie d’impressionner parfois pour être vus, entendus, admirés, félicités. Somme toute, qui souhaiterait passer sa vie dilué dans l’anonymat; qui n’aime pas être reconnu et valorisé ? Certains compliments, faveurs et considérations ne dérangent pas nécessairement. 

En outre, comme l’a souligné la dernière enquête diocésaine sur la synodalité, une des faiblesses cléricales est  le goût du pouvoir, avoir de l’ascendant,  surtout quand on parle, ou on croit parler,  au nom de Dieu. Et pourtant, pour  Jésus, « il ne doit pas en être ainsi« . L’autorité en générale, celle des curés, des parents, des enseignants …  n’est pas un prestige, c’est plutôt un service. Et il y a un prix à payer : donner sa vie, se sacrifier pour le bonheur des autres. Le serviteur  authentique et libérateur s’use à nettoyer le Monde comme le savon; il s’épuise à les  éclairer comme la bougie. 

Dans l’intelligence de la page d’Evangile de ce dimanche, il ne s’agit pas de se déprécier,  de s’éteindre, de se dissiper ou encore de ne pas nourrir des ambitions tout à fait légitimes dans sa vie, mais de s’effacer,  d’éviter de se mettre immodérément en avant, autrement dit d’être humble. Pour André Comte-Sponville, la personne humble a « le sentiment de son insuffisance« . Aussi, loin de se  targuer de ses talents qui, du reste, ne sont que des instruments au service des autres et du Règne de Dieu, elle aime apprendre des autres en s’émerveillant de leurs différences…

Comment peut-on prétendre être disciple d’un Crucifié et vouloir en même temps snober et dominer les autres ? Notre vraie valeur, c’est de ressembler à Jésus doux et humble de cœur, qui offre sa vie  pour la libération et le salut des hommes. 

Parlant des rapports interpersonnels,  saint Paul exhorte de rechercher la concorde par la reconnaissance de la valeur de l’autre. Il écrit : « Ne faites rien par esprit de parti, par vaine gloire ou désir inutile de briller, mais avec humilité, que chacun estime les autres supérieurs à soi. Ne recherchez pas vos propres intérêts, mais que chacun de vous pense à l’intérêt des autres » (Phil 2, 3-4). 

Et comme le dit le pasteur Martin Luther King, « tout le monde peut servir, on n’a pas besoin d’un diplôme universitaire pour le faire« . Ce qu’il faut sans doute,  c’est la passion, le dévouement, le respect pour l’humain; la solidarité avec ses sœurs et frères en humanité; bref avoir l’âme d’un bienfaiteur qui ne se prévaut guère. 

                                                                     Vital Nlandu, votre curé-doyen

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La spiritualité du détachement

     Homélie du 28ème dimanche ordinaire B : la spiritualité du détachement

               Lectures : Sg 7, 7-11 ; Ps 89 ; Hb 4, 12-13 ; Mc 10, 17-30

Mes sœurs et mes frères, l’homme dont nous parle saint Marc est en recherche. Ce qui le préoccupe, c’est d’acquérir la vie éternelle… Serait-ce aussi ta préoccupation ? En ce qui me concerne, c’est mon aspiration la plus profonde : être un jour avec Dieu ! 

Le tourment de cet homme l’a aidé à pratiquer  son catéchisme, à faire l’effort d’observer les commandements de Dieu. En cela, Jésus l’a fortement apprécié : il l’a valorisé par son regard dense et éblouissant d’amour. Oui, il y a des regards qui foudroient, transpercent les cœurs ! Il (elle) m’a regardé …et j’ai compris que j’étais aimé ! Chers amis, la qualité d’une relation dépend souvent du regard ! « Etre vivant » écrit Christian Bobin, » c’est être vu, entrer dans la lumière d’un regard aimant ». 

Mais puisque demain est un autre jour ; puisque le devenir chrétien est une perpétuelle croissance spirituelle, Jésus invite ce chercheur de sens à faire mieux. Ce qui lui manque, c’est aller, vendre et donner, c’est-à-dire se détacher, se libérer de ce qui est narcissique et égocentré sur soi, se délester de la comédie des apparences ; se désencombrer des biens matériels superflus pour se sentir enfin plus léger et se mettre en route avec Jésus. Hélas, il s’en alla tout triste. Il avait de grands biens… et il lui était difficile de s’en détacher ! 

Par ailleurs, demandons-nous pourquoi les mystiques, les grandes religions et tant de courants de pensée (comme le stoïcisme) insistent-ils sur la nécessité du détachement ? C’est parce que c’est la charpente de tout abri spirituel : il faut absolument se décentrer de soi, s’oublier, c’est-à-dire s’abandonner, vider son cœur pour que Dieu y ait accès. 

Le détachement est une manière d’être dans le monde sans être du monde. On choisit la sobriété heureuse … pour déjà éviter le gaspillage, la surconsommation. Combien d’objets qui sont in fine éphémères, ne gardons-nous pas inutilement dans nos greniers et caves ?… L’attachement aux choses de ce monde nous pousse évidemment à désirer toujours plus, à accumuler. Et c’est de là que naissent l’insatisfaction permanente, la convoitise, l’avidité démesurée… Le piège de l’attachement, c’est confondre l’accessoire et l’essentiel, faire l’amalgame entre ce qu’on est et ce qu’on a, s’identifier à ses succès, à ses avoirs (voitures, argent, maison, vêtements, statut social, etc…). 

Entre nous soit dit : ce qui fait peur dans la spiritualité de détachement, c’est son aspect austère. Il faut faire le choix prophétique de se priver et le travail de deuil qui l’accompagne;  oser la tempérance voire la frugalité. Alors que depuis le jour de notre naissance, notre vie s’est construite sur base d’attachements à nos parents, à notre environnement, à notre culture, à notre éducation, à nos biens qui sont, en fait, des repères pour nous. Ce qui justifie notre résistance au détachement, n’est-ce pas  la peur archaïque de perdre notre zone de sécurité et de confort, la peur de perdre notre assurance sur l’avenir et celui de nos proches ?

Et toi, dis-moi : quels sont tes attachements les plus impérieux ? Loin d’être moralisateur, Jésus t’offre cette précieuse pépite évangélique : « A quoi sert-il à un homme de gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ?  » (Mc 8, 36). Il faudra peut-être y penser ! 

Somme toute, le détachement alimente notre quête de sens et nous pousse à la conquête de notre liberté intérieure. Il nous ouvre davantage à Dieu. Christian Bobin l’a admirablement formulé  en ces termes : « J’ai enlevé beaucoup de choses inutiles dans ma vie et Dieu s’est rapproché pour voir ce qui se passait« .

                                                                         Vital Nlandu Balenda, votre curé-doyen

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