Ce Noël en plein confinement vaut son pesant d’or !


Qu’est-ce que le confinement peut être déprimant !

Chers amis, relecture de l’année 2020 faite, il convient d’admettre que les deux vagues de coronavirus que nous avons vécues ont été ravageuses en perte de vies humaines, en privation de contacts sociaux, en déchéance économique et même en déperdition de sens et d’horizon.

Après une fête de Pâques assez spéciale, nous voilà à vivre un Noël tout autant particulier. Certains parmi nous seront sans doute dans la désolation du fait d’être privés de messe à Noël, étant donné le nombre maximum de participants réduit à 15. C’est d’autant plus frustrant quand on croit que par l’eucharistie, Jésus déverse la vie divine sur les membres de son Corps, l’Eglise. Il y a un lien entre l’incarnation du Fils de Dieu et l’eucharistie : allongé dans une mangeoire, Jésus est devenu notre nourriture.

En effet, l’hostie consacrée est une nourriture spirituelle pour les pèlerins du Royaume. En ce qui me concerne, plus qu’un désir, communier à Jésus-eucharistie est un besoin spirituel auquel j’aspire de tout mon être : « Comme un cerf brame, languit auprès de l’eau des sources, mon âme souffre d’un manque, elle soupire de soif de toi, Seigneur » (Ps 41, 2)… Et puis, il y a la dimension communautaire de l’eucharistie : quand on mange le même pain, on devient co-pain !

Cependant, notre Dieu est le Dieu de grands espaces et de larges horizons. Il nous prodigue ses grâces y compris par des moyens que lui seul connaît. Cela étant, loin d’ériger un mur de jérémiades, nous pouvons recourir à des alternatives comme la communion spirituelle, la visite méditée et priante à la crèche, les prières en famille, la « mission-communion » de 15 adultes qui seront présents à la messe à Noël et invités à porter la communion à celles et à ceux qui le souhaitent, sans oublier les prêtres disposés à écouter et à donner le sacrement de la tendresse du Père (confession), les tables de Parole à domicile, la lecture de la Bible qui, plus que jamais, s’avère un trésor d’espérance…

Noël est une bonne nouvelle annoncée aux pauvres de cœur et aux humbles. C’est la réponse de Dieu aux peurs et aux souffrances de l’Humanité : « Tu n’es plus seul(e), je suis avec toi ! Par ma présence et ma promesse de fidélité, quoi qu’il en soit, quoi qu’il arrive, mon Amour aura le dernier mot ! » Telle est, chers amis, l’espérance qui m’anime et me motive !

En fait, ce Noël en plein confinement me rappelle le premier Noël de l’histoire, celui de Bethléem : tout s’est passé dans l’isolement et la sobriété. A mon avis, le dépouillement qui nimbe la fête de Noël de cette année le fleurit : Noël 2020 vaut son pesant d’or !



Quand le désert refleurit

Le charme de son aspect extérieur est au rendez-vous : même si les rencontres familiales seront limitées, décorations, petits achats, cadeaux-signes d’amitié et d’amour seront bien présents… Et son aspect spirituel ne flétrit pas. La montée vers Noël, l’Avent, a été pour certains d’entre nous un bel approfondissement de leur attachement à Jésus, une croissance spirituelle. Je me souviens du festival d’adoration que nous avons vécu comme un moment de communion dans la prière. Une chose est sûre : la grâce de Noël nous engendre derechef à la vie divine : « Dieu se fait homme pour que l’homme devienne Dieu » (saint Irénée, Evêque de Lyon).

Et puis, je constate qu’il y a par-ci par-là des semences d’espérance, des gestes d’attention et de générosité aux plus oubliés, aux naufragés de la vie, qui représentent aujourd’hui les faibles, les pauvres et les simples de la crèche de Bethléem. Il y a des initiatives prophétiques : l’un écrit une carte à une personne âgée en MR(S), à un prisonnier ; un autre téléphone à un parent, à un(e) ami(e)… Il y en a qui souscrivent avec raison à la promotion pour la paix. Cette paix qui est une grâce, mais aussi un engagement quotidien, un combat à transformer le monde, une conquête inlassablement soutenue de la dignité et des Droits de l’homme. Et la manière la plus efficace de fêter spirituellement et humainement Noël, c’est notre attitude missionnaire. La mission aujourd’hui, c’est, au lieu de nous taire, rendre compte de l’espérance qui nous habite, entre autres en témoignant de ce que nous vivons avec l’Enfant de Bethléem : tant que je suis oint de l’amour de Dieu, je laisse entrer la lumière de Noël dans ma vie en ayant à cœur de faire advenir le Royaume de Dieu là où je vis.

Bonnes et heureuses fêtes de Noël et de Nouvel an à tous et à chacun.

Vital Nlandu, votre curé-doyen

Cet article, publié dans Actualité, Le mot du curé, Réflexion spirituelle, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.