Homélie du 4ème dimanche de Pâques A
Jean 10, 1-16
Chère amie, cher ami, en ce dimanche du Bon Berger, la Parole de Dieu te touche-t-elle vraiment au cœur, ton cœur parfois fermé? Sens-tu que Quelqu’un, Dieu lui-même, te parle au plus profond de toi, ou est-ce sa Parole te reste superficielle? Dans la 1ère lecture, la Parole interpelle les auditeurs de Pierre, qui demandent après l’avoir écouté: «Que devons-nous faire?» Réponse: «Convertissez-vous». Autrement dit: fais demi-tour, reviens à Dieu, laisse-le pénétrer dans tes zones d’ombre: les comportements, les attachements, les fragilités… tout ce qui t’éloigne de lui! Dieu t’appelle par ton nom: pour lui, tu n’es pas dilué dans l’anonymat, tu n’es pas un numéro ; tu as un nom, une identité, tu es unique. Il connaît ton histoire, ton mystère, tes attentes, tes combats, tes blessures, tes joies et tes peines. Il sait où tu es aujourd’hui dans ta recherche d’épanouissement, de bonheur et de liberté. Et surtout il ne te juge pas, il ne te condamne pas. Simplement, il se propose de marcher avec toi comme le Bon Berger qui te protège, veille sur toi et te conduit.
Le psaume 22 t’invite ainsi à contempler la sollicitude de ce Dieu-Berger. Nous sommes tous errants, en recherche d’une fontaine qui puisse désaltérer nos soifs existentielles. Nous sommes souvent en manque: manque de sens, de paix intérieure, de reconnaissance, de valorisation, d’amour, de santé, d’espérance… Tous ces manques nous perturbent et même nous épuisent. Quand le psalmiste dit: «Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien», cela ne signifie pas que tout devient du coup facile, mais que même dans l’épreuve, Dieu nous relève ; Il nous fait revivre de sa vie. Ni son pardon, ni sa force ne pourra nous manquer puisqu’il nous restaure. Restaurer dans sa double acception: réparer et nourrir. Dieu nous répare en guérissant nos blessures spirituelles par son pardon ; il nous nourrit, nous fortifie par sa Parole et le Pain de vie.
Dans l’évangile, Jésus commence par déclarer: «Amen, amen je vous le dis». Cette introduction solennelle annonce la gravité et l’urgence de la Parole qu’il va prononcer: elle pousse à faire un choix! «Les brebis écoutent sa voix»: dans notre société polluée par le bruit et tant de sollicitations, quelle voix écoutes-tu? Celle du Bon Berger ou celle des sirènes de la consommation, la voix de la culpabilité, de la peur, de la colère, de la rancune, de tes pulsions, de l’orgueil? Sais-tu qu’il y a une différence entre entendreet écouter. Entendre est passif, c’est un acte non intentionnel, qui se fait sans nous. J’entends le klaxon d’une voiture, le vrombissement d’une moto ou la sirène des pompiers. Mais écouter demande que l’on soit silencieux et se rende disponible. On fait le choix, on prend la décision d’écouter. Entretenir sa vie spirituelle, n’est-ce pas aussi apprendre à écouter la voix de Dieu qui transforme notre vie? Dieu parle encore aujourd’hui dans sa Parole, dans les événements, par la voix de notre conscience… Et puisque voix rime avec voie, écouter le Bon Berger, c’est aussi le suivre en adoptant son style de vie.
«Je suis la porte»: la porte, c’est le symbole de la liberté. Avec une porte, on peut entrer et sortir comme on veut. Jésus ne nous enferme pas ; Il nous a sauvés pour que nous soyons libres, pas la liberté anarchique, mais bienveillante enracinée dans la vérité. En passant par sa porte, nous recevons la vie et la vie en abondance, c’est-à-dire une vie qui, dépassant la simple survie biologique, nous permet de vivre en intimité avec Dieu. C’est cette vie habitée par Dieu qui nous rend cohérents avec le beau nom de « chrétien » que nous portons.
Vital Nlandu, votre curé-doyen

