Décès de l’abbé Joseph Baltus,
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Mot du curé-doyen (17 – 18 novembre 2018)
Chers amis, je recommande à vos prières l’abbé Joseph Baltus décédé à l’âge de 78 ans. La liturgie de ses funérailles a été célébrée le jeudi 15 novembre à Montzen, où il repose dans l’espace du cimetière réservé aux prêtres.
Etant vicaire, j’ai eu la chance de le connaître comme doyen et curé à Herve-Battice. Il n’y a pas l’ombre d’un doute, dans sa vision de vie ecclésiale, le cheval de bataille de Joseph était le concept de « l’église agissante », qui milite pour la transformation du monde et de la société. Pour lui, c’est le sacrement du frère qui rend notre foi crédible. D’où son engagement ici comme ailleurs, dans la lutte pour l’épanouissement et même la dignité de l’homme. Tant au Chili comme prêtre fidei donum, à Soumagne et à Aubel comme vicaire, à Bassenge comme curé et aumônier international de la Jeunesse Agricole Rurale Catholique, qu’à Malmedy et à Herve-Battice comme curé-doyen, Joseph s’est toujours intéressé aux conditions de l’humain, en l’occurrence celles du pauvre, de l’immigré.
Je retiens de lui son management pastoral. Dans le contexte actuel de la Mission en Europe, sans un minimum d’organisation et de rationalisation, la gouvernance pastorale peut, à bien des égards, s’avérer délétère. Je retiens en sus son leadership mobilisateur : il savait et savait faire, mobilisant les ressources pour atteindre les objectifs fixés. On gagnait à connaître cet homme ouvert, très jeune de cœur, toujours tiré à 4 épingles, veillant aux soins de ses apparences et doté d’une vaste culture.
Il y a quelques jours, je suis allé lui rendre visite à l’hôpital d’Eupen. Il avait besoin d’être rafraîchi. Je l’ai fait. En le quittant, sachant qu’il n’était plus là pour longtemps, je lui ai demandé de me bénir : très concentré et avec sa main tremblante, il m’a signé ! Je lui dis alors : « Cher ami, notre avenir est en Dieu, l’Amour nous attend ; c’est cela notre espérance ». Il m’a fait un clin d’œil coquin en souriant comme pour dire : j’y crois !
En effet, comme tous ceux qui croient, Joseph était non pas un être vivant dont l’horizon est la mort, mais un être mortel dont l’horizon est la vie.
Intercédons pour lui :
Dieu notre Père, tu as appelé Joseph à être prêtre à ton service et au service des hommes. Ton Esprit Saint lui a révélé ton Amour et éveillé dans son cœur, le désir de se dévouer pour ses frères et ses sœurs. Joseph a participé à l’œuvre du salut de ton Fils Jésus-Christ en annonçant l’Évangile et en partageant le Pain de Vie. Tu connais ses pauvretés offertes, ses combats et ses peines, ses réussites et ses échecs. Nous le confions à ta Miséricorde. Comme saint Paul, Joseph a proclamé dans la foi que les souffrances du temps présent ne sont pas à comparer à la gloire qui va se révéler ! Qu’il partage maintenant cette gloire ! Nous te le demandons par Jésus le Christ qui a traversé la mort, la sienne et la nôtre, pour qu’à jamais la mort n’ait plus le dernier mot. Amen.
Vital Nlandu, votre curé-doyen
A la journée mondiale de la paix, le 1er janvier 2005, Jean-Paul II estimait qu’il n’y a rien de plus fragile que cette paix qui est, au demeurant, le résultat d’une longue et exigeante bataille. Cette bataille requiert absolument l’éducation, l’engagement, la vigilance de tous. Éduquer particulièrement nos jeunes à l’art du compromis, à l’accueil des différences et à la tolérance ; à la bienveillance altruiste et au pardon ; à la responsabilité de l’autre.
En effet, pour Baden Powell, le bonheur que nous cherchons partout, parfois par des voies indélicates et désespérantes d’aisance et de confort, consiste à tendre la main.
Pour l’Abbé Pierre, le saint, c’est le boulanger, le chauffeur de bus, le balayeur de rue, le médecin, le prêtre qui met sa bonne volonté à bien faire ce qu’il a à faire. En ce sens, la Toussaint est la fête de ce qui, en l’homme, jaillit en merveilleuse vie d’amour et d’oubli de soi.
Par tradition, il y en a qui, à la Toussaint, font une démarche lourde d’affection et d’espérance par une visite au cimetière, en déposant des fleurs sur les tombes de celles et de ceux qui ont compté pour eux. Les cimetières sont tellement habillés de couleurs qu’ils perdent même leur aspect austère…
Oui, chers amis, je crois fermement qu’il existe une autre vie dans l’insondable qui nous dépasse, un autre monde gorgé de mystères et d’inconnus, bien loin de ce que nous pouvons imaginer. A sa mort, Sainte Thérèse de Lisieux disait : « Je ne meurs pas, j’entre dans la vie ». C’est grâce à notre foi à la communion des saints que nous allons commémorer, ce vendredi 2 novembre, tous les fidèles défunts. Puisque nous sommes unis dans la même cordée de foi, d’espérance et d’amour, nous intercédons les uns pour les autres.
