Le divorce, un fléau social

Homélie du 27ème dimanche ord B : Le divorce, un fléau social

Lectures :  Gn 2, 18-24; Ps 127; He 2, 9-11; Mc 10, 2-16

Chers amis, la liturgie de la Parole de ce dimanche nous plonge dans le mystère d’alliance entre une femme et un homme. J’allais même dire qu’elle remue le couteau dans la plaie d’un véritable fléau : le divorce. « Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? « , telle est la question que les pharisiens posent à brûle-pourpoint à Jésus. Par la voix parlementaire, nos sociétés modernes répondent « oui  » ! De même, selon la législation juive à l’époque de Jésus, les hommes pouvaient se permettre de répudier leur épouse même pour des motifs anodins, quitte à octroyer une attestation de rupture d’alliance …

En effet, même si le divorce est devenu de nos jours une réalité sociale quasi banale, ordinaire – nous connaissons tous dans notre famille ou dans notre entourage quelqu’un qui a divorcé -, il convient de souligner qu’à bien des égards, on ne divorce pas de gaieté de cœur, c’est une détresse qui laisse souvent des blessures difficiles à cicatriser tant pour les enfants que pour les conjoints qui se séparent. La question demeure délicate.  L’Eglise elle-même s’est fait griller : surtout avant le pape François, elle était critiquée pour sa grande rigidité en la matière. Parler du divorce, c’est par exemple un test pour le prêtre ou le diacre qui prêche. Les gens sont à l’affût pour le cataloguer : est-il respectueux de la souffrance des divorcés ? De quel bord se situe-t-il ? : est-il tradi ou ouvert, moderne ? Le sujet suscite moult questions : en Europe occidentale, les 2/5ème de nouveaux couples divorcent, pourquoi cet échec des amours que l’on rêvait éternels ? Pourquoi y a-t-il plus de divorces aujourd’hui que dans le passé, dans les pays riches que dans les pays pauvres ? Le débat est houleux …, et beaucoup de jeunes n’envisagent pas de se marier civilement et encore moins religieusement. Ils ont de l’appréhension face à l’avenir, face à tant de liens qui se défont ou se relâchent aujourd’hui. Ils préfèrent plutôt vivre en concubinage.

Tout compte fait, quelles peuvent être les causes du divorce ? Plusieurs témoignages évoquent  les moments d’incompréhension, d’indécision ; la culture du zapping et du turn-over de notre société; l’usure du temps, l’indifférence, l’image illusoire que l’on s’est faite de l’autre, l’odeur de renfermé dans le couple, la routine, la lassitude, l’impatience, la violence conjugale (verbale, psychologique, sexuelle, financière), l’amour possessif, liberticide; le manque de dialogue, de respect, de remise en question, de spiritualisation de l’amour; le rythme effréné de la vie; l’absence de mêmes centres d’intérêt, de vision partagée, d’émerveillement, de reconquête de l’autre, de moments de qualité … Tout cela est résumé dans ce que j’appelle la sclérocardie selon Jésus, c’est-à-dire l’endurcissement du cœur humain bétonné d’orgueil et d’égoïsme. Voilà pourquoi à la fin de l’Evangile médité aujourd’hui, Jésus exhorte à l’esprit d’enfance : le Royaume de Dieu appartient à ceux qui ressemblent aux enfants. Par nature, ceux-ci sont dotés d’humilité, de pureté d’intentions, de confiance, de simplicité, de légèreté, de capacité d’émerveillement …

Dans l’Evangile, Jésus ne cède pas au piège des pharisiens, il n’entre pas dans le cadre moralisant dans lequel ils veulent le confiner : est-il permis ou interdit ? Loin de condamner les couples en difficultés ni d’ailleurs de faire du populisme en brossant dans le sens du poil, il va montrer l’idéal du mariage, son sens originel selon le plan de Dieu. Déjà la 1ère lecture relève la bienveillance de Dieu : « Il n’est pas bon que l’homme (ou la femme) soit seul« . Il s’agit d’une judicieuse complémentarité. La femme et l’homme ont besoin l’un de l’autre. « A cause de cela, l’homme quittera ses parents et s’attachera à sa femme !  » Quitter, c’est un peu mourir, effectuer un mouvement pascal (conversion, passage d’une vie à une autre), faire un travail de deuil, c’est-à-dire sortir de la dépendance de ses parents pour défricher son chemin, créer sa propre légende. Ce faisant, il sera acteur d’une histoire vécue cette fois-ci dans l’altérité (respect des différences) et l’union  profonde avec son épouse.

« L’enfer, c’est l’échec de l’amour » disait Julien Green. Que L’Esprit Saint, le ciment de tout amour, nous aide à aimer en vérité.

                                                                                            Vital Nlandu, votre curé-doyen

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