Il y a le don et le mobile qui le justifie !

Homélie du 32ème dimanche ordinaire B : il y a le don et le mobile qui le justifie !

 Lectures : 1 R 17, 10-16; Ps 145; He 9, 24-28; Mc 12, 38-44

Chers amis, la liturgie de la Parole de ce dimanche nous invite à méditer sur nos gestes de partage. « Aimer, c’est tout donner et se donner soi-même » (Thérèse de Lisieux). En effet, se donner, c’est faire de sa vie un cadeau, se vouer aux autres en donnant gratuitement de  son temps, son talent,  sa compréhension, ses biens, son argent, son cœur, sa présence à travers un  regard, un service rendu, une écoute, un  sourire. Se donner s’inscrit dans l’optique  de la spiritualité d’ellipse (effacement) de Jean-Baptiste : il faut que je diminue pour que la personne que je sers, que j’aime grandisse et fleurisse (Jn 3, 30). Et la valeur du don ne s’évalue pas nécessairement à la quantité,  mais à l’intention qui motive le donateur, autrement dit à l’amour qui le porte à donner. La raison noble de donner, la profondeur du don prime sur le don lui-même. Et « Dieu aime celui qui donne avec joie » (2 Co 9, 7).

La 1ère lecture et l’Evangile parlent de 2 veuves. Aujourd’hui,  la politique sociale en Europe occidentale est une des plus prisées au monde.  Les veuves sont en général protégées, elles sont bénéficiaires de l’intervention majorée. Par exemple, pour les coûts de soins, après contrôle des revenus, elles paient une quote-part personnelle (ticket modérateur) moins importante. Mais au Pays  de Jésus et avant lui, les veuves sont des laissées-pour-compte qui vivent une double pauvreté : matérielle et affective.

Dans la 1ère lecture, il s’agit de la première mission du prophète Elie en terre païenne. C’était déjà une ouverture exceptionnelle préfigurant l’universalisme de la foi.  Il est aux portes de Sarepta, une ville située au Liban, sur la côte phénicienne entre Tyr et Sidon. En effet, il y sévit une terrible sécheresse avec tout naturellement ses conséquences, entre autres la sous-alimentation (insuffisance de la quantité de ce qu’on mange) et la malnutrition (insuffisance de la qualité de ce qu’on mange). Comme Jésus face à la samaritaine (Jean 4, 5-42), le prophète mendie du pain auprès de cette veuve libanaise, une étrangère qui vit avec son enfant dans une pauvreté extrême. Celle-ci offre ses dernières provisions. Nous comprenons dès lors que la générosité ne dépend pas de l’appartenance à une race, à une Eglise ou à un rang social, mais de la grandeur d’âme et de la force de foi de chacun. « N’aie pas peur » dira Elie à la femme, fais seulement confiance à la Parole de Dieu.

Dans la page d’Evangile, assis dans l’enceinte du temple, Jésus qui voit les cœurs, scrute les comportements des gens qui vont donner les offrandes. Dans le temple, il y a des troncs à offrandes, de gros entonnoirs métalliques où l’on verse l’argent. Cela faisait parfois un bruit qui attirait l’attention et l’admiration de l’entourage. Il va fustiger une certaine piété hypocrite : les offrandes des riches sont ostentatoires, ils y vont en se pavanant et pour les honneurs, par rapport à cette veuve qui, discrètement, va déposer tout ce qu’elle avait pour vivre. Sa démarche annonce la mort  du Christ qui donnera sa vie par amour pour  l’Humanité.

Et pourtant, tous ont fait la même démarche, mais la différence, c’est dans leur disposition intérieure, le sens que chacune et chacun donne à son geste de partage. Aux yeux de Jésus, le « minable » don de la veuve offert avec générosité de cœur vaut plus que les offrandes des riches qui, du reste, jouent la comédie des apparences et donnent du superflu. « Je me méfie des dons qui ne coûtent rien au donateur » (pape François) parce qu’ils ne se privent de rien !

Nous pouvons par ailleurs nous demander si les dons de ces 2 veuves sont raisonnables : donner tout que ce que l’on a ! C’est la logique évangélique de perdre pour gagner, la folie de l’amour ! Leur secret : elles savent que l’amour ne calcule pas, qu’aimer, c’est se sacrifier, se priver, aller jusqu’au bout ; elles savent qu’en donnant tout, elles s’en remettent à la providence, elles s’abandonnent et s’accrochent à Dieu. Elles savent pour finir que tout ce qu’on n’a pas donné est perdu. Oui, on n’est riche que de ce que l’on donne ! Que  restera-t-il de nous après mon passage sur cette terre, sinon ce que nous aurions transmis,  donné ?

                                                                                      Vital Nlandu, votre curé-doyen

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