Etre disciple de Jésus-Christ !

Installation de l’abbé Günter Weinand, curé de l’UP Stavelot-Francorchamps et du diacre Marc Peters par le doyen Vital Nlandu : Etre disciple de Jésus-Christ !

Lectures : Sg 9, 13-18 ; Ps 89 ; Phm 9b-10. 12-17 ; Lc 14, 25-33

Chers amis, quand on est responsable et sensé, on n’entreprend pas des projets, on ne construit pas sa vie (sa « tour ») sans discernement éclairé ni conviction, sans faire le point, calculer le coût et rechercher le sens de son engagement ; bref sans prendre le temps de s’asseoir et de réfléchir. L’exhortation de la page d’Evangile de ce dimanche vient à point nommé. En cette fin de vacances, nous voilà repartis pour une nouvelle année pastorale.

Comme tous les croyants, le diacre Marc et l’abbé Günter ont choisi de suivre Jésus-Christ.  En rappeler les exigences nous aide à assumer notre choix et à tenir le cap.

La Sequala Christi, suivre le Christ : Jésus en donne 3 conditions :

1. Nous attacher tellement à lui, au point de le préférer à tous et à tout, y compris à nos amours légitimes. Ce qui importe pour moi, dit saint Paul : « C’est connaître le Christ et la puissance de sa résurrection » (Phil 3, 10). On pourrait prêter à Jésus les mots du romancier et essayiste protestant André Gide à Paul Valéry : « Pour moi, être aimé n’est rien, c’est être préféré que je désire !  » Et pourquoi ? Parce que c’est lui Jésus  la Source qui irrigue et féconde le cœur de l’homme du vrai amour. Comme une orange gorgée de jus, un coeur rempli d’amour de Dieu se  ressource en Jésus et  il l’aimer en priorité. Un panneau solaire qui n’est pas exposé au soleil ne saura répandre et diffuser, à son tour,  de l’énergie solaire, la lumière ! L’amour inspiré de l’Evangile va jusqu’au bout, il aide tout témoin et tout  bâtisseur de la civilisation d’amour à aimer gratuitement et sans condition.

2. Porter sa croix : « Aimer » dit Thérèse de Lisieux, « c’est donner et se donner soi-même ! » Se donner, c’est-à-dire s’oublier, mourir à soi-même. Les jeunes parents le savent : quand vient un bébé, tout change dans la famille. Le bébé devient le centre d’intérêt et d’attention parce qu’il est tout dépendant et fragile. Les parents et les grands parents s’oublient alors, car, ce qui prévaut à ce moment, ce sont les soins à apporter à l’enfant. Aimer en vérité, c’est donc mourir à soi-même, porter sa croix par amour !  Et ce sont ces morts quotidiennes qui font de nous de petits grains de blé enterrés pour des moissons abondantes de grâces et de bénédictions… Porter sa croix, c’est aussi endosser ses propres échecs et tribulations, qui peuvent être un levier de croissance spirituelle. Le terme grec krisis signifie en même temps crise et croissance.  Puisque le Christ nous accompagne sur le chemin de nos calvaires, nous pouvons certes souffrir, sans cependant être anéantis ou perdre l’espérance (2 Cor 8-10).  

3. Renoncer à tout ce qui nous appartient, autrement dit vivre en femmes et hommes « détachés ». C’est une voie de libération intérieure, de cohérence et de réconciliation avec soi-même. En cette société de (sur)consommation, on se dépouille de fausses sécurités, pour reconquérir sa liberté intérieure, spirituelle. Le détachement,  ce n’est pas accaparer l’autre, ce n’est pas accumuler des biens pour soi-même ou monopoliser la parole; c’est plutôt puiser sa force dans l’humilité et la modestie… C’est  tout donner pour l’amour du Christ afin d’être tout à  lui, pauvre de cœur, disponible, dévoué et servir de son mieux. C’est enfin se délier du superflu et de l’accessoire pour s’attacher à ce qui est essentiel, à savoir l’amour de Dieu. « J’ai enlevé beaucoup de choses inutiles de ma vie et Dieu s’est approché pour voir ce qui se passait !  » (Christian Bobin). La simplicité et la sobriété heureuse – capacité de vivre du peu –  dont parle le pape François dans Laudato’Si (N°222), relèvent de la spiritualité du détachement.

En ce dimanche d’installation officielle de Günter comme curé de l’UP Stavelot-Francorchamps et de Marc comme diacre de cette même UP, je m’adresse à la communauté Stavelotaine.  Nous avons écouté le livre de la Sagesse (1ère lecture) qui dit en substance que l’homme, fils d’Adam, est un colosse aux pieds d’argile, une créature tirée de la glaise : il est tellement vulnérable ! Le psaume 89 renchérit : « Il est comme une herbe changeante qui fleurit le matin, et le soir fanée « . Pour s’ajuster à la volonté de Dieu, l’homme a ainsi besoin de l’aide de l’Esprit-Saint, qui nous donne en partage la vie de Dieu.  Saint Paul utilise le même terme « argile, terre » quand il évoque le trésor que nous détenons par notre consécration ministérielle. Nous portons ce trésor dans un vase d’argile et non dans un vase de fer (2 Co 4, 7). Et ce, pour qu’humblement, nous ayons conscience de notre fragilité et que nous soyons perméables et ouverts à l’action de l’Esprit-Saint,  qui suscite en nous des forces créatrices et soutient le déploiement de  ce que nous avons de meilleur.

C’est dire que chaque diacre, chaque prêtre a, comme tout être humain, ses qualités mais aussi, hélas, sa part d’ombre, ses défauts. Alors, tel saint Paul exhortant avec diplomatie et beaucoup de délicatesse son ami Philémon à avoir une conversion de regard vis-à-vis d’Onésime (2ème lecture), vous aussi, chers amis, je vous prie d’accueillir Marc votre diacre et Günter votre curé comme des frères bien-aimés en humanité et dans la foi.

Chacun des 2 est une part de Jésus-Christ lui-même. En effet, rien n’est plus fort que l’amour bienveillant et tolérant que, croyants ou non croyants, nous portons les uns pour les autres. Il nous aide à nous libérer de nos préjugés, de nos peurs et angoisses paralysantes.

Bonne rentrée pastorale à chacune et à chacun.

                                                                     Vital Nlandu, votre doyen

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