Dieu est avec nous!

Homélie du dimanche de la Sainte Trinité A
Lectures: Ex 34, 4-9; 1 Co 13, 11-13; Jn 3, 16-18

Mes frères, mes sœurs, dans notre monde, il existe trois grandes religions monothéistes qui professent leur foi en un Dieu unique: le judaïsme, le christianisme et l’islam. Toutes trois sont nées en Terre Sainte et se réclament d’un même ancêtre: Abraham, le père des croyants. Cependant, il existe entre elles une différence essentielle. Là où le judaïsme et l’islam affirment l’unicité absolue de Dieu, nous, chrétiens, confessons que Dieu est Un, mais Trinité: il est Père, Fils et Saint-Esprit. Nous croyons cela parce que Dieu est communion d’amour. Or, qui dit amour dit relation, partage, alliance, don de soi. Certes, vous ne trouverez nulle part dans la Bible le mot «Trinité». Pourtant, du premier au dernier livre de la Bible, le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont évoqués pour exprimer l’œuvre de Dieu dans le monde. Cette œuvre, n’est-ce pas l’amour, son Amour inconditionnel, gratuit, infini, éternel, vivant et vivifiant pour toi et pour l’humanité? Oui, l’Amour est l’autre Nom de Dieu, c’est son Visage!

A supposer qu’un jour tu te représentes un dieu qui t’épie comme un chat qui attend la souris au passage, un dieu qui te traque pour te condamner, te juger, te mordre, te maudire et te faire tomber, dis-toi que tu pries un faux dieu! L’Evangile d’aujourd’hui nous conduit au cœur de notre foi. Le verset «Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique» (Jn 3, 16) est la récapitulation de toute révélation, c’est la clé de l’interprétation des Ecritures. Dieu t’a tellement aimé qu’il est venu à ta rencontre, qu’il est entré dans ta vie, dans ton histoire pour rien d’autre sinon te sauver, te préserver des forces du mal et de la mort. Il ne veut pas que tu sois perdu quand tu tombes dans le péché! Il connaît tes joies, tes peines, tes espoirs, tes combats et même tes blessures les plus secrètes. S’il te plaît, ne vis pas dans la culpabilité: le travail du diable c’est de charger ta conscience, t’accuser sans cesse. Sache que Jésus ne t’écrase pas, il te relève!

Tu as été baptisé au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Ce matin en te levant, tu t’es sans doute signé, marqué du signe de la Croix. En tout cas, c’est ce que nous avons tous fait au début de cette Eucharistie. Ce faisant, nous nous connectons au mystère de Dieu. Pendant des siècles, les saints, les martyrs, les mystiques, tes ancêtres dans la foi ont accompli le même signe. Les paroles qui l’accompagnent sont d’une simplicité désarmante: «Au Nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit». Un enfant fait ce signe sans nécessairement comprendre sa portée, une personne âgée le fait avec ses mains tremblantes. Pourtant c’est ce signe qui fait vibrer toute la foi de l’Eglise. Par lui, Dieu te bénit, te protège ; il irrigue tes déserts, t’ouvre de vastes horizons. Par ce signe, il fait te fait entrer dans l’intimité et la communion de l’Amour trinitaire.

Tout homme, toute femme qui aime en vérité n’est pas loin du Dieu d’Amour, il naît de Dieu et le connaît ainsi que l’atteste saint Jean (1 J 4, 7). Il devient ce levain discret qui fait croître l’humanité et contribue à son salut. La civilisation de l’amour « sauveur » à laquelle nous sommes appelés, se traduit en actes concrets selon l’exhortation de saint Paul: «Soyez joyeux; encouragez-vous; exhortez-vous. Soyez d’accord entre vous; vivez en paix, et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous» (2 Co 13, 11). Amen!

Vital Nlandu, votre curé-doyen

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