Annonces du 12 février 2021

Nous recommandons à vos prières

Nous recommandons à vos prières Père Eugène, Harrie de Zwart Assomptionniste décédé à l’âge de 91 ans.
La liturgie des funérailles sera célébrée ce samedi 13 février.

 

 

 

 

Messe de cette semaine

Cette semaine, les messes seront célébrées :

  • à la cathédrale  mardi à 8h00
    jeudi et vendredi à 18h00
  • Ainsi que le CUP l’a adopté, pendant tout le Carême 2021 – à moins qu’il n’y ait d’autres dispositions sanitaires –, à partir du mercredi des cendres, il y aura une messe (15 personnes au maximum) dans chaque communauté. Il y aura donc chaque dimanche à 9h une messe à Xhoffraix, Ligneuville et à Bellevaux tant que les dispositions sanitaires demeurent inchangées.
  • Les messes dominicales à la cathédrale sont inchangées (le samedi à 18h et le dimanche à 10h30)
  • Mercredi des cendres à 19h30 partout (à Xhoffraix, à Ligneuville, à Bellevaux et à la cathédrale) messe d’entrée en carême.
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Une journée de Jésus.

Homélie du 5ème dimanche B :                                                         

Lectures : Job 7, 1-7, Ps 146; Mc 1, 29-39



 

Mes sœurs et mes frères, voici encore une occasion d’ouvrir notre cachette intérieure, pour que Dieu y crèche.  C’est lui qui nous rend capables de résister aux aléas et aux frustrations de la vie.

L’on connaît bien l’expression populaire : « Pauvre comme Job ! » Job est une icône biblique de notre humanité souffrante. Dans la 1ère lecture, il est accablé de toutes sortes de maux ; il déprime, ne sachant plus compter ses nuits cauchemardesques. Le cœur fendu, il dira : « Vraiment, la vie de l’homme sur la terre est une corvée… » Si tel est le cas, à quoi bon, pourquoi alors vivre ?  De l’avis d’Albert Camus, la question philosophique fondamentale, c’est celle-là : te demander si la vie, si ta vie  vaut la peine d’être vécue !

En effet,  devant l’incompréhensible, l’absurde, surgissent ces questions devenues tout à fait familières : « Si Dieu est Amour, pourquoi tant de souffrances aveugles ? S’il a fait une  création merveilleuse ( » Et Dieu vit que tout ce qu’il a fait était bon« ), pourquoi l’étau des malheurs et des tourments ?…  Ou encore : Qu’ai-je fait au Bon Dieu pour mériter ça ? Pourquoi moi ?… Dans « C’était l’hiver« ,  Francis Cabrel chante : « Elle disait : j’ai déjà trop marché, mon cœur est déjà trop lourd de secrets, trop lourd de peines… Elle disait que vivre était cruel. Elle ne croyait plus au soleil ni aux silences des églises. Même mes sourires lui faisaient peur. C’était l’hiver dans le fond de son cœur »…

Oui, le perpétuel scandale de la souffrance, en l’occurrence celle endurée par  l’innocent, le juste comme Job, ne peut que  relever du mystère. Paul Claudel l’a si bien compris quand il déclare : « Dieu n’est pas venu supprimer la souffrance.  Il n’est pas même venu l’expliquer. Il est venu pour la  remplir de sa présence » L’être humain  qui gémit et sur le visage duquel dégoulinent des larmes de douleur  est configuré au christ Jésus mort sur la croix et ressuscité. D’où cette conviction forte de  saint Paul : « J’estime en effet que les souffrances du temps présent ne sont pas comparables à la gloire à venir » (Rm 8, 18)…  La souffrance fait partie intégrante de notre vie.

Pour Etty Hillesum, les événements de l’histoire de l’homme se tiennent, c’est un tout en un : «La vie et la mort, la souffrance et la joie, tout, tout en moi, je l’accepte comme une totalité indivisible ».

Dans ce sens,  le rosaire que nous prions reflète notre vie, qui  est émaillée non seulement  de mystères joyeux, lumineux, glorieux mais aussi douloureux. La souffrance humaine est  de bout en bout inéluctable.

Aussi, loin de pontifier sur la souffrance,  Jésus  préfère plutôt agir.  Saint Marc l’atteste : « Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies« … Pourtant,  nous  savons que ce qu’il a fait ce jour-là  n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan de souffrances des hommes d’hier, d’aujourd’hui et de demain. En réalité, ce qui importe pour lui, c’est de s’engager ici et maintenant et sans réserve,  dans le combat contre le mal en général et la souffrance en particulier. Pour endiguer le mal, dès le début de son ministère en Galilée,  il exhorte l’homme à la conversion (Mc 1, 14). Sur ce,  Gandhi dira : « Change d’abord en toi ce que tu veux changer dans le monde ». Contre la souffrance, il fait « lever » les gens…  Et si c’était là la clé de  notre mission baptismale : guérir les cœurs brisés, remettre les gens debout, « re-susciter » en eux la résilience, la joie d’aimer, d’espérer et de croire;  leur redonner l’envie de grandir et d’avancer, bref les aider à mourir à ce qu’ils sont présentement, pour revivre à l’instar du grain de blé mis en terre pour devenir une tige de blé ?

Dans le texte d’évangile, saint Marc nous présente  la journée-type de Jésus, son agenda surchargé : synagogue, pastorale de la santé, prédication …  Cependant, il ne se laissera pas phagocyter par la boulimie du travail pastoral. La vie consacrée à Dieu et à l’Eglise ne consiste  pas seulement à servir, à partager, à se former, à organiser, c’est aussi prier et annoncer.  Jésus éprouve l’impérieux besoin de se retrouver seul pour se connecter au réseau de Dieu. La prière, l’intériorité, n’est-ce pas  la respiration de notre âme !  Et il fera comprendre aux gens qu’il n’est pas avant tout un thaumaturge, un guérisseur, mais le prophète de la Bonne Nouvelle.

Annoncer l’Evangile est une nécessité qui s’impose (2ème lecture). On y parvient  grâce à l’humilité et à l’intelligence pastorale (avoir le flair du terroir!), autrement dit sans prosélytisme, ni clientélisme, se faire tout à tous, pour les gagner tous à Jésus.

Telle est la fonction prophétique de notre baptême : la proclamation de l’Amour inconditionnel de Dieu accompagnée d’actions bienveillantes et bienfaisantes.

                                                                            Vital Nlandu, votre curé-doyen



 

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Qu’as-tu fait de ton baptême

Lors de son voyage apostolique en fin  mai 1980, le pape Jean-Paul II s’adressait au peuple de France en ces termes : » France, qu’as-tu fait des promesses de ton baptême ? … Je suis venu vous encourager dans la voie de l’Evangile … Soyez fiers de votre foi, du don de l’Esprit que le Père vous a fait ! Je viens parmi vous comme un pauvre, avec la seule richesse de la foi, pèlerin de l’Evangile » Voici des paroles qui interpellent en ce week-end de la fête du baptême du Seigneur, qui clôture le temps liturgique de Noël. Cette fête nous permet  de creuser  notre  propre réflexion sur la manière dont la grâce  du baptême que nous avons reçue, éclaire notre vie et nos actes.

Le baptême est un sacrement qui bouleverse toute une vie en lui donnant un sens nouveau; un clin d’œil d’amour de Dieu qui  se rend présent et nous offre  son salut aujourd’hui. Avant de quitter cette terre, Jésus a invité ses disciples à donner le sacrement de baptême : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit » (Mt 28,19). Par le baptême, notre vie est désormais polarisée, aimantée vers le Père, le Fils et l’Esprit-Saint. Nous sommes assumés dans l’amour du Dieu trinitaire.

Toi qui es devenu chrétien par le baptême,  ouvre alors ton cœur à sa présence cachée en toi, cachée en tes frères. Qu’il t’aide à  vivre une  foi cohérente dans   ce que tu penses, ce que tu dis et  ce que tu fais. Qu’il t’aide à avancer avec audace et espérance  sur l’exigeant chemin de la vérité et de la liberté. Qu’il te donne sa force pour lutter contre l’injustice, son  regard  bienveillant pour voir ce qui est beau …  Toi que le baptême a fait renaître, rappelle-toi à tout jamais que Dieu t’a créé par amour et pour l’amour.

Je bénis et consacre à Dieu les enfants que nous allons baptiser cette année. J’en profite également pour dire merci aux membres de notre équipe de baptême. Avec  les jeunes parents, nous explorons la grâce du baptême.  Nous approfondissons ensemble leurs motivations, partageons  la richesse du beau nom de chrétien que nous portons,  tout en  leur rappelant la responsabilité qui leur incombe quant à  l’éducation chrétienne de leurs enfants.

                              Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Fête de l’Epiphanie du Seigneur

Homélie de la fête de l’Epiphanie du Seigneur                                                        

Lectures : Is 60, 1-6; Ps 71; Ep 3, 2-3a. 5-6; Mt 2, 1-12

Mes sœurs et mes frères, la fête de l’épiphanie est une des plus populaires de l’année. J’espère que, sur nos tables, on servira comme dessert, la galette des rois : la personne qui croquera la fève recevra la couronne ! …  Et pourtant, à côté de son aspect folklorique, cette fête est une invitation à explorer davantage le mystère de l’Enfant de Bethléem : qui est-il, qui sont les bénéficiaires du salut qu’il apporte ?

D’entrée de jeu, sachez que la 2ème lecture de cette messe est une péricope centrale dans l’Evangile. Elle est la réponse à la question du périmètre, de l’extension du champ du salut offert par Jésus. Le mot « Epiphanie » signifie en grec « manifestation » : c’est la manifestation de l’Enfant de Bethléem au monde entier, en l’occurrence aux étrangers, c’est-à-dire aux non-Juifs… Voilà pourquoi, selon la tradition, les 3 Mages de l’Evangile représentent les races de la terre : Gaspard (asiatique), Melchior (européen) et Balthasar (africain). Et Saint Paul de faire cette révélation sans nulle autre pareille : le salut n’est pas l’apanage des seuls juifs; il est universel, toutes les nations sont associées au même Héritage (Espérance), au même Corps (Eglise) et à la même Promesse (Vie éternelle).

Cette révélation inédite est illustrée tant dans la 1ère lecture que dans l’Evangile.  Dans la 1ère lecture, l’ambiance est au découragement. Après l’exil, tout est à reconstruire, la splendeur de Jérusalem appartient au passé. Le peuple d’Israël se laisse abattre, il déprime. Alors le prophète Isaïe va les booster : « Debout Jérusalem, resplendis! Ton Dieu a fait de toi l’espérance des peuples : regarde au loin, toutes les nations, toute l’humanité avec son cortège de gens brisés, s’avance vers ta lumière, le Christ : ‘Je suis la lumière du monde ! ‘ » .

Saint Mathieu est le seul évangéliste à raconter l’épisode des pèlerins païens venus d’Orient, ces 3 savants astronomes qui, scrutant le ciel étoilé, interrogent et s’interrogent. Ils sont en recherche de Dieu, en quête du sens et de points de repère. Ils sont passionnés de la vérité. C’est eux qui, grâce à leurs cadeaux, à leurs gestes, vont nous aider à comprendre un tant soit peu l’identité de l’Enfant Jésus. Selon les Pères de l’Eglise, leurs cadeaux sont symboliques : l’or représente la royauté. L’Enfant de Bethléem est Roi. Par l’encens, on rend honneur à Dieu. Cet Enfant est Vrai Dieu.  Quant à la myrrhe, c’est un parfum aromatisé qui servait à embaumer, ensevelir les cadavres (Jn 19, 39). La myrrhe présage ainsi la mort de Jésus, manigancée déjà par Hérode (Mt 2, 13). Cet Enfant-Dieu est aussi Vrai Homme promis à mourir pour ressusciter.

Chers amis, que l’on soit marié, célibataire, prêtre, religieux, personne âgée ou jeune, il est possible de retrouver, dans sa vie, ces 3 cadeaux à offrir à Jésus. Comme métal de valeur et inoxydable, l’or peut représenter ce qui est important à nos yeux : notre famille, nos amis, nos projets, notre travail à présenter à Jésus comme nous le faisons à l’offertoire pendant la messe… L’encens symbolise ce qui nous connecte au réseau de Dieu : la liturgie, la prière personnelle ou partagée à la maison, dans une église, une balade; les chants, la méditation des Ecritures … Pour finir, La myrrhe symbolise les difficultés inhérentes à la vie, notre finitude, notre blessabilité, bref nos pauvretés offertes.

Ceci dit, on est à l’aube d’une nouvelle année !  C’est sans doute l’heure de se poser cette question de sens : Quo vadis, où vas-tu ? ; quelle est ta finalité, ton projet de vie ? Courir sans destination, c’est ramer vers l’infini. Et mathématiquement parlant, cela est absurde, car on n’y arrive jamais… Départ d’une année nouvelle, c’est sans doute l’heure de définir les objectifs majeurs, les priorités de 2021. En tout cas, pour les chercheurs de Dieu que nous sommes, c’est le moment favorable pour décrypter les signes du ciel, les signes au demeurant discrets et souvent inattendus de la présence aimante de Dieu dans notre histoire personnelle et collective.  Comment Dieu s’y révèle-t-il ?  Et pour avancer plus loin, il faudrait bien choisir une étoile, que nos yeux ne quittent plus ! …  L’étoile des Mages a été un vrai GPS comme l’est, par ailleurs, l’Esprit Saint dans nos vies. Il est toujours disponible, patient, à l’écoute …, se (re)met à notre service dès lors que nous le sollicitons.

C’est beau le dernier verset de l’extrait d’Evangile d’aujourd’hui (v. 12) : après avoir adoré l’Enfant de Bethléem, les Mages prirent un autre chemin pour rentrer dans leur pays. En effet, ils ne sont plus les mêmes, leur cœur a radicalement changé. D’où l’exhortation à la conversion quand on a accueilli la grâce de Noël dans son cœur : nous engager à devenir signes de la gloire de Dieu par le feu de l’amour,  qui fait de nous lumière du monde et sel de la terre. !

Vital Nlandu, votre curé-doyen

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La famille, un don de Dieu !

Homélie de la Sainte famille, Anné B : La famille, un don de Dieu !

Lectures : Gn 15, 1s; He 11, 8s; Lc 2, 22-40

Chers amis, c’est aujourd’hui la fête de la Sainte Famille, c’est-à-dire du foyer de Nazareth, la famille de Jésus, Marie et Joseph. Si on fête la Sainte Famille juste après Noël, c’est pour vous dire la place importante qu’occupe l’institution      « famille » dans la pensée de l’Eglise catholique !…  Dites, j’ai fait cette investigation : savoir ce qu’était Noël pour  les personnes que je côtoie. Ce qui m’est revenu  majoritairement, c’est que Noël est la naissance de Jésus et la fête des familles. Les deux  axes de cette réponse se rejoignent dans la mesure où on ne sait pas parler de la naissance d’un enfant sans évoquer sa famille.

Il y a, en effet, trois choses à ne pas, si possible, sacrifier dans la vie: son cœur, sa dignité et sa famille. Parlant de la famille, un jeune qui a des problèmes avec son père me disait : « Sa famille,  ou on aime, ou on la maudit ; ou on en est proche, ou on s’en éloigne ! » Et pourtant,  la famille  est un don de Dieu par excellence : on choisit ses amis  et  non  les membres de sa  parenté. Et une famille sur laquelle on peut compter, est un de plus beaux cadeaux qu’offre la vie. Quand on a tout perdu, quand on est tout perdu, elle est le dernier refuge, un îlot d’amour et de compréhension. « Quand tu as besoin » disent souvent les parents à leur enfant qui vit ailleurs, « tu sais où nous trouver».

Sociologiquement parlant, l’organisation de la famille diffère d’une société à une autre. En Europe, ce qui prévaut c’est la famille nucléaire : la trilogie père-mère- enfants. Cet ensemble peut être complété par les familles des conjoints dits  alliés : grands-parents, tantes, oncles, cousins. Sous d’autres cieux, comme en Afrique subsaharienne, et spécialement chez les bantous, la famille est étendue, elle est clanique (clan = ensemble des femmes et des hommes qui prétendent être issus d’un ancêtre commun). Mais quoi qu’il en soit, la vocation fondamentale, naturelle de la famille est la même : souci d’accueil, climat fraternel. La famille est le lieu favorable où doivent se vivre de manière prégnante les vertus humaines nécessaires à toute société, les vertus chrétiennes comme le service gratuit,  le souci de l’accueil, le pardon demandé, donné et reçu, la prise en charge mutuelle, l’attention soutenue particulièrement aux plus faibles.  Parlant de la famille chrétienne, Paul VI dit que c’est elle l’Eglise domestique, la  base de toute vie chrétienne. Jean-Paul II parle, quant à lui,  de la petite Eglise, l’Eglise en miniature.

Bien sûr, il n’y a pas de famille parfaite. En Afrique, on dit : « Quand les feuilles d’un arbre se frottent, leurs racines s’embrassent » ou encore « Le fil qui relie une famille peut s’étirer à être tendu, mais il ne rompt pas« . Les conflits, les blessures, les échecs même douloureux peuvent advenir, mais l’aspiration doit être une communauté d’amour,  de partage et  de dialogue. La bienheureuse Mère Teresa disait : « Je crains qu’on n’ait pas conscience de l’importance de la famille. Si l’on mettait l’amour au sein de la famille, le monde changerait en bien » Elle continue : « Le monde est saturé de souffrances par manque de paix. Et ce manque commence dans la famille. Il y a trop, trop, trop de foyers divisés»

Le respect, l’accueil des différences, la conciliation sont des dispositions de vivre-ensemble capitales  pour que la famille reste le terreau qui permette à l’être humain de grandir de manière équilibrée et digne. Comme les branches d’un arbre, même si chacune va dans sa propre direction,  leur tronc ne fait qu’un. Et de même que  tous les fils qui composent une tapisserie  ont chacun la même valeur, quelle que soit sa couleur ou sa place, chaque membre d’une même famille mérite une égale considération…

Chers parents, chers grands-parents, de quel type de société rêvez-vous pour vos enfants,  vos petits-enfants ? Quel type d’homme ou de femme voudriez-vous qu’ils soient demain ? Je sais qu’on ne récolte pas toujours ce qu’on a semé. C’est un ami instituteur retraité de Battice, qui me l’a fait remarquer !   Tout ne dépend pas nécessairement de vous : il y a tout naturellement  la liberté des enfants, les influences extérieures et tant d’autres paramètres. Qu’à cela ne tienne, l’éducation en famille   a sa part.  La famille est la première  école à la vie, un déterminant structurant du profil social et humain de l’adulte en puissance qu’est votre enfant…  La famille de Nazareth a vécu dans une complicité spirituelle : ils prient ensemble (présentation de l’enfant Jésus au temple, pèlerinage à Jérusalem…) et Marie et Joseph ont eu  à cœur d’éduquer spirituellement leur enfant et de  le guider dans la réalisation de sa destinée.

Que le Christ venu crécher dans nos cœurs et dans vos maisons vous accompagne et même vous habite. Que la Bonne Nouvelle guide vos choix et surtout, faites de votre famille,  une page d’Evangile écrite pour notre temps.

                                                                           Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Noël, un renouveau en marche !

Homélie de Noël 2020, Année B : 

Lectures : Is 9, 1-6; Tite 2, 11-14; Lc 1, 1-14

Chers amis, Noël est incontestablement une des plus belles fêtes de l’année. Malgré le confinement, la magie de Noël a joyeusement envahi notre environnement.  Noël est ouvert à l’universel, ce  n’est pas seulement une fête religieuse. Tout le monde y participe,  quelles que soient ses opinions philosophiques. Son charme, c’est qu’il consolide les liens, rassemble et réconcilie. Les commerces sont bien achalandés, on voit partout des cadeaux en habit de fête, promesses de petits plaisirs qui réchauffent les cœurs et apportent la joie.  Une manière de dire son amour aux personnes que l’on aime. Partout des guirlandes et des lumières ! A Malmedy, la commune organise jusqu’au 3 janvier prochain, une merveilleuse projection sur la façade de la cathédrale. Toute débauche de lumière, avec la chaleur qu’elle charrie, est victoire sur l’obscurité du désespoir et le froid. « Le peuple qui marchait dans la longue nuit » écrit le prophète Isaïe,   « a vu se lever une grande lumière« . A Noël, on brille de mille feux d’amitié et de fraternité.

Spirituellement parlant, la grâce de Noël éclaire nos lanternes en nous  éveillant aux signes des temps. Nos fébrilités, nos dispersions, nos fatigues, mais aussi  la force des habitudes, les distractions de la vie moderne nous dérobent à nous-mêmes, aux autres et à Dieu. Nous traversons parfois notre vie en somnambule, sans trop nous attarder, nous étonner, nous laisser surprendre. Une sorte d’indifférence à ce qui surgit sur notre chemin. Noël nous rappelle ainsi  notre reliance aux autres et au cosmos, notre devoir de louange et de gratitude envers le Dieu de l’alliance, pour sa fidélité. Oui, sa promesse se  réalise  aujourd’hui encore : « D’un bout de la terre à l’autre, les nations verront le salut de notre Dieu » (Is 52, 10).

Mes sœurs et mes frères,  nous avons la chance d’être associés à cette espérance. Noël est un sursaut de conscience, l’abandon de notre cœur à  l’inattendu de Dieu,  à l’inépuisable richesse de son Amour. En effet, dans la foi et dans l’Esprit, je m’émerveille et reconnais  en  l’Enfant de Bethléem, le visage humain de Dieu. Par lui, avec lui et en lui, le fabuleux  mystère d’Amour infini  de Dieu s’est  accompli. Et rien : ni  la mort, ni  le péché, ni  la déconvenue ne pourra m’en arracher.

Et puisque Dieu s’offre à nous à travers un visage d’enfant sans pouvoir, sans voix (in-fans), dépendant totalement des autres, faisons de Noël, non seulement une fête des enfants, des familles, mais aussi des faibles et des pauvres. Je rends grâce à Dieu pour le foisonnement d’idées et d’initiatives de partage de la joie de Noël dont je suis témoin : les colis de vivres, le parcours de crèches dans les villages, les églises ouvertes et accueillantes; il y en a qui écrivent  des cartes aux personnes malades, seules; qui  aident une famille immigrée à s’installer,  apportent la communion à quelqu’un qui n’a pas pu être à la messe étant donné les mesures sanitaires… Et tout cela fait avec  sourire,  écoute empathique et regard bienveillant. Comme dit le dicton, « Celui qui n’a pas Noël dans le cœur ne le trouvera jamais au pied d’un sapin« .

C’est vrai qu’il y a 2020 ans, Dieu s’est fait homme par Jésus de Nazareth. Aujourd’hui, le Ressuscité n’a d’autre Corps pour se donner aux hommes, que son Eglise dont nous sommes les membres. Etant ainsi  appelés à être les bergers d’aujourd’hui, nous reconnaissons le visage de Dieu dans les plus petits d’entre nous. C’est ce souhait que formule le pape François quand il dit : « Que Noël soit pour vous tous une occasion de fraternité, de croissance dans la foi et de gestes de solidarité envers ceux qui sont dans le besoin » (Angelus du dimanche 22 déc. 2019). C’est dire que  Noël, ce n’est pas que du romantisme ou du sucre, c’est une révolution d’amour et de tendresse.

« C’est Noël » écrit Guillaume Apollinaire, « il est grand  temps de rallumer les étoiles« . C’est-à-dire de réveiller le meilleur qui sommeille en toi, la part sainte, bienveillante de ton humanité. Rallumer ses étoiles, c’est aussi attiser les braises de l’émerveillement, qui (re)donne goût à la vie. Mais elles sont tellement hautes, les étoiles, qu’on a besoin d’une échelle pour les atteindre… Et si ton échelle était  le Dieu trinitaire ! Noël est la  célébration de l’espérance chrétienne, le cadeau inestimable  que Dieu  offre  aux cœurs humbles. On le sait : on n’espère que le meilleur;  le pire  on le craint…  Alors dis-moi : quelle est ton espérance, qu’attends-tu au fond de toi ? Tu as des raisons de relever la tête, car Dieu a mis de  la sève dans tes racines. Tu as des ressources pour affronter les vents contraires de la  vie.

Que la grâce de Noël grave dans vos cœurs la paix spirituelle. A tous et à chacun, je présente mes vœux les meilleurs !

                                                                         Vital Nlandu, votre curé-doyen

 

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L’annonciation

Homélie du 4ème dimanche de l’Avent B : L’annonciation

Lectures : 2 Sam 7, 1 s; Ps 88; Rm 16, 25-27; Lc 1, 26-38

Mes sœurs et mes frères, nous célébrons aujourd’hui le 4ème dimanche, le dernier de l’Avent. Désormais, tout est orienté vers la nativité de Jésus. Et une figure se détache parmi toutes les autres, celle de la Vierge de Nazareth appelée Marie,  qui engage avec l’ange Gabriel un dialogue à cœur ouvert.

Dans la première lecture, le roi David  a un vif sentiment de la grandeur de Dieu et de son œuvre. Il veut  construire une maison pour Dieu. Dieu lui fera comprendre par le prophète Nathan de ne pas mêler les genres : ce n’est pas l’homme qui choisit Dieu, c’est Lui qui choisit l’homme (Jn 15, 16);  il n’appartient pas à l’homme de faire des projets pour Dieu, c’est plutôt Lui qui offre l’alliance. C’est Lui qui appelle chacun à participer à son dessein bienveillant. Aussi promet-Il, au-delà de toute espérance, la pérennité de la dynastie davidique, c’est-à-dire la perpétuité de son alliance avec son peuple, grâce à  la venue de son Messie, le Dieu-fait-Homme.  Et le psalmiste de clamer sa gratitude et sa louange : »Ton amour, Seigneur, sans fin je le chante » (Ps 88)

Dans la même optique, comme le grain de blé semé en terre germe mystérieusement, saint Paul  énonce dans la deuxième lecture, que le secret ou encore le mystère resté dans le silence depuis toujours, s’est enfin  révélé  à Noël : le mystère de l’amour infini de Dieu pour l’homme. Il consiste à sauver tout homme et tout l’homme par Jésus; le libérer de ce qu’il a d’étriqué.

L’annonciation

« Tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut !« , dit l’ange à Marie. Il s’agit du puissant et performatif Nom  de « Jésus » que l’on invoque dans la prière d’autorité et de délivrance (Ac 3, 1-10; Phi 2, 10; Apoc 14, 1…) ! Je renvoie ici aux Actes du langage de l’ouvrage de John Austin « Quand dire, c’est faire !« : tu invoques le Nom de Jésus dans l’Esprit et la foi, et la merveille s’accomplit!  En hébreu « Jeshua » ou « Joshua » signifie « Dieu sauve« ; il exprime à la fois l’identité et la mission de l’Enfant de Bethléem.

Dans l’Evangile, dès le premier abord, l’ange salue Marie comme fait le prêtre à la messe:  » Le Seigneur est avec toi« . Et il la rassure : « Sois sans crainte, Marie« . Ceci dit, si le Seigneur est avec toi et pour toi, s’il est de ton côté, si sa grâce déborde en toi, pourquoi  tes peurs ?…  L’ange Gabriel annonce alors à la jeune femme   le projet de Dieu pour elle et pour toute l’humanité. Cette annonce de son destin sui generis la bouleverse. Elle n’y comprend rien sans doute !  C’est un programme rocambolesque qui dépasse l’entendement humain. D’où sa question : « Comment cela va-t-il se faire ? » Par l’action de l’Esprit Saint qui féconde le cœur de l’homme de l’amour de Dieu, l’Esprit de Dieu accomplit la nouvelle création : Jésus est le nouvel Adam, il est la tête d’une nouvelle Humanité fondée sur la civilisation de l’amour universel, gratuit et inconditionnel. A défaut de comprendre, Marie apprendra  à garder  tout dans  son cœur (Lc 2, 51) en mettant l’annonciation de l’ange en musique, autrement dit en s’éduquant à la culture du silence. Sans le silence, sans le vide autour de soi, sans se débarrasser des bruits et des pensées parasites, il n’y a pas de musique, pas de prière venue des tripes.  Sans délestage et détachement du superflu, du besoin de tout contrôler et de tout maîtriser, il n’y a pas de foi. Marie mit l’annonciation de l’ange en musique en créant  une symphonie intérieure : harmoniser chaque battement de son cœur au souffle de l’Esprit Saint,  qui aide à discerner la volonté de Dieu …

En effet,  c’est elle que Dieu a choisie pour la venue de son Verbe dans la chair de l’Humanité. Par son consentement libre du tout au tout, elle est devenue le terreau fertile qui enfanta le Sauveur du monde. Il faut dire que sa confiance motivée par le « rien n’est impossible à Dieu » de l’ange, a été totale. « Que tout m’advienne selon ta parole« , répondit-elle. Par ces mots, elle a dit son Fiat!,  son oui  à tout ce qui lui arriverait : oui aux cancans de son village, oui au fils « bâtard »;  oui au dépouillement de la crèche, oui à la passion, à la mort, à la résurrection de son fils, oui à l’Eglise naissante à la Pentecôte, oui au don de Dieu … Aussi saint Luc l’évangéliste finit l’épisode par ces mots : « Et l’ange la quitta ! »  L’ange Gabriel s’éloigne de Marie par respect de son autonomie, pour le déploiement de sa liberté. Il la plonge pour ainsi dire   dans une solitude spirituelle pour qu’en sourdine, son oui retentisse  dans les profondeurs de son cœur. Il s’éloigne d’elle pour qu’elle se tourne vers l’avenir,  qu’elle devienne adulte en se forgeant une colonne vertébrale pour assumer son choix et ses conséquences.

De là, chers amis,   Marie  est devenue « la première en chemin » : son oui est le modèle  de nos « oui » si fragiles, nos « oui » quotidiens à la maternité de Jésus en nous et autour de nous.

Vital Nlandu, votre curé-doyen

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