Le Christ Roi de l’univers

Homélie du 34ème dimanche A : Le Christ Roi de l’univers

Lectures : Ez 34, 11-12.15-17; Ps 22; 1 Co 15, 20-26.28; Mt 25, 31-46

 

Mes sœurs et mes frères, les jours s’assombrissent, les gelées sont présentes, les gants, les écharpes, les bonnets et les manteaux sont sortis des garde-robes … L’hiver est au rendez-vous. C’est dans un  climat quasi  morose renforcé par l’épuisement dû à la pandémie covid-19,  que nous célébrons le dernier dimanche de l’année liturgique A,   la solennité du Christ Roi de l’univers, créée en 1925 par le pape Pie XI.

Cependant, on peut se demander à juste titre : pourquoi cette fête à la fin de l’année liturgique?  En effet,  ce point d’orgue est justifié par la teneur théologique et spirituelle de cette cérémonie qui fait,  à elle seule,  la synthèse du mystère du salut : Jésus, l’Alpha et l’Oméga, « Celui  qui est, qui était et qui vient  » (Ap 1, 8) devient Tout en tous.  Il a pris place, il règne désormais dans nos cœurs. Sa royauté n’a nullement de consonance politique, le Christ est plutôt un « Roi de cœur« . Il souhaite ardemment, si nous le voulons bien, instaurer dans nos cœurs, son règne d’amour, tout entier bâti sur la paix,  la bienveillance, le respect, la confiance et  l’humilité. Pour Lytta Basset, « le chemin spirituel est un chemin d’humilité« . Celle-ci ne consiste pas à se ratatiner, mais à ne pas se regarder pour s’émerveiller (Maurice Zundel).

De mon point de vue,  la question fondamentale que chacun devrait se poser en cette fête  est celle-ci : « Est-ce que je me contente d’exister ou est-ce  je marche avec Dieu ?« . Marcher avec Dieu, c’est se laisser façonner, s’affiner par l’Esprit Saint comme l’argile dans les mains du potier. C’est se laisser guider par le Christ, le Bon Berger attentif à chacune de ses brebis et plus particulièrement à celles qui sont perdues dans le brouillard de l’ignorance,  à celles qui sont blessées ou en danger (1ère lecture).  Il vient avec prévenance au secours de la brebis qui est dans le besoin… Oui, la grâce de Dieu répond à notre besoin et non à notre mérite.

Le psaume 22 à méditer en cette fête nous conduit aux sources  d’un renouveau spirituel fondé sur la confiance en Dieu : « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien … Il me guide sur la bonne voie. Même si je passe par la vallée obscure, je ne redoute aucun mal, Seigneur, car tu es avec moi… Tu verses de l’huile parfumée (Esprit Saint) sur ma têteOui, le bonheur et la grâce m’accompagnent tous les jours de ma vie« . Si le psalmiste ne craint pas le mal, c’est parce qu’il sait qu’avec ses embûches inévitables, la vie humaine n’est pas toujours facile. Mais face à la tourmente, il n’est pas seul. Il est accompagné et même habité ! Il sait que « trouver Dieu dans cette vie ne veut pas dire construire une maison dans un pays qui ne connaît jamais de tempêtes; c’est plutôt construire une maison qu’aucune tempête ne pourra détruire » (Larry Crabb). Certes, mon Berger me guide dans ce paysage inconnu qu’est la vie, ma vie, mais aussi dans cet autre paysage plus mystérieux qui s’appelle « moi« .

Quant à la page d’Evangile du jugement dernier, elle justifie l’engagement de celles et de ceux qui se dévouent pour leur prochain, qui ont une passion pour l’humain, quels que soient sa religion, sa race, son rang social … Chers amis, c’est sur le témoignage de la charité, sur ses actes que chacun sera jugé. Les pieuses prières, les bonnes intentions, les sentiments altruistes ne suffisent pas. Il faut agir grâce aux œuvres de la Miséricorde : donner à manger, désaltérer, vêtir, accueillir, visiter… En clair, aimer Dieu et aimer l’homme son prochain, sont deux facettes d’une même exigence spirituelle. Le Royaume de Dieu, ce n’est pas changer de trottoir à l’approche d’un mendiant et en même temps se dire chrétien.

Certes, Jésus ne nous  demande pas l’impossible, mais de faire ce qui est à notre portée pour être utile aux autres, en l’occurrence aux faibles. Il ne s’agit pas non plus de comptabiliser nos bonnes actions. L’essentiel, c’est faire l’expérience de la joie spirituelle que l’on éprouve lorsqu’on donne et sert gratuitement.

En tout cas, par cet Evangile, nous comprenons  que la fragilité humaine est un lieu de  révélation. C’est dans la fragilité de l’homme, dans son étrangeté à lui-même, sa recherche de la rive, sa nudité,  ses emprisonnements que Dieu vient loger. Son temple, c’est  notre humanité cabossée  par l’indifférence, l’égoïsme et la haine, mais toujours ranimée et ragréée par l’amour prophétique des femmes et des hommes de bonne volonté.

Que Dieu ait pitié de notre manque de compassion.

Vital Nlandu, votre curé-doyen

Cet article a été publié dans Actualité, Homélies, Le mot du curé. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laissez un commentaire !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s