Fête du Christ-Roi : messe de clôture de la visite de notre évêque (2)

Deuxième étape de la célébration, la liturgie de la Parole

Quatre personnes vont proclamer les lectures et le psaume :

2015-11-22 - Messe clôture Malmedy (88)

Martine Lewis, assistante paroissiale dans l’UP de Theux, lit un passage du livre du prophète Daniel : 

Moi, Daniel, je regardais, au cours des visions de la nuit,
et je voyais venir, avec les nuées du ciel, comme un Fils d’homme ;
il parvint jusqu’au Vieillard, et on le fit avancer devant lui.
Et il lui fut donné domination, gloire et royauté ;
tous les peuples, toutes les nations
et les gens de toutes langues
le servirent.
Sa domination est une domination éternelle,
qui ne passera pas,
et sa royauté,
une royauté qui ne sera pas détruite.

  • Parole du Seigneur.
  • Nous rendons grâce à Dieu !

Lui succède à l’ambon (= le meuble où l’on dépose le livre) Robert Meyer, qui chante l’antienne, reprise par l’assemblée, puis les versets du psaume 92 :

Jésus-Christ Seigneur, tu règnes dans la gloire !

Le Seigneur est roi ;
il s’est vêtu de magnificence,
le Seigneur a revêtu sa force.

Et la terre tient bon, inébranlable ;
dès l’origine ton trône tient bon,
depuis toujours, tu es.

Tes volontés sont vraiment immuables :
la sainteté emplit ta maison,
Seigneur, pour la suite des temps.

La deuxième lecture est proclamée par Claire Patriarche ; elle est extraite de l’Apocalypse de saint Jean : 

À vous, la grâce et la paix,
de la part de Jésus Christ, le témoin fidèle,
le premier-né des morts,
le prince des rois de la terre.

À lui qui nous aime,
qui nous a délivrés de nos péchés par son sang,
qui a fait de nous un royaume
et des prêtres pour son Dieu et Père,
à lui, la gloire et la souveraineté
pour les siècles des siècles. Amen.

Voici qu’il vient avec les nuées,
tout œil le verra,
ils le verront, ceux qui l’ont transpercé ;
et sur lui se lamenteront toutes les tribus de la terre.
Oui ! Amen !

Moi, je suis l’Alpha et l’Oméga,
dit le Seigneur Dieu,
Celui qui est, qui était et qui vient,
le Souverain de l’univers.

  • Parole du Seigneur.
  • Nous rendons grâce à Dieu !

Éclate alors le chant de l’Alléluia, dont le verset est lu par Patrick Ancia :

Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !
Béni soit le Règne qui vient, celui de David, notre père.

tandis que Michel Eubelen, diacre, demande la bénédiction de notre évêque, va chercher l’évangéliaire (= le livre contenant l’évangile) déposé sur l’autel, et s’avance vers l’ambon, accompagné de deux acolytes portant des candélabres (= chandeliers).

Michel proclame l’évangile selon saint Jean :

En ce temps-là, Pilate appela Jésus et lui dit :
« Es-tu le roi des Juifs ? » 
Jésus lui demanda :
« Dis-tu cela de toi-même,
ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? »
Pilate répondit :
« Est-ce que je suis juif, moi ?
Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi :
qu’as-tu donc fait ? »
Jésus déclara :
« Ma royauté n’est pas de ce monde ;
si ma royauté était de ce monde,
j’aurais des gardes
qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs.
En fait, ma royauté n’est pas d’ici. »
Pilate lui dit :
« Alors, tu es roi ? »
Jésus répondit :
« C’est toi-même qui dis que je suis roi.
Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci :
rendre témoignage à la vérité.
Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. »

  • Acclamons la Parole de Dieu.
  • Gloire à toi, Seigneur Jésus !

Suit (dans un autre article !) l’homélie de notre évêque.

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Fête du Christ-Roi : messe de clôture de la visite de notre évêque (1)

2015-11-22 - Messe clôture Malmedy (65)

En ce dernier dimanche de l’année liturgique,
la cathédrale de Malmedy était en fête
pour accueillir la célébration de clôture de la visite pastorale
de Mgr Jean-Pierre Delville
dans le doyenné de l’Ardenne

En quelques articles, agrémentés de vidéos et de photos, retraçons les grands moments de cette célébration, en commençant par la procession d’entrée et l’accueil !

La croix portée par un acolyte, suivie de la procession, entre dans la cathédrale en arrivant de l’extérieur : acolytes, diacres, prêtres, célébrants, Mgr Delville. L’orgue accompagne la procession.

Voici la procession, à intérieur de la cathédrale, sous forme de vidéo :

Vient le chant d’entrée, Peuple de lumière

Peuple de lumière, baptisé pour témoigner
Peuple d’Évangile appelé pour annoncer
les merveilles de Dieu pour tous les vivants
1 – Vous êtes l’Évangile pour vos frères
Si vous gardez ma Parole
Pour avancer dans la vérité,
Bonne Nouvelle pour la terre !
2 – Vous êtes l’Évangile pour vos frères
Si vous suivez mon exemple
Pour demeurer dans la charité.
Bonne Nouvelle pour la terre !
3 – Vous êtes l’Évangile pour vos frères
Si vous marchez à ma suite
Pour inventer le don et la joie.
Bonne Nouvelle pour la terre !

♠♠♠♠♠♠

Mgr Delville accueille alors les participants qui remplissent la cathédrale !

Suivent la préparation pénitentielle, Jésus, berger de toute humanité, et le chant du Gloria. Sous la direction dynamique de Denis Gabriel, et accompagnée à l’orgue par Vincent Zander, la chorale entraîne toute l’assemblée dans ces prières chantées.

Notre évêque clôture cette première partie de la célébration par la prière :

Dieu éternel, tu as voulu fonder toutes choses en ton Fils bien-aimé, le Roi de l’univers ; fais que toute la création, libérée de la servitude reconnaisse ta puissance et te glorifie sans fin. Par Jésus Christ notre Seigneur.

L’assemblée lui répond : Amen.

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Lectio divina : partage fécond avec notre évêque !

2015-11-21 - 2 Lectio Mgr JPD (39) Émouvante et priante après-midi
à l’occasion de la visite de notre évêque
dans notre doyenné, ce samedi 20 novembre

Les groupes de Lectio divina ou Tables de la Parole, présents dans notre doyenné et au-delà, avaient été invités à se réunir à Malmedy, à la salle du Caillou blanc, en ce froid après-midi d’automne…

Mais le cœur était bien au chaud ! Le chant Magnifique est le Seigneur a retenti de nombreuses fois, ponctuant chaque fois quelques interventions de participants expliquant ce qu’ils vivent lors de leurs réunions.

À l’invitation d’Hubert Valkeners, diacre permanent dans notre UP, les personnes présentes, de 12 (?) à 85 (?) ans, ont joyeusement et simplement partagé leur expérience de prière communautaire à l’aide de cet outil merveilleux, dont notre doyen, l’abbé Henri Bastin, est un héraut au point qu’il a suscité des groupes bien au-delà de notre doyenné !

2015-11-21 - 2 Lectio Mgr JPD (5)

Quelques impressions partagées font état d’une découverte, parfois devenue quotidienne, de la Parole vivante (Je ne peux pas taire ce que j’ai reçu !); de Jésus, Parole du Père; de l’amour de notre Dieu pour chacun de ses enfants; du travail de la grâce dans les cœurs; de la fraternité et de l’amitié qui se créent entre les participants (Maintenant, ce sont des amis que je rencontre dans la rue !); de l’importance des visitations pour entretenir les liens entre les groupes; de la familiarité découverte et entretenue avec l’Esprit Saint; des changements positifs et profonds que cette lecture amoureuse de la Parole provoque en nous… Rendons grâce à Dieu !

Dans sa conclusion, notre doyen, heureux de voir tant de participants à cette réunion, a souligné notamment combien la Lectio divina lui permet d’adapter et d’approfondir ses homélies du dimanche -ce dont ses paroissiens lui sont reconnaissants !

2015-11-21 - 2 Lectio Mgr JPD (30)

Mgr Jean-Pierre Delville, manifestement très heureux de ce temps d’échange et de prière sous forme d’action de grâce (la prière est un élément essentiel de son Kairos rappelé lors de la conférence de mardi à Francorchamps), a, pour sa part, rappelé combien il est important à ses yeux de pouvoir faire mémoire des origines : origine de nos groupes de Lectio, comme de notre histoire personnelle avec Jésus… comme nous le faisons pour les origines de notre foi à Noël !

Impressionné par la forte dimension communautaire qui se dégage des interventions des participants, enrichissante et nourrissante, il se réjouit du témoignage de foi et de joie qui, via ces groupes, se diffuse dans notre diocèse.

La clôture de la réunion par un verre de l’amitié a permis à tous les participants de prolonger leurs échanges !

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L’évangélisation de l’Ardenne, thème de la conférence de notre évêque

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Le site de l’Unité pastorale de Stavelot – Trois-Ponts a publié le texte et des photos de la conférence de notre évêque à Francorchamps, ce mardi 17 novembre : bonne lecture !

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Des chaussures à crampons pour une bonne intégration…

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C’est le 15 octobre dernier que les premiers jeunes réfugiés mineurs non accompagnés sont arrivés à Ligneuville. Entre-temps ils sont déjà une trentaine dans ce centre très bien tenu par la Croix-Rouge. Depuis lors il y a eu quelques activités qui ont permis aux jeunes de découvrir leur nouveau milieu de vie, et aux habitants de se familiariser avec cette présence bien dynamique.

Il aura fallu un mois pour mettre en place la scolarité des premiers arrivés. Dans l’intervalle, les jeunes ont été occupés par des travaux d’entretien, des cours de français préparatoire avec l’aide de l’ASBL Couleur Café et quelques activités diverses. S’agissant exclusivement de jeunes garçons de 13 à 16 ans, ils se sont aussi beaucoup occupés en jouant au football. Ce sport leur a permis de se défouler et de se lier d’amitié entre eux… puisque, sauf exception, ils ne se connaissent pas en arrivant dans le village.

Ce sport est vraiment d’une grande importance pour eux, et pour la réussite de leur intégration. Ce sport a cependant l’inconvénient de mettre les chaussures à rude épreuve. Courir sur nos gazons humides et glissants avec des chaussures non adaptées, c’est aussi un risque de blessure important. L’acquisition de chaussures à crampons n’est absolument pas dans leur possibilité. Sauf de rares exceptions, ces jeunes ont une pointure entre 37 et 43.

Dans nos équipes de foot, les jeunes doivent changer régulièrement de chaussures vu leur croissance. Il vous est possible de déposer des équipements sportifs devenus inutiles mais encore en bon état à la Croix-Rouge de Malmedy. Outre le fait que ces jeunes seront heureux de conserver en bon état leurs chaussures habituelles pour leur scolarité, cela leur ouvrira aussi la porte pour une éventuelle future inscription dans un club sportif de la région…

Bref vous avez ainsi une opportunité très concrète de participer à une véritable action d’intégration.

Il s’agit là d’une initiative de voisinage soutenue par la Maison Croix-Rouge de notre ville et soutenue aussi par l’Unité pastorale de Malmedy.

Merci d’avance à tous.

Bernard Houbiers

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Message pour la commémoration de l’Armistice de la guerre 1914-1918

(Mc 12, 41- 44)

Le petit récit évangélique qui vient de vous être proclamé est celui qui a été entendu dans toutes les églises du monde, dimanche dernier (32ème dimanche ordinaire, année B).

Si je le reprends aujourd’hui avec vous, c’est parce que j’y trouve un message d’une grande et belle actualité pour nos institutions civiles, sociales, culturelles, religieuses, et autres…

Vous savez comme moi à quel point aujourd’hui l’apparence, la vitrine, le publicitaire, et bien sûr aussi le rendement, qui leur est lié, prennent le dessus… : viennent au-devant de la scène – c’est le cas de le dire ! – … Et assurément, le risque n’est pas illusoire que la scène prenne toute la place, sans qu’il y ait encore beaucoup d’arrière-fond… M’habitait ces derniers jours une image en réfléchissant à certaines institutions d’Eglise qui passent par une grande crise : l’image d’un grand arbre !… Sans doute, en apparence, se trouve-t-il encore beaucoup de branches et de feuilles, et même de fruits, au grand arbre de ces institutions parfois vénérables, mais on ne peut ignorer qu’à bien des égards l’intérieur du tronc se vide considérablement…

L’apparence, le tangible, les vitrines, le clinquant, la monnaie « sonnante et trébuchante »…. Et, en bien des endroits, les millions qui roulent, et les grands projets qui roulent et qui roulent, à n’en plus finir… Enseignes et publicités… C’est ce qu’évoque pour moi le passage où il est dit : Beaucoup de riches mettaient de grosses sommes dans le trésor du Temple

Beaucoup, riches, sommes, grosses sommes : remarquez tous ces termes qui disent la quantité, le comptabilisable, le calcul…. Oui, le monde des « valeurs sûres », comme on dit, des « bons placements »…. Un tien vaut mieux que deux tu l’auras… Dans ce même monde des « bons placements », notre société nous fait « admirer » des colosses architecturaux, environnementaux, muséaux, et autres… et aussi des colosses « sociaux » – des entreprises philanthropiques d’envergure – même dans nos institutions d’Eglise…  Loin de moi de nier la nécessité et aussi parfois la criante urgence de ces institutions, de ces entreprises… : lorsque tous, et d’abord les plus déshérités, y trouvent leur compte de bien-être et de beauté…

Mais je vois l’arrivée de la petite veuve de l’évangile comme venant tout petitement mettre une question – comme un grain de sable salutaire… – en tout cela : pour nous tous, sans exception !… Car qui n’est engagé, même à très petite échelle, dans une entreprise à laquelle il voue toute son énergie ?

La petite veuve, je la vois qui amène sa question – humblement posée – comme est modestement, si modestement déposée, sa menue monnaie dans le tronc du Temple : Une pauvre veuve s’avança et déposa deux piécettes…  Il est dit d’elle qu’elle a mis dans le tronc plus que tout le monde, plus que tout ce monde de gens à la générosité si comptabilisable, à la générosité si louable… et parfois si incontournable…

La petite veuve, elle ne sera pas à la une des journaux !… Non ! Car son trajet à petits pas n’est pas repérable, n’est pas comparable, n’est pas « vitrinable »… En effet, son trajet est enfoui, comme une perle cachée, dans le terreau  profond et obscur de sa conscience…

Eux, les premiers cités – Ils sont toujours les premiers dont on parle ! Et n’en suis-je pas, à certaines heures ? – ils ont sans doute donné « de » leur personne… « De » leur  personne… : cela veut dire qu’ils ont donné « une partie » de leur personne… Et c’est assurément déjà très bien !… Mais ils ont gardé une réserve sur le côté, derrière la scène, ou la vitrine… : réserve de biens, réserve de popularité, réserve de gloire pour la postérité… C’est assurément tellement difficile, pour qui que ce soit, de tout lâcher… surtout de se « lâcher soi-même » !…

La petite veuve, elle, n’a pas donné « de » sa personne. Elle n’a pas donné « une partie ». Elle a tout donné… tout donné d’elle-même… sans réserve : deux piécettes, tout son bien… toute sa subsistance… toute sa substance !…  Aucune réserve derrière la vitrine, car, de toute manière, il n’y a pas de vitrine chez elle ! Elle a tout donné… Autant dire qu’elle a tout risqué…

Chers amis, la question qui m’est posée à moi, dans mes entreprises, au niveau du service pastoral qui m’est y confié, au niveau des entreprises de plus grande envergure où je me retrouve parfois engagé – comme ces jours-ci, avec la visite pastorale de notre évêque au doyenné de l’Ardenne – cette question, je vous la renvoie fraternellement (fraternellement : Malmedy est un peu comme une famille… Non ?) : « Donnes-tu seulement « de » ta personne ? Ou bien, plus profondément, dans le terreau secret de ta conscience, oses-tu risquer « toute » ta personne ?…

Avancer à petits pas comme la petite veuve sans vouloir voir… et surtout sans vouloir se faire voir…  Deux piécettes de popularité risquées, sacrifiées, sur l’autel de la conscience, coûtent parfois bien plus cher que des grosses sommes d’argent et de talents sacrifiés sur les vitrines du monde… et de l’Eglise.

Notre monde, la paix à laquelle il aspire… : n’a-t-t-il pas plus que jamais besoin qu’en chacun de nous se réveille la petite veuve… la petite veuve qui sans bruit, n’attend que de mener ses modestes petits pas ?… Les petits pas de la conscience…  Sans voir…  De toute manière ceux qui se font voir se font « avoir » tôt ou tard !

Oui, là est tout le choix entre les colosses transitoires à pieds d’argile et les petites piécettes enfouies comme des graines dans un terreau qui ne décevra pas, qui ne mentira pas…

Bastin, curé-doyen

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Le violet de nos funérailles… : humble et douce couleur de l’attente…

Je vois ce « Mot du curé » plutôt comme un « texte-chantier ». Il s’inscrit dans une suite de questions et de réflexions qui me sont venues de plusieurs personnes, plus particulièrement à l‘occasion de la Fête de la Toussaint et de la Commémoration des Fidèles Défunts. Je serais heureux qu’il puisse faire se continuer la recherche et susciter le dialogue.

 

Il arrive que des personnes me disent leur étonnement devant le fait que le violet soit maintenu comme la couleur liturgique des funérailles.

Ils verraient le blanc de Pâques comme bien plus approprié… Je dois dire que ces personnes sont souvent, plus que bien d’autres, très ferventes et habitées par une foi profonde en la résurrection…

Il est vrai – et cela se comprend aisément – que la liturgie des funérailles est moment privilégié entre tous pour la célébration de la victoire pascale du Christ sur la mort et sur toute mort (1 Co 15, 58) : ne s’ouvre-t-elle d’ailleurs pas par le rite de la lumière pascale dont on entoure le corps du défunt ?…

Mais si chaque année, de la veillée pascale à la Pentecôte, l’orgue peut laisser sortir ses grands jeux, le moment des funérailles ne demande-t-il pas cependant une certaine retenue ? Certains diront que tact et sagesse suffiraient déjà à justifier cette retenue : n’arrive-t-il pas en effet qu’on éprouve un certain malaise lorsque dans la célébration de funérailles la dimension du deuil et des larmes est escamotée ?… La retenue demandée trouve cependant une justification plus profonde, laquelle est d’ordre spirituel : il s’agit de cette dimension de péché dont le défunt est marqué – comme il en est de tout homme – et qui fait que la célébration, tout en même temps que de proclamation de victoire, est de supplication. En effet, le pardon de Dieu auquel nous croyons pour le frère défunt n’est jamais un droit – comme tout pardon, d’ailleurs -, mais demeure toujours la grâce qu’il importe de demander et d’accueillir sur fond de repentance… Dois-je dire que j’éprouve quelquefois une gêne lors de certaines célébrations de funérailles ? Je veux parler de ces célébrations qui donnent à penser que le salut, le bonheur éternel, le « paradis », sont d’office acquis au moment de la mort, sans qu’on n’ait « rien fait pour »… : un salut qui nous viendrait – pardonnez-moi l’expression… – « comme une lettre à la poste ».

La dimension d’espérance et d’attente est évacuée : la dimension de l’espérance et de l’attente que symbolise précisément le violet, cette couleur qui, par son mélange discret de lumière et d’ombre, fait doucement obstacle à toute suffisance…  et aussi parfois à l’inconvenance dans les éloges.

L’inconvenance dans les éloges… Si sans aucun doute l’hommage est légitime et même souhaitable, il faut cependant reconnaître qu’il arrive que des funérailles se muent en un véritable culte rendu au défunt… : presque une canonisation !… On peut d’ailleurs se demander si les mêmes propos auraient été tenus de son vivant ?

En définitive, quelle image de Dieu se cache, pour une part, derrière ces pratiques ?…

On affirmera que Dieu est miséricorde, et assurément, on n’y insistera jamais assez… C’est bien pourquoi, quelles que soient nos dérives ou celles de nos frères humains, toujours nous pouvons (et nous devons !) espérer… : pour nous-mêmes et pour tous ! … Espérer pour tous (cf. H. Urs von Balthasar)

Mais si sans conteste, avec le Dieu révélé en Jésus-Christ, la miséricorde aura toujours le dernier mot (et heureusement !), elle ne se fera jamais sans que s’exerce cependant un jugement sur nos actes. Pouvons-nous en effet tenir d’un Dieu qui ne serait qu’amour sans que la justice y trouve son compte ?… L’Ecriture ne dit-elle pas : Amour et Vérité se rencontrent (Ps. 85, 11) ?   Pouvons-nous imaginer un instant que le bourreau le plus abject puisse un jour s’asseoir sans plus – allègrement ! – à côté de sa victime dans le Royaume ?…

Sans aucun doute, Dieu attend-il de faire goûter son pardon aux pécheurs que nous sommes tous. Mais encore faut-il que nous acceptions de « passer » par les grandes eaux de la purification. Et où coulent-t-elles donc ces grandes eaux de la purification, sinon là où enfin se libère le flot débordant de nos larmes de repentance et de réparation… Le purgatoire n’est-il pas justement le lent et douloureux creusement de nos cœurs qui peut déjà, si nous le voulons, commencer dès cette vie… le lent et douloureux creusement de nos cœurs au travers des couches d’endurcissement accumulées au long des années : pour qu’enfin la source soit mise au jour ? Ce lent et douloureux creusement, si pour une part il dépend de nous (lorsque nous sommes encore ici-bas) et du soutien priant de nos frères (lorsque nous sommes passés dans l’au-delà) restera cependant toujours et avant tout œuvre de Dieu… Seul Dieu sait jusqu’à quelles profondeurs de péché il lui faudra aller pour chacun d’entre nous… Et lui seul pourra aussi descendre et creuser aux pires abîmes de nos vies sans que jamais il y perde cœur… : pour nous y saisir, pour nous y laver, et nous y recréer dans le flot des grandes eaux d’un baptême de renaissance enfin mené à son accomplissement…

Cet accomplissement, au terme du lent et douloureux creusement, puissions-nous l’espérer, le vouloir, l’attendre, pour tous nos frères humains, sans qu’un seul soit laissé sur le bord du chemin…

Le violet de nos funérailles… : humble et douce couleur de l’attente pour tous… au long du creusement…

Humble et douce couleur de l’attente  pour les pauvres pécheurs que nous sommes tous ! Frères et sœurs, allons-nous donc forcer les portes du ciel en nous revêtant de blanc avant l’heure ?…

Votre curé, Henri Bastin

 

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