Ils disent et ne font pas !

            Homélie du 31ème dimanche A :

Lectures : Mi 1, 14b-2, 2b.8-10; Ps 130 (131); 1 Th2, 7b-9.13; Mt 23, 1-12

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Homélie de la Toussaint 2023.

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L’amour est premier !

                 Homélie du 30ème dimanche  A :

             Lectures : Ex 22, 20-26; Ps 17; 1 Thés 1, 5c-10; Mt 22, 34-40

*Mes sœurs et mes frères dans le Christ Jésus,  la Parole de Dieu nous fait entrer en espérance. Elle nous fait prendre conscience de notre spiritualité sans doute dormante : pour quoi, pour qui je vis;  à quoi, en qui  je crois, qui suis-je profondément au milieu des évolutions de notre monde ?… En effet,  tu es fait pour être aimé et aimer. C’est un besoin existentiel inhérent à  tout être humain.

La question posée à Jésus dans la page d’Evangile est bien judicieuse : l’excès nuit ! On en a sa dose avec cette ribambelle  de préceptes qui régissent la vie religieuse et sociale d’Israël,  dénombrés à 613  dans la Torah.  Quel est, en dernier ressort,  le cœur de la religion, le secret de la vie;  quelle est la loi focale, capitale d’où découleraient  toutes les autres ? Et Jésus de répondre : « Tu aimeras!  » Effectivement, l’amour est premier, car sans lui,  on a raté sa vie  et même sa mort, le passage ultime vers l’autre versant de la vie.  Vivre sans ami, n’est-ce pas mourir sans témoin ? La maladie psycho-spirituelle la plus atroce, c’est la carence affective, le sentiment du vide d’amour-énergie ! … Voilà pourquoi l’amour  est le principe fondamental de la morale chrétienne : si Dieu est Amour, alors « aime et fais ce que tu veux » (saint Augustin). Autrement dit : de toute racine du vrai amour, rien ne peut sortir de mal. Pour Jésus, l’amour est le déterminant inéluctable : c’est par lui que nous sommes reconnus ses disciples (Jn 13, 35).  C’est encore par lui que nous serons jugés (Mt 25, 31-41).

*Tu aimeras Dieu et tu te laisseras aimer par Lui.  Voici la flamme que ce Papa aimant te garantit : « Vois, je t’ai gravé sur les paumes de mes mains … Je t’ai aimé d’un amour éternel, aussi t’ai-je gardé ma faveur, sois sans crainte » (Is 49, 16; Jn 14, 23; Jér 31, 3).

Si Jésus cite l’amour pour Dieu en premier, c’est parce que c’est Lui la source qui irrigue nos cœurs d’amour (Rm 5, 5). Pour mieux comprendre cela, imaginons un grand cercle tracé sur le sol et Dieu au centre. Sur la circonférence, il y a des hommes. On ne peut que constater ceci :   plus ils s’approchent de Dieu, plus ils se resserrent, leurs liens se consolidant; mais plus ils s’éloignent de Dieu en mouvement inverse, plus ils se distancient et se dispersent. En aimant Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit, c’est-à-dire saisi de tout  ton être (ta dimension psychologique, spirituelle et somatique), il ne peut que t’imprégner en revanche   de son amour et décupler ta faculté d’aimer.

Oui, c’est une exigence spirituelle  que d’entretenir avec « son » Dieu,  une relation intime, mystique, à l’instar de cette déclaration d’amour du psalmiste : « Je t’aime, Seigneur, ma forteresse, le rocher qui m’abrite, mon bouclier, mon arme de victoire ! » (Ps 17). Toute l’histoire du salut est une aventure d’amour, une Alliance entre Dieu et son peuple, une Alliance souvent brisée par les démissions et les lâchetés de ce dernier, ses péchés.  Fort heureusement, Jésus le Christ a rétabli une fois pour toutes l’Alliance par le sang de sa croix : « Prenez et buvez-en tous, car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l’Alliance nouvelle et éternelle qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés« .

*Cependant, « si quelqu’un dit : ‘J’aime Dieu’ et qu’il déteste son frère, c’est un menteur : celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, ne saurait aimer Dieu qu’il ne voit pas » (1 Jn  4, 20). La prière et la fraternité, la contemplation et le service d’autrui sont intrinsèquement liés. Les témoins de l’Evangile comme l’abbé Pierre, sœur Emmanuelle et tant d’autres nous ont assez appris que joindre pieusement les mains pour prier est merveilleux, mais  c’est encore mieux de les ouvrir pour donner…  La croix de Jésus articule d’ailleurs admirablement les deux axes de l’unique amour : de ses deux poutres, l’une est verticale, tendue vers le ciel (amour pour  Dieu) et l’autre est horizontale, embrassant l’humanité (amour pour l’homme)…  Evidemment, je parle en croyant : aimer l’homme sans Dieu vide l’amour de toute espérance, et aimer Dieu en détestant l’homme  est une tartuferie notoire, une spiritualité désincarnée.  

Et plus qu’un sentiment ou une inclinaison affective, l’amour évangélique est une praxis, ce sont des actes pratiques et concrets. Je renvoie ici à la  1ère lecture : parce que tu sais d’expérience ce que c’est être humilié,  à ton tour, ne va pas humilier les autres !…  Alors, n’aimons pas seulement en paroles, avec de beaux discours. Faisons  preuve d’un amour qui fasse grandir l’autre, d’un amour qui se manifeste plutôt par des actes (1 Jn 3, 18).                                                                          

                                                                             Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Un banquet offert à tous, mais non sans condition !

Homélie du 28ème dimanche A

                     Lectures: Is 25, 6-10 a; Phil 4, 12 s; Mt 22, 1-14

Mes frères et mes sœurs, dans la 1ère lecture, le prophète Isaïe exprime un optimisme à toute épreuve pour nous encourager et nous dire : « Tu ne regretteras pas d’avoir fait confiance en Dieu, d’avoir cru en ses promesses. Quand le projet de salut de Dieu aura abouti, il organisera un festin où les peuples, sans exception aucune, seront invités. Tu y as déjà ta place !…  Ce sera une démarche inclusive, une joie partagée« .

Dans la parabole de l’Evangile, il s’agit d’un mariage. Qui l’organise ? Un roi, c’est Dieu. Qui se marie ? Son Fils Jésus. Avec qui ? La fiancée n’est pas mentionnée, c’est une astuce littéraire pour soutenir le suspense. En effet, la fiancée, c’est l’Eglise répandue à travers le monde, le peuple de Dieu et c’est nous. Cette parabole nous rappelle les péripéties de l’histoire du salut marquées par de nombreuses ruptures d’alliance, les refus du don de Dieu, l’indifférence parfois insolente à ses sollicitations d’amour, voire l’hostilité envers ses messagers, les prophètes.

Il y a 3 groupes d’invités : le 1er c’est celui des fils d’Israël, le peuple élu. Indifférents, ils n’ont que faire de l’invitation et leur refus est total. La 2ème vague d’invités fait aussi la sourde oreille. Mais certains justifieront leur refus par des préoccupations professionnelles. De même aujourd’hui, il y en a qui ne vont pas à la table du repas eucharistique, qui préfigure le banquet du Royaume, par manque de temps – d’intérêt ? Ils n’en peuvent plus de leurs folles courses : conduire les enfants au sport, retrouvailles familiales, amicales, loisirs, besoin impérieux de repos…

Après que ces deux essais aient essuyé une rebuffade, le roi invite de nouveau. C’est dire comment Dieu est patient ! Puisque les premiers invités s’étaient désistés, il fallait bien trouver d’autres convives, car le banquet d’amour de Dieu est toujours prêt, qui t’attend ! Va s’en suivre une mobilisation générale. Cette fois-ci, les invités viendront de partout : des femmes, des hommes du monde entier, toutes races et cultures confondues. Cette famille humaine unie dans sa diversité et rassemblée autour du banquet où Dieu nous partage sa vie et sa joie, souligne la catholicité, l’universalité du salut proposé par Jésus-Christ. Il y a dans la salle des bons et des mauvais, le bon grain et l’ivraie. On n’a pas besoin de fournir un certificat de vertu ou de bonne conduite. Tout le monde est invité pêle-mêle, sans distinction ni discrimination. Dieu appelle gratuitement, convie largement : la salle est bourrée.

Est-ce que tout est bien qui finit bien ? Que nèni ! Notons que la miséricorde infinie de Dieu qui accueille tous les hommes n’est pas un laisser-aller bonasse. Il y a une exigence de tenue correcte et de dignité ! Dans la salle de noces, on surprend un monsieur en salopette de jardinier. Le roi l’interpelle avec beaucoup de courtoisie, il l’appelle même « mon ami ! ». Il veut négocier, créer du lien avec lui (religare). Mais ce dernier choisit de garder un silence d’affront, il refuse de dialoguer, d’entrer en relation avec Dieu. Ce faisant, il s’est replié dans son mutisme, s’est  enfer-mé sur lui-même. L’enfer, c’est refuser pieds et poings liés, de s’ouvrir aux autres et à Dieu…

Non, l’habit de noce, l’exigence de dignité pour accéder dans la salle de fête dont parle Mathieu, ne relève pas d’un mérite ou d’une condition à remplir ; ce n’est pas  non plus d’abord une question de morale ou de dogme. C’est le linge baptismal qui signifie « revêtir le Christ« , « revêtir l’homme nouveau » (Gal 3, 27 ; Eph 4, 24). C’est le vêtement blanchi dans le sang de l’Agneau dont parle saint Jean (Apc 7, 14 ; 19, 5-8). Ce qui importe, c’est être intimement attaché au Christ. Par cet attachement, il nous donne la force d’adopter son style de vie, de changer de regard ; la force de faire face à des circonstances diverses, y compris les plus difficiles, ainsi qu’écrit saint Paul de sa prison dans la 2ème lecture : « Je peux tout en celui qui me donne la force ».

Avant la communion, je vous inviterai à venir recevoir et manger le pain de vie, en ces termes : « Heureux les invités au repas du Seigneur« . Le geste de vous lever et de vous avancer signifie que vous répondez : « Oui« . Mais vous ajouterez : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir« , autrement dit : « Guéris-moi, je te fais confiance ; accueilles-moi à la fête, j’ai revêtu le vêtement de noce   …! »

                                                                                   Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Les vignerons homicides

                    Homélie du 27ème dimanche A : les vignerons homicides

                         Is 5, 1-7 ; Ps 79 ; Ph 4, 6-9 ; Mt 21, 33-43

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la bonté du Seigneur est pour tous !

Homélie du 25ème dimanche A

Lectures : Is 55, 6-9 ; Ps 144 ; Ph 1, 20c-24.27 a ; Mt 20, 1-16

Mes sœurs et mes frères, saint Mathieu écrit aux chrétiens d’origine juive pour leur signifier que Jésus est bel et bien le messie annoncé par les prophètes. Certes, les juifs sont le peuple élu, ouvriers de la 1ère heure, mais quiconque répond à l’invitation de Dieu d’entrer en alliance avec lui, a accès à sa grâce. La vigne du Royaume est ouverte à tous les peuples de la terre : qui choisit de (re)venir vers Dieu bénéficie de sa Miséricorde (1ère lecture)… Une crise économique sévit dans le pays et les ouvriers agricoles se retrouvent le matin sur la place du village dans l’espoir d’être embauchés pour la journée. Pour reprendre l’expression du pape François : Dieu est de « sortie » ! C’est lui, en fait, qui prend l’initiative d’aller chercher l’homme sur la place publique. C’est donc Lui qui t’a aimé le premier (1 Jn 4, 19) ! La foi, c’est le pressentiment, la révélation intérieure de son Amour. Ayant connu et reconnu cet Amour, saint Paul écrit : « Ma vie présente, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et qui m’a sauvé » (Gal 2, 20). Il est tellement terrassé par le feu de l’Amour de Dieu qu’il n’hésite pas à témoigner de ce qui fait dorénavant sa raison de vivre : « En effet, pour moi, vivre, c’est le Christ » (2ème lecture).

Dans la page de l’Evangile, le maître embauche à toutes les heures, sans discrimination et sans condition. Le moins à dire, c’est que sa logique est absolument insolite. Il ne respecte pas les lois du marché : la rétribution proportionnée à l’effort fourni, au travail réel accompli. Ce n’est pas normal que 12h d’une charge de travail et en plus sous un soleil infernal, ait le même prix que celle réalisée en une heure et dans la fraîcheur du soir !

Chers amis, Jésus nous partage cette merveilleuse parabole pour nous aider à appréhender un tant soit peu le mystère de l’Amour de Dieu. Les chemins et les pensées de Dieu sont bien loin des nôtres ! Au lieu de rétribuer selon les performances, le rendement et les mérites de chacun, Dieu donne son Amour gracieusement et gratuitement. Les traînards passent devant, les croyants-de-travers, les hors-de-l’Eglise sont premiers et aussi bien servis. Du dernier au premier, c’est le même Amour qui est donné et il est entier ! Nous l’appelons « le Bon Dieu » et il l’atteste lui-même : »Ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ? » A la place de la rémunération de l’effort fourni, Lui, parle de la grâce et du don. Cet Amour divin s’appelle en grec « agapê « . Nullement méritoire, il est prodigué gratis : « C’est par la grâce que vous êtes sauvés » (Ep 2, 8). L’important, ce ne sont pas d’abord les efforts à fournir, une perfection à atteindre à tout prix, une culpabilité à endurer perpétuellement, mais comme un cadeau à recevoir, que tu accueilles simplement son Amour, sa grâce : « Ma grâce te suffit » te rassure-t-il (2 Co 12, 9).

Bien que le maître du domaine de la parabole ait respecté le contrat convenu avec les ouvriers râleurs, je peux comprendre la revendication de ces derniers. Ce qui les déforce sans doute, c’est qu’au lieu de s’inscrire dans la reconnaissance et la bénédiction, ils se sont laissés plutôt envahir par l’esprit de la comparaison : « Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure et tu les traites à l’égal de nous, qui avons enduré le poids du jour et la chaleur ! « .

En effet, se comparer aux autres, c’est du poison qui tue ce qu’il y a de meilleur en soi, il anéantit l’émerveillement, la gratitude, l’estime et la confiance en soi. C’est un venin qui dévalorise et rabaisse en alimentant beaucoup de maux qui nous rongent : sentiments d’infériorité, besoin de l’approbation des autres, insatisfaction chronique, morsure de culpabilité, peur de l’avenir, jalousie … Loin de découvrir sa valeur personnelle qui est au demeurant exceptionnelle, on passe son temps à se comparer à ceux que l’on croit être plus intelligents, plus talentueux, plus riches, plus beaux, plus épanouis, mieux payés … Et qui pis est, on se compare sans au préalable avoir défini le sens et l’idéal que l’on donne à sa propre vie. N’est-ce pas que c’est d’abord son propre objectif que l’on doit chercher à atteindre et non celui du voisin ? A se comparer aux autres, on passe à côté de l’essentiel de sa vie.

Puisque nous sommes tous uniques avec nos différences légitimes et nos spécificités intrinsèques, il revient à chacun de créer et d’apprécier sa propre légende.

                                                                                      Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Le primat de l’amour !

Homélie du 23ème dimanche A :

Lectures : Ez 33, 7-9 ; Ps 94 ; Rm 13, 8-10 ; Mt 18, 15-20

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