Nous démarrerons officiellement l’année pastorale 2025-2026 tous ensemble par une messe communautaire très accueillante qui rassemblera toutes les générations: les enfants auront une animation appropriée tandis que les adultes groupés en ateliers partageront sur le thème de l’espérance à partir d’une mise en situation. Notre doyen en profitera pour présenter les orientations pastorales et les activités saillantes de cette nouvelle année pastorale. Ne manquons pas ce moment de relance et d’unité!
Les activités commenceront à 9h30 et seront suivies de la messe de rentrée pastorale.
Un verre de l’amitié sera servi après la messe par l’Equipe relais de Malmedy. L’idée de nous y retrouver tous réjouit déjà le cœur de notre doyen et son équipe!
Mes sœurs et mes frères, Jésus parle tant et tant de bien-nantis. Le riche égocentriste de l’Evangile de saint Luc vit dans le faste, fait la fiesta chaque jour. Ses délectations quotidiennes l’aveuglent, assèchent son cœur, le rendant indifférent et insensible à la détresse des autres. Juste devant sa porte, se tient quelqu’un qui est criblé de misère, qui a faim et soif. Lazare est épuisé physiquement et psychiquement, il gît à terre… Seuls les chiens, animaux domestiques, compagnons fidèles et plus sensibles que l’homme – du moins selon le récit -, le consolent, lui manifestent de la compassion en léchant ses ulcères.
Chers amis, être indifférent, c’est esquiver son regard, ne pas se sentir concerné, touché par quelqu’un qui a besoin de notre assistance. C’est un drame qui bafoue la dignité de l’homme et crée des fossés entre humains vivant sur la même planète. La vraie richesse, n’est-ce pas la culture de regarder autour de soi, de déceler les besoins des autres et d’y répondre si possible?
Il est important de relever quelques astuces stylistiques du conte de Jésus: le pauvre est nommé (Dieu connaît et reconnaît les cabossés de la vie), mais pas le riche … Serait-ce alors toi, moi, nous?
Lazare en hébreu signifie « Dieu vient en aide, Il porte secours« . Alors, aurait-il oublié Lazare? Non, il a posé sur son chemin un riche pour l’aider, hélas ! Sache que tu es invité à devenir aujourd’hui plus que jamais les yeux, la bouche, le cœur, les mains, les pieds de Dieu. Ta mission, c’est d’être instrument de sa gloire.
Tenez, après leur mort, tous les deux vivent! Donc, pour Jésus, l’au-delà existe bel et bien! Bien entendu, il y en a qui n’y croient guère. Il faut respecter leurs opinions, car comme le dit le père Abraham, même si les morts revenaient, ils ne seront pas persuadés. La foi, c’est d’abord un accueil du don de Dieu… La particularité, c’est que Lazare est emporté par les anges, il s’empare de la vie éternelle (2ème lecture), tandis que le riche est enterré, descendu dans la tombe. En effet, Jésus emploie les images courantes de son temps, la représentation que ses contemporains se font du séjour des morts: les justes sont portés au ciel et les mauvais engloutis dans les flammes de l’enfer.
L’essentiel du message est clair: c’est aujourd’hui que tu te prépares à la vie éternelle par l’ouverture à la Parole de Dieu et aux autres, en l’occurrence aux faibles pour qui il convient d’inventer un regard, un geste de partage, un lien, une écoute active, une porte ouverte.
Comment dès lors vais-je vivre concrètement cet Evangile? Le piège en Occident, dans nos pays dotés d’une politique sociale bien ancrée, c’est de nous dérober facilement en nous disant: il y a des CPAS, des mutualités, des institutions sociales qui s’occupent de pauvres… Mais toi à ton niveau, quel est ton engagement personnel? L’Evangile d’aujourd’hui t’invite à convertir ton regard: essaie de regarder (pas de voir) ne fût-ce qu’un Lazare à ta porte, une personne ignorée, oubliée. Laisse-toi être dérangé, prends le temps de connaître son prénom, de t’intéresser à lui sans le moindre jugement. Et pourquoi pas par exemple, au lieu de lui donner de l’argent, l’inviter à partager un repas avec toi, avec vous? On peut tout aussi bien soutenir les initiatives citoyennes, solidaires qui réduisent l’écart entre riches et pauvres (Croix-Rouge, couleur-café, aide aux devoirs, soutien administratif…).
En somme, il revient à chacun(e) de se demander à la fin de chaque semaine: qui ai-je ignoré? qui ai-je aidé?
Mes sœurs et mes frères, je vous avoue qu’en lisant cette parabole d’escroquerie, j’ai souri en coin en me demandant comment j’allais m’en tirer en prêchant sur une leçon de magouille et de malversation que Jésus semble cautionner ! C’est d’autant plus choquant, contrastant, que dans la 1ère lecture, le prophète Amos s’insurge contre la fraude et les pratiques commerciales abusives. Il s’adresse aux puissants, en l’occurrence aux commerçants de son temps, qui exploitent les pauvres. Amos fustige leur cupidité : les riches privilégient le profit au détriment des plus faibles. Nous vivons, nous aussi, dans une société quasiment néo-libérale où, à bien des égards, l’économie, la surconsommation, le profit immédiat prennent souvent le dessus. Les gens sont exploités, mal payés ou sacrifiés au nom de la rentabilité. La dignité de la personne compte très peu.
Revenant à l’Evangile, Jésus n’approuve guère la fourberie, mais il admire la créativité, la débrouillardise de ce gérant qui ferait tout pour ne pas être pris au dépourvu ; il admire son habileté à se faire des amis, y compris avec l’argent malhonnête ! Il lui tire son chapeau non pas pour sa malhonnêteté, mais pour sa vivacité d’esprit. C’est comme si Jésus nous disait : “Soyez tout aussi inventifs pour le Royaume de Dieu, pour l’avènement d’un monde de justice, de paix, de partage que les malins de ce monde le sont pour leurs affaires. Ils sont futés, astucieux quand il s’agit de leur avenir terrestre. Et vous, êtes-vous aussi inventifs, ingénieux quand il s’agit d’investir pour votre avenir éternel ? » … Que ne fait-on pas, combien de temps ne passe-t-on pas à calculer, à mettre en place des stratégies pour acquérir des biens matériels ? Avons-nous la même préoccupation d’aimer Dieu, de soigner notre vie spirituelle ?
Parlons de l’habilité du gérant de l’Evangile. Ce n’est pas un vice, c’est plutôt savoir tirer profit de certaines circonstances de la vie pour atteindre ses objectifs. Les saints qui se sont investis dans les œuvres d’assistance et de bienveillance, comme Mère Térésa, Vincent de Paul… ont fait preuve de beaucoup d’esprit d’imagination pour réussir leurs œuvres. La foi authentique ne se contente pas de prières et de rites, elle se traduit en justice, en solidarité, en amour concret du prochain.
Quant à l’argent, pour Jésus, il n’y a pas de compromis : on ne saurait servir deux maîtres à la fois ! Un jour il faut bien l’admettre, un jour il faut décider pour qui on veut vivre, à qui on veut donner son cœur : à Mammon (divinité de la richesse matérielle, de l’argent, de la fausse sécurité) ou à Dieu (Lc 16, 13) ? Un vieil adage dit ceci : “L’argent, c’est comme le fumier. Si tu le laisses en tas, ça pue. Si tu le répands, ça fertilise.” Moralité : l’argent est dangereux s’il devient une obsession, un maître, mais utile s’il sert à la commodité de la vie, s’il aide par exemple à créer des liens.
Voilà donc, chers amis, une proposition d’objectifs à nous assigner en cette rentrée pastorale : ne craignons pas de déborder d’ambition et d’imagination dans les projets que nous allons entreprendre ensemble pour la gloire de Dieu et le salut des hommes.
Mes sœurs et mes frères, nous portons sur nous la Croix et nous la retrouvons dans nos maisons, nos voitures, les hôpitaux, les écoles, les cimetières, les lieux de prière, de célébration des sacrements… N’est-ce pas un scandale, une folie d’avoir comme signe d’attachement, d’affection et de ralliement à Dieu une Croix, qui est au demeurant un signe de mort, de malédiction (Dt 21, 23; Gal 3, 13), de condamnation, d’humiliation, d’échec d’une mission : « Il est venu dans son propre pays, mais les siens ne l’ont pas accueilli » (Jn 1, 11) ?… Oui, curieusement – et là se trouve le mystère ! -, c’est sur la Croix que le Christ nous a sauvés ! Dès lors, la Croix qui, autrefois, était instrument du supplice, de la honte, est devenue par le Christ, l’étendard du salut, qui transforme la mort en vie, la nuit en aurore, les gouttes de larmes en éclats de diamant, en espérance !
La Croix est « glorieuse » parce que ce qui paraissait une défaite (la mort de Jésus) s’est révélé la victoire définitive de Dieu sur les forces du mal et de la mort. Répondant à la lettre d’un enfant zimbabwien de 10 ans qui, comme tant d’autres enfants de par le monde, lui demandait pourquoi les catholiques vénèrent la croix, le pape François dit : « La croix est le lieu où Jésus a gagné, où il a remporté la victoire sur le mal et sur la mort… Le diable a perdu et c’est pour cette raison qu’il a peur de la Croix. Elle est le signe de sa défaite » (Livre : Cher Pape François –titre original : Dear Pope Francis, Ed. Mama, 2017, p. 49).
Saint Paul affirme : « Nous prêchons le Christ crucifié » (1 Co1, 23). Par la Croix, Jésus s’identifie à notre humanité fragile, blessée et souffrante; il traverse notre mort pour nous ouvrir le chemin de la résurrection, de la vie éternelle. Aussi la Croix est-elle signe d’espérance, passage vers la gloire.
Les amis, le mystère de la Croix glorieuse est d’une richesse inépuisable : il nous invite à voir dans nos propres épreuves une participation au mystère pascal; et nous fait comprendre qu’on n’arrive pas à la gloire sans passer par la voie royale de la kénose, du dépouillement, de la mort en soi : nos petites morts quotidiennes faites de détachement et de renoncement à nous-mêmes, à nos prétentions et même à nos avantages légitimes.
La Croix est aussi la preuve suprême de l’amour de Dieu pour l’Homme car « Il n’y a pas d’amour plus grand que de donner sa vie pour la personne que l’on aime » (Jn 15, 13). Ainsi, chaque fois que tu fais un signe de Croix, rappelle-toi à jamais que tu es sauvé, aimé infiniment, gratuitement et sans condition. A chaque eucharistie, nous célébrons en live, nous vivons ce don total et perpétuel du Christ, qui se donne en nourriture : « Ceci est mon corps livré pour vous; ceci est mon sang versé pour vous et la multitude« … Quand sur la Croix, il étend ses bras, il embrasse toute l’humanité, il rassemble les enfants de Dieu dispersés (Jn 11,52) comme une poule rassemble ses poussins.
Somme toute, la Croix glorieuse, c’est le cœur battant de notre foi, de notre fierté, de notre assurance, de notre espérance. C’est le signe d’initiation chrétienne, de bénédiction, de protection, de sécurité dans le Christ Jésus.
Le 14 février 1858, à la grotte de Massabielle à Lourde, lors de son apparition à la petite Bernadette Soubirous, la Vierge Marie sourit à l’enfant en faisant le signe de la Croix. Et après, quand on demandait à Sainte Bernadette ce qu’il fallait faire pour être sûr d’aller au ciel, elle répondait : « Bien faire son signe de Croix, c’est déjà beaucoup !«
Alors, ne trace jamais sur toi le signe de Croix comme si tu te débarrassais de mouches, de manière mécanique, en pilotage automatique, sans concentration. C’est un geste puissant de délivrance, une source féconde d’amour. Ose fixer, ancrer tes yeux et ton cœur sur le Christ crucifié, tu auras la vie sauve (cf. 1ère lecture et Evangile) !… Et puis, ne t’en dors pas, ne te réveille pas, ne quitte pas ta maison sans faire le signe de Croix. La Croix est la clé qui ouvre la porte, c’est l’accès au champ de grâces. Lors d’une séance de catéchisme, une enfant de 8 ans résuma joliment le signe de Croix : « C’est le numéro de téléphone de Dieu«
Dans le cadre de l’Année Sainte, en partenariat avec le monastère de Wavreumont, nous faisons un pèlerinage pédestre, le samedi 6 septembre.
Départ de la cathédrale à 14h00 jusqu’à l’ermitage Saint Antoine de Bévercé.
Thèmes de l’animation : revisiter le signe de la Croix, la puissance du silence, nature et spiritualité. Des voitures-taxis prendront ceux qui ne pourront pas suivre à pied. Une fois arrivés à l’ermitage, il y aura collation, récit de l’histoire du monastère de Wavreumont qui fêtera le lendemain son jubilé d’albâtre (75 ans) et vêpres de Saint Remacle animées par les moines.
Pour les personnes qui ne peuvent marcher, un covoiturage est organisé. Pour ce faire, complétez le formulaire suivant et communiquez-le au secrétariat de l’UP
Il n’est pas nécessaire de s’inscrire au pèlerinage. Seules les personnes souhaitant le covoiturage sont priées de retourner le document pour le 4 septembre.
Lectures : Si 3, 17-18. 20. 28-29; Ps 67; He 12, 18-19. 22- 24a; Lc 14, 1. 7-14
Frères et sœurs bien-aimés, a-t-on déjà vu un paralytique tomber de haut, s’écrouler ? Non, car pour tomber, il faut d’abord être debout. Autrement dit : ce qui précède la chute, c’est la hauteur…, c’est l’orgueil.
À l’heure de la rentrée, l’Évangile de ce jour nous tend un miroir. Il nous révèle une vérité que nous préférerions peut-être ignorer : au fond de nous sommeille souvent un subtil mais redoutable poison…, c’est l’orgueil.
L’orgueil, c’est cette arrogance aveugle, ce penchant narcissique qui nous pousse à croire, sans sourciller, que nous valons mieux que les autres, que nous devons absolument nous faire remarquer, que nous avons toujours raison, que nous méritons la première place, que nous savons tout, que nous ne pouvons pas nous tromper et, donc, nous remettre en question !… Pris dans les barbelés de l’illusion d’autosuffisance, on a tendance à se mettre en avant, à écraser, à mépriser, à snober les autres. Mais, en réalité, notre orgueil n’est souvent que le masque de nos blessures et de nos fragilités. Plus je veux briller, plus je cache mes failles. Parlant de la culture, Jacques Chirac disait avec humour « Moins on a de confiture, plus on l’étale« .
Face à ce piège, l’Evangile nous propose un chemin de libération : l’humilité, qui est l’échelle royale de toute élévation. Être humble ne signifie pas se sentir complexé, se rabaisser, se dévaloriser, s’agenouiller, s’aplatir, capituler, accepter l’humiliation. C’est plutôt être doté de cette beauté intérieure qu’on appelle la simplicité de cœur.
Une personne humble n’a rien à prouver pour se mettre en valeur et il n’a pas besoin de se comparer aux autres. Elle ne joue pas non plus un rôle tant elle est libérée du souci du paraître et de la comédie des apparences. Sans affectation ni prétention, elle agit de manière authentique et naturelle. Elle reconnaît que tout est grâce, don de Dieu ; elle a une oreille qui écoute (1ère lecture), respecte les autres, valorise et se réjouit de leurs talents. Elle accueille les différences et fait grandir la communion.
Le mot « humilité » vient de « humus », qui nourrit la terre, la rend féconde, généreuse ! L’humilité fait ainsi grandir et fleurir. C’est la véritable dignité de l’homme ! En fait, il n’y a qu’une seule chose qui puisse arriver à une personne humble : c’est être promue comme le dit Jésus dans la parabole de ce dimanche : « Mon ami, avance plus haut … Qui s’abaisse sera élevé« . L’humilitéprécède la gloire alors que l’orgueil, lui, entraîne la chute, la ruine.
De nombreux témoins incarnent cette grandeur de l’âme :
Marie l’a chanté : « Dieu élève les humbles ». Jean-Baptiste s’est effacé devant le Christ : « Il faut que lui grandisse et que moi je diminue »… Jésus lui-même, par son abaissement volontaire (kénose), nous a révélé que l’humilité n’est pas une simple qualité morale, mais c’est sa manière d’être, sa méthode de vivre : il s’est fait serviteur en lavant les pieds de ses disciples, en donnant sa vie pour nous. Dans d’autres passages, il dit : « Je ne suis pas venu pour être servi, mais pour servir… Le plus grand sera votre serviteur » (Mt 20, 28; 23, 11). « Père, je te rends grâce, ce que tu as caché aux savants, tu l’as révélé aux plus petits » (Mt 11, 25; Lc 10, 21).
Frères et sœurs, si nous voulons que notre orgueil s’efface, apprenons à aimer pour du vrai, car aimer, c’est s’oublier soi-même, mourir à soi. Cultivons le désir de servir gratuitement, sans calcul. Là est la vraie grandeur.
Seigneur Jésus, rends-nous semblables à ton cœur doux et humble. Libère-nous de l’illusion de nous croire plus que nous ne sommes. Apprends-nous la joie simple d’aimer et de servir. Amen.
Mes frères et mes sœurs bien-aimés dans le Christ, mon propos s’appuie sur cette question de salut éternel posée par « quelqu’un », un certain individu – et si c’était toi ! – dans l’Evangile de ce dimanche : « Combien seront sauvés ? » Selon saint Paul, Dieu voudrait bien que tous soient sauvés (1 Tim 2, 4). En tout cas, la 1ère lecture va dans ce sens. Yahvé dit : « Je viens rassembler les femmes et les hommes de toutes les nations, de toutes les langues. Ils viendront et verront ma gloire « . Et Jésus dans l’Evangile : « On viendra de l’Orient et de l’Occident, du Nord et du Midi » Le texte consulaire Lumen Gentium – § 16 dit que le salut est donné à tous les hommes par une voie divine connue de Dieu seul… Tel est donc le dessein bienveillant de Dieu : le salut n’est pas réservé à une race, un peuple, une culture, une religion ou à une philosophie de vie : il est offert universellement.
Cependant, on peut s’interroger : si tout le monde est sauvé d’avance, pourquoi alors tant d’efforts pour tendre vers la sainteté ? Et en quoi la liberté de ceux qui refusent l’amour de Dieu, de ceux qui se ferment obstinément à l’appel de Dieu serait respectée ?
Dans la parabole du festin de noces, Jésus précise : « Beaucoup sont appelés mais peu élus » (Mt 22, 14). Et dans la page d’Evangile de ce dimanche, il relève le débat en amenant chacun à sa propre responsabilité. Il ne s’agit pas de connaître les statistiques ou le quota de ceux qui seront sauvés, mais de savoir comment être sauvé, car la promesse du salut n’est ni vague ni automatique. « Efforcez-vous« , dit-il avec insistance ! Le salut n’est pas une sinécure, on n’est pas sauvé sans une fidélité persévérante, sans combat spirituel. Voilà pourquoi saint Paul dira à la fin de sa vie : « Le moment de mon départ est venu, j’ai combattu le bon combat, je suis allé jusqu’au bout de la course et la victoire, c’est que j’ai gardé la foi » (2 Tim 4, 7) … Mes sœurs et mes frères, la sainteté ne signifie pas perfection, mais l’effort inlassablement soutenu de se convertir, de se relever puisque de temps en temps on tombe tous et d’avancer avec l’aide de l’Esprit Saint.
Aussi Jésus nous exhorte-t-il à nous efforcer d’entrer par la porte étroite. Cette métaphore, c’est pour que nous comprenions que la Bonne Nouvelle est exigeante et urgente. Il faut absolument une diète, un dépouillement spirituel. Car quand on est obèse spirituellement, c’est-à-dire bourré d’orgueil, d’autosuffisance, encombré de fausses sécurités, de choses accessoires et superficielles, l’accès au salut se complique. Alors, force nous est de choisir : on ne peut pas continuellement servir deux maîtres à la fois, on aime l’un et on trompe l’autre. Un jour, il faudra bien décider pour qui on veut vivre, à qui on veut se donner. Beaucoup… et il y en a ici, ont opté de servir Dieu et l’Eglise. Félicitations à eux et continuez de vous laisser tailler comme la vigne pour donner de bons fruits…
Chers amis, permettez-moi à présent de m’adresser à l’abbé Yves qui dit sa messe d’au revoir. Cher Yves, après la communion, Benoît t’adressera un mot au nom de l’Equipe Pastorale et Denis au nom des catéchistes. Merci pour ce que tu nous as apporté et appris, entre autres ta joie de vivre et ta disponibilité. Si tu te souviens, le 21 juin 2019, avant que tu ne t’installes à Malmedy comme vicaire, je t’avais parlé comme un aîné à son jeune confrère, à propos de l’attachement à Jésus-Christ. Pour moi, le prêtre est le sarment par excellence qui entretient avec Jésus, la vigne, une relation personnelle et profonde. En effet, un arbre ne saurait pas retrouver ses profondeurs nourricières s’il est déraciné. Sans cet attachement intime à Jésus, le prêtre devient creux, spirituellement vide. Ma prière pour toi et mon souhait, c’est que devenu aujourd’hui curé de l’UP de Bassenge, tu grandisses dans la connaissance, dans l’amour du Ressuscité et que tu ressentes en toi la puissance de l’Onction sacerdotale dont tu as été imprégné ; que la présence permanente du Dieu trinitaire en toi soit un besoin existentiel.