Temps de Noël : Célébrations eucharistiques

Voici l’horaire des prochaines célébrations eucharistiques.

Les messes sont limités à 15 participants + un nombre illimité d’enfants jusqu’à 12 ans.

La messe du 24 décembre à 18 heures à la cathédrale est réservée aux enfants jusqu’à 12 ans accompagnés des catéchistes des premières communions et des confirmations.

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Soyez dans la joie ! 

 

Homélie du 3ème dimanche de l’Avent B : Soyez dans la joie !    Lectures : Is 61, 1-10; cantique de Marie (Lc 1); 1 Th 5, 16-24; Jn 1, 6-8. 19-28

Gaudete – Réjouissez-vous ! Voilà un prélude à la fête de Noël : être transporté de joie  de savoir que le Seigneur qui vient  nous offrir son Alliance, est  tout proche. « Le Seigneur soit avec vous !« , lui qui, par son Esprit,  nous consacre à Lui; il guérit notre cœur brisé, nous délivre du mal et nous comble de ses grâces (1ère lecture). Dans la 2ème lecture, saint Paul le recommande avec force : « Frères, soyez toujours dans la joie ! » Et dans la lettre de mission qu’il nous remet, il dit en somme : « N’éteignez pas l’Esprit qui habite en vos cœurs. Permettez-lui plutôt  d’agir dans vos vies. Ce qui est bien, gardez-le, éloignez-vous de toute espèce du mal. Et retenez ceci : Dieu vous reste fidèle !« 

Mes sœurs et mes frères, la joie est une émotion particulière, un des sentiments exaltants les plus beaux du monde. Elle ne signifie pas oublier les avaries de la vie,  les vents contraires, le manque d’éclat, les chocs, les sources d’angoisse et parfois de désespoir.  Et si la  tristesse fait  partie des épisodes douloureux de nos existences, elle n’est pas à fuir ! Elle est un baromètre indiquant le degré d’attente de  la vraie joie, un appel à une soif d’exaltation  dont notre cœur a besoin :  » Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Le puissant fit pour moi des merveilles, saint est son Nom. Il comble de biens les affamés …  » Ce cantique de la Vierge-Marie à méditer ce dimanche, nous montre que la joie est un moment où l’on a envie de remercier, une gratitude qui ne fait plus place à  la rancune, à la peur ou au regret. Fruit de l’Esprit Saint (Gal 5, 22), dans son intensité, sa profondeur et son immensité, la joie est différente du plaisir qui, lui, est passager et superficiel. La merveille, c’est que la joie  n’a pas d’âge, et on a l’âge de sa joie : un coeur pétillant de joie conserve  sa jeunesse éternelle !

Il ne faut donc pas laisser les aléas de la vie et les gens négatifs vous  voler votre bonheur  de vivre, d’aimer, de donner, de servir, de croire et d’espérer. La source de la joie est en tout,  il faut savoir l’extraire : un simple sourire augure et divulgue la joie. Je me souviens de ce que ma maman me disait un jour : « Je suis contente que tu puisses toujours rayonner d’autant d’énergie, ton rire en cascade est ma récompense ! »  En décembre 2014, s’adressant aux cardinaux de la curie, le pape François leur disait comment la joie qui éclate sur un visage, est contagieuse : « Un cœur plein de Dieu est un cœur heureux qui irradie et communique sa joie à ceux qui sont tout autour de lui : on le voit aussitôt. Ne perdons pas cet esprit de joie, plein d’humour, et même d’autodérision, qui nous rend aimables, même dans les situations difficiles« .

Il est écrit en plus dans la péricope d’Evangile de saint Jean lu aujourd’hui : »Survint un homme, son nom était Jean« . De l’hébreu yohânân qui signifie Dieu fait grâce, Jean Baptiste, figure majeure de l’Avent, est  envoyé par Dieu pour être le témoin qui indique la source  de sa lumière, Jésus-Christ.  Il prépare le peuple à l’accueillir. Comment être prophète de lumière aujourd’hui ? Le monde a besoin de témoins qui permettent à la lumière de Dieu de rayonner. C’est ce que font les parents, les grands parents, les amis, les conseillers spirituels qui, autant que faire se peut, aident les gens à aller au Christ, à être justes, respectueux et dévoués pour les autres.

Jean Baptiste est  traqué par les émissaires des autorités juives : il doit décliner son identité. Que dit-il de lui-même ? Il ne  présentera pas sa carte d’identité, sachant du reste que les enquêteurs ne voulaient qu’une chose : savoir s’il était le messie ! Alors, très humble, il reste à sa place, ne se voyant pas  digne de délier la lanière de la sandale du Christ. C’est le travail du dernier des esclaves. Jésus, lui, a délié la sandale de ses disciples pour leur laver les pieds. Et s’il est le plus grand, c’est qu’il a été le plus serviteur. Etre humble ne signifie pas s’aplatir ou se ratatiner, mais c’est arrêter de se regarder le nombril et s’émerveiller de l’autre. Comme les vases communicants, c’est diminuer pour que l’autre grandisse.

En outre, Jean Baptiste s’identifie  à la voix qui crie dans le désert, le désert de notre cœur, lieu de nos aridités et pauvretés offertes. J’aurais l’envie de dire que nos faiblesses sont  au demeurant  un vivier de  croissance ainsi qu’écrit Michel Audiard : « Bienheureux les fêlés, car ils laisseront passer la lumière« . Etre fêlés, comme cette cruche fissurée qui,  grâce à ses imperfections, arrose le bas-côté de la route et fait fleurir le monde.  Dans la même optique,  Aristote dira : « Au fond d’un trou ou d’un puits, il arrive qu’on aperçoive les étoiles« .

L’Avent, c’est le temps plus que jamais de chercher celui qui est au milieu de nous, mais que nous ne connaissons pas, comme dit Jean Baptiste. Et pourtant, ce Dieu incognito, caché, est dans nos regards intrigués, nos efforts à faire la paix, dans nos recherches de vérité, dans notre soif  existentielle d’être aimé et d’aimer … C’est Quelqu’un à nommer avec courage et confiance !

Votre curé-doyen, Vital Nlandu

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les 24 h d’adoration

Chères amies, chers amis,

Je vous ai écrit, il y a 3 jours,  qu’en ce temps de confinement, il nous faut bien de la créativité,  y compris en ce qui concerne le lien de la communauté, par la communion dans la prière. C’est la raison pour laquelle nous organisons à la fête d’Immaculée Conception de cette année, ce mardi  8 décembre, « les 24 h d’adoration » en la cathédrale de Malmedy.

C’est juste magnifique !

En guise de l’Avent, notre montée vers Noël, nous allons prier aux intentions de nos familles, de notre UP, de l’Eglise et du Monde, avec Notre-Dame.

Organisation pratique :

  • de 8h à 21h en présentiel dans la chapelle de la Miséricorde de la cathédrale.
  • de 21h à 8h en distanciel à votre domicile, à l’endroit où vous aurez installé un petit coin de prière (une bougie, un Christ, une Vierge, une bible, une icône, des fleurs, …).

A la fin de votre heure de permanence, vous pouvez et c’est merveilleux,  envoyer un sms à une des personnes qui prend le relais. De cette manière, le flambeau sera transmis, nous nous encourageons et  nous restons soudés. L’adoration brasse et raffermit les liens !

J’ai élaboré  pour vous ce petit compendium d’adoration

  • Pourquoi adorer ?

Dans le tourbillon incessant de nos distractions, de nos dispersions et troubles intérieurs, avec la pollution sonore qui nous matraque, nous avons de temps en temps besoin, pour notre paix (guérison) intérieure, de nous réfugier dans le Cœur de Dieu …  Besoin  de fermer les yeux, d’écouter le bruit du silence , de nous concentrer, notre regard noyé dans les yeux de Jésus-Pain de vie. Ce pain vivant  descendu du ciel pour répandre la vie divine dans les membres du Corps du Christ, son Eglise, est source de vie éternelle (Jn 6, 27.34.48). C’est un signe d’unité, un sacrement d’amour,  le banquet pascal dans lequel Jésus est mangé pour nourrir les âmes, les combler de grâces. C’est le prélude et le gage de la gloire à venir.

En outre, le Seigneur nous a recommandé de rester éveillés et de prier sans cesse : « Ce que je vous dis là, je le dis à tous : veillez ! » (Mc 13, 37; Mt 26, 41). Nous sommes un peuple de l’Alliance, et l’adoration est un lien de communion, un kaïros pour redorer le blason de son Alliance baptismale avec le Dieu trinitaire. C’est l’hodie, l' »aujourd’hui » du mystère du salut. Je me laisse sauver, guérir, convertir grâce à la puissance de la résurrection  de Jésus-Christ et de la Miséricorde du Père qui s’opère et s’éclate en moi de manière extra-ordinaire !

  • Je vous souhaite une pluie de bénédictions et de grâces

Adorer, disait Jean-Paul II, « c’est puiser à la source même de la grâce« .

En effet, l’adoration est un cœur-à-cœur et pas un tête-à-tête  avec Jésus-Eucharistie,  qui se donne en s’exposant à mon regard,  sous les apparences du pain consacré.  Je me détache de tout le reste  pour m’abandonner à lui.  Entre les mains de Dieu, je remets mon esprit;  je m’ouvre comme un éventail, comme la fleur ouvre son calice au lever du soleil pour recevoir la rosée bienveillante. Epris d’un sentiment océanique, je contemple  avec admiration et émerveillement  la beauté, la splendeur du  mystère de son amour pour moi, pour l’homme, pour sa création.

« Ceci est mon corps qui est donné pour vous  » ! Je reçois cette parole de Jésus dans la foi, l’espérance et l’amour. Je découvre et savoure la présence réelle de quelqu’un, de Jésus,  à mes côtés, qui me dit : »Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la consommation des temps » (Mt 28, 20).

A la rencontre de deux regards qui se dévorent d’amour, qui s’envisagent, on se sent reconnu. On est tellement ébloui par la splendeur du paysage des yeux de l’être aimé qu’on s’y perd!  L’œil est un phare et le regard une magie de communion.  Tel est le regard scintillant de Jésus ! En l’adorant, j’accueille la lumière  qui émane de sa présence. Comme le soleil fait fondre la neige, sa présence illumine mon cœur jusqu’à dissoudre les ténèbres qui l’enserrent : « Qui regarde vers lui resplendira, sans ombre ni trouble au visage » (Ps 33, 6).

Pendant l’adoration,  nos distractions,  nos aridités, notre vulnérabilité voire nos péchés n’entrent plus en ligne de compte. Seule la présence, seul l’amour de Dieu compte. En ce moment, l’Esprit Saint déverse à profusion cet amour dans notre cœur (Rm 5, 5). Et en  irriguant mon cœur de l’amour de Dieu, il décuple pour ainsi dire  ma capacité d’aimer,  et me donne d’expérimenter  la joie spirituelle de me savoir aimé de Dieu de tendresse. Oui, l’adoration est le lieu privilégié de tous les pardons, de toutes les guérisons intérieures, de toutes les espérances.

  • Dispositions d’esprit et de cœur pour se mettre en reliance avec Dieu

*A l’adoration, on est face à un mystère;  devant une tranche de pain qui est substance d’une présence immatérielle, invisible. Il s’agit de  l’Essentiel qu’on ne voit bien qu’avec le cœur. Ici, l’approche rationnelle est au risque de fourvoiement. Le préalable, c’est la profondeur, le lâcher-prise, la foi.

*Avant de se connecter au réseau de Dieu, on conditionne d’abord sa météo intérieure, on se fait  serein (e), apaisé(e), en  prenant du plaisir d’être là, en  appréciant  par exemple le temple,  l’environnement de l’adoration, son petit coin de prière … Pour commencer, on peut se focaliser sur sa respiration  et  faire de chaque mouvement d’inspiration et d’expiration, une entrée en intériorité; faire de chaque battement de son cœur,  une action de grâce, une prière d’offrande …

*On se tient alors devant Jésus,  simplement, sans masque ni artifices; tel qu’on est, avec sa liberté intérieure, ses qualités et ses pauvretés offertes.

*Il peut arriver que l’on ressente de la fatigue et même parfois être distrait. Cela n’est pas grave. Il faut, sans mauvaise conscience,  revenir à soi, mettre ses évasions, son imagination  débordante sur « off« . On peut aussi éventuellement faire de ce que notre esprit nous fait miroiter, une intention de prière. N’oublions  pas non d’appeler à l’aide, l’Esprit Saint, notre maître intérieur.

*Tantôt on garde un silence d’abandon, et cela procure une sensation de repos spirituel; tantôt  on écoute le Verbe de Dieu. On  parle à Jésus  « comme un ami parle à son ami« ;  on lui dit l’amour qu’on lui porte et la confiance qu’on a en lui.

                                                                                     Vital Nlandu

P.S : Je vous propose en annexe un corpus de prières pour l’adoration, qui peut aussi servir de guide.

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L’Avent, un grand chantier !

Homélie 2ème dimanche de l’Avent B : L’Avent, un grand chantier !

           Lectures : Is 40,1-11; Ps 84; 2 P 3, 8-14;  Mc 1,1-8

Mes soeurs et mes frères, le psaume 84 commence par cet énoncé : « J’écoute : que dira le Seigneur« … Sa Parole  est tellement efficace : elle bouleverse notre conscience, touche notre cœur. Elle nous  fait quitter nos idées mortes en tenant notre esprit en éveil  face à notre complaisance à la faiblesse et à la distraction quotidienne. On se fixe un temps de prière …, et on oublie; on prend des décisions, mais bâties sur du sable, de bonnes intentions qui ne passent jamais à l’acte…  La Parole de Dieu est une Bonne Nouvelle qui nous (dé)montre l’attachement indéfectible de Dieu pour son peuple : « Consolez, consolez mon peuple » (1èrelecture). Autrement dit : apaisez, réconfortez celui  qui est éprouvé ; celle qui est gagnée par le dégoût de vivre ; celui dont la santé se dégrade, dont les projets s’effondrent, dont la prière s’affadit ; celle qui se sent incomprise … Justement, c’est ce que font les soignants, les visiteurs des malades, les généreux bienfaiteurs,  les bénévoles d’associations qui font reculer la misère … Leurs motivations  bienveillantes ne font que refléter la tendresse du « Bon Dieu » !

Chers amis, la Bible nous ouvre de vastes horizons et nous aide à aller plus  loin, rassurés que  Dieu marche sur nos chemins, qu’il nous accompagne et nous habite. « Voici votre Dieu » (1ère lecture) : il  vient à notre rencontre !… En Avent, nous nous  préparons à cette venue. Selon la 2ème lecture, les premiers chrétiens commencent à se décourager : le retour tant attendu du Christ tarde à se réaliser. Pour calmer leur impatience, Pierre va relativiser le temps. Un peu comme les africains qui ont du temps par rapport aux européens pressés qui ont leur montre ! Pierre leur dira : « Pour le Seigneur, un seul jour est comme mille ans« 

La venue du Seigneur est interprétée comme un temps de grâce, un temps nouveau.  Ce qu’attendaient les chrétiens du temps de Pierre, d’après la promesse du Seigneur, est effectivement mon rêve ! C’est aussi le rêve de tout homme de bonne volonté : « une terre nouvelle où résidera la justice« . Un Monde où l’enfant est roi, où toute injustice subie par une personne faible lève la révolte, où tout être humain a accès à la dignité de tous et où Dieu est tout en tous.

L’on peut dès lors comprendre que la réalisation de la promesse de ce Monde nouveau n’est pas à reléguer  à plus tard  ou  dans l’au-delà. Nous pouvons l’anticiper en collaborant à ce qui fait la joie de Dieu, c’est-à-dire le bonheur de l’homme (saint Iréné) et  en étant responsable de sa vie et de celle des autres. Qu’est-ce donc anticiper ? « Ce n’est plus attendre, ne plus renvoyer le changement ; c’est accomplir dès maintenant ce qui sera réalisé demain, mettre en œuvre dès aujourd’hui des possibilités du temps messianique… Anticiper, c’est  briser l’emprise de l’apathie et de la résignation » dixit le théologien protestant  J. Moltmann. Partant,  l’espérance chrétienne  n’est pas une évasion hors de la réalité, mais  un gage de la transformation de l’homme et de l’histoire,  une démarche proactive. Tout ce que nous faisons aujourd’hui de bon, de beau, de noble, de grand, de vrai, de digne, de magnifique anticipe à coup sûr le Monde à venir. Le Royaume de Dieu est donc à la portée de nos mains tant qu’il y a des femmes et des hommes qui, même s’ils ne font pas « la une » des journaux, inventent, jour après jour, de nouvelles manières de vivre, de partager, de servir.

Quant à la page d’Evangile de ce week-end, en faisant écho à la première lecture, Jean le baptiste nous présente l’Avent comme « un grand chantier ». Il faut de gros engins (bulldozers, niveleuses …) pour préparer la route au Seigneur,  qui vient dans nos cœurs jonchés de collines d’orgueil à aplanir. C’est ce qu’évoque ce témoignage du patriarche Athénagoras : » Il faut mener la guerre la plus dure contre soi-même. Il faut arriver à se désarmer. J’ai mené cette guerre pendant des années, elle a été terrible. Mais maintenant, je suis désarmé  de la volonté d’avoir raison, de me justifier en disqualifiant les autres« … Le Seigneur qui vient dans nos cœurs bordés de ravins à combler : ce qui nous manque spirituellement, ce qui est petit en nous, comme notre foi appelée à  grandir.

En effet, la foi, ce n’est pas se rappeler qu’on a été baptisé, confirmé, marié à l’église ; se rappeler que le curé a dit de bonnes choses dimanche dernier…  C’est plutôt une immersion dans l’Esprit Saint, une conversion de cœur,  un nouveau regard sur Dieu, sur soi-même, sur les autres et sur la création, bref, une  manière de vivre. L’abbé Klemens Maria est surnommé l’apôtre de Vienne. Il aime les pauvres. Ça ne le gêne pas par exemple avec son chapeau,  d’aller  même dans les restaurants,  récolter de l’argent pour les démunis. Un jour, dans un restaurant,  il arrive devant un homme anticlérical, un athée  qui haïssait farouchement l’Eglise et qui lui dit : « Tu oses me demander de l’argent ? » Il lui crache au visage ! Et tout calmement, l’abbé prend son mouchoir, s’essuie le visage et lui dit : « ça,  c’est pour moi ! Et que réserves-tu, que donnes-tu à mes pauvres ? » Et l’homme impressionné s’est mis à pleurer. Il a remis à l’abbé tout ce qu’il avait dans sa poche. La foi de l’abbé Klemens, une manière de vivre !

                                                             Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Je le dis à tous : veillez !

Homélie du 1er dimanche  de l’Avent  B : « Je le dis à tous : veillez !« 

Lectures: Is 63, 16-19; 64, 2-7; Ps 79; 1 Co 1, 3-9; Mc 13, 33-37

Mes sœurs et mes frères, à la manière de l’apôtre Paul qui remercie Dieu pour les grâces reçues par la jeune communauté de Corinthe (2ème lecture), moi aussi je vous souhaite grâce,  paix et bonne année liturgique ! En effet, nous commençons le cycle liturgique B par notre entrée en Avent, la montée vers Noël. L’Avent, c’est une attente ardente, le temps du vif désir de la venue du Seigneur,  qui vient (re)naître dans la précarité et toute la profondeur de nos vies.  Cette irruption de Dieu dans nos vies et dans le monde, constitue la quintessence du  mystère de l’incarnation. Parlant de cette attente, Marion Muller-Colard, la théologienne protestante, dira : « Attendre pour mieux apprivoiser l’inattendu« , c’est-à-dire l’offre du salut, de la grâce et de la paix de Dieu pour son peuple.                                                 

C’est tout un décompte avec pas mal de symboles. Pour ce qui me concerne, j’ai aménagé l’entrée de mon appartement en y installant un présentoir où j’ai placé la couronne de l’Avent avec ses 4 bougies (dimanches). A chaque dimanche, étape de ma montée, j’allume une bougie. En avant, c’est l’Avent, un kaïros, une occasion favorable pour un plein d’allant, un nouvel élan. La liturgie de la Parole de ce dimanche s’infiltre dans nos cœurs et dans nos esprits pour y insuffler l’espérance. L’Avent est le temps par excellence de l’entrée en espérance. Et nous avons bien des raisons d’espérer !

Dans la première lecture, sitôt revenu de l’exil, le peuple de Dieu déchante : la solidarité qui reliait les juifs en captivité a vite cédé la place au « chacun pour soi ». Pour dire qu’il est vraiment difficile de se libérer !  Aussi, à l’instar du cri qui va retentir à travers toute la période de  l’Avent (« Maranatha » : Seigneur, viens !), le prophète invoque la présence et l’action de Dieu : Reviens, déchire les cieux, descends. Loin de toi, nous sommes comme des feuilles desséchées. Nous sommes tous l’ouvrage de ta main… Et le psalmiste : « Que ta main protège  l’homme, qui te doit sa force. Jamais plus nous n’irons loin de toi; fais-nous vivre et invoquer ton nom » (Ps 79, 18-19).

Oui, Avent, c’est avant Noël, c’est avant demain, c’est maintenant. Or, que voyons-nous ? Le diagnostic psycho-spirituel révèle que beaucoup d’entre nous sont quasi découragés par cette deuxième vague de confinement avec ses conséquences dommageables : incommodité de vivre masqué (caché), fatigue psychologique (épuisement), peur d’être contaminé par le coronavirus, peur de voir ses sécurités s’éclipser, incertitude quant à savoir de quoi demain sera fait … Voilà une imprévisibilité qui aplatit le réel et le présent au risque d’ anémier l’espérance. Des pesanteurs qui nous poussent à nous endormir comme les disciples à Gethsémani.

D’où  l’urgence et la gravité de l’exhortation évangélique de ce dimanche,  une vraie bouffée d’air frais qui nous aide à reprendre racine et à déployer nos ailes : « Ce que je vous dis là, je le dis à tous : veillez ! » Que signifie veiller ? C’est un déconfinement spirituel, un combat, une force de caractère, une persévérance, une imagination créative, une droiture de regard et d’intention, une prise de conscience de ce qui se passe autour de soi, un approfondissement de vie intérieure, une proximité avec Jésus, une foi ferme (non somnolente), une espérance inébranlable, une charité constante … C’est  ouvrir son horizon, acquérir son droit d’accès au rivage, éprouver de la joie et avoir  du cœur à l’ouvrage. C’est faire l’expérience de la puissance de la Miséricorde de Dieu, être assidu à la prière dans la communion  du cœur de Dieu;  faire des choses qui ont saveur d’éternité, du sens (faites par amour).  C’est guetter les signes du Royaume, vivre une attente, être une sentinelle de lumière et d’espérance…

L’Emma-nuel (Dieu-avec-nous) nous entraîne vers l’à-venir.

Bon Avent à toutes et à tous.

                                                                  Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Le Christ Roi de l’univers

Homélie du 34ème dimanche A : Le Christ Roi de l’univers

Lectures : Ez 34, 11-12.15-17; Ps 22; 1 Co 15, 20-26.28; Mt 25, 31-46

 

Mes sœurs et mes frères, les jours s’assombrissent, les gelées sont présentes, les gants, les écharpes, les bonnets et les manteaux sont sortis des garde-robes … L’hiver est au rendez-vous. C’est dans un  climat quasi  morose renforcé par l’épuisement dû à la pandémie covid-19,  que nous célébrons le dernier dimanche de l’année liturgique A,   la solennité du Christ Roi de l’univers, créée en 1925 par le pape Pie XI.

Cependant, on peut se demander à juste titre : pourquoi cette fête à la fin de l’année liturgique?  En effet,  ce point d’orgue est justifié par la teneur théologique et spirituelle de cette cérémonie qui fait,  à elle seule,  la synthèse du mystère du salut : Jésus, l’Alpha et l’Oméga, « Celui  qui est, qui était et qui vient  » (Ap 1, 8) devient Tout en tous.  Il a pris place, il règne désormais dans nos cœurs. Sa royauté n’a nullement de consonance politique, le Christ est plutôt un « Roi de cœur« . Il souhaite ardemment, si nous le voulons bien, instaurer dans nos cœurs, son règne d’amour, tout entier bâti sur la paix,  la bienveillance, le respect, la confiance et  l’humilité. Pour Lytta Basset, « le chemin spirituel est un chemin d’humilité« . Celle-ci ne consiste pas à se ratatiner, mais à ne pas se regarder pour s’émerveiller (Maurice Zundel).

De mon point de vue,  la question fondamentale que chacun devrait se poser en cette fête  est celle-ci : « Est-ce que je me contente d’exister ou est-ce  je marche avec Dieu ?« . Marcher avec Dieu, c’est se laisser façonner, s’affiner par l’Esprit Saint comme l’argile dans les mains du potier. C’est se laisser guider par le Christ, le Bon Berger attentif à chacune de ses brebis et plus particulièrement à celles qui sont perdues dans le brouillard de l’ignorance,  à celles qui sont blessées ou en danger (1ère lecture).  Il vient avec prévenance au secours de la brebis qui est dans le besoin… Oui, la grâce de Dieu répond à notre besoin et non à notre mérite.

Le psaume 22 à méditer en cette fête nous conduit aux sources  d’un renouveau spirituel fondé sur la confiance en Dieu : « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien … Il me guide sur la bonne voie. Même si je passe par la vallée obscure, je ne redoute aucun mal, Seigneur, car tu es avec moi… Tu verses de l’huile parfumée (Esprit Saint) sur ma têteOui, le bonheur et la grâce m’accompagnent tous les jours de ma vie« . Si le psalmiste ne craint pas le mal, c’est parce qu’il sait qu’avec ses embûches inévitables, la vie humaine n’est pas toujours facile. Mais face à la tourmente, il n’est pas seul. Il est accompagné et même habité ! Il sait que « trouver Dieu dans cette vie ne veut pas dire construire une maison dans un pays qui ne connaît jamais de tempêtes; c’est plutôt construire une maison qu’aucune tempête ne pourra détruire » (Larry Crabb). Certes, mon Berger me guide dans ce paysage inconnu qu’est la vie, ma vie, mais aussi dans cet autre paysage plus mystérieux qui s’appelle « moi« .

Quant à la page d’Evangile du jugement dernier, elle justifie l’engagement de celles et de ceux qui se dévouent pour leur prochain, qui ont une passion pour l’humain, quels que soient sa religion, sa race, son rang social … Chers amis, c’est sur le témoignage de la charité, sur ses actes que chacun sera jugé. Les pieuses prières, les bonnes intentions, les sentiments altruistes ne suffisent pas. Il faut agir grâce aux œuvres de la Miséricorde : donner à manger, désaltérer, vêtir, accueillir, visiter… En clair, aimer Dieu et aimer l’homme son prochain, sont deux facettes d’une même exigence spirituelle. Le Royaume de Dieu, ce n’est pas changer de trottoir à l’approche d’un mendiant et en même temps se dire chrétien.

Certes, Jésus ne nous  demande pas l’impossible, mais de faire ce qui est à notre portée pour être utile aux autres, en l’occurrence aux faibles. Il ne s’agit pas non plus de comptabiliser nos bonnes actions. L’essentiel, c’est faire l’expérience de la joie spirituelle que l’on éprouve lorsqu’on donne et sert gratuitement.

En tout cas, par cet Evangile, nous comprenons  que la fragilité humaine est un lieu de  révélation. C’est dans la fragilité de l’homme, dans son étrangeté à lui-même, sa recherche de la rive, sa nudité,  ses emprisonnements que Dieu vient loger. Son temple, c’est  notre humanité cabossée  par l’indifférence, l’égoïsme et la haine, mais toujours ranimée et ragréée par l’amour prophétique des femmes et des hommes de bonne volonté.

Que Dieu ait pitié de notre manque de compassion.

Vital Nlandu, votre curé-doyen

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A la reconquête de l’optimisme

Homélie du 33ème dimanche A : A la reconquête de l’optimisme

Lectures: Pr 31, 10 s; Ps 127; 1 Th 5, 1-6; Mt 25, 14-30

Mes frères et mes sœurs, la parabole des talents rejoint l’actualité : la quasi faillite des systèmes bancaires. C’est  à se demander pourquoi placer encore aujourd’hui son argent à la  banque vu les  intérêts qui sont moins que rien. Mais cette banqueroute ne concerne pas que les opérations financières!

Dieu qui nous connaît de part en part, a fait son placement en chacun, selon ses capacités et ses aptitudes particulières.  En effet, personne n’est dispensé de la mission. Dieu ne veut pas que le don de son Amour répandu dans nos cœurs (Rm 5, 5), que le répertoire de nos possibilités, les ressources insoupçonnées, les bénédictions et  les grâces dont il nous a comblés,  soient galvaudés ou sous-exploités.  C’est pour cette raison que saint Paul engage Timothée à raviver le don que Dieu lui a accordé  pour mener sa mission jusqu’au bout (2 Tim 1, 6).

En clair, par son Esprit,  Dieu a donné à l’un le don de la patience,  à l’autre la bonté,  la beauté intérieure;  à un autre encore le  discernement ou l’humilité … Et tous ces talents sont prodigués pour l’unique  bien de la communauté. Il a pris le risque de nous faire confiance, il compte sur chacun de nous pour la moisson.  Et si entretemps il est « parti en voyage« , c’est pour laisser à chacun un espace de liberté et de créativité.  Et donc halte à la passivité d’une foi peureuse et à l’attente naïve du retour du Seigneur ! Que chacun se réapproprie sa vie et en soit responsable. Rien n’est écrit à l’avance.

Remarquons, toutefois,  qu’il n’y a aucune convention qui régit la remise des talents au retour du maître, puisque celui qui en a remportés deux,  a reçu  les mêmes éloges que celui qui  a gagné cinq autres talents. Je ne dois  pas ainsi passer mon temps à me comparer aux autres, j’utilise les talents qui sont les miens et c’est tout.  L’important n’est pas la quantité gagnée, mais la détermination à faire  fructifier les dons  spirituels, intellectuels, manuels, artistiques qu’on a reçus, à l’instar des fils de lumière de la 2ème lecture et de la précieuse femme de la 1ère lecture : elle est active, elle tend la main au malheureux  et marche selon les voies du Seigneur.

Cependant, on peut se demander si le 3ème serviteur a  vraiment agi  par peur ou plutôt, plus précisément,  par méfiance et même par défiance. Il est allé cacher son talent dans la terre. Plus un talent est enfoui, moins il fructifie et il finit par mourir. La sévère accusation de rapacité  que ce serviteur fait à l’encontre de son maître montre  bien qu’il a une fausse représentation de Dieu; qu’il ne lui fait aucune  confiance et qu’il n’a d’ailleurs pas confiance en lui-même :  » Je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain« .

Il n’a pas confiance en lui-même parce que sans doute, il ne se sent pas à la hauteur, il se laisse facilement déstabiliser et assaillir par ses peurs. Indécis devant la  tâche à accomplir, il craint de déplaire, culpabilise  et se laisse   abîmer par des convictions toxiques du genre : « Je ne suis pas performant, je ne saurais jamais faire ça. Ce n’est pas pour moi. Je suis nul.  Je ne vaux rien.  Je  ne saurais jamais répondre aux attentes qui me sont assignées… ». Loin de  regarder  les choses avec douceur, émerveillement et bienveillance, les gens qui n’ont pas confiance en eux-mêmes  imaginent souvent le pire, se jugent en se rabaissant et en s’auto-dévalorisant.

La confiance en soi est un subtil cocktail d’estime de soi (reconnaissance de sa valeur), d’optimisme et de volontarisme,  un must pour survivre. C’est comme un souffle sur la voile, elle aide  à aller au large.  Le psychiatre et psychanalyste Alain Braconnier le dit à juste titre : « La confiance en soi est l’assise de notre personnalité ». On ose apporter la touche de sa différence et on s’assume comme on est.  A son école, on apprend tout aussi bien à s’aimer soi-même qu’à se forger un mental de gagnant, c’est-à-dire à  être capable de prendre les choses en main au lieu de les subir. On apprend à répondre de ses actes en étant acteur de sa propre vie.

Alors, celui qui répondra par la confiance à la confiance du Maître entendra dire : «  Entre dans la joie de ton Seigneur  ». Tel est le  dessein merveilleux de notre Dieu : nous faire participer à sa joie, à sa vie et à sa nature divine.

                                                                                   Vital Nlandu, votre curé-doyen

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