Besoin de se mettre en jachère

Publié dans Le mot du curé, Réflexion spirituelle | Commentaires fermés sur Besoin de se mettre en jachère

Se laisser toucher par Jésus-Christ

Homélie du 13ème dimanche ordinaire : Se laisser toucher par Jésus-Christ

Lectures : Sg 1, 13-15; 2, 23-24; Ps 29; 2 Co 8, 7.9. 13-15; Mc 5, 21-43

Mes sœurs et mes frères, ce rendez-vous eucharistique nous donne de vivre ensemble un moment de sens et de foi. La 1ère lecture nous redit l’essentiel de cette foi : Dieu ne se réjouit pas de voir les êtres vivants mourir, mais plus encore, il n’a pas créé la mort. En effet, la mort physique est omniprésente, elle est tout à fait naturelle. Notre finitude biologique est inscrite dans nos gènes : un jour on naît, on devient enfant, adolescent, adulte ; et puis viennent la maturescence, la vieillesse,  pour finir par la mort. Telle est notre destinée. Elle est entièrement  normale, ordinaire puis-je dire, mais en même temps extra-ordinaire dans la mesure où notre vie, ta vie  est elle-même une parabole, c’est-à-dire un chemin spirituel où l’on retrouve les traces du Ressuscité.

Elle est extra-ordinaire notre destinée, car grâce à la résurrection de Jésus-Christ, notre mort au demeurant inéluctable  devient  un « passage ». La mort, c’est comme un fleuve qui, avant d’entrer dans la mer, tremble de peur. Il regarde en arrière le chemin parcouru, depuis les vallées, les cascades, une longue route sinueuse  traversant   forêts et villes…, et subitement, que voit-il devant lui ? Un océan si immense qu’y pénétrer signifie à coup sûr, disparaître à jamais. Mais il n’y a pas d’autre moyen. Le fleuve ne peut pas revenir en arrière : c’est impossible. Le fleuve ne peut qu’entrer dans l’océan. Et c’est en s’y jetant que sa peur s’évanouit  parce qu’il réalise alors qu’il ne disparaît pas dans l’océan, mais qu’il devient l’océan !

Chers amis, on se demande souvent si la vie a un sens. Oui, elle a un sens dès lors qu’on est  utile aux autres; dès lors qu’on a un horizon, une espérance. L’espérance chrétienne est la certitude que notre avenir est en Dieu. Le psalmiste l’exprime  en ces termes : « Seigneur mon Dieu, tu m’as fait remonter du monde des morts; j’avais un pied dans la tombe, mais tu m’as rendu la vie » (Ps 29, 4). En clair,  Dieu n’a créé l’homme que pour la vie ; il lui a octroyé une existence impérissable. La foi au Christ  est la source de cette vie qui triomphe  de la mort.  « Je ne meurs pas, j’entre dans la vie » (Thérèse de Lisieux). 

Dans la page d’Evangile, Jésus guérit une femme d’un mal qui l’aurait inexorablement  conduite à la mort. Saint Marc l’évangéliste souligne l’état désespéré de cette femme qui a « beaucoup » souffert; elle a eu de « nombreux » traitements; elle a tout dépensé sans aucune amélioration, hélas ! Dans le judaïsme, ce qui touche au sang est symbole d’impureté (Lév 15, 19-30). Voilà pourquoi elle touche à la dérobée (par derrière) la tunique de Jésus,  pour ne pas le contaminer de son impureté et, surtout,  ne pas être prise en flagrant délit de braver un interdit culturel. C’est comme si cette femme  volait sa guérison. Mais quand Jésus lui dit : « Ta foi t’a sauvée« , il la lui restitue. Elle ne l’a pas ainsi volée, sa guérison, elle lui appartient à vrai dire! Si, par ailleurs,  Jésus ne la repousse pas, c’est parce que quand il faut sauver une vie, tout ce qui est légalisme, tabou, peur, gène… ne compte plus.

Dans le 2ème miracle du récit évangélique, Jésus relève la fille de Jaïre du sommeil de la mort. Je suis admiratif de la foi de ce père qui espère contre toute espérance. D’entrée de jeu, il tombe aux pieds de Jésus, en signe d’humilité, d’adoration, d’abandon et de confiance. Oui, il y croit, malgré la déprime ambiante (« A quoi bon déranger le Maître« ), les pleurs et les grands cris annonçant la mort de l’enfant. Mais Jésus le rassure : « Ne crains pas, crois seulement « . La foi au Dieu de l’impossible – là où aucun moyen humain ne peut plus rien – est une issue positive au désespoir. Saisissant alors la main de l’enfant, il lui dit en araméen, sa langue maternelle : « Talitha koum » (« Jeune fille, lève-toi »)…

De ce qui précède, l’urgence qui est la nôtre est d’apprendre à apprécier la vie, de lutter avec audace  et détermination contre les forces mortifères, de nous engager généreusement dans les actions en faveur de la vie (2ème lecture).

Dans ta prière de cœur, demande souvent à Jésus de te toucher par son Esprit. Ce toucher créateur transmet la vie, remet debout et guérit toute blessure. Etre vivant,  n’est-ce pas être « branché » sur le Christ ?

Vital Nlandu, votre curé-doyen

Publié dans Homélies, Le mot du curé | Commentaires fermés sur Se laisser toucher par Jésus-Christ

A l’épreuve de la foi 

Homélie du 12ème dim. ord. B  : A l’épreuve de la foi                                                    

           Lectures : Jb 38, 1.8-11; Ps 106; 2 Co 5, 14-17; Mc 4, 35-41

Chers amis, connaissons-nous vraiment Jésus-Christ ? La question de son identité traverse tout l’Evangile de saint Marc : « Qui est-il donc cet homme, pour que même le vent et les flots lui obéissent ? » (Mc 4, 41; 8, 27-29; 14, 61; 15, 39). La liturgie de la Parole de ce dimanche nous aide à plonger une fois de plus dans le mystère de sa connaissance : connaître Jésus pour mieux l’aimer, s’attacher davantage à Lui.

Elle est merveilleuse la page d’Evangile que l’Eglise propose à notre méditation: les vents hurlent, les vagues déferlent … Curieux !  Voici une tempête et pourtant Jésus est là. Non, il n’a jamais promis de supprimer les embûches de la navigation, les obstacles dans la vie de ses amis. Dans la  prière sacerdotale de saint Jean, il dit expressément ceci : « Père, je ne te prie pas de les retirer du monde, mais de les garder du Mauvais » (Jn 17, 15). Autrement dit : ils doivent assumer, boire la coupe de leur vie jusqu’à la lie, mais toi, délivre-les du mal ! Quand j’oublie que Jésus est là, présent et vivant, que la puissance de sa résurrection agit dans ma vie, qu’il m’accompagne et même m’habite, je sombre dans la peur paralysante et liberticide.

« Pourquoi avez-vous si peur ?  » (V 40). A mon avis, la question de fond à se poser est   celle-ci : comment ne pas devenir le jouet de toutes ces peurs et angoisses qui nous troublent et nous rongent ? En effet, nos peurs sont de véritables coups d’épingles qui empoisonnent et pourrissent notre vie. Elles restreignent nos envies et nos ambitions, nous font régresser, nous font perdre confiance en nous-mêmes et provoquent des maladies. La peur est le contraire de la foi, un manque de confiance qui accable et décompose. Certes, il faut prendre conscience des dangers et des menaces qui nous guettent, mais sans jamais oublier d’aller puiser au fond de nous-mêmes la force morale pour les exorciser. Le bonus pour le croyant, c’est qu’en plus de ses propres ressources, il a une force de salut exceptionnelle: la confiance en l’Amour de Dieu. « Tu n’auras pas peur de tes ennemis car le Seigneur ton Dieu est avec toi » (Dt 20, 1). La foi, c’est la conviction sinon la certitude profonde que même si la barque de ma vie est ballotée par des éléments déchaînés (séparations, échecs, incompréhensions, frustrations, trahisons, maladies, deuils…), que même si je fais l’expérience du « silence de Dieu », je sais sans en démordre que son Amour pour moi aura raison de tout. « Scio cui credidi » dira saint Paul, « Je sais en qui j’ai mis ma foi » (2 Ti 1, 12).

Dieu est grand ! Le récit de la mer maîtrisée (selon le Premier Testament, la mer c’est le lieu du grand abîme, peuplé de monstres infernaux et de puissances maléfiques) est le signe de sa puissance sur le mal. Ce récit renvoie ainsi aux moments désespérés et orageux de notre vie, qui nous invitent à nous abandonner à Dieu dans une confiance totale : « Nous sommes perdus, Seigneur, cela ne te fait rien ? » (V39). Voilà un vrai questionnement de la foi qui est en même temps prière d’abandon. A ce moment-là,  Dieu déploie sur nous toute la mesure de son Amour, car c’est quand nous sommes faibles que sa grâce surabonde ! Malgré les aléas de la vie, Il ne nous  abandonne jamais. Voilà pourquoi nous Lui devons une action de grâces permanente (Ps 106). Son Amour nous a saisis (2ème lecture), il fait du croyant une « créature nouvelle« . N’est-ce pas là la conversion : se regarder, regarder « autrement » l’autre, la nature, les événements de l’histoire et Dieu ? Regarder non plus de manière simplement humaine, mais avec une bienveillance évangélique. Quand je rencontre une personne, j’ai un a priori positif sur elle, me disant que dans l’absolu, il y a en chacun de nous, plus de choses à admirer qu’à mépriser. Et même s’il y a des choses à dédaigner, par maturité spirituelle, je fais l’effort de ne pas mêler les genres, de bien distinguer la personne qui garde absolument sa dignité humaine et la faute qu’elle a  éventuellement commise. Celle-ci, seulement, doit être désapprouvée…

 
Chers amis, que le Seigneur augmente notre foi : c’est la clé d’une vie apaisée !

                                                                           Vital Nlandu, votre curé-doyen

Publié dans Homélies, Le mot du curé | Commentaires fermés sur A l’épreuve de la foi 

« Aie confiance, petit troupeau » (Jésus)

Homélie du 11ème dimanche ordinaire B : « Aie confiance, petit troupeau » (Jésus)

                                  Ez 17, 22-24; Ps 91; 2 Co 5, 6-10; Mc 4, 26-34       

Mes sœurs et mes frères, la Parole de Dieu est une école de vie, on y apprend tous les jours. Dans celle de ce dimanche se profile la promesse d’un avenir meilleur; elle nous (r)affermit dans l’espérance et nous convie à la confiance. En effet, quand on est croyant, dans les difficultés de la vie, seule la confiance et l’abandon à la providence peuvent aider à ramer un jour à la fois. Oui, le constat est sans appel : notre monde bouge : perturbations écologiques, catastrophes naturelles, néo-libéralisme sauvage, inégalités sociales abyssales, culte du moi, sécularisation, déchristianisation … C’est tant et si vrai que l’on peut à juste titre  se demander : mais où est Dieu ?  Ne donne-t-il pas  l’impression de se désintéresser de ce qui se passe dans le monde ? Le message évangélique n’est-il pas insignifiant ?

Alors en bon pédagogue, pour nous aider à surmonter le défaitisme et notre angoisse désespérée, Jésus va utiliser un langage allégorique, symbolique, à savoir la parabole, qui permet à chacun d’entendre ce qu’il peut entendre. Elle convie chacun à décoder la clé du message évangélique. La parabole n’est pas un enseignement abstrait, c’est plutôt une parole qui parle à l’intime de chacun. Pour Jésus, c’est une illusion d’optique de penser que l’action de Dieu est inexistante. « On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible aux yeux » (A. de Saint-Exupéry).  Le Règne de Dieu, c’est-à-dire le plan de Dieu commencé en Jésus-Christ et qui s’accomplira à la fin des temps (à la grande Moisson), grandit certes, mais sans bruit ni éclat : leçon d’humilité ! Le comportement du cultivateur peut nous aider à comprendre celui de Dieu. Il jette le grain dans son champ, une poignée de poussière toute dérisoire comme la graine de moutarde.  Et puis, dirait-on, rien ne se passe …, et pourtant, grâce à une fantastique alchimie, elle se développe jusqu’à devenir un grand et magnifique arbre, abri pour les oiseaux du ciel qui chantent  la vie.  L’Esprit Saint travaille discrètement dans l’Eglise, dans les cœurs des hommes, dans le monde.Il y a une flopée de  signes du Royaume à décrypter autour de nous…  Le Royaume  est là, qui surgit, (sur)vient à ta rencontre. Ne vois-tu pas les semences d’espérance, toutes ces énergies de vie, de résilience, de résurrection dans l’histoire; ces forces  de solidarité et d’entraide, de passion pour l’homme, d’écoute du cri de l’homme et de la terre … ? Toute parole de lueur et d’encouragement, tout geste d’accueil, tout service gratuit et désintéressé, bref tout bienfait porteur d’avenir est une trouée vers le Royaume. Dans le « Notre Père« , nous demandons : « Que ton Règne vienne« , c’est-à-dire que nous en goûtions déjà les premiers fruits, ici et maintenant, chaque fois que le feu d’amour et de service brûle en nous et nous pousse à bâtir une civilisation de justice et de paix. …

Soulignons toutefois que le fruit produit passe par différentes étapes : la graine, l’herbe, l’épi et puis le blé formé. Cela signifie  que l’évolution du Règne de Dieu se déploie aussi à travers la fragilité de l’épi qui, cependant, renferme un potentiel de vie. De même, Jésus a lui-même connu des échecs. La preuve, s’il en fallait une : mal compris, mal aimé, il a été tué. Il n’a pas su convertir tous ses contemporains, y compris sa propre famille (Mc 3, 20-21; Lc 4, 22-30).

Ce message est donné entre autres pour ceux qui sont associés au ministère d’ensemencement (parents, grands-parents, enseignants, éducateurs, catéchistes, prêtres et autres acteurs pastoraux), qui risquent de déchanter. Il convient de continuer d’entreprendre avec audace, semer la Parole, les valeurs évangéliques au milieu de broussailles. Mine de rien, la grâce qui se déploie dans un dynamisme qui échappe à l’observation, fait son œuvre. Dans la confiance que tout est entre les mains de Dieu, Martin Luther raconte sa liturgie du coucher: « Je vais dans ma chambre et je jette les clefs aux pieds de mon Seigneur en lui disant : ‘Seigneur, c’est ton affaire et non la mienne. C’est sans moi que tu l’as conservée depuis le début du monde, sans moi tu peux bien la conserver jusqu’à l’éternité’« .

                                                                            Vital Nlandu, votre curé-doyen

Publié dans Homélies, Le mot du curé | Commentaires fermés sur « Aie confiance, petit troupeau » (Jésus)

l’Eucharistie, un repas de libération et d’alliance

Homélie de la Fête-Dieu. Lectures : Ex 24, 3-8; Hé 9, 11-15; Mc 14, 12-16. 22-26

Chers amis, l’Eucharistie serait- elle un rendez-vous, un repas banalisé, affadi, tombé dans le ronron ? On y est, certes, mais parfois absent : «  Pourvu que ce soit vite terminé, j’ai accompli mon devoir et … basta ! Non,  je n’y vais plus, je m’ennuie avec leurs liturgies soporifiques, leurs officiants non convaincants ni convaincus, qui n’incarnent  pas l’espérance qu’ils annoncent …« .  En effet, nous connaissons bien ce cahier de jérémiades et  il est vrai que cela nous concerne tous. Alors, au lieu de polémiquer en vain, il vaudrait mieux  continuer de dire la beauté, la puissance et toute la profondeur de ce fabuleux sacrement qui signe, en live et par l’Esprit Saint,  l’assurance de la présence réelle du Christ dans son Eglise et le monde. Par essence, l’Eucharistie est une action de grâces : « Comment donc rendrai-je au Seigneur tous les biens qu’il m’a faits en Jésus-Christ : la grâce de la foi,  la création, le souffle de la vie, l’amour et l’amitié entre les humains…, sinon en élevant la coupe de bénédictions ? » (Ps 115).

Ce sacrement saint a tout une histoire, son socle est bâti sur une longue tradition ainsi qu’en témoigne la liturgie de la Parole de ce dimanche. Jésus a institué l’Eucharistie au  dernier repas avec ses apôtres (la Cène). C’était à l’occasion de la Pâque juive, au cours du repas rituel en famille,  qui rappelait la « libération » d’Egypte et l’alliance au Sinaï – scellée avec du sang aspergé, le sang étant un  principe vital,  la force du lien qui unit deux contractants  et un  signe de fidélité ! Le repas pascal juif était donc  un mémorial traditionnel où l’on se souvenait des bienfaits de Yahvé… Et voilà qu’en ce Jeudi-Saint, Jésus  va lui donner une nouvelle signification. Après la prière de bénédiction, il dit : « Prenez, ceci est mon corps …  Ceci est mon sang« .  Il se substitue en agneau de la nouvelle Pâque.  Son sang versé devint le sang de la nouvelle, l’universelle (« la multitude ») et l’éternelle alliance entre Dieu et l’Humanité. En se donnant ainsi en nourriture (pain de vie) et en breuvage, il  inocule la Vie et l’Esprit de Dieu dans les croyants. C’est ce que le prêtre dit dans la 3ème prière eucharistique : »Nous présentons cette offrande vivante et sainte pour te rendre grâce … Regarde, Seigneur,  ce sacrifice de ton Eglise et daigne y reconnaître celui de ton Fils qui nous a rétablis dans ton alliance » En réalité,  la seule et l’unique Messe, c’est la Cène célébrée par Jésus avec les disciples : nos Messes d’aujourd’hui n’en sont pas la répétition, mais l’actualisation substantielle et perpétuelle. 

Oui, j’y crois du fond de mon cœur: l’Eucharistie est une source ! Sa grâce m’aide à communier au mystère pascal de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ. Elle est une source de communion avec Dieu. A la communion, en mâchant le Corps du Christ, en buvant son Sang, je m’unis à Lui (Jn 6, 56) et  m’engage à devenir un autre Christ :  » Deviens ce que tu reçois, le Corps du Christ » (saint Augustin). Je deviens « Corps du Christ  » dans la mesure où je suis « christophore« , porteur du Christ, signe de  sa présence dans le monde, donneur de « sang », c’est-à-dire de vie;  sauveur des hommes par  la vertu de don de soi et de service. En fait, en  communiant, je me consacre à Dieu pour que je sois moi-même un « sacrifié », un pain rompu par ma disponibilité et mon dévouement pour les autres. Et si c’était  ça la grâce sacerdotale de mon baptême ? … Et puis, on le sait : manger ensemble raffermit les liens entre  convives. Le repas eucharistique soude ainsi  la communauté et, partant,  l’Eglise dans le pain rompu et partagé, dans la coupe bue à la ronde… Par ma démarche d’aller communier,  je m’engage également  à être comme le Christ (par Lui, avec Lui et en Lui), médiateur entre Dieu et les hommes; et ce, par le rayonnement de ma foi, par mon élan missionnaire dans ce monde qui bouge, le monde moderne et pluraliste dans lequel je vis.

Chers amis, l’Eucharistie est une source d’espérance, qui purifie de ce qui conduit à la mort. Le Christ-Eucharistie  nous sauve de tout ce qui nous enchaîne et nous empêche  d’aimer en vérité, bref il nous libère de l’esclavage du péché et de la mort-néant. « Qui mange ma chair et  boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour ! » (Jn 6, 54).  L’Eucharistie est la provision spirituelle  sans nulle autre pareille, que Dieu nous donne pour notre pèlerinage sur cette terre,  vers son Royaume.

                                                                                               Vital Nlandu, votre curé-doyen

Publié dans Homélies, Le mot du curé | Commentaires fermés sur l’Eucharistie, un repas de libération et d’alliance

Dieu-Trinité = Dieu-Amour

Homélie de la Trinité Sainte B : Dieu-Trinité = Dieu-Amour

Lectures : Dt 4, 32-34. 39-40; Ps 32; Rm 8, 14-17;  Mt 28, 16-20

Mes frères et mes sœurs, chers amis, la fête de la Trinité Sainte nous ramène au cœur de notre foi. D’entrée de jeu, nous sommes invités à mettre en valeur le signe de la croix par lequel nous proclamons que le Dieu trinitaire emplit nos pensées, notre cœur et nos actions…  Et que, comme le Christ en croix, nous promettons de « vivre pour les autres ». Faire le signe de la croix, c’est donc un engagement à se rallier à Jésus par les actes de la vie.

La spiritualité trinitaire est résumée par la doxologie liturgique (prière de louange à la Trinité) : « Par Lui (Jésus-Christ), avec Lui et en Lui, à Toi Dieu le Père tout-puissant, dans l’unité du Saint Esprit, tout honneur et toute gloire pour les siècles des siècles – Amen« . Nous nous adressons au Père par Jésus-Christ le médiateur, le grain jeté en terre pour l’immense Moisson de grâces et de bénédictions divines. Et c’est l’Esprit Saint qui nous fait appeler affectueusement et intimement Dieu « Abba » (papa chéri, c’est mignon !). Il nous met en communion avec le Père et le Fils, et nous fait communier entre nous. C’est Lui qui réalise et soude les liens de la famille de Dieu, son Eglise.

En clair, qu’évoque pour moi cette vérité de foi qu’est le mystère de la Sainte Trinité ? Je prends l’image  de l’astre du jour, le soleil : le père est le soleil, le Fils est la lumière (rayons solaires) et l’Esprit Saint la chaleur irradiante. Le soleil, la lumière et la chaleur sont trois corps physiques bien distincts, mais ils émanent d’une même source. Ainsi est-il de la Sainte  Trinité : le Père, le Fils et l’Esprit sont Un par leur nature (essence) divine, qui a pour autre  nom Amour; mais ils sont trois Personnes de par leurs attributions. Le Père crée, le Fils sauve et l’Esprit Saint sanctifie. En effet, si Dieu est Amour comme le dit saint Jean, il ne peut qu’être relation et partage. Ma vocation de baptisé, c’est entrer par l’amour, dans la danse, le circuit d’où coule la Vie divine, son Amour.

C’est ce qu’explicite la liturgie de la Parole de ce dimanche.

Reviens et sois fier, toi le chrétien incolore, inodore, insipide, qui traîne les pieds. La première lecture t’invite  à la mémoire du cœur : Dieu continue de venir à ta rencontre et te propose d’entrer en relation directe avec Lui. Il se laisse découvrir dans ton histoire. La réponse qu’il attend de toi : c’est d’observer sa Parole. C’est même là le secret de ton bonheur,  ainsi que  le renchérit le Ps 32 : « Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu « . Quant à la page d’Evangile, Dieu veut faire de toi le partenaire de son Alliance par la Mission universelle : bouge-toi, mets-toi en route, va ! Va dans ta famille, chez tes amis, dans ton milieu de travail, ton école, ton groupe de prière, jusqu’aux extrémités de la terre, va révéler Dieu comme Père, Fils et Esprit Saint. Propose à ceux qui le veulent bien, de se laisser plonger dans l’Amour, se laisser appartenir à Dieu. La réponse que Dieu attend est la même : qu’ils observent sa Parole, autrement dit qu’ils ne puissent pas l’enfouir, mais qu’ils essayent de la vivre.

Et à nous tous qui sommes « missionnés » de  » faire des disciples du Christ », lui-même nous donne de l’assurance par cette promesse : »Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde« . Il ne nous quitte jamais, il nous aide à accomplir la mission qu’il nous a assignée. Saint Marc le confirme lorsqu’il écrit : « Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout l’Evangile : le Seigneur travaillait avec eux …« (Mc16, 20). Jésus est Emmanu-el selon l’annonciation faite à saint Joseph, il est « Dieu-avec-nous « .
Merci Seigneur pour ta présence concrète dans nos vies.

                                                Vital Nlandu, votre curé-doyen

Publié dans Actualité, Homélies, Le mot du curé | Commentaires fermés sur Dieu-Trinité = Dieu-Amour

L’Esprit Saint soutient notre témoignage

Homélie de la Pentecôte, Année B : L’Esprit Saint soutient notre témoignage

Lectures : Ac 2, 1-11;Ps 103; Ga 5, 16-25; Jn 15, 26-27; 16, 12-15.

Mes sœurs et mes frères, il y a 2000 ans, les apôtres étaient bousculés par l’avènement de l’Esprit Saint, qui signa pour ainsi dire le commencement de la mission de l’Eglise dans le monde. Alléluia – Amen ! Jésus est vivant, il est ressuscité ! L’Esprit Saint serait-ce un Dieu inconnu (Ac 19, 1-8) ? En tout cas, pour certains, c’est l’apanage d’une élite, le bien exclusif des illuminés ou encore un concept théologique accessoire … Dans sa lettre apostolique « Tertio millennio adveniente », le pape Jean-Paul IIsouligne qu’il convient, dans l’Eglise, de s’appliquer à « la redécouverte de la présence et de l’action de l’Esprit Saint » (n°45). La Pentecôte est, comme une tortue marine qui remonte à la surface des eaux pour respirer, l’occasion favorable de nous lever et de respirer à pleins poumons, d’inspirer profondément le Souffle divin qui oxygène et fait vivre spirituellement; l’occasion d’invoquer son effusion en nous et sur nous, sur notre famille, notre Unité pastorale, sur l’Eglise et le monde entier.

En effet, il n’y a pas de vie chrétienne sans relation personnelle et intime avec l’Esprit Saint. D’où ce leitmotiv de la 2ème lecture : « Vivez sous la conduite de l’Esprit « . Sans l’Esprit Saint, Dieu est lointain; le Christ appartient au passé, c’est un cadavre de plus. Sans l’Esprit Saint, l’Evangile est lettre morte; l’Eglise une simple organisation et la mission, une propagande … Mais avec Lui, le Ressuscité se rend présent, l’Evangile devient puissance de vie. L’Esprit Saint soutient notre témoignage comme il l’a fait pour le Christ. Regardez : le Christ naît, l’Esprit Saint le précède. Il est baptisé, l’Esprit est présent. Au désert, il le réconforte et le fait revenir en Galilée. Lorsqu’il est élevé au ciel, l’Esprit lui succède… En effet, à l’intérieur de chacun de nous, discret, il agit invisible mais avec force. Il est le Feu qui consume tout mal au fond des cœurs. Comme la sève des arbres qui fait éclater les bourgeons du printemps, il est l’énergie qui nous fait rebondir autrement; face à l’angoisse de vivre, c’est un réconfort intérieur… Il est l’Onction, qui pénètre au tréfonds de notre être; se diffuse dans tout notre corps, son temple : « Ne savez-vous pas que votre corps est un temple de l’Esprit Saint, qui est en vous ? » (1 Co 6, 19).

Décrivant la Pentecôte, saint Luc écrit : « Chacun entend les apôtres dans son propre dialecte, sa langue maternelle » (2ème lecture). La diversité socio-culturelle est ainsi sauvegardée, chacun est respecté dans son identité profonde et accueilli  dans la différence de sa race, de ses talents et dons. Parlant du pluralisme dans l’unité que réalise l’Esprit Saint, Basile de Césarée (père de l’Eglise) écrit : « C’est la même eau fraîche et féconde qui tombe sur le champ, afin que fleurisse rouge le coquelicot, rose la rose, bleu le bleuet « …

« Quand il viendra le Défenseur que je vous enverrai… » L’Esprit Saint nous défend de quoi ? Des forces de mort, du poison de l’autocensure délétère et de la culpabilité paralysante. Il nous défend de nos idées mortes, nos déserts et nos vieux préjugés. Il nous aide à résister contre nos peurs, nos désespoirs et autres pesanteurs. Il nous défend contre notre ego, notre manque de confiance en nous-mêmes, notre orgueil. Mais comme fait remarquer Maurice Zundel : « Dieu ne peut rien en nous sans nous« .

Chers amis, l’Esprit Saint est un don que Dieu ne peut refuser à un cœur-éponge, le cœur humble qui lâche prise et se dispose à s’en imprégner. A ce sujet, Jésus dira lui-même : « Si vous, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent  » (Lc 11, 13).

 Que l’Esprit de Dieu repose sur nous chaque jour de notre vie.

                                                       Vital Nlandu, votre curé-doyen

Publié dans Homélies, Le mot du curé | Commentaires fermés sur L’Esprit Saint soutient notre témoignage