La bonté du Seigneur est pour tous !

Homélie du 25ème dimanche A : la bonté du Seigneur est pour  tous !

Lectures : Is 55, 6-9; Ps 144; Ph 1, 20c-24.27 a; Mt 20, 1-16

Mes sœurs et mes frères, saint Mathieu écrit aux chrétiens d’origine juive pour leur signifier que Jésus est bel et bien le messie annoncé par les prophètes. Certes, les juifs sont le peuple élu, ouvriers de la 1ère heure, mais quiconque  répond à l’invitation de Dieu d’entrer en alliance avec lui,  boit gratuitement l’eau vive. Il a accès à sa  grâce. La vigne du Royaume est ouverte  à tous les peuples de la terre : qui choisit de (re)venir vers Dieu bénéficie de sa  Miséricorde (1ère lecture). 

Pour reprendre l’expression du pape François : Dieu est en « sortie » !  C’est lui, en fait,  qui prend l’initiative de chercher et d’appeler l’homme, le rejoignant là où bat le pouls de son histoire, sur la place publique. C’est donc Dieu qui nous a aimés le premier (1 Jn 4, 19).  La foi, c’est le pressentiment, la révélation intérieure de son amour. Ayant connu et reconnu cet amour, saint Paul écrit : « Ma vie présente, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et qui m’a sauvé » (Gal 2, 20). Paul est tellement terrassé par le feu  de l’amour  de Dieu qu’il n’hésite pas à témoigner de ce qui fait  dorénavant sa raison de vivre : « En effet, pour moi, vivre c’est le Christ » (2ème lecture).

Dans la page de l’Evangile,  le maître embauche à toutes les heures,  sans discrimination et sans condition. Le moins à dire, c’est que sa  logique est absolument  insolite : il ne respecte pas les lois du marché, l’échelle des salaires selon le travail réel accompli. Ce n’est pas normal qu’une marchandise de travail de 12h et en plus sous un soleil infernal, ait le même prix que celle réalisée en une heure et dans la fraîcheur du soir.

Chers amis, Jésus nous partage cette merveilleuse parabole pour nous aider à appréhender  un tant soit peu le mystère de l’amour de Dieu. Les chemins et les pensées de Dieu sont bien loin des nôtres !  Au lieu  de rétribuer selon les performances, le rendement et les mérites de chacun,  Dieu  donne son amour  gracieusement et gratuitement. Les traînards passent devant, les croyants-de-travers, les hors-de-l’Eglise sont les premiers et les mieux servis. Du dernier au premier, c’est le même amour qui est donné et il est entier ! Nous l’appelons « le Bon Dieu » et il l’atteste lui-même : « Ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ? »  A la place de la rémunération de l’effort  fourni, Lui, parle de la grâce  et du don. Cet amour divin qui, non seulement nous enveloppe, mais est en nous, s’appelle en grec « agapê « .  Nullement méritoire, il est prodigué gratis : « C’est par la grâce  que vous êtes sauvés » (Ep 2, 8). C’est comme un cadeau à recevoir et à accueillir simplement : Dieu t’a repéré, il a fixé son regard bienveillant sur toi. L’important, ce ne sont pas d’abord les efforts à fournir, une perfection à atteindre  à tout prix, une culpabilité à mordre perpétuellement, mais que tu plonges avec confiance et l’innocence d’un enfant dans la source jaillissante d’amour de Dieu, que tu t’y abandonnes, t’y perdes. « Ma grâce » te rassure-t-il, « te suffit » (2 Co 12, 9)

 Bien que le maître  du domaine de la parabole  ait respecté le contrat que les ouvriers râleurs ont accepté, daté et signé en bonne et due forme, je peux comprendre, en me glissant dans leur peau, leur revendication. Ce qui les déforce, à mes yeux, c’est qu’au lieu de s’inscrire dans la reconnaissance et la bénédiction,  ils se sont laissé plutôt envahir par  l’esprit de la comparaison :   « Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure et tu les traites à l’égal de nous, qui avons enduré le poids du jour et la chaleur ! « .

En effet, se comparer aux autres,  c’est du  poison qui tue ce qu’il y a de meilleur en soi, il  anéantit l’émerveillement, la gratitude, l’estime et la confiance en soi. C’est un venin qui dévalorise et rabaisse en alimentant beaucoup de maux qui nous rongent : sentiments d’infériorité,  besoin de l’approbation des autres, insatisfaction chronique, morsure de culpabilité, peur de l’avenir, jalousie … Loin de découvrir sa valeur personnelle qui est au demeurant exceptionnelle, on passe son temps à se comparer à ceux que l’on croit être  plus intelligents, plus talentueux, plus riches, plus beaux, plus épanouis, mieux payés … Et qui pis est, on  se compare sans au préalable avoir défini le sens et l’idéal que l’on donne à sa propre vie. C’est d’abord son propre objectif que l’on doit chercher à atteindre et non celui du voisin. A se comparer aux autres, on passe à côté de l’essentiel de sa vie.  Puisque nous sommes tous uniques avec nos différences légitimes et nos spécificités intrinsèques, il revient à chacun de créer et d’apprécier sa propre légende.

                                                                  

                                                                              Vital Nlandu, votre curé-doyen

 

 

 

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Sans le pardon, le vivre ensemble est impossible !

Homélie du 24ème dimanche A : Sans le pardon, le vivre ensemble est impossible ! Lectures : Si 27, 30-28, 7; Ps 102;  Rm 14, 7-9; Mt 18, 21-35

Mes frères et mes sœurs, notre  thème  de méditation de ce week-end, au regard de la liturgie de la Parole, fait suite à la correction fraternelle de dimanche dernier. Jésus évoque une Eglise qui soit une communauté de miséricorde et de pardon.                    D’entrée de jeu,  permettez-moi de poser cette question à chacun de vous : « As-tu le pardon facile ou la vengeance tenace ?« …

Nous sommes ici au cœur du mal qui ronge notre société, nos milieux de vie et de travail, nos familles et même nos cœurs. Mêlées à l’orgueil, la rancune et la vengeance sont bel  et bien  la cause de nos mauvais coups et même de certaines de nos souffrances psychologiques et spirituelles. Un cœur dans lequel fermente le poison de la haine est absolument  en souffrance.

Pour certains, le pardon est une lâcheté, une approbation du mal : « Si tu fais l’âne, ne t’étonne pas que les gens montent dessus! »  Nous sommes entourés de personnes maladroites, méchantes et même cyniques, un jour il faut bien  se faire respecter, rendre la pareille…  En effet, le pardon est irrationnel, il va  à l’encontre de la justice. En responsabilité civile, la justice réparatrice stipule que tout tort exige dédommagement, autrement dit réparation. Si tu as été victime d’un tortionnaire, il est tout à fait normal que justice soit faite. Mais on connaît les impasses, la surenchère sinon  le cycle infernal de la haine que produit la  logique  des représailles.

Et puis, c’est vrai  qu’étant donné la dimension cabossée de notre être, nos faiblesses, tous nous péchons, nous faisons du mal. Nous sommes, j’allais dire, des débiteurs insolvables envers Dieu qui, pourtant, nous pardonne inlassablement. Si Dieu t’est indulgent, pourquoi ne le serais-tu pas à ton tour pour les autres (Cf. 1ère lecture; Mt 6, 14-15; le Pater) ?  S’il faut réclamer  indemnité pour chaque  méfait, s’il faut rechercher un coupable pour le moindre fait divers, le vivre ensemble serait impossible. Sans le pardon, sans lavage du linge sale, la vie en famille, en collectivité est détestable voire invivable.

Aux yeux de Jésus, ce qui prime, ce n’est pas la justice réparatrice, mais l’amour ! On me dira : « tu racontes du blablabla, ce ne sont que des mots ! ». Je peux comprendre qu’il y en ait même parmi nous qui ruminent toujours le mal qu’ils ont subi ! Que dire d’autre sinon que le pardon est une expérience difficile : on est même  parfois amené à se faire violence ! Comment pardonner sans peine et haut la main à quelqu’un qui vous a humilié, a miné votre réputation; à quelqu’un qui vous a démoli,  vous laissant un cœur couvert de meurtrissures irréparables ? Serait-on indifférent aux yeux des victimes gonflés par les larmes de peines inconsolables ? Pour ma part, j’admets qu’aimer par-delà l’offense subie n’est pas humain, c’est plutôt divin. Le pardon est  l’acte le plus puissant qu’un homme puisse accomplir : se dépasser, mourir à soi pour aimer son malfaiteur d’amour pur. En fait, quelle est la valeur du pardon ?

*Un cœur qui brasse rancune et vengeance vit l’enfer. L’enfer est le lieu du non-amour. C’est terrible de ne pas aimer : un couple, une famille qui ne vit pas le pardon déguste l’enfer sur la terre;

*Le pardon est une voie de  guérison intérieure; il  dénoue les nœuds, guérit les blessures, soulage le cœur rongé de rancœur et de haine;

*Le pardon permet de ne pas faire d’amalgame entre la faute commise et la personne qui l’a commise et qui,  en dernière instance, garde sa dignité d’enfant de Dieu. Le pardon la réhabilite  et  la remet debout.

*Le pardon te dote de l’intelligence compassionnelle : la plupart du temps, la personne blessante l’est parce qu’elle est elle-même blessée; la personne cassante l’est parce qu’elle est elle-même cassée …, ignorante et même manipulée. « Père, pardonne-leur, car  ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 34). En imitant la miséricorde de Dieu, tu es configuré au Christ, baignant dans le torrent de l’Amour trinitaire.

Certes, pardonner ne signifie pas être amnésique, faire comme si de rien n’était. Quand on enfonce un clou dans une planche, on peut l’extirper, mais la marque du clou reste ! A son procès, Jésus a lui-même demandé au serviteur du grand-prêtre qui l’a giflé pourquoi il l’avait frappé (Jn 18, 22-23). Pour moi, pardonner est une décision prophétique, courageuse à prendre dans l’Esprit Saint, car  indispensable pour arrêter les hostilités, hisser le drapeau blanc  et donner raison à l’amour. La question de Pierre est réaliste : combien de fois faut-il pardonner à un récidiviste incurable ? Lui-même propose 7 fois, le chiffre parfait.  Mais pour Jésus, il faut aller au-delà  de tout plan comptable. C’est 70 fois 7 fois, c’est-à-dire : il faut pardonner sans limite, car le par-don est l’amour supérieur, un idéal auquel doivent tendre celles et ceux qui lui sont ralliés (2ème lecture).

 

Vital Nlandu, votre curé-doyen

 

 

 

 

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L’amour change tout ….

L’amour change tout

 

Le devoir sans amour nous rend acharné
La responsabilité sans amour nous rend impitoyable
La justice sans amour nous rend dur
La vérité sans amour nous rend critique
L’intelligence sans amour nous rend rusé
La gentillesse sans amour nous rend hypocrite
L’ordre sans amour donne un esprit étroit
L’honneur sans amour nous rend orgueilleux
La possession sans amour nous rend avare
La foi sans amour nous rend fanatique
La vie sans amour est sans valeur

(Anonyme)

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Pour une Eglise cohérente avec ce qu’elle croit : une communauté fraternelle !

Homélie du 23ème dimanche A :

Pour une Eglise cohérente avec ce qu’elle croit : une communauté fraternelle !

Lectures : Ez 33, 7-9;Ps 94;  Rm 13, 8-10; Mt 18, 15-20

 

Chers amis, allons-nous  écouter aujourd’hui la voix du Seigneur, ouvrir nos cœurs et nous laisser percuter par la Parole de Dieu ? (Ps 94). La page d’Evangile que nous venons de lire évoque en filigrane une Eglise-Peuple de Dieu qui soit une  communauté fraternelle où chacun se sent être responsable de ses sœurs et de ses frères. Dans le livre de la Genèse, après que Caïn ait commis l’homicide sur  son frère Abel par jalousie, Yahvé lui demanda : « Caïn, où est ton frère Abel ? » Il répondit : « Je n’en sais rien. Suis-je donc  le gardien de mon frère ? » (Gn 4, 1-9). Bien-sûr que oui, tu es responsable de la vie des autres ! Antoine de Saint-Exupéry, in « Le petit prince »,  fait allusion à cette attitude responsable : « Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l’oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de  ta rose« . Et pour reprendre l’expression du prophète Ezéchiel (1ère lecture), ta mission,  c’est d’être « un guetteur », celui qui est à l’affût des signes d’espérance, qui reconnaît ce qui est fait de bien autour lui, il félicite, valorise.  Mais c’est aussi le clairvoyant  qui prévient le mal et avertit pour éviter les dégâts.

La péricope de Mathieu envisage en sus une Eglise qui soit une communauté de femmes et d’hommes d’horizons divers, certes,  mais qui fait corps. Eclairés par la même Parole et nourris du même Pain, ils essaient de vivre  une profonde  communion de cœurs.

Cependant,  Jésus ne plane pas, il n’a pas une vision utopiste du vivre ensemble. Il sait pertinemment  que dans tout milieu de vie – familles, cercle d’amis, lieu de travail –   bref, là où se télescopent différentes  libertés,  les malentendus et les frictions ne peuvent pas manquer… Et pourquoi ? Parce que nos fatigues, nos frustrations, nos blessures, nos susceptibilités, notre amour propre, notre éducation, notre parcours et même  notre patrimoine génétique déteignent sur notre comportement.  En fait, pour moi,  le problème ne réside pas dans les conflits, mais dans  la manière de les désamorcer.  Quand les conflits adviennent, faut-il absolument recourir à la violence, fût-t-elle verbale, morale ou  physique ? C’est ici que l’outil de désamorçage des conflits proposé par  Jésus vient à point nommé: la graduelle correction fraternelle.  Elle est basée sur le dialogue constructif et la conciliation. Le but, ce n’est rien d’autre qu’un frère à gagner ! Aussi, ne commence pas par l’accabler de censures. Au contraire,  Jésus suggère : va le trouver seul à seul dans un entretien privé, discret et respectueux. S’il refuse de t’écouter, procède par la  médiation bienveillante. Et fais-le  dans la douceur et la patience, car chacun étant  atteint   de tout côté par la faiblesse, nous portons tous  en nous une part cabossée…  Si tu ne parviens pas à dénouer  le nœud, il faut t’en  référer à l’Eglise qui a la mission de lier et de délier, c’est-à-dire de proclamer le pardon de Dieu.

Chers amis, « S’il suffisait qu’on s’aime » chante Céline Dion; si chacun de nous pouvait seulement se rendre compte combien l’amour du Christ nous presse ! Se rendre compte combien on est tous redevables  aux autres étant donné notre  perpétuelle dette d’amour à leur  payer. « Aime » dit saint Augustin,  » et fais ce que tu veux« , car de la racine de l’amour vrai ne peut sortir que du bon, du beau !  Ainsi que l’écrit  saint Paul : « L’amour ne fait rien de mal au prochain » (2ème lecture).

Pour finir, Jésus fait mention d’une Eglise qui soit une assemblée de prière. Il souligne l’importance et toute la puissance de la prière partagée,  dite prière communautaire. Il agrée  le choix que nous faisons d’aller prier à l’église; il  bénit  et encourage notre démarche de prier la Parole (lectio divina), de prier le rosaire en groupe de prière, de faire l’adoration avec les autres. La prière partagée est un vrai sacrement : Jésus, absent physiquement,  y est spirituellement présent et sa  présence est  totalement opérante, agissante.

 

                                                                                  Vital Nlandu, votre curé-doyen 

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Une rentrée pastorale 2020-2021 pas comme les autres

Une rentrée pastorale 2020-2021 pas comme les autres

Alors que la rentrée est un souffle qui porte à avancer, à projeter le regard vers l’avant, apparemment celle-ci ne démarre pas sur les chapeaux de roues. A entendre certains confrères curés, elle nous laisse plutôt dans une incertitude au demeurant fatigante : de quoi demain sera-t-il fait ? En effet, le satané coronavirus continue de balancer un grand coup de pied dans la fourmilière quotidienne. Il sème toujours l’épouvante : on craint une deuxième vague encore plus dévastatrice et une augmentation significative des fragilités : suppressions d’emplois, précarité accrue des plus pauvres, apprentissages scolaires interrompus… Ses flux et reflux laissent derrière eux blessures humaines et drames sociaux. On redoute ainsi que nos projets pastoraux et catéchétiques soient encore frappés de plein fouet… Des questions se posent : doit-on faire son deuil de la vie normale ?  Sommes-nous condamnés à vivre masqués, autrement dit camouflés, déguisés, voilés avec des rencontres en distanciel ? Sociologiquement parlant, l’impérialisme sanitaire qui prévaut jugule les interactions sociales et fait dépérir l’être humain qui, pour vivre épanoui, a besoin, entre autres, du lait de tendresse déversé par l’étreinte affectueuse, le toucher physique.

Chers amis, il va falloir, en tout état de cause, parier sur l’imprévisible ainsi que le conseille Christian Bobin : « Ne rien prévoir, sinon prévoir l’imprévisible. Ne rien attendre, sinon l’inattendu « . Et Fréderic Boyer de renchérir : « Croire, c’est accepter l’inattendu« . C’est vrai que pour vivre, croire, s’émerveiller…, il faut se laisser surprendre par ce qui advient et survient, car il y a autre chose : la vie ne s’arrête pas à ce qu’on voit, à ce qu’on vit, à ce qu’on sait ou croit savoir. Quelque chose d’autre est toujours possible. Ce postulat fonde ma foi à l’impossible de toute vie, mon entrée en espérance.

De cette crise sanitaire, j’ai compris plus profondément que toute vie humaine est une parabole, un chemin spirituel où l’on retrouve les traces du Ressuscité au travers de tant de semences d’espérance. Les temps que nous vivons nous apprennent pour ainsi dire à nous adapter sans nous habituer ni nous résigner. A réaliser que si le plan A ne marche pas, il reste encore 25 lettres dans l’alphabet. A assumer notre vulnérabilité existentielle en cherchant sans en démordre à vivre heureux, sain et sauf. Et cela n’est possible qu’en nous ressoudant dans une dynamique d’initiatives tous azimuts. Il y a tellement de défis à relever : comment retrouver, dans la frénésie de nos engagements et responsabilités, la présence qui nous habite ? Comment être, avec audace et humilité, témoin d’Evangile dans un monde déchristianisé et sécularisé ? Comment, pour aller à la rencontre de ce qui vient, laisser partir ce qui s’en va, abandonner sans nostalgie ce qui n’est plus pastoralement parlant porteur et réconfortant ?…

Rentrée 2019

Messe de rentrée pastorale 2019

Chaque matin, force nous est de faire ce choix : soit nous restons couchés dans notre lit pour poursuivre notre rêve ; soit nous nous levons pour le réaliser. « Jour après jour, un peu plus loin, un peu plus fort« , tel est le mot d’ordre de celui qui ne s’accommode pas de la réalité présente. Pour ce qui nous concerne, nous ne faisons pas aveu d’apathie et d’inertie ! Je remercie et félicite l’abbé Yves Tchoumoudi et les catéchistes qui viennent de réaliser ensemble un bel outil catéchétique pour les enfants de premières communions. Moi-même j’aurai un forum en septembre et un autre en octobre avec leurs parents. Nous célébrerons le dimanche 4 octobre prochain le sacrement de confirmation de nos 26 confirmands. 

Nous avons le pied à l’étrier, vive la relance pastorale !

 Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Annonces du 30 septembre 2020

Messes en semaines

Toutes les messes sont célébrées à la cathédrale.

  • Mardi et mercredi à 08h00
  • Jeudi et vendredi à 18h00
  • Jeudi à 18h00 à l’Ermitage
  • Messes dominicales

Samedi 5 septembre à 18h00 à la cathédrale

Dimanche 6 septembre  à 09h00 Bellevaux

et à 10h30 à la cathédrale

Adoration

A partir du vendredi 4 septembre nous reprendrons l’adoration de 17h00 à 18h00 à la cathédrale.

Si tu savais…

Notre périodique du mois de septembre est disponible

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Prendre sa croix pour être disciple de Jésus-Christ !

Homélie du 22ème dimanche ord. A : Prendre sa croix pour être disciple de Jésus-Christ !

Lectures : Jr 20; Ps 62; Rm 12, 1-2; Mt 16, 21-27

Chers amis, comme le sang coule dans nos veines pour nous donner la vie, comme l’eau irrigue la terre pour la nourrir, la Parole de Dieu nous imprègne. Elle transforme notre manière d’être, de parler, de penser et d’agir. Elle nous aide à traverser à gué et à pieds nus, la rivière de la vie.

Dans la 1ère lecture, Jérémie confie de manière pathétique le déchirement intérieur qui le turlupine : sa mission de prophète est exigeante et ingrate. Objet de mépris, d’insulte et de moquerie, il n’en peut plus : il est souvent tenté de capituler, tout abandonner …  Mais c’est plus fort que lui, le « feu dévorant » de l’Amour de Dieu  brûle dans son cœur. A la fin,  il dira : « Seigneur, tu m’as séduit et je me suis laissé prendre, tu m’as terrassé, tu m’as vaincu, tu as  été le plus fort !  » En effet, l’histoire de l’Eglise a connu des chrétiens (martyrs, saints, missionnaires, …) passionnés pour Jésus et son œuvre, qui ont fait cette expérience folle du feu de l’Amour de Dieu. Aujourd’hui encore, il  y en a – et nous en sommes ! , qui envers et contre tout, malgré le silence de Dieu, malgré nos cierges allumés, nos pourquoi sans réponse, nos révoltes ; malgré les injustices, les indignations, notre monde déchristianisé et sécularisé, malgré tout ce qui peut les pousser à faire défection, ne plaquent pas leur foi ! Dans son chant « Je crois en toi « , Jean-Claude Gianadda  écrit: « Malgré tout et quand même, je crois, tu vois !… » Et saint Pierre d’en rajouter : »Seigneur, à qui irions-nous, tu as les paroles de vie éternelle » (Jn 6, 68). C’est vrai, on est foncièrement attaché à son Dieu lorsqu’on vit avec lui une profonde intimité. Le psalmiste l’exprime en ces termes : « O mon Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube, j’ai soif de toi. Tout mon être languit, soupire après toi, comme une terre aride, desséchée, sans eau  » (Ps 62, 1).

Dans l’Evangile, Jésus fait peu à peu la révélation de sa Passion,  le grand  mystère qui est au cœur de la foi chrétienne. Il  fallait d’abord que ses disciples aient acquis quelque  maturité spirituelle pour qu’il leur révèle certains mystères.

« Je vous ai donné du lait » dira saint Paul, « non pas de la nourriture solide, car vous n’aurez pas pu la supporter » (1 Co 3, 1-2)…  « A partir de ce moment  » écrit saint Mathieu, c’est-à-dire   après avoir parcouru  un bout de chemin avec ses disciples, après la profession de foi de Pierre de dimanche dernier, Jésus peut seulement s’avancer. Il sait que  notre première compréhension de Dieu, c’est celle de la puissance : un Dieu de gloire, justicier redoutable qui (se) venge, écrase l’ennemi, punit l’infidèle… Oui, avec nos pseudo-représentations, nous nous façonnons un Dieu à notre image… Jésus nous fait alors  comprendre que la vraie puissance de Dieu, ce n’est que  celle de son amour gracieux, gratuit et sans condition.  Cet amour passe absolument par le dépouillement, le renoncement à soi-même. D’où cette annonce qu’il fait à son sujet : il sera rejeté, souffrira, sera tué sauvagement, mais il se relèvera, car la vie en Dieu ne meurt pas.  Pierre ne l’entend pas de cette oreille. Le portrait-robot du Christ  qu’il a dessiné dans sa tête ne peut connaître pareille humiliation : « Dieu t’en garde, Seigneur« .  Jésus va alors le rabrouer de manière frontale : « Passe derrière moi, Satan !« . Pourquoi cette vive réplique ?  C’est parce que Pierre a touché un point sensible : aimer pour Jésus, ce n’est pas satisfaire ses envies de pouvoir, de succès, d’égoïsme,  de narcissisme ainsi que Satan, l’adversaire de Dieu qui pousse à se soustraire à sa volonté, a voulu le lui faire croire dans les tentations au désert (Mt 4,1-11). Pour lui,  aimer, c’est de bout en bout  accepter de mourir à soi-même, car il n’y a pas d’amour plus grand que donner sa vie  pour la personne que l’on aime. J’allais dire que cette allégation  de Jésus est tout à fait logique : souvenons-nous de nos mille morts quotidiennes.  Comment peut-on seulement pardonner à quelqu’un, aimer ses enfants, son épouse, son époux, ses amis sans s’oublier, sans renoncer à soi-même, sans se perdre ?  Quand un enfant souffre atrocement, combien de fois n’ai-je pas  entendu des mamans me dire : « J’aimerais tellement souffrir à sa place ! » …  C’est ce prix-là qu’il faut payer pour être disciple de Jésus-Christ ! Il s’agit d’une conversion, d’un changement radical de regard : réaliser que l’homme n’est jamais aussi grand que lorsqu’il est à genou; accepter que c’est au  mendiant du bonheur, que c’est à celui qui est dans le besoin  que revient l’entière priorité, c’est lui qu’il  faut servir en  premier.

Chers amis, loin de faire l’apologie de la souffrance, du renoncement ou de l’abnégation, Jésus veut nous faire comprendre ceci  – et c’est tellement cohérent : on ne peut pas aimer en vérité sans prendre sa croix, sans renoncer à son amour-propre, bref  sans adhérer à l’exigence du dépouillement. La valeur d’une vie ne s’évalue pas  à sa durée,  encore moins à ses richesses matérielles, mais à sa qualité spirituelle, à sa richesse intérieure, à son taux d’utilité. . La vie est une offrande, quand on ne l’a donnée  pas, on l’a perdue : vivre c’est aider l’autre à vivre. Il restera de toi ce que tu as donné !

                                                            

                                                                 Vital Nlandu, votre curé-doyen

 

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