Approvisionner sa réserve d’huile

Homélie du 32ème dimanche ordinaire A : Approvisionner sa réserve d’huile

Lectures : Sg 6, 12-16; Ps 62; 1 Th 4, 13-18; Mt 25, 1-13

Mes soeurs et mes frères, la liturgie de la Parole de ce week-end vient à point nommé. En ce moment du re-confinement, le risque du coup de mou, de la déprime, y compris spirituelle, est plausible. Rien n’y fait, ce satané coronavirus plombe notre élan vital, nous déstabilise. Il tente de nous tenir blafards et surtout de voler notre espérance. Alors la page d’Evangile que l’Eglise propose à notre méditation nous booste : a-t-on déjà vu en temps de pandémie le médecin rendre les armes et ne plus soigner? Nous autres aussi nous  ne devons pas nous laisser nous engourdir,  tomber dans  le laisser-aller ou encore avancer le nez dans le guidon sans être proactifs, inventifs de recettes qui raffermissent notre foi, soutiennent nos élans de charité et ravivent notre espérance. N’insultons pas l’avenir : demain, meilleur il fera tant que notre horizon est Jésus-Christ et notre avenir en Dieu (2ème lecture).

Par-dessus tout, n’éteignons pas le feu, l’ardeur dévorante de notre attachement au Dieu trinitaire ainsi le témoigne  cette « sensualité  » spirituelle  du psalmiste : « Mon âme a soif de toi, Seigneur, mon Dieu. Je te cherche dès l’aube. Toute ma vie je vais te bénir. Je reste des heures à te parler  » (Ps 62). C’est le même érotisme qui se dégage dans  la quête passionnée de la bien-aimée du Cantique des cantiques : « –Au long des nuits, des jours, dans les insomnies,  le noctambulisme-, je cherchais celui que j’aime, sans le trouver. Et voilà…,  je l’ai rencontré celui que je cherchais, celui que mon cœur désirait, jamais plus je ne le lâcherai … » (Ct 3, 1-4). Et saint Augustin : « Je t’ai aimé bien tard, beauté ancienne et toujours nouvelle, je t’ai aimé bien tard ! Tu étais au-dedans de moi-même, et moi j’étais au-dehors de moi-même. C’est en ce dehors que je te cherchais… – Je suis allé chercher après toi au Nord, à Midi, à l’Ouest et à l’Est, et pourtant au-dedans de moi, tu étais! » (Confessions, livre X, XXVII, 38)…

La parabole de l’Evangile nous parle de 10 demoiselles bien élégantesqui piaffent d’impatience en attendant le prince charmant, Jésus-Christ,  pour la fête des noces mystiques. Ces 10 jeunes femmes symbolisent l’Eglise, c’est toi, c’est moi, c’est nous. Ce qui est reproché aux cinq qui n’ont pas eu de discernement éclairé (2ème lecture), ce n’est pas qu’elles fussent gagnées par le sommeil. Notre rythme nycthéméral nous pousse naturellement à nous assoupir aux heures tardives de la nuit. Les travailleurs  de la nuit (emploi Horeca, routiers, infirmières de garde…)  savent qu’il peut arriver un moment dans la nuit qu’on somnole.  La  maladresse des filles imprévoyantes, c’est plutôt leur manque de sens de responsabilité, leur  insouciance de l’essentiel, c’est-à-dire avoir négligé l’approvisionnement de la ration d’huile de leurs lampes.   

Chers amis, une parabole n’est pas un traité théologique, c’est un récit de bon sens qui  transmet  un message : il faut prendre soin de sa réserve d’huile. Dans la tradition biblique, l’huile-Onction symbolise l’Esprit Saint, le combustible de notre lampe intérieure :« L’huile de l’Onction demeure en vous » (1 Jn 2, 27) ; « Celui qui nous a donné l’Onction, c’est Dieu » (2 Cor 1, 21)… Par la chrismation baptismale, le baptisé reçoit l’Esprit Saint, il est qualifié de « fils » de Dieu : « Aujourd’hui tu es mon fils bien-aimé, en toi j’ai mis tout mon amour » (Lc 3, 22).

En effet, l’huile pénètre, imprègne, s’imbibe dans la matière spongieuse. Ce n’est qu’un cœur-éponge, accueillant, qui lâche prise et fait confiance (enfance spirituelle),  qui est favorable à l’accueil et à l’action de l’Esprit Saint. Les huiles essentielles ont une vertu thérapeutique : L’Esprit Saint guérit ce qui, au plus profond de nous, est blessé. L’huile sert au massage des athlètes (pour leur souplesse) : l’Esprit-Saint assouplit nos caractères aigus. Les huiles essentielles sont utilisées en parfumerie et nous le savons,  le véritable parfum est une flagrance, sa senteur ne laisse pas indifférent : « Nous sommes la bonne odeur du Christ » (2 Cor 2, 15). Aussi avons-nous besoin d’être imbibés d’Onction en permanence pour tenir la route et pour  témoigner de l’Amour qui nous habite.

Oui, il y a des signes qui ne trompent pas. Le fruit suprême que l’Esprit Saint produit en nous, c’est ce guichet ouvert d’un amour qui se manifeste par la joie, la paix, la douceur, la bonté, la bienveillance; qui se nourrit de la foi et se cultive par l’humilité, la patience et la maîtrise de soi (Ga 5, 22).

                                                                         Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Communion avec tous les saints

Homélie à la Toussaint 2020 : Communion  avec tous les saints

Lectures : Apoc 7, 2-4, 9-14; Ps 23; 1 Jn 3, 1-3; Mt 5, 1-12a

Mes frères et mes soeurs, la Toussaint ce n’est pas que l’entrée en hiver,  la saison des feuilles mortes, la visite au cimetière ou les soins des tombes. C’est la fête de tous les saints, la myriade d’amis de Jésus de tous les temps et de tous les espaces (1ère lecture, Ps 23).  Nous pouvons nous  demander,  à juste titre,  ce qui  caractérise ces saints,  ceux qui sont  canonisés, ceux qui sont  inconnus ou encore  anonymes.

Ils ont tellement été attachés à Jésus comme les sarments à la vigne, tellement imbibés d’Onction,  d’Esprit Saint, qu’ils ont essayé, malgré la faiblesse humaine, de se configurer au Christ, en adoptant son style de vie, à savoir : les béatitudes. Se configurer au Christ y compris dans le dépouillement (la kénose). Paul appelle « saints » les baptisés (Phil 4, 21; col 1, 2). Pour dire que nous sommes tous appelés à la sainteté (Concile Vatican II, LG 39), chacun dans son  état de vie, avec son âge, sa profession, son parcours, ses ressources, ses pauvretés, son mystère. La sainteté n’est pas réservée à une élite,  à des super-chrétiens ou encore réduite à des  phénomènes spectaculaires (lévitation, stigmates …). Elle se reconnaît par les fruits. Nous connaissons des femmes et  des hommes séduisants par leur beauté intérieure,  qui ont une passion pour l’humain. Ils ont passé ou passent leur vie en se vouant à leur semblable,  en se dévouant pour les autres   sans regarder leur propre nombril. Ils interpellent lorsqu’ils rendent simplement, gratuitement service et  sans idéologie.  La bonté est tissée dans l’exemple de ce soldat qui tend sa gourde à un ennemi blessé; du jeune homme qui se lève dans le  bus pour donner sa place à une personne âgée; du pompier qui traverse les flammes, le visage noirci, parfois blessé, et qui fait cela pour sauver des vies ; cette infirmière qui soigne avec  empressement  les malades atteints de coronavirus et qui  choisit de dormir en MRS pour ne pas contaminer les siens chez elle. Voilà les saints de nos jours !

Et maintenant, revenons  aux béatitudes,  concept qui se traduit par  bonheur.   C’est quoi  le bonheur ? C’est une aspiration existentielle propre à tout homme. Sinon, pourquoi aller à la messe, bosser, se marier …, si ce n’est pas pour être heureux ! 

En effet, depuis que ce monde est monde, toutes les générations spéculent, cogitent autour de ce thème.  Il y en a qui croient que le bonheur, c’est pour demain lorsqu’il viendra frapper à leur porte. Pour d’autres encore, en l’occurrence les sirènes de certains  médias et publicités, le bonheur se réduit au pognon, au confort matériel, aux jouissances de la vie, à la recherche d’un plaisir immodéré.  Il faut épuiser les jouissances sensuelles : le sexe, la drogue, l’alcool … On pense également  que le bonheur, c’est la réussite sociale,  la performance au travail. Nous connaissons le slogan de l’ultra-libéralisme : travailler davantage pour gagner plus, quitte à s’enfoncer dans le bourbier du  burn out … Mais est-ce que tout cela est vrai ?  On connaît des gens qui ont eu tout : la gloire, l’argent, le pouvoir,  le prestige mais qui, hélas,  sont paumés,  blasés, constipés, déprimés ; des gens qui, spirituellement parlant, ne sont que coquilles vides, sans la moindre profondeur ! Le bonheur, chers amis,  ne s’évalue pas au prorata de la richesse matérielle ! Savez-vous à qui Jésus s’adresse dans l’Evangile des béatitudes ?  Il ne s’entretient pas avec des ministres ou  des princes, mais avec des malades, des chômeurs, des SDF, des affligés, les pauvres des bidonvilles, des immigrés … C’est à ces gens-là qu’il ose dire : écoutez les gars,  le bonheur est possible ! Ne serait-ce pas du cynisme ? Non, parce que pour Jésus, le bonheur relève de ce choix : choisir la pauvreté de cœur (ne rien posséder dont on n’a pas besoin, être en accord avec sa liberté intérieure,  ne pas se suffire à soi-même), la pureté de cœur (être vrai, honnête), la douceur (es-tu un loup ou un agneau, un vautour ou une colombe pour les autres ?), la justice (une injustice subie par le faible devrait te révolter), la miséricorde et la paix… En fait, le bonheur c’est la joie spirituelle d’accueillir sa vie,  quelles que soient les circonstances.  Grâce à l’émerveillement, celui qui est heureux écoute son cœur et réalise que la bonté des gens, que la beauté des visages et celle  de la Création est un cadeau du ciel. Son bonheur c’est devancer l’avènement du Royaume, semer les signes d’espérance en ouvrant  le guichet de son amour… Les fruits du bonheur sont l’ataraxie spirituelle (absence des troubles intérieurs), la joie de vivre, la générosité qui s’oppose à la cupidité,  la gratitude qui s’oppose à la suffisance …

André Chouraqui qui a fait une magnifique traduction de la Bible,  traduit l’adjectif « heureux » par « en marche« .  « En marche les pauvres, les endeuillés, debout les assoiffés de justice : le Royaume des cieux vous appartient ! » Notre bonheur ne peut que grandir et fleurir lorsque nous avançons  vers la Fontaine qui étanche nos soifs profondes.

                                                                  Vital Nlandu, votre curé-Doyen

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l’amour est premier !

Homélie du 30ème dimanche  A : l’amour est premier !

Lectures : Ex 22, 20-26; Ps 17; 1 Thés 1, 5c-10; Mt 22, 34-40

Mes frères et mes sœurs dans le Christ Jésus, en ce temps de regain du covid 19, temps d’incertitude et d’inquiétude,  la Parole de Dieu nous fait entrer en espérance. Un éveil qui nous fait prendre conscience de notre spiritualité, sans doute dormante : pour quoi, pour qui je vis, qui suis-je profondément ?… En effet,   nous sommes faits pour être aimés et aimer. C’est un besoin existentiel inhérent à  l’homme. L’enfer, n’est-ce pas  l’enfer-mement, le sentiment du vide d’amour;  et la maladie psycho-spirituelle la plus atroce,  être carencé de ce même amour ! Voilà pourquoi Dieu garantit d’ores et déjà sa flamme aux mendiants de l’amour : « Vois, je t’ai gravé sur les paumes de mes mains … Comme le Père m’a aimé, moi aussi je t’ai aimé … Je t’ai aimé d’un amour éternel, aussi t’ai-je gardé ma faveur, sois sans crainte » (Is 49, 16; Jn 14, 23; Jér 31, 3).

La question posée à Jésus dans la page d’Evangile est, à bien des égards, judicieuse : l’excès nuit ! On en a sa dose avec cette ribambelle  de préceptes qui régissent la vie religieuse et sociale,  dénombrés à 613  dans la Torah.  En dernier ressort, quelle est la loi focale, capitale d’où découleraient  toutes les autres ? Et Jésus de répondre : « Tu aimeras!  » Effectivement, l’amour est premier, sans lui,  on a raté sa vie  et même sa mort, mort entendue comme  passage ultime vers l’autre vie.  Vivre sans ami, c’est mourir sans témoin ! L’amour  est le principe même de l’agir chrétien : « Aime et fais ce que tu veux » (saint Augustin). C’est par lui que nous sommes reconnus comme  disciples de Jésus-Christ (Jn 13, 35).  Et c’est sur l’amour que nous serons jugés (saint Jean de la croix; Mt 25, 31-41).

Tu aimeras Dieu (et te laisseras aimer par lui). Si Jésus cite Dieu en premier, c’est parce que c’est lui la source qui irrigue nos cœurs d’amour (Rm 5, 5). Pour mieux comprendre cela, imaginons un grand cercle tracé sur le sol et Dieu au centre. Au bord de ce cercle, il y a des hommes. On ne peut que constater ceci :   plus ils s’approchent de Dieu, plus ils se resserrent, leurs liens se consolidant; mais plus ils s’éloignent de Dieu, en mouvement inverse, plus ils se distancient entre eux…   En aimant Dieu le premier et  de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit, c’est-à-dire saisi de tout  ton être (ta dimension psychologique, spirituelle et somatique); avec ta personnalité, ton affectivité, tes pensées, tes actions et  projets, Dieu t’imprègne  de son amour et décuple ta faculté d’aimer.

Oui, c’est une exigence spirituelle  que d’entretenir avec « son » Dieu,  une relation intime, mystique, à l’instar de cette déclaration d’amour du psalmiste : « Je t’aime, Seigneur, ma force » (Ps 17). Toute l’histoire du salut est une aventure d’amour entre le Dieu de l’alliance et son peuple, une alliance souvent brisée par les péchés de ce dernier, mais que Jésus le Christ a rétablie une fois pour toutes par le sang de sa croix.

Cependant, « si quelqu’un dit : ‘J’aime Dieu’ et qu’il déteste son frère, c’est un menteur : celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, ne saurait aimer Dieu qu’il ne voit pas » (1 Jn  4, 20). La prière et la fraternité (cf. l’encyclique « Fratelli tutti » du pape François), la contemplation et le service sont intrinsèquement liés. Les témoins comme l’abbé Pierre, sœur Emmanuelle et tant d’autre nous ont assez enseignés que tout ce qui n’est pas donné est perdu; que c’est en se donnant que l’amour devient une vocation, car celui qui se donne est serviteur.  Joindre pieusement les mains pour prier est merveilleux, mais  c’est encore mieux de les ouvrir pour donner…  La croix de Jésus articule admirablement les deux axes d’amour : de ses deux poutres, l’une est verticale, tendue vers le ciel, et l’autre est horizontale, embrassant l’humanité. L’amour pour  Dieu et pour l’homme partent, certes,  en deux directions, mais c’est un unique amour.  Evidemment, je parle en croyant : aimer l’homme sans Dieu vide l’amour de toute espérance, et aimer Dieu en détestant l’homme  est une tartuferie notoire.

Pour Jésus, il faut aimer le prochain « comme soi-même » en termes de communion et des soins à lui prodiguer. C’est en être un sacrement de la vie, l’aimer gratuitement pour que l’amour ne devienne pas un pot-de-vin;  et loin  de l’asphyxier, lui permettre de respirer (respect de sa liberté), lui révéler sa beauté intérieure et  le faire grandir : « Il faut qu’il croisse et que moi je diminue » (Jn 3, 30).

Chers amis, Jésus est mort le cœur « ouvert » (Jn 19, 31-37) : qu’il nous soit ainsi donné  de vivre avec  notre cœur  ouvert à Dieu et aux autres. C’est à cette foi en actes que nous exhortent  le prophète Isaïe dans la 1ère lecture et le témoignage des Thessaloniciens dans la deuxième lecture.

                                                                               Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Rendez à César ce qui est César, à Dieu ce qui est à Dieu !

Homélie du 29ème dimanche A : Rendez à César ce qui est César, à Dieu ce qui est à Dieu !

Lectures : Is 45, 1.4-6; Ps 95; 1Thes 1, 1-5b; Mt 22, 15-21

Mes frères et mes sœurs, bonjour !Voici la question à laquelle Jésus est tenu de répondre : « Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt  à César, l’empereur ? »

 De quoi s’agit-il ? Après s’être concertés, ses adversaires veulent le piéger,  le prendre en faute  afin d’avoir un chef d’accusation.  Et quoi qu’il dise, Jésus est coincé. S’il dit « oui », les gens, en l’occurrence les zélotes qui s’opposent farouchement à l’occupant romain et qui  prônent de ne pas payer cet impôt ne servant qu’à alimenter les fonds de guerres de Rome,  le prendraient pour un collabo, un traitre.  Et s’il dit « non », le peuple, en l’occurrence les hérodiens, partisans d’Hérode qui collabore avec les romains, le dénonceraient comme un instigateur politique, poussant le peuple à la révolte contre le pouvoir en place. 

Comment alors sortir de ce dilemme ? D’entrée de jeu, Jésus refuse d’entrer dans la logique binaire du oui ou du non, dans le cadre cloîtré du faux ou du vrai, du blanc ou du noir, d’in ou d’out, du yang et du yin…C’est une bipolarisation myope et figée, qui divise et conduit in fine au blocage et à l’impasse;  elle rend notre esprit étriqué, borné et cloisonné.

Alors avec finesse et ingéniosité, il va trouver la 3ème voie dans cette phrase devenue une locution proverbiale: « Rendez  à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu« . C’est aussi simple que ça, il faut se garder  de mêler les genres ou de faire de l’amalgame : Dieu est Dieu, l’empereur César n’est pas dieu.  Ce n’est qu’un homme,  même si certains Césars mégalomaniaques à travers  l’histoire  se sont mis à l’égal de Dieu. Yahvé le stipule lui-même dans la première lecture : « Je suis le Seigneur, il n’y en a pas d’autre : hors de moi, pas de Dieu« … La maxime de Jésus est au demeurant  une référence dans les débats sur la séparation entre le temporel et le spirituel, le civil et le religieux, l’Etat et l’Eglise. Les dictateurs des républiques bananières l’instrumentalisent pour faire taire  les prélats qui osent réclamer la justice sociale pour leurs populations paupérisées et opprimées.

En effet, à César, il faut, sans autre forme de procès,  rendre  ce qui lui facilite sa gestion de la chose publique, entre autres le respect de la loi et l’acquittement  des impôts qui permettent par exemple l’entretien des équipements collectifs  tels les hôpitaux, les routes …

A Dieu, il faut absolument rendre ce qui lui appartient. Et c’est quoi ? Selon le psaume 95, c’est notre gratitude pour sa miséricorde infinie (cf. Rm 1, 21). Voilà pourquoi, chers amis,  nous sommes revenus à la source ce dimanche. L’eucharistie  (du grec eucharistein = rendre grâce) que nous célébrons, est l’expression prégnante de notre reconnaissance pour  l’amour débordant de Dieu : « Vraiment, il est juste et bon de te rendre grâce » (Préface) ! Rendre grâce à Dieu est non seulement au cœur, maisc’est le cœur même de notre foi, notre prise de conscience de ses innombrables bienfaits : le don de la vie, le don de nos proches, le don de Jésus  notre Sauveur, celui de son Esprit qu’il donne en partage …

Humainement parlant, apprendre à honorer (donner du poids) et à considérer les cadeaux reçus, rend heureux et pousse à l’émerveillement. Je sais qu’il y a des familles qui cultivent la vertu de la gratitude, dont les membres  tiennent un carnet de gratitude (noter chaque jour au moins trois belles choses à partager avec son conjoint, ses enfants ou amis)…

 Alors, dis-moi, quelle est la place de Dieu dans ta vie ? As-tu le sentiment d’appartenir au Christ ? Ce Christ, est-il dormant ou vivant en toi; est-il une référence dans ta vie; laisses-tu se manifester en toi, par l’Esprit Saint,  la puissance de sa résurrection ? La meilleure manière de rendre à Dieu ce qui est à Dieu,  pour saint Paul, c’est de garder sa charité assidue, sa foi ferme et son espérance inébranlable (2ème lecture). Et en ce dimanche  de la Mission universelle, c’est faire connaître Dieu et contribuer à la croissance de sa communauté chrétienne, la croissance de l’Eglise de Jésus-Christ. C’est  accompagner ceux qui ont soif de l’amour, proclamer l’amour de Dieu et partager les richesses spirituelles de la vie avec Dieu, bref, être un nourricier de la foi.

                                                                      Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Un banquet offert à tous, mais non sans condition !

Homélie du 28ème dimanche A : Un banquet offert à tous, mais non sans condition !

Lectures : Is 25, 6-10 a; Phil 4, 12 s; Mt 22, 1-14

Mes frères et mes sœurs, Jésus parle merveilleusement du Royaume des cieux dans l’Evangile, et nous dirons aujourd’hui dans le pater : « Notre Père qui es aux cieux …, que ton règne vienne ! » Alors dis-moi : es-tu vraiment attentif aux signes d’espérance, les signes de ce règne aujourd’hui ? Et pourtant ils foisonnent ! Et que fais-tu pour hâter la venue du règne de Dieu en toi et autour de toi ?

La parabole relate la plus belle fête qui soit, celle de l’amour. Il s’agit d’un mariage. Qui l’organise ? Un roi, c’est Dieu.  Qui se marie?  Son Fils Jésus. Avec qui ? La fiancée n’est pas mentionnée, c’est une astuce littéraire pour soutenir le suspense.  En effet, la fiancée, c’est l’Eglise répandue à travers le monde, le peuple de Dieu et c’est  nous.  Cette parabole nous rappelle les péripéties de l’histoire du  salut marquées par de nombreuses ruptures d’alliance, les refus du don de Dieu, l’indifférence parfois insolente à ses sollicitations d’amour, voire l’hostilité envers ses messagers, les prophètes.

Il y a  2 groupes d’invités : le 1er c’est celui des fils d’Israël, le peuple élu. Ils déclinent l’invitation et  pourquoi ? Il y en a même qui sont tellement occupés par leur travail qu’ils n’en ont cure (v. 5). Chers amis, cette anesthésie de conscience est une actualité brûlante dans notre société postmoderne, sécularisée, déchristianisée. Le tragique, c’est que le feu « religieux » est en train de s’éteindre dans le cœur de beaucoup, parfois faute de temps : on est tellement préoccupés d’autres choses. Après la première invitation qui a essuyé une rebuffade, le roi invite de nouveau. Pour dire comment Dieu est patient ! Puisque les premiers invités  se sont  désistés, il fallait bien trouver d’autres convives,  car le banquet d’amour de Dieu est toujours prêt, qui t’attend !  Les deuxièmes invités sont des passants du hasard, ils viennent de partout : ce sont  les femmes et les hommes du monde entier, toutes races et toutes cultures confondues (cf. 1ère lecture : Is 25, 6 s). Cette famille humaine  unie dans sa diversité et rassemblée autour du banquet où Dieu nous partage sa vie et sa joie,  souligne la catholicité et l’espérance du peuple de Dieu, l’universalité du salut proposé par Jésus-Christ. Il  y a dans la salle des bons et des mauvais, le bon grain et l’ivraie. On n’a pas besoin de fournir un certificat de vertu ou de bonne conduite. Tout le monde est invité pêle-mêle, sans distinction ni discrimination.  Dieu appelle gratuitement et convie largement.

Cependant, la miséricorde infinie de Dieu qui accueille tous les hommes, n’est pas un laisser-aller bonasse. Il y a une  exigence de tenue correcte et de dignité ! Dans la salle de noces, on surprend un Monsieur en salopette de jardinier. Le roi l’interpelle avec beaucoup de courtoisie, il l’appelle même « mon ami ! ». Il veut négocier, créer du lien avec lui (religare). Mais  ce dernier  choisit de garder un silence d’affront, il refuse de dialoguer, d’entrer en relation avec Dieu. Se faisant, il s’est replié dans son mutisme,  s’est enfer-mé sur lui-même. L’enfer, c’est refuser « pieds et poings liés », de s’ouvrir aux autres et à Dieu. Le comportement de cet homme est  à l’inverse de celui de la femme adultère qui, elle, a voulu collaborer (cf. Jean 8, 1-11).

Je tiens, toutefois,  à signaler que l’habit de noce, l’exigence de dignité  dont parle Mathieu n’est pas d’abord une question de morale, de dogme ou de mérite. C’est le linge baptismal qui signifie « revêtir le Christ« , « revêtir l’homme nouveau » (Gal 3, 27; Eph 4, 24). C’est le vêtement blanchi dans le sang de l’Agneau dont parle saint Jean (Apc 7, 14; 19, 5-8).

Ce qui importe, chers amis, c’est être intimement attaché au Christ, en être même amoureux à l’instar des mystiques.   Par cet attachement, il nous donne la force de nous convertir, d’adopter son style de vie, de changer de regard;  la force de faire face à des circonstances diverses, y compris les plus difficiles, ainsi  que l’écrit saint Paul dans la deuxième lecture : « Je peux tout en celui qui me donne  la force ».

Avant la communion, je vous inviterai à venir recevoir et manger le pain de vie,  en ces termes : « Heureux les invités au repas du Seigneur« . Le geste de vous lever et de vous avancer  signifie que vous répondez : « Oui« . Mais vous ajouterez : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir« , autrement dit : « Guéris-moi, je te fais confiance …! »

                                                                                 Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Annonces du 29 septembre 2020

Nous sommes heureux de vous annoncer la parution de notre mensuel « Si tu savais... » pour le mois d’octobre.

Comme à chaque parution, vous y découvrirez toutes les informations utiles pour notre Unité pastorale et plusieurs articles et réflexions pour nous édifier.

Vous allez recevoir une force
Alors, vous serez mes témoins (Ac 1,8)

Le dimanche 4 octobre prochain à 10h30 en la cathédrale, 28 jeunes de notre UP seront confirmés. Ce sera la Saint François, le patron de notre UP qui s’est configuré au Christ dans son anéantissement, son dépouillement et son humilité. Ce dimanche marquera en sus la rentrée pastorale officielle 2020-2021 de notre UP.

La force que Jésus promet est l’Esprit Saint, la puissance d’en haut que le confirmand reçoit par l’imposition des mains. Certes, elle habite en tout baptisé, mais faut-il encore la confirmer et l’éveiller ! C’est la force que les apôtres ont reçue le jour de la Pentecôte. Ce jour-là, il y eut effusion de l’Esprit Saint, on a ressenti sa présence et son action chez les disciples qui en étaient remplis. Après la mort de Jésus, ses amis décontenancés ont commencé à douter (Lc 24, 21) ; ils ont eu peur des représailles des Juifs. Les portes de leur maison étaient closes, verrouillées (Jn 20, 19). Quand vint l’Esprit Saint sur eux, leurs langues se sont déliées, ils se sont sentis libres et libérés, parlant publiquement des merveilles de Dieu. La Pentecôte a ainsi inauguré le temps de témoignage de la puissance de l’Amour de Dieu. Lorsqu’on est imprégné de la force du Ressuscité, on devient témoin investi d’aptitude à déclarer, pour donner ENVIE aux autres, ce qu’on a vu, entendu, compris, senti, vécu de l’Amour de Dieu !

L’Esprit de Dieu dynamise nos vies et conduit nos pas. Il invite chaque croyant à se renouveler sans cesse. Et il y a des signes qui ne trompent pas. Là où l’Esprit Saint qui répand l’Amour de Dieu en nos cœurs, est à l’oeuvre, les divisions, les doutes, les craintes disparaissent. Il suscite, produit des effets (fruits, résultats) en celui qui Le reçoit et se laisse guider par Lui : l’amour, la joie, la paix, la patience, la douceur, la bienveillance, la maîtrise de soi (Gal 5, 22-23).

Au nom des familles et de toute la communauté, je remercie l’équipe d’animateurs pour leur disponibilité, leur générosité, leur savoir-être et leur savoir-faire (compétences catéchétiques). Un animateur de confirmation est un témoin, un passeur de l’Amour de Dieu. Il n’est pas nécessairement un détenteur d’un savoir à transmettre ou encore un spécialiste de Dieu, un théologien, mais un accompagnateur qui respecte le rythme du jeune. Il est avec le jeune (le rejoint où il est), pour lui (à son service) et face à lui (l’aide à trouver des réponses à ses questions de sens et de repère).

Vital Nlandu

 

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