Pour une Eglise cohérente avec ce qu’elle croit : une communauté fraternelle !

Homélie du 23ème dimanche A :

Pour une Eglise cohérente avec ce qu’elle croit : une communauté fraternelle !

Lectures : Ez 33, 7-9;Ps 94;  Rm 13, 8-10; Mt 18, 15-20

 

Chers amis, allons-nous  écouter aujourd’hui la voix du Seigneur, ouvrir nos cœurs et nous laisser percuter par la Parole de Dieu ? (Ps 94). La page d’Evangile que nous venons de lire évoque en filigrane une Eglise-Peuple de Dieu qui soit une  communauté fraternelle où chacun se sent être responsable de ses sœurs et de ses frères. Dans le livre de la Genèse, après que Caïn ait commis l’homicide sur  son frère Abel par jalousie, Yahvé lui demanda : « Caïn, où est ton frère Abel ? » Il répondit : « Je n’en sais rien. Suis-je donc  le gardien de mon frère ? » (Gn 4, 1-9). Bien-sûr que oui, tu es responsable de la vie des autres ! Antoine de Saint-Exupéry, in « Le petit prince »,  fait allusion à cette attitude responsable : « Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l’oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de  ta rose« . Et pour reprendre l’expression du prophète Ezéchiel (1ère lecture), ta mission,  c’est d’être « un guetteur », celui qui est à l’affût des signes d’espérance, qui reconnaît ce qui est fait de bien autour lui, il félicite, valorise.  Mais c’est aussi le clairvoyant  qui prévient le mal et avertit pour éviter les dégâts.

La péricope de Mathieu envisage en sus une Eglise qui soit une communauté de femmes et d’hommes d’horizons divers, certes,  mais qui fait corps. Eclairés par la même Parole et nourris du même Pain, ils essaient de vivre  une profonde  communion de cœurs.

Cependant,  Jésus ne plane pas, il n’a pas une vision utopiste du vivre ensemble. Il sait pertinemment  que dans tout milieu de vie – familles, cercle d’amis, lieu de travail –   bref, là où se télescopent différentes  libertés,  les malentendus et les frictions ne peuvent pas manquer… Et pourquoi ? Parce que nos fatigues, nos frustrations, nos blessures, nos susceptibilités, notre amour propre, notre éducation, notre parcours et même  notre patrimoine génétique déteignent sur notre comportement.  En fait, pour moi,  le problème ne réside pas dans les conflits, mais dans  la manière de les désamorcer.  Quand les conflits adviennent, faut-il absolument recourir à la violence, fût-t-elle verbale, morale ou  physique ? C’est ici que l’outil de désamorçage des conflits proposé par  Jésus vient à point nommé: la graduelle correction fraternelle.  Elle est basée sur le dialogue constructif et la conciliation. Le but, ce n’est rien d’autre qu’un frère à gagner ! Aussi, ne commence pas par l’accabler de censures. Au contraire,  Jésus suggère : va le trouver seul à seul dans un entretien privé, discret et respectueux. S’il refuse de t’écouter, procède par la  médiation bienveillante. Et fais-le  dans la douceur et la patience, car chacun étant  atteint   de tout côté par la faiblesse, nous portons tous  en nous une part cabossée…  Si tu ne parviens pas à dénouer  le nœud, il faut t’en  référer à l’Eglise qui a la mission de lier et de délier, c’est-à-dire de proclamer le pardon de Dieu.

Chers amis, « S’il suffisait qu’on s’aime » chante Céline Dion; si chacun de nous pouvait seulement se rendre compte combien l’amour du Christ nous presse ! Se rendre compte combien on est tous redevables  aux autres étant donné notre  perpétuelle dette d’amour à leur  payer. « Aime » dit saint Augustin,  » et fais ce que tu veux« , car de la racine de l’amour vrai ne peut sortir que du bon, du beau !  Ainsi que l’écrit  saint Paul : « L’amour ne fait rien de mal au prochain » (2ème lecture).

Pour finir, Jésus fait mention d’une Eglise qui soit une assemblée de prière. Il souligne l’importance et toute la puissance de la prière partagée,  dite prière communautaire. Il agrée  le choix que nous faisons d’aller prier à l’église; il  bénit  et encourage notre démarche de prier la Parole (lectio divina), de prier le rosaire en groupe de prière, de faire l’adoration avec les autres. La prière partagée est un vrai sacrement : Jésus, absent physiquement,  y est spirituellement présent et sa  présence est  totalement opérante, agissante.

 

                                                                                  Vital Nlandu, votre curé-doyen 

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Une rentrée pastorale 2020-2021 pas comme les autres

Une rentrée pastorale 2020-2021 pas comme les autres

Alors que la rentrée est un souffle qui porte à avancer, à projeter le regard vers l’avant, apparemment celle-ci ne démarre pas sur les chapeaux de roues. A entendre certains confrères curés, elle nous laisse plutôt dans une incertitude au demeurant fatigante : de quoi demain sera-t-il fait ? En effet, le satané coronavirus continue de balancer un grand coup de pied dans la fourmilière quotidienne. Il sème toujours l’épouvante : on craint une deuxième vague encore plus dévastatrice et une augmentation significative des fragilités : suppressions d’emplois, précarité accrue des plus pauvres, apprentissages scolaires interrompus… Ses flux et reflux laissent derrière eux blessures humaines et drames sociaux. On redoute ainsi que nos projets pastoraux et catéchétiques soient encore frappés de plein fouet… Des questions se posent : doit-on faire son deuil de la vie normale ?  Sommes-nous condamnés à vivre masqués, autrement dit camouflés, déguisés, voilés avec des rencontres en distanciel ? Sociologiquement parlant, l’impérialisme sanitaire qui prévaut jugule les interactions sociales et fait dépérir l’être humain qui, pour vivre épanoui, a besoin, entre autres, du lait de tendresse déversé par l’étreinte affectueuse, le toucher physique.

Chers amis, il va falloir, en tout état de cause, parier sur l’imprévisible ainsi que le conseille Christian Bobin : « Ne rien prévoir, sinon prévoir l’imprévisible. Ne rien attendre, sinon l’inattendu « . Et Fréderic Boyer de renchérir : « Croire, c’est accepter l’inattendu« . C’est vrai que pour vivre, croire, s’émerveiller…, il faut se laisser surprendre par ce qui advient et survient, car il y a autre chose : la vie ne s’arrête pas à ce qu’on voit, à ce qu’on vit, à ce qu’on sait ou croit savoir. Quelque chose d’autre est toujours possible. Ce postulat fonde ma foi à l’impossible de toute vie, mon entrée en espérance.

De cette crise sanitaire, j’ai compris plus profondément que toute vie humaine est une parabole, un chemin spirituel où l’on retrouve les traces du Ressuscité au travers de tant de semences d’espérance. Les temps que nous vivons nous apprennent pour ainsi dire à nous adapter sans nous habituer ni nous résigner. A réaliser que si le plan A ne marche pas, il reste encore 25 lettres dans l’alphabet. A assumer notre vulnérabilité existentielle en cherchant sans en démordre à vivre heureux, sain et sauf. Et cela n’est possible qu’en nous ressoudant dans une dynamique d’initiatives tous azimuts. Il y a tellement de défis à relever : comment retrouver, dans la frénésie de nos engagements et responsabilités, la présence qui nous habite ? Comment être, avec audace et humilité, témoin d’Evangile dans un monde déchristianisé et sécularisé ? Comment, pour aller à la rencontre de ce qui vient, laisser partir ce qui s’en va, abandonner sans nostalgie ce qui n’est plus pastoralement parlant porteur et réconfortant ?…

Rentrée 2019

Messe de rentrée pastorale 2019

Chaque matin, force nous est de faire ce choix : soit nous restons couchés dans notre lit pour poursuivre notre rêve ; soit nous nous levons pour le réaliser. « Jour après jour, un peu plus loin, un peu plus fort« , tel est le mot d’ordre de celui qui ne s’accommode pas de la réalité présente. Pour ce qui nous concerne, nous ne faisons pas aveu d’apathie et d’inertie ! Je remercie et félicite l’abbé Yves Tchoumoudi et les catéchistes qui viennent de réaliser ensemble un bel outil catéchétique pour les enfants de premières communions. Moi-même j’aurai un forum en septembre et un autre en octobre avec leurs parents. Nous célébrerons le dimanche 4 octobre prochain le sacrement de confirmation de nos 26 confirmands. 

Nous avons le pied à l’étrier, vive la relance pastorale !

 Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Annonces du 30 septembre 2020

Messes en semaines

Toutes les messes sont célébrées à la cathédrale.

  • Mardi et mercredi à 08h00
  • Jeudi et vendredi à 18h00
  • Jeudi à 18h00 à l’Ermitage
  • Messes dominicales

Samedi 5 septembre à 18h00 à la cathédrale

Dimanche 6 septembre  à 09h00 Bellevaux

et à 10h30 à la cathédrale

Adoration

A partir du vendredi 4 septembre nous reprendrons l’adoration de 17h00 à 18h00 à la cathédrale.

Si tu savais…

Notre périodique du mois de septembre est disponible

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Prendre sa croix pour être disciple de Jésus-Christ !

Homélie du 22ème dimanche ord. A : Prendre sa croix pour être disciple de Jésus-Christ !

Lectures : Jr 20; Ps 62; Rm 12, 1-2; Mt 16, 21-27

Chers amis, comme le sang coule dans nos veines pour nous donner la vie, comme l’eau irrigue la terre pour la nourrir, la Parole de Dieu nous imprègne. Elle transforme notre manière d’être, de parler, de penser et d’agir. Elle nous aide à traverser à gué et à pieds nus, la rivière de la vie.

Dans la 1ère lecture, Jérémie confie de manière pathétique le déchirement intérieur qui le turlupine : sa mission de prophète est exigeante et ingrate. Objet de mépris, d’insulte et de moquerie, il n’en peut plus : il est souvent tenté de capituler, tout abandonner …  Mais c’est plus fort que lui, le « feu dévorant » de l’Amour de Dieu  brûle dans son cœur. A la fin,  il dira : « Seigneur, tu m’as séduit et je me suis laissé prendre, tu m’as terrassé, tu m’as vaincu, tu as  été le plus fort !  » En effet, l’histoire de l’Eglise a connu des chrétiens (martyrs, saints, missionnaires, …) passionnés pour Jésus et son œuvre, qui ont fait cette expérience folle du feu de l’Amour de Dieu. Aujourd’hui encore, il  y en a – et nous en sommes ! , qui envers et contre tout, malgré le silence de Dieu, malgré nos cierges allumés, nos pourquoi sans réponse, nos révoltes ; malgré les injustices, les indignations, notre monde déchristianisé et sécularisé, malgré tout ce qui peut les pousser à faire défection, ne plaquent pas leur foi ! Dans son chant « Je crois en toi « , Jean-Claude Gianadda  écrit: « Malgré tout et quand même, je crois, tu vois !… » Et saint Pierre d’en rajouter : »Seigneur, à qui irions-nous, tu as les paroles de vie éternelle » (Jn 6, 68). C’est vrai, on est foncièrement attaché à son Dieu lorsqu’on vit avec lui une profonde intimité. Le psalmiste l’exprime en ces termes : « O mon Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube, j’ai soif de toi. Tout mon être languit, soupire après toi, comme une terre aride, desséchée, sans eau  » (Ps 62, 1).

Dans l’Evangile, Jésus fait peu à peu la révélation de sa Passion,  le grand  mystère qui est au cœur de la foi chrétienne. Il  fallait d’abord que ses disciples aient acquis quelque  maturité spirituelle pour qu’il leur révèle certains mystères.

« Je vous ai donné du lait » dira saint Paul, « non pas de la nourriture solide, car vous n’aurez pas pu la supporter » (1 Co 3, 1-2)…  « A partir de ce moment  » écrit saint Mathieu, c’est-à-dire   après avoir parcouru  un bout de chemin avec ses disciples, après la profession de foi de Pierre de dimanche dernier, Jésus peut seulement s’avancer. Il sait que  notre première compréhension de Dieu, c’est celle de la puissance : un Dieu de gloire, justicier redoutable qui (se) venge, écrase l’ennemi, punit l’infidèle… Oui, avec nos pseudo-représentations, nous nous façonnons un Dieu à notre image… Jésus nous fait alors  comprendre que la vraie puissance de Dieu, ce n’est que  celle de son amour gracieux, gratuit et sans condition.  Cet amour passe absolument par le dépouillement, le renoncement à soi-même. D’où cette annonce qu’il fait à son sujet : il sera rejeté, souffrira, sera tué sauvagement, mais il se relèvera, car la vie en Dieu ne meurt pas.  Pierre ne l’entend pas de cette oreille. Le portrait-robot du Christ  qu’il a dessiné dans sa tête ne peut connaître pareille humiliation : « Dieu t’en garde, Seigneur« .  Jésus va alors le rabrouer de manière frontale : « Passe derrière moi, Satan !« . Pourquoi cette vive réplique ?  C’est parce que Pierre a touché un point sensible : aimer pour Jésus, ce n’est pas satisfaire ses envies de pouvoir, de succès, d’égoïsme,  de narcissisme ainsi que Satan, l’adversaire de Dieu qui pousse à se soustraire à sa volonté, a voulu le lui faire croire dans les tentations au désert (Mt 4,1-11). Pour lui,  aimer, c’est de bout en bout  accepter de mourir à soi-même, car il n’y a pas d’amour plus grand que donner sa vie  pour la personne que l’on aime. J’allais dire que cette allégation  de Jésus est tout à fait logique : souvenons-nous de nos mille morts quotidiennes.  Comment peut-on seulement pardonner à quelqu’un, aimer ses enfants, son épouse, son époux, ses amis sans s’oublier, sans renoncer à soi-même, sans se perdre ?  Quand un enfant souffre atrocement, combien de fois n’ai-je pas  entendu des mamans me dire : « J’aimerais tellement souffrir à sa place ! » …  C’est ce prix-là qu’il faut payer pour être disciple de Jésus-Christ ! Il s’agit d’une conversion, d’un changement radical de regard : réaliser que l’homme n’est jamais aussi grand que lorsqu’il est à genou; accepter que c’est au  mendiant du bonheur, que c’est à celui qui est dans le besoin  que revient l’entière priorité, c’est lui qu’il  faut servir en  premier.

Chers amis, loin de faire l’apologie de la souffrance, du renoncement ou de l’abnégation, Jésus veut nous faire comprendre ceci  – et c’est tellement cohérent : on ne peut pas aimer en vérité sans prendre sa croix, sans renoncer à son amour-propre, bref  sans adhérer à l’exigence du dépouillement. La valeur d’une vie ne s’évalue pas  à sa durée,  encore moins à ses richesses matérielles, mais à sa qualité spirituelle, à sa richesse intérieure, à son taux d’utilité. . La vie est une offrande, quand on ne l’a donnée  pas, on l’a perdue : vivre c’est aider l’autre à vivre. Il restera de toi ce que tu as donné !

                                                            

                                                                 Vital Nlandu, votre curé-doyen

 

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« Pour vous, qui suis-je ? »

Homélie du 21ème dimanche  A : « Pour vous, qui suis-je ? »

Lectures : Is 22, 19-23; Rm 11, 33-36; Mt 16, 13-20

Mes sœurs et mes frères, dans la bible, les lieux sont importants. Jésus est à Césarée-de-Philippe, une région verdoyante, près des sources du Jourdain. Il est en terre étrangère. Et c’est là que va résonner la première profession de foi en sa messianité. Cela démontre l’ouverture de son message qui ne concerne pas seulement les juifs religieux ou une élite, mais tous les hommes de la terre. Cette fois-ci, il fait une étude qualitative, un sondage d’opinion sur le mystère de sa personne. Il veut savoir ce que les gens pensent de lui dans le fond de leur cœur.  En effet, la question de l’identité de Jésus est posée depuis maintenant 20 siècles, y répondre c’est donner un contenu à sa foi.

D’après les disciples, pour les gens qu’ils côtoient sur les marchés, dans la rue,  les villages, les villes, à l’hôpital, en vacances …, l’opinion sur Jésus est bien  partagée dans les détails, mais dans le fond elle est unanime : Jésus  est un homme exceptionnel; il est assimilé  aux  célèbres de la tradition biblique : Jean-Baptiste, Elie, Jérémie.

Curieux ! Remarquez que  Jésus ne fait aucun commentaire sur l’opinion publique, comme si, pour lui, ce qui importe, ce n’est pas de répéter ce que les autres disent, mais ce que  chacun ressent quand il  évoque ou invoque son Nom. Car la foi, c’est d’abord une question de liaison personnelle et intime avec lui, la confiance née de la révélation intérieure qu’on est aimé gracieusement de Dieu. « Et pour vous, pour toi, que dis-tu, qui suis-je ? » Voici l’heure de la vérité : devant le miroir de sa conscience, que chacun mette, avec son cœur d’enfant, des mots sur son attachement à Jésus.

Sur ce, Simon-Pierre répondra : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant« . Quelle intelligence, chers amis,  peut seulement connaître la pensée impénétrable du Dieu de grands espaces, de larges horizons ? (2ème lecture). Pierre est alors béatifié, car sa profession de foi ne peut qu’être inspirée de Dieu. Jésus change alors son nom : de Simon, il devient Pierre (Kepha en araméen, petros en grec = pierre, roc, rocher). Dans la culture juive de l’époque de Jésus -comme dans ma culture d’origine-, le nom est une destination, une mission confiée. Quelle bénédiction : c’est sur ce « roc » de Pierre que Jésus bâtira son Eglise ! Pierre reçoit ainsi la responsabilité de poursuivre, en collégialité avec les autres disciples, la mission de Jésus-Christ et d’agir en son Nom.

Retenons par ailleurs que cette nouvelle mission de Pierre n’est pas la récompense de sa bonne réponse. Il ne la reçoit pas non plus parce qu’il a des qualités particulières -il a renié Jésus !-, mais parce que Jésus veut faire de lui une pierre solide et malléable entre les mains de Dieu. L’Eglise est fondée sur celles et ceux qui, comme Pierre, sont des pierres vivantes de la construction de la nouvelle Cité de Dieu,  où se vivent les valeurs évangéliques, son Royaume. Elle est fondée sur des gens qui, comme Pierre,  donnent à Jésus leur foi,  accueillent sa Parole et le reconnaissent comme l’Envoyé de Dieu qui sauve les hommes.

Deux symboles illustrent la mission de Pierre :

*Les clés (comme à Eliakim dans la 1ère lecture) :  quand on va en vacances, c’est à un ami que l’on confie les clés de sa maison parce qu’on a confiance. Pierre peut dorénavant ouvrir la porte, le portail de la Cité de Dieu  à celles et à ceux  qui adhèrent à la foi,  qui se savent aimés de gratuitement de Dieu et sans condition, ainsi que clame le psalmiste : « Seigneur, éternel est ton amour; n’arrête pas l’œuvre de tes mains » (Ps 137).

*Le pouvoir de lier et de délier : c’est la proclamation du pardon de Dieu qui nous affranchit et nous dénoue de nœuds de nos blessures et de notre impuissance d’aimer en vérité (=péchés).

Oui, l’assurance que nous avons, c’est cette parole de Jésus dans l’Evangile : « La puissance de la Mort ne prévaudra pas sur  l’Eglise » et, partant, sur notre foi souvent fragile, balbutiante. C’est vrai que  nos doutes, notre peur,  nos déceptions et autres difficultés peuvent la faire vaciller, alors que nous  voudrions  qu’elle soit roc ! Heureusement, une main est toujours là, qui nous propose d’avancer … Grâce au Christ, nous sommes vainqueurs, alléluia !

 

                                                              Vital Nlandu, votre curé-doyen

 

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La foi de la cananéenne

Homélie du 20 ème dim. ord.  A :  La foi de la cananéenne

Lectures : Is 56, 1.6-7; Rm 11, 13-32; Mt 15, 21-28

 

Mes frères et mes sœurs, hier on a bien ri avec des amis. Figurez-vous, ils m’ont apporté un cadeau : du thé « blanchisseur ». J’ai pris ce thé toute la soirée, et je n’ai pas blanchi ! …

l’Evangile d’aujourd’hui, parle des étrangers, une thématique en vogue  avec l’immigration massive actuelle, un phénomène sociétal, sociologique dû entre autres à la mondialisation. Le monde est devenu un grand village aux frontières béantes.  Observez la  population de certaines institutions comme l’école, l’hôpital, le foot, les assemblées dominicales principalement urbaines … On y trouve un brassage de cultures et de races. Et les mots-clés pour négocier le vivre ensemble, c’est l’accueil des différences, la tolérance, le respect mutuel. Ce sont des valeurs républicaines et éducatives qui aident à  bâtir la paix bienveillante. Ces 2 dernières années, notre Evêque avec son Conseil presbytéral (le sénat du diocèse)  a abordé la question des prêtres étrangers, appelés prêtres venus d’ailleurs. Aujourd’hui, ils sont devenus incontournables dans l’échiquier pastoral de notre diocèse. Dès lors, que faire pour favoriser et faciliter  leur intégration ?

 

Dans l’Evangile, Jésus est au Nord de la Palestine, dans la région de Tyr et de Sidon. Il est en Terre étrangère. Ce qui augure l’universalité de la mission. Sa maison, comme le dit le prophète Isaïe dans la 1ère lecture, s’appellera « Maison de prière pour tous les peuples » … Voici le décor de la page d’Evangile de ce jour, une belle école de la foi proposée à tous. 

 

Le cananéenne supplie,  mais Jésus est indifférent. Comme s’il ne se sentait pas concerné et  touché par la requête  de cette maman dont l’enfant souffre cruellement. Martin Luther King, le pasteur afro-américain,  disait : « Ce qui m’effraie le plus, ce n’est pas l’oppression des méchants, mais l’indifférence des bons« . Nous le savons, le silence de Dieu est une épreuve tragique de la foi, au point qu’on se demande parfois ce que signifie encore cette parole évangélique : « Demandez et vous recevrez, cherchez et vous trouverez,  frappez et l’on vous ouvrira la porte » (Mt 7,7). Alors la femme implore de plus belle. Cela importune et insupporte les disciples qui demandent à Jésus de donner suite à sa demande pour qu’elle  les laisse tranquilles. Sur ce,  Jésus va indiquer à cette femme la limite territoriale de sa mission : elle est destinée aux fils d’Israël. Mais la femme n’en a que faire, elle insiste.

Et pour couper net, Jésus va chercher à la démolir par  ces paroles vexatoires : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants (d’Israël) et de le jeter aux petits chiens  » Entre nous soit dit, ces propos ne peuvent qu’indigner, ils ont  un parfum de racisme.  Selon Lévi-Strauss, le racisme c’est croire à la supériorité de sa race. Cette doctrine se nourrit de la haine, des préjugés et du rejet de l’étranger considéré comme une menace. Evidemment, lorsque l’on est en période  de crise avec le chômage, la délinquance, l’insécurité…,  l’étranger sert souvent de bouc émissaire. Delà l’intolérance et ses conséquences : xénophobie,  marginalisation, exclusion. Ce qui choque dans la rebuffade de Jésus, c’est le sectarisme apparent de ses intentions et le caractère méprisant du mot chien. Dans la culture juive de l’époque, les chiens et les porcs étaient considérés comme animaux impurs.

 

Remarquez, cependant,  le sens de la réplique, la maîtrise et toute l’intelligence émotionnelle de cette femme qui ne se laisse pas démonter : « Oui, Seigneur, mais justement, les petits chiens ont besoin des miettes du pain des enfants« .

Là-dessus, Jésus est totalement  médusé !

 

En fait, il use d’une pédagogie renversante.

 

*En parlant de chiens, il parodie et désapprouve insidieusement le langage discriminatoire des juifs de son époque, qui traitaient les étrangers de chiens.

 

*Il égratigne la dignité de cette femme pour  éprouver sa foi. Il montre par ailleurs que la question de la foi ne dépend pas de l’appartenance à une race, à un rang social, mais de l’assurance intérieure de chacun, ses convictions sur la puissance de  l’œuvre de Dieu. Alors même qu’il disait dimanche dernier à Pierre, un juif de souche, qu’il était un homme de peu de foi, qui doutait (Mt 14, 31), il est aujourd’hui en profonde admiration; il est même séduit par la foi d’une étrangère : « Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux !« 

Oui, le salut apporté par Jésus-Christ n’est pas l’apanage du peuple élu ou d’une élite,  tous les hommes de la terre sont promis  à en  être  bénéficiaires. Moyennant la foi, tous deviennent des enfants de Dieu et ont accès à la table eucharistique où l’on sert le pain de vie. Il s’agit d’une foi tenace, humble et confiante en l’Amour de Dieu. Tel est le secret de la cananéenne : elle savait ! Elle savait ce qu’elle voulait et en qui elle mettait sa confiance.

 

Et toi, que dis-tu de  ta foi ?

 

                                                                        Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Assomption de la Vierge Marie, son entrée dans la gloire de Dieu

Lectures : Ap 11, 19a; 12, 1-6a; I Co 15, 20-27a; Lc 1, 39-56

 

Mes frères et mes sœurs, nous célébrons aujourd’hui l’une des grandes fêtes mariales  de l’année liturgique. Au cours de cette messe, si possible, disons intérieurement   à  Dieu: « Merci  pour le don, le cadeau de maman Marie « .

Et à Marie : « Réjous-toi Marie, tu es bienheureuse ! » C’est elle-même   qui nous exhorte  à le faire : « Toutes les générations me diront bienheureuse ! « .

Elle  a eu le temps de discerner et reconnaît, dans le Magnificat, que Dieu a fait pour elle de grandes choses;  elle s’émerveille du projet de Dieu pour elle…

Oui, nous faisons aujourd’hui  immersion dans le mystère de Marie. A votre avis, pourquoi dans l’Evangile, Elisabeth dit-elle à Marie : « Tu es bénie entre toutes les femmes » ?  C’est parce qu’elle est comblée, saturée de grâces, de faveurs divines. Elle est la Mère de Dieu : Theotokos en  grec (concile d’Ephèse en 431). Par elle, Dieu est venu aux hommes; par elle aussi, les hommes peuvent aller à Dieu (Saint Iréné) …

assomptionEn effet, le Seigneur a pris corps en Marie.  Elle est son associée. Nous sommes en Ardenne, une région distinguée par une culture musicale soutenue. En musique, il y a la mélodie, mais pour que la mélodie soit mélodieuse -excusez-moi  le pléonasme-, elle doit être accompagnée. Justement, Jésus est la mélodie et Marie sa mère l’accompagnement, qui accompagne son fils, aujourd’hui encore, dans sa mission de sauver l’humanité. La 1ère lecture tirée de l’Apocalypse de Saint Jean évoque une  maternité douloureuse : les douleurs de l’enfantement symbolisent les détresses, les souffrances de l’Eglise pour l’avènement d’une terre nouvelle.   

Mes frères et mes sœurs, la vie n’est pas un long fleuve tranquille, personne ne peut la traverser sans  marcher un jour pieds nus sur le feu. C’est une expérience existentielle à laquelle on n’échappe pas.  Mais quoi qu’il en soit, quoi qu’il arrive, ayons l’assurance que Marie, notre Mère, marche avec nous. Soyons assidus à la prière du rosaire. Le chapelet est un bouclier qui protège et  nous pourvoit de tant de bénédictions. Comme l’écrit le pape Jean-Paul II dans sa belle  encyclique « La mère du Rédempteur« , Marie est médiatrice de toutes les grâces, elle intercède pour nous.  Remarquez sa sollicitude de médiatrice  à Cana ! Toute attentionnée à la détresse humaine, la voilà qui prend  l’initiative d’intervenir à ces noces  pour ne pas gâcher la fête : « Ils n’ont plus de vin« . Elle est la  résonnance de la Parole de Dieu : « Faites ce qu’il vous dira« . L’Evangile de la visitation lu et médité aujourd’hui met en exergue son idéal de service : c’est par élan de charité qu’elle se rend  avec empressement chez sa cousine  Elisabeth plus âgée et plus fatiguée. « L’amour du Christ nous presse » dira saint Paul.

Chers amis, observez l’art occidental : sa peinture et sa sculpture représentent la plupart du temps Marie toute seule, alors que l’art oriental ne conçoit pas Marie sans son enfant. Elle le porte en le présentant et en l’offrant au monde. Telle est la mission primordiale de Marie : nous indiquer, comme elle l’a fait à Banneux, la source qui désaltère nos soifs existentielles, la fontaine de la vie en Dieu qu’est Jésus-Christ…

La fête de l’Assomption signifie qu’au terme de sa vie terrestre, après avoir vécu les mystères joyeux, douloureux, glorieux et lumineux, Marie a été assumée en Dieu dans tout son être,  dans son âme et dans son corps et ce, grâce à la puissance extra-ordinaire de la Résurrection de son Fils Jésus-Christ.  Elle est entrée dans la gloire de Dieu. L’Assomption  motive et ravive ainsi notre  espérance: la victoire est la vie ! Notre mort ce n’est pas de l’obscurité, ni du néant. Mais une lampe qui s’éteint justement parce que le jour se lève. Saint Paul le dit dans la 2ème lecture : ceux qui appartiennent au Christ recevront la vie. En attendant, à l’instar de notre Mère de l’annonciation,  accueillons Dieu dans notre vie  par une foi confiante;  à l’instar de notre Mère du grand Oui, disons oui aux imprévus de Dieu; à l’instar de notre Mère du Cénacle,  restons connectés à Dieu par le lien de  la prière.

                                                         Vital Nlandu, votre curé-doyen

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