Aime et fais ce que tu veux !

         Homélie du 6ème dimanche ord A :

            Lectures : Si 15, 15-20 ; Ps 118 ; 1 Co 2, 6-10 ; Mt 5, 17-37

Mes sœurs et mes frères, la page d’Evangile d’aujourd’hui montre bien le mouvement  de ce que les théologiens appellent « l’économie du salut », c’est-à-dire l’évolution du plan de Dieu et sa réalisation, pour le salut des hommes,  tout au long de l’histoire. Nous lisons : « Il a été dit jadis… Eh bien ! moi, je vous dis aujourd’hui« .

En effet, l’Evangile de saint Matthieu s’adresse principalement aux nouvelles communautés chrétiennes venues du judaïsme. La question fondamentale qui prévaut, c’est de faire ressortir la griffe de la nouveauté apportée par Jésus-Christ. Faut-il, somme toute, conserver les anciennes coutumes et lois, continuer de circoncire les enfants par exemple, de respecter le sabbat, de ne manger que l’alimentation « casher » …?  Les antagonismes entre les anciens et les modernes, les tradis et les progressistes furent à bien des égards  l’objet de la convocation du premier concile de l’Eglise (Ac 15). Et la controverse se poursuit de nos jours : tout dernièrement encore, on a longuement comparé feu le pape Benoît XVI avec le pape François. Et même hors de l’Eglise, le débat sur la diversification croissante des attitudes, des valeurs et intérêts des différentes strates d’âge, ce fameux « conflit des générations » est omniprésent  au travail, en politique, dans les familles…  Quant à lui, au lieu d’une rupture totale, Jésus plaide pour un continuum, une dynamique de l’économie du salut. Le Nouveau Testament a été greffé sur le vieil olivier de l’Ancien Testament, et toute la Bible est nourrie par la sève de l’Esprit Saint ; elle fleurit en Jésus-Christ. Aussi,  puisque Jésus n’abolit pas l’ancienne loi, mais qu’il l’accomplit en lui donnant tout son sens, c’est  à partir des lunettes de son Evangile qu’il convient d’interpréter les textes bibliques.

Dans la 2ème lecture, saint Paul souligne qu’il s’adresse aux chrétiens « adultes » dans la foi, autrement dit, qui savent ce qu’ils font et pourquoi ils le font. Chers amis, ces chrétiens-là, c’est vous aujourd’hui, car vous n’êtes pas des marionnettes, mais des femmes et des hommes libres et responsables. C’est pour que nous soyons libres que le Christ nous a sauvés (Ga 5, 1). La 1ère lecture fait écho à cette liberté : « Si tu le veux, tu peux respecter les commandements ; il dépend de ton choix de rester fidèle. Tu as devant toi l’eau et le feu, la vie et la mort : choisis ce que tu préfères« .

Souvent j’entends dire : « Moi je n’ai pas besoin de me confesser. Je ne tue pas, je ne vole pas, je n’ai pas d’ennemi. Je suis en règle, je fais ce que je dois faire« . Ok, c’est bon tout ça, mais ce sont là  des actes « extérieurs » dont s’occupe principalement la justice des hommes. La justice de Dieu se préoccupe plutôt du for intérieur, du tribunal de la conscience, du secret du cœur, des intentions profondes de chacun. De fait, l’homme peut faire n’importe quoi en ce qui concerne par exemple l’affectivité, pourvu que cela soit motivé par de bonnes intentions. « Aime » écrit saint Augustin, « et fais ce que tu veux« … Antoine Nouis raconte qu’un jour, un père du désert chemine sur une route avec son disciple lorsqu’ils croisent une très jolie femme montée sur un âne. Le vieillard lève sur elle un regard admiratif tandis que son disciple garde son regard sur ses chaussures, de peur de succomber à la de convoitise. Quelques kilomètres  plus loin, le disciple interroge son maître : « Pourquoi as-tu  donc posé les yeux sur cette jolie femme ?  » Réponse : « Tu vois, cette dame t’a charmé, tu penses encore à elle. Tu l’as regardée comme une source de tentation, alors que moi je l’ai regardée comme une des merveilles de la création de Dieu ! « …

Tout dépend  finalement  de la bienveillance du regard et des visées que l’on cache au tréfonds de soi,  et c’est particulièrement le cas quand il s’agit de la vertu de donner.

L »important n’est pas ce que l’on donne, mais l’amour que l’on y met. Il y en a qui donnent pour s’afficher, pour enchaîner celui qui reçoit (« Malgré ce que j’ai fait pour lui, voilà ce que j’en reçois« ), pour faire du troc affectif, ou encore pour se dédouaner en conscience. Quand on donne avec une arrière-pensée de retour, le don est stratégique et manipulateur… D’autres  donnent de leur superflu. Sur ce, le pape François écrit : « Je me méfie des dons qui ne coûtent rien au donateur« .

Chers amis, que par la grâce de cette eucharistie, Dieu nous donne de vivre pleinement dans la liberté des enfants de Dieu, et d’être des femmes et des hommes responsables de l’alliance de leur baptême.

                                                                                      Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Invitation à la retraite de carême

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Vous êtes Sel et Lumière

                   Homélie du 5ème dimanche ord A :

                       Lectures: Is 58, 7-10; Ps 111; 1 Co 2, 1-5; Mt 5, 13-16

Mes sœurs et frères, dimanche dernier, Jésus a inauguré sa mission en présentant les Béatitudes. Ce sont les perles, les valeurs spirituelles et profondes qui spécifient le vrai bonheur de l’homme. Dans la page d’Evangile d’aujourd’hui, il poursuit son discours sur la montagne en donnant deux caractéristiques identitaires du disciple : celui-ci s’insère dans l’épaisseur du monde en y étant à la fois salé et lumineux.

C’est une immense responsabilité mais aussi un grand honneur qui lui sont attribués !

L’usage du sel est multiple. En RDC, j’ai vu des paysannes venir le samedi au marché, vendre les produits de leur travail aux champs, que l’on achète d’ailleurs à vil prix. Et quand elles ont un peu d’argent, la première chose qu’elles font, figurez-vous,  c’est acheter du sel. Pourquoi ? Parce que le sel est un condiment qui assaisonne, donne goût et saveur à la nourriture, rehausse l’harmonie d’un plat.

Alors, si le sel se dénature, si toi chrétien ami, frère et sœur de Jésus-Christ, tu t’affadis ; si tu n’es plus authentique, cohérent avec ta foi, comment peux-tu encore donner la saveur de la confiance au monde ?

Comment peux-tu donner le goût de l’espérance aux visages blafards qui, dans la banalité, la routine et la grisaille quotidiennes, déclarent leur vie et même la Vie absurde en se réfugiant dans les  » A quoi bon ! « 

Si ton témoignage de chrétien est insipide, incolore, inodore, comment peux-tu encore être attractif, donner aux autres l’envie de chercher Dieu et de croire en Lui ?

Dans les civilisations sans réfrigérateur, le sel permet de conserver les aliments, les denrées périssables (comme le poisson en Afrique).  Ainsi es-tu appelé, avec les moyens qui sont les tiens, à empêcher ta famille, tes amis de pourrir spirituellement. Tu es appelé à aider les autres, en l’occurrence les jeunes en recherche, à ne pas se perdre.

Et puis, dans certaines cultures d’Orient, le sel était un symbole d’alliance entre les hommes. Manger du sel avec quelqu’un, c’était sceller un pacte d’amitié avec lui, le pacte du sel étant indissoluble. De même, le sel est signe d’alliance et de fidélité des hommes avec Dieu (Nb 18, 19). Aussi, es-tu convié à promotionner la paix entre les hommes et avec Dieu.

Cependant, tout excès nuit. Il faut de la modération en tout. Une soupe trop salée est immangeable ! Les terres à haute teneur en sel (salinisation des sols) deviennent stériles, rien n’y pousse.

Autre métaphore forte de l’Evangile de ce dimanche : Vous êtes la lumière du monde !

Sans lumière, on végète dans l’obscurité ; on est dans l’insécurité : un serpent peut te mordre au talon et des voleurs dévaliser ta maison. Jésus nous demande de ne pas cacher la lumière, ni de plonger la tête dans le sable comme l’autruche, mais d’être lumineux, de briller simplement et sans artifice devant les hommes.

Sans lumière, il n’y a pas de repère.  Comme éclaireur, tu es appelé à être la lanterne, le grain de lumière qui balise l’océan du monde.

Sans lumière, nulle couleur, nulle beauté : tu es ainsi convié à révéler avant tout la beauté intérieure des autres, à les valoriser par ton regard bienveillant, ton a priori positif … »En tout homme, il y a plus des choses à admirer qu’à mépriser » (A. Camus).

Sans lumière, nulle vie (photo-synthèse) : tu es appelé à être donneur de vie, de joie de vivre et d’aimer, rien que déjà par la bulle d’oxygène qui éclate de ton sourire !

Sans lumière, pas d’énergie renouvelable, de panneaux photovoltaïques : tu es appelé à booster ceux qui sont fatigués et découragés…

Cependant, tout excès nuit. Il faut de la modération en tout. Trop de lumière aveugle et éblouit le regard ! Tu n’es pas le soleil ou encore une star, mais le reflet de l’Amour infini de Dieu. Puisque tu as reçu, donne humblement.

Et enfin, ce qui est prometteur et encourageant à témoigner de la lumière évangélique, c’est de savoir que la victoire est déjà remportée. Car le propre de la lumière est de s’imposer : lorsqu’elle rencontre l’obscurité, c’est cette dernière qui est éclairée, la lumière, elle, ne s’enténèbre pas… Alors, debout peuple de lumière, baptisé prophète pour annoncer les merveilles de Dieu.

                                                                                     Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Unité des chrétiens et mission

Homélie du 3ème dimanche ord A :

       Lectures : Is 8, 23b-9,3; Ps 26; 1 Co 1, 10-13. 17; Mt 4, 12-23

Mes frères et mes sœurs,  nous sommes en pleine semaine de prière pour l’unité des chrétiens et la 2ème lecture de ce dimanche vient à point nommé. En effet, cette lecture nous révèle un mal profond et affligeant qui ronge la communauté de Corinthe : le démon de la division. Il y en a qui se réclament de Paul, fondateur de la communauté, d’autres d’Apollos, le brillant savant versé dans les Écritures (Ac 18, 24) ou de Pierre, en l’occurrence les chrétiens de tendance judaïsante.  D’autres encore du Christ, ceux qui ne se réclament d’aucune école et essaient de s’en tenir à l’essentiel… La démarche de la prière pour l’unité des chrétiens est un appel à faire corps et signe, à accueillir l’autre dans sa particularité et à dépasser les peurs.  Le  témoignage de notre unité  repérable relève, selon saint Jean,  de la cohérence de notre appartenance au Christ (Jn 13, 34-35). L’indifférence, la méfiance, le poison de la comparaison,  la mémoire douloureuse du passé, nos retranchements doctrinaux,  notre fixation aveugle et autarcique sur les règles et les rituels nous ont tellement séparés. Pour le cardinal Jozef De Kesel, « L’unité n’est possible que lorsque nous nous aimons et nous apprécions les uns les autres. L’amour est  le véritable moteur de l’œcuménisme« … Ceci dit, comprenons-nous bien : nous ne prions pas pour la fusion ou l’unification des chrétiens,  mais bien pour l’unité dans la diversité de leurs différentes approches  et lectures de la foi chrétienne !

Quant à elle,  la 1ère lecture évoque la terrible déportation de 721 av. J.C. Le Royaume du Nord – la Galilée – est conquis par les Assyriens. Le peuple est humilié, rabaissé. On crève même les yeux aux déportés. Aussi Isaïe prophétise-t-il : le peuple qui marchait dans les ténèbres du désespoir et de l’ignorance a vu poindre une grande lumière. C’est un cri d’espérance qui, pour le philosophe protestant Paul Ricoeur, est « l’optimisme qui a connu les larmes« !

Selon saint Matthieu, la parole d’Isaïe s’est pleinement réalisée en Jésus-Christ. La page d’Évangile de ce dimanche nous y renvoie. Après son baptême dans le Jourdain et l’arrestation de Jean Baptiste, Jésus prend la relève. Quittant ainsi  le village de son enfance,  il déménage dans le Nord de la  Judée, précisément en Galilée, carrefour des routes,  des étrangers, loin de Jérusalem dite  la Sainte Ville. Et là, il choisit de s’installer dans la bourgade appelée Capharnaüm, sur les rives du lac de Galilée. Il y établit  son quartier général. Voici donc Jésus faire de la pastorale des périphéries : et toi, quels sont tes reflexes vis-à-vis des  périphéries modernes, où vivent  des gens presque « mal vus »,  qui ne pensent pas, ne prient pas, ne se comportent pas comme toi, bref des gens différents ?   En fait, si Jésus choisit la Galilée comme première étape de son ministère pastoral, avec sa population toute brassée et cosmopolite, c’est pour signifier que la mission est universelle : la Bonne Nouvelle est destinée à tous les hommes de la Terre. Et pour la continuité de l’œuvre, il commence  par l’essentiel du message de Jean Baptiste : puisque l’Amour t’est révélé et que tu te sais aimé de Dieu, convertis-toi, autrement dit, retourne-toi  et reviens vers Dieu. Comment ? En acquérant un regard bienveillant, positif vis-à-vis de toi-même, de  l’autre, de la nature et de Dieu. Chers amis, notre vie chrétienne ne serait-elle pas  ce re-tournement perpétuel ?

Jésus recrute alors ses premiers collaborateurs, il en a besoin pour travailler avec eux, comme témoins, à la construction du Royaume de justice et de paix. La mission qui leur est assignée, qui t’est ainsi confiée,  est de « pêcher » les êtres humains, c’est-à-dire de les tirer de la mer pour  les empêcher de se noyer dans les flots des forces du mal et de la mort. Sa méthodologie  pastorale, c’est enseigner, proclamer et guérir. En effet, la parole seule ne suffit pas, encore faut-il, pour la rendre crédible, l’accompagner par des actions concrètes de compassion et d’entraide : il y a tant de plaies à panser, de victimes d’injustice à défendre, de découragés à stimuler, de naufragés de la vie à secourir. 

Mais avant de confier la mission à ses disciples, Jésus leur a dit : « Venez derrière moi« . Tant qu’il nous devance, nous savons que nous sommes en sécurité. Notre chemin est illuminé de son éclat, qui nous aide à discerner la route à suivre.

                                                                       Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Accueillons le don de Dieu

                            Homélie du jour de Noël : Accueillons le don de Dieu

                               Lectures : Is 52, 7-10; Ps 97; Hb 1, 1-6; Lc 2, 15-20

Mes sœurs et mes frères dans le Christ Jésus, Noël est l’événement qui a changé la face du monde et qui, près de 2000 ans après, remuant les hommes et les femmes de toute la terre, parle au cœur de tous, que l’on soit croyant ou non. Il s’agit de la naissance d’un enfant ! En effet, il n’y a rien de plus faible, de plus fragile qu’un bébé nouveau-né, mais aussi rien de plus beau, de plus prometteur d’avenir. Chaque naissance d’un enfant est une entrée en espérance, une nouvelle humanité qui surgit !

Oui, Noël parle au cœur de tous tant il est ouvert à l’universel. Ce n’est pas seulement une fête religieuse, tout le monde y participe, quelles que soient ses opinions philosophiques. Le charme de Noël, n’est-ce pas son effervescence magique au cœur de l’hiver, ses décorations, ses cadeaux en habit de fête ? Les cadeaux sont d’abord des signes d’affection et d’attachement qui apportent la joie, une manière de dire son amour aux personnes que l’on aime.

Spirituellement parlant, la grâce de Noël éclaire nos lanternes en nous éveillant aux signes du Royaume. Noël est une opportunité pour certaines familles de se retrouver, de fêter ensemble, de raffermir leurs liens et, le cas échéant, de se réconcilier…  En ce qui nous concerne, pour nous préparer à fêter Noël, nous avons vécu en Unité Pastorale, un mois de décembre riche en expériences spirituelles. Beaucoup d’entre nous ont participé, cette année encore, au festival d’adoration  à l’occasion de la fête de l’Immaculée Conception. Beaucoup ont voulu faire partie de ces bergers témoins de la naissance du Christ, qui reconnaissent le visage de Dieu dans les plus petits d’entre nous. Le pape François nous le souhaite en ces termes : « Que Noël soit pour vous tous une occasion de fraternité, de croissance dans la foi et de gestes de solidarité envers ceux qui sont dans le besoin« . C’est dire que Noël est une révolution d’amour et de tendresse. Je rends grâce à Dieu pour le foisonnement d’idées et d’initiatives de partage de la joie de Noël dont j’ai été témoin. Nos paroisses ont participé généreusement à la collecte de l’Avent de Vivre Ensemble. Les communautés paroissiales de Bellevaux, de Ligneuville, de Xhoffraix ont écrit des cartes aux personnes qui vivent seules. C’est un geste d’attention qui est en soi un baume versé sur tant de plaies. Quant à elle, la paroisse de Malmedy a préparé plus ou moins 150 petits montages de Noël que nous sommes allés apporter en MRS, avec notre sourire, notre écoute empathique et notre regard bienveillant. Comme dit le dicton, « Celui qui n’a pas Noël dans le cœur ne le trouvera jamais au pied d’un sapin« .

Là, en MRS, nous avons rencontré d’autres personnes actrices d’un monde meilleur. Comme nous, ces personnes, entre autres les enfants qui ont chanté pour nos aînés, tenaient à leur apporter une part de soleil. J’ai d’ailleurs chaleureusement félicité ces jeunes. La graine de l’engagement social se plante très tôt. Je lis ceci dans la carte qui accompagnait le montage de Noël : « Que Jésus vienne habiter votre cœur, qu’il vous accompagne, spécialement dans vos moments de solitude et de souffrance. La paroisse de Malmedy« . Aussi, avec nos actions collectives, individuelles, connues et inconnues, des actions somme toute menées sur base du sacrement du frère, nous avons été un maillon d’une chaîne de fraternité.

Chère amie, cher ami, pourquoi Dieu choisit-il de se compromettre dans la réalité profane de la chair humaine, pourquoi choisit-il de devenir homme; pourquoi choisit-il d’être dorénavant lié à ton histoire ? C’est pour qu’à ton tour, tu naisses à la vie divine; que tu trouves dans ta vie sa Présence ! Il veut se servir de tes mains pour soigner les autres, de tes oreilles pour les écouter, de tes yeux et de ton intelligence pour voir les injustices, de ta bouche pour défendre ceux qui sont muselés, de ton cœur pour aimer les pauvres en quête d’amour…

L’Enfant qui est né est Prince – de – la – paix, la paix qui respecte la liberté humaine. Pensons à ces peuples en Ukraine, au Yémen, en Syrie, en Arménie, en RDC, qui passent Noël sous le feu crépitant des armes et des bottes de soldats, ces peuples en guerre, victimes des atrocités qui défigurent le visage de l’humanité. De mon point de vue, la manière la plus opérante et la plus appropriée de s’indigner contre la folie meurtrière des hommes, c’est de se résoudre à devenir soi-même un artisan de paix, une femme et un homme ardent à faire le bien. Pour ce faire, il convient que nous fassions d’abord la paix avec nous-mêmes : personne ne donne ce qu’il n’a pas. Faire la paix avec soi-même, c’est se connaître, être connecté à son espace, à son puits intérieur en demandant à l’Esprit Saint de le remplir d’Amour ; c ‘est s’accepter et s’aimer tel que l’on est. Bref, c’est dégeler la source d’eau vive qui dort en soi, rallumer son étoile pour égayer les autres de sa lumière, de sa paix et sa tendresse.

Que la grâce de Noël nous aide à oser refaire confiance ; à oser regarder autrement les autres, le monde ; à oser être attentif à l’appel de notre entourage sans nous sentir indispensable ; à oser aimer davantage… Qu’elle inonde nos cœurs de la paix spirituelle. A tous et à chacun, je présente mes vœux les meilleurs !

                                                                                 Vital Nlandu, votre curé-doyen

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Festival d’adoration 2022

Guide

24 heures de festival d’adoration ininterrompue :

            du mercredi 7 au jeudi 8 décembre 2022

Chères amies, chers amis,

Cette année encore, nous allons revivre notre festival d’adoration et ce, à l’occasion de la fête de l’Immaculée Conception de la Vierge-Marie. En plein Avent, nous allons prier avec Notre-Dame aux intentions de nos familles, de notre UP, de l’Eglise et du Monde. C’est un moment de foi et d’intense communion, chacun(e) avec son Dieu et en union avec les autres orants. En nous rendant disponibles pour ce rendez-vous, nous retrouvons la source de notre vie et en écoutons le joyeux murmure…

Organisation pratique

  • de 8h à 21h le mercredi 7 décembre, en présentiel  dans la chapelle de la Miséricorde de la Cathédrale de Malmedy.
  • de 21h à 8h du matin le jeudi 8 décembre, en distanciel, c’est-à-dire chacun(e) est à son domicile, à l’endroit où il aura installé son petit coin de prière (une bougie, un Christ, une Vierge, une bible, une icône, des fleurs…).

A chaque fin de son heure de permanence, il est sympathique d’envoyer un sms à une des personnes qui prend le relais. De cette manière, le flambeau est royalement transmis et on s’encourage en faisant corps. C’est merveilleux : l’adoration brasse et raffermit les liens ! Notre festival d’adoration se terminera jeudi à 8h par la messe de l’Immaculée Conception de la Vierge-Marie, célébrée à la Cathédrale!

Pour ce faire, veuillez me contacter moi-même (Vital Nlandu : 0495/571 648; vitalnlandu@voo.be) ou le secrétariat de l’UP (080/ 330 026;  secretariatmalmedy@gmail.com ou upmalmedy@gmail.com) afin de signaler votre (vos) heure(s) de permanence. En outre, communiquez-nous votre numéro de gsm et votre village. Merci de diffuser l’information autour de vous.

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En marche vers Noël, on est vigilant !

Homélie du 1er dimanche de l’Avent :

            Lectures : Is 2, 1-5; Ps 121; Ro 13, 11-14a; Mt 24, 37-44

Chers amis, par son incarnation, Jésus est venu comme un germe; à la fin des  temps,  il reviendra  comme une moisson opulente, et aujourd’hui il vient dans nos vies, nous ouvrir à l’Evangile. Bref, il est toujours en train de venir …  A Noël, nous l’accueillons dans la foi et l’espérance retrouvée. Pour nous y préparer, l’Eglise nous propose de vivre dans la joie radieuse de l’éveil spirituel,  la période liturgique appelée Avent.

Dans notre UP, nous avons choisi comme fil conducteur qui nous permet d’interpréter les Ecritures et de nous imbiber de l’Onction (Esprit Saint), ce magnifique extrait de l’Evangile de saint Jean : « Dieu a tant aimé le monde qu’il lui a envoyé son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne soit pas perdu, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jn 3, 16). Le temps de l’Avent,  c’est le temps de la (re)visitation, de la gratitude, de la contemplation de cet amour infini de Dieu. C’est l’attente active du don de Dieu.

Cependant, comme nous le savons, l’attente de quelqu’un dont l’heure d’arrivée est  imprévisible et inattendue peut comporter ses écueils : la routine, le laisser-aller, la sclérose des habitudes,  l’insouciance. Le premier ennemi de la foi,  n’est-ce pas  l’habitude et la dégradation de l’étonnement, de l’émerveillement ?  C’est comme aux jours de Noé avant le déluge, signale la page d’Evangile : les gens dormaient au volant de leur vie  quotidienne, ils ne se sont doutés de rien… Le désespoir est aussi un obstacle de cette attente.  Face par exemple aux multiples défis auxquels notre humanité est confrontée aujourd’hui – l’incertitude quant à l’avenir, la culture de la mort (la guerre),  la crise économique, énergétique, les enjeux climatiques -, on peut se décourager et se désoler …  Oui, lorsque  « La nuit est avancée » comme dit saint Paul, qu’arrive-t-il ?  Les gens qui travaillent de nuit (transporteurs, Horeca, garde -infirmiers, pompiers, soldats) ne peuvent que l’attester : parfois au cœur de la nuit, on somnole. Et c’est tout à fait normal. Néanmoins, ce qui console, c’est de savoir qu’il n’est pas de nuit qui n’ait débouché sur un nouveau jour.

Il faut ainsi sortir de son sommeil (2ème lecture),  se réveiller (ce terme évoque la résurrection).  L’attente active qui nous est demandée en ce temps de l’Avent,  est résumée dans cette exhortation de Jésus : « Veillez donc ! » Autrement dit,   soyez prêts et vigilants comme on attend sa consultation dans la salle d’attente du médecin, comme on attend  un enfant qui revient de l’école, comme une maman enceinte attend la naissance de  son bébé.

Cette vigilance, c’est pour  protéger notre maison intérieure des menaces de l’inertie spirituelle,  de l’indifférence face aux souffrances et aux détresses des autres. Le pape François le dit souvent aux jeunes : »Nous ne sommes pas venus au monde pour végéter…, mais y laisser une empreinte« . C’est entre autres l’empreinte du service, de notre disponibilité pour les plus faibles.

Le support de la vigilance, c’est le combat spirituel : on fait attention à ce qu’on pense, à ce qu’on dit, à ce qu’on fait, à ce qu’on omet. En tout et  pour tout,  on discerne la volonté de Dieu.  Etre vigilant, c’est revêtir le Christ, devenir un « christophore » (celui qui le porte). En effet, en observant le comportement du témoin de l’Evangile, on y décèle  les traits du visage divin. L’œuvre de Dieu se déploie à travers les personnes imbibées d’Onction, qui sont intimement attachées à Lui.

En ce temps de l’Avent, Seigneur, par l’Esprit Saint, viens réveiller mon coeur alourdi, secouer ma  torpeur spirituelle. Donne-moi  d’écouter à nouveau les murmures de ton Esprit Saint qui en moi  prie, veille, espère.  Oui, mon Dieu, tu ne m’aimes pas pour mes défauts, mais avec mes défauts, tel que je suis, sans déguisement. Ton amour, je le sais, Seigneur, peut transfigurer ma vie en lui donnant un sens nouveau. Je ne veux pas être parfait, mais humain, heureux, épanoui, libre, m’efforçant de me convertir, de me renouveler inlassablement en toi. Je continue mon chemin Seigneur, tu en connais les courbes, les chutes, les temps forts. Tu sais quand je suis au plus bas ; tu sais le creux de mes vagues, de mes silences, de mes peurs… Je t’attends dans mon présent le plus ordinaire mais ouvert à des horizons infinis. Je me confie en ton amour insaisissable, mais combien sûr. J’attends d’entrer dans l’émerveillement de Noël, ta naissance, ma re-naissance.

En marche vers Noël, on se soutient mutuellement.

                                                                  Vital Nlandu, votre curé-doyen

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